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Auteur/autrice : 24 aout 1944

Quand Franco est mort, nous avions 30 ans

QUAND FRANCO EST MORT, NOUS AVIONS 30 ANS
Franco est mort le 20 novembre 1975, après quarante ans de dictature en Espagne. C’était il y a trente ans (à la date du film).

Comment expliquer qu’en quarante ans de règne, Franco n’ait connu aucune contestation qui ait pu menacer son pouvoir ?

Trente ans après la mort du Caudillo, que reste-t-il du franquisme dans l’Espagne actuelle ? La question est grave et elle suscite des polémiques, pour beaucoup il est encore trop tôt pour la poser… Signe que l’ombre du dictateur plane toujours sur l’Espagne contemporaine. Mais n’est-il pas temps de donner la parole aux témoins du franquisme pour ne pas laisser une part de l’histoire espagnole tomber dans l’oubli ?
A travers ce film, le réalisateur revendique le droit de se réapproprier son passé, de questionner la mémoire collective, et surtout d’en débattre publiquement.

Ce film de 2005 conserve toute son actualité et ses interrogations. Nous sommes à une période charnière de l’histoire d’Espagne voire de l’histoire européenne. Une petite rétrospective illustrée par ce documentaire nous permettra de faire le point dans nos têtes et face à la réalité.

Nous vous attendons masqués mais nombreux !

ATTENTION! cette fois-ci, exceptionnellement ce sera :

mercredi 14 octobre 2020 à 19h

suivi d’un débat avec Ramon Pino & Juan Chica-Ventura

Paris’Anim – Centre Place des Fêtes

2/4 rue des Lilas – 75019 Paris
Entrée gratuite

métro Place des Fêtes (ligne11)

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JOSEP un film d’Aurel 2020, 74′

À travers son film dessiné, Aurel nous conduit à la découverte de Josep Bartoli (1910-1995).

Plutôt dessinateur caricaturiste Bartoli comme son compagnon Shum est déjà très connu en juillet 1936. Il est un des fondateurs du SDP, actif au sein du comité révolutionnaire du syndicat, il le quitte pourtant rapidement pour partir sur le front d’Aragon. Il est proche du POUM et de la CNT. (…) Son travail est plus proche du dessin de presse et son trait (fin et délicat) s’adapte mal à l’affiche. En 1939, il passe la frontière avec l’ex Colonne Ascaso (28ème Division).

Comme beaucoup, il fait la tournée des camps Barcarès, Bram, etc. Il finit par s’échapper et rejoindre Paris. Avec l’occupation, la vie de clandestin continue : Chartres, Bordeaux, Marseille et enfin la Liberté, c’est-à-dire le Mexique, via la Tunisie. Dans ces camps, il continue à dessiner clandestinement sur un petit carnet qui le suivra partout. Quelques années plus tard, c’est à partir de ces croquis, qu’il conçoit un album entièrement consacré à l’univers concentrationnaire.

Au Mexique, il rencontre Frida Kalho et reprend contact avec des militants du POUM. De Mexico à la côte Ouest des USA, il n’y a qu’un pas qu’il franchit pour travailler à Hollywood, puis New-York. Toujours en lutte avec le franquisme, il collabore régulièrement avec Ruedo Iberico, « la » maison d’édition des exilés antifranquistes sur Paris. Il ne retournera en voyage en Catalogne qu’en 1977. (http://affiches-combattants-liberte.org/fr/25__bartoli-j)

Scénariste du film, Jean-Louis Milesi ;
Des voix d’acteurs remarquables : Sergi López, Bruno Solo, David Marsais, Gérard Hernandez, Thomas VDB, Valérie Lemercier, François Morel, Alain Cauchi, Sophia Aram et Sílvia Pérez Cruz qui a aussi composé la musique du film.

Mardi 29 septembre à 19h30

Suivi d’un débat avec les réalisateurs et Jean Estivill sur Le POUM

Cinéma 7 Parnassiens

98 Bd du Montparnasse
75014 Paris
Métro Vavin (ligne 4)

Entrée 6€ sur inscription préalable

au 06 51 72 86 18 ou 06 23 53 21 56
ou
24aout1944@gmail.com

Affiche Josep
Affiche Josep

Qui est Rodolfo Martín Villa ? Un message des Amis de la CNT ¿Quién es Rodolfo Martín Villa? Un mensaje de Los Amigos de la CNT

Déjà en Juin 2014, en quelques mots et une photo Los Amigos de CNT en Paris l’ont démasqué. Et ils nous font parvenir le message ci-dessous, qu’il nous paraît utile de diffuser, pour mémoire… ainsi que le tract qu’à l’époque ils avaient largement distribué pendant l’événement :

« Le 4 juin 2014, Rodolfo Martín Villa a été invité au Colegio de España de la Cité Universitaire à Paris. Il devait intervenir lors de la séance d’ouverture du 6ème colloque sur la Transition en Espagne : « À l’heure des critiques récurrentes sur la Transition, il est important de revenir au moment où tout a commencé avec la réforme politique menée par Adolfo Suarez. Nous allons étudier les concepts, les protagonistes, les antécédents et le contexte qui ont permis l’émergence de deux grands partis après la victoire du Centre », indiquait la convocation.
Le colloque était organisé en collaboration avec l’Université de Paris-Ouest Nanterre la Défense, l’Université de Cadix et l’Université de Nantes.

Comme il se doit, en tant qu’Amis de la CNT, nous avons « accueilli » Martín Villa avec le tract ci-joint.
S’il ne bronchait pas (il a beaucoup de culot), son entourage et le directeur du Colegio de España de l’époque, Juan Ojeda Sanz, étaient un peu nerveux. Bien sûr, le pamphlet a été distribué aux enseignants et aux étudiants, et quelques-uns se sont joints à notre protestation : quelques mots et une photo, pour ne pas oublier…

En junio de 2014, en pocas palabras y una foto Los Amigos de la CNT en París lo desenmascararon. Así que Los Amigos de CNT de París nos envían el siguiente mensaje, que creemos útil difundir, para que conste…:

«El 4 de junio de 2014, Rodolfo Martín Villa fue invitado al Colegio de España de la Ciudad universitaria de París. Le tocaba hablar en la sesión inaugural del 6° coloquio acerca de la Transición en España: «A la hora de críticas recurrentes sobre la Transición, es importante volver sobre el momento cuando todo comenzó con la reforma política llevada por Adolfo Suárez. Estudiaremos los conceptos, los protagonistas, los antecedentes y el contexto que permitió la emergencia de dos grandes partidos después de la victoria coyuntural del Centro», decía la convocatoria.
El coloquio se organizó «en colaboración con la Universidad Paris-Ouest Nanterre la Défense, la Universidad de Cádiz y la Universidad de Nantes.»

Entonces, como Amigos de CNT, “acogimos” a Martín Villa con el panfleto que va adjunto.
Si él no se inmutó (tiene mucha cara), su entorno y el entonces director del Colegio de España, Juan Ojeda Sanz, se pusieron algo nerviosos. Claro está, el panfleto se repartió entre profesores y estudiantes, sumándose unos cuantos a nuestra protesta: pocas palabras y una foto, para no olvidar…

Tract espagnol contre Martin Villa, juin 2014
Tract espagnol contre Martin Villa, juin 2014
Tract français contre Martin Villa, juin 2014
Tract français contre Martin Villa, juin 2014

Un 24 août réussi malgré les virus !


De Richard Prost

Nous étions une cinquantaine au jardin de la Nueve, à l’Hôtel de Ville rue de Lobau, ce lundi 24 août, pour ce 76e anniversaire de la libération de Paris, tous masqués mais bien présents.
Nous excuserons ici Colette Flandrin Dronne qui, de tout coeur avec nous, n’a pas pu venir cette année et nous vous transmettons à toutes et tous les cordiales amitiés d’Edgar Morin, président d’honneur de notre association.

Pour la seconde fois, le gouvernement espagnol était représenté, par Carmen Calvo, première Vice Présidente et Ministre de la Présidence des Relations avec le Parlement et de la Mémoire Démocratique en Espagne.
Nous avons noté avec plaisir la volonté de ce gouvernement de compter avec son histoire hors frontières, et de se soucier de l’exil des Républicains espagnols. L’histoire de ceux qui ont été chassé de leur terre, parce qu’ils croyaient à l’égalité entre tous et au partage des richesses, intéresse ces élus et nous trouvons que c’est une démarche très positive, un pas vers la prise en considération des victimes du franquisme, mais surtout vers la diffusion des raisons qui les ont portés à défendre la Liberté.
À pas petits, nous avons espoir de rendre caduc l’impunité faite aux bourreaux et de parvenir à l’annulation des verdicts des tribunaux franquistes et à la révision de ceux de la transition (la justice étant restée dans les mêmes mains).

Sur la question de l’éducation, nous avions parmi nous Antonio Verdu et Antonio Cruz, porteurs du projet éducatif envers les jeunes scolarisés en Espagne, pour la modification et la mise à jour des manuels scolaires et tout ouvrage historique, à tous les niveaux. Cela permettrait d’éclairer l’avenir par un passé enfin réhabilité. Les hommes de la Nueve étaient de ces engagés si particuliers porteurs d’un avenir solidaire. À leur demande, notre association est partenaire de ce projet ambitieux.

Face aux officiels espagnols (Vice-présidente, ambassadeur, ambassadeur d’Espagne à l’UNESCO) et à la maire de Paris, nous avons, cette année encore, affiché notre volonté de voir aboutir la reconnaissance du combat mené par ce peuple au nom de
leur idéal pour une société de partage.
Ils avaient choisi comme constitution une République, la 2ème de l’histoire d’Espagne, et pour une grandes majorité d’entre eux, ils voulaient une république sociale, et ils avaient commencé de la construire, à travers les collectivités. Pour la défendre, ils ont fait face au soulèvement militaire, quasiment à mains nues face aux armées suréquipées de Franco et de ses complices fascistes. Ce sont ces mêmes convictions de justice sociale qui leur ont permis de maintenir vivaces les raisons de leur engagement, durant toute leur existence.

Ces femmes et ces hommes, enthousiastes à défendre la république en 1936 contre les troupes du général Franco, sont les mêmes qui se sont retrouvés avec autant de détermination, dans les maquis ou avec les troupes alliées. Combattre le fascisme a été leur credo en Espagne, il l’a été aussi depuis leurs terres d’exil en France et en Afrique du Nord.

Ainsi, la Nueve, constituée en Afrique du Nord, est l’exemple symbolique de la lutte que menèrent les républicains espagnols hors de leur pays.

Jamais, ils ne renoncèrent à leurs idéaux, libertaires pour beaucoup, républicains pour les autres, et pour tous, antifascistes. Les exilés reconstituèrent leurs institutions en exil. Tous ensemble, ils sont ce qu’on appelle le camp de la République : les républicains espagnols.
Tandis qu’en Espagne à la mort du dictateur, le peuple espagnol n’eut pas la parole et se vit imposé une monarchie constitutionnelle. Aujourd’hui, nous avons dit qu’il serait grand temps que le peuple espagnol puisse choisir son avenir.

Nous avons eu le grand plaisir d’avoir aussi avec nous, pour le partage de ces moments, Cristina Latorre, qui en 2019 s’occupa pour le gouvernement espagnol des manifestations et expositions du 80e anniversaire de l’exil, accompagnée par notre ami Pierre Gonnord, photographe de l’humanité oubliée! Avec eux deux, nous avons évoqué la superbe exposition de photos La sangre no es agua ,(dans laquelle figurent nos portraits de descendants d’exilés), exposée à Madrid de décembre 2019 à février 2020, avec les photos inédites de Philippe Gaussot sur l’exil des enfants espagnols, la Retirada et les camps en France , photos sous la responsabilité de notre association. Nous avons pu parler avec eux du nombre incroyable de jeunes et moins jeunes madrilènes qui ont pu s’informer, s’émouvoir et Savoir enfin ce que fut l’exil et pourquoi il a eu lieu. Ces deux expositions sont complémentaires et doivent, à notre sens, circuler en Espagne, en France et en Europe en général, ensemble.

Puis, nous nous sommes retrouvés, à plus d’une cinquantaine également, au 33 rue des Vignoles Paris 20e, qui nous a été rendu quelques jours plus tôt, totalement désamianté. Des copains nous y attendaient patiemment, ainsi que des gens nouveaux, attirés par la connaissance de cette histoire si particulière.
Nous avons pu également parlé avec Juan Andrés Perello, ambassadeur d’Espagne à L’UNESCO, de nos projets futurs, car ce dernier est venu très volontiers du jardin de la Nueve au 33, futur centre mémoriel de l’exil libertaire espagnol.

Nous avons projeté une courte rétrospective des 24 août passés, en remontant à l’arrestation des copains le 25 août 2012, pour ensuite évoquer chacun des 24 août que nous avons organisé pour parler des combattants de la Nueve et de leurs motivations. Chaque 24 août est visible dans son intégralité sur notre chaine Youtube:
https://www.youtube.com/channel/UCvAalXpaqmJ-sBS3gpK3zyA/videos

Ainsi les conversations allèrent bon train, jusque tard dans la nuit, après avoir partagé également les « nourritures terrestres ».

Nous voulons ici remercier toutes les personnes venues fêter à nos côtés ce moment d’histoire, nos plus fidèles soutiens & ami(es), celles et ceux qui sont toujours présents et prêts à nous aider, et celles et ceux pour qui c’était la première fois qu’ils foulaient le sol du 33 rue des Vignoles, ce lieu historique de la CNT en exil.
Nous vous donnons rendez-vous en septembre pour d’autres activités et débats.

Stuart Christie, 10 juillet 1946 – 15 août 2020

Sur le site de la KATE SHARPLEY LIBRARY

Stuart Christie 1946-2020. Militant anarchiste, écrivain et éditeur

Né à Glasgow et élevé à Blantyre, Christie attribue à sa grand-mère le mérite d’avoir façonné sa perspective politique, en lui donnant une carte morale et un code d’éthique clairs. Sa détermination à suivre sa conscience l’a conduit à l’anarchisme : « Sans liberté, il n’y aurait pas d’égalité, et sans égalité, il n’y aurait pas de liberté, et sans lutte, il n’y aurait rien de tout cela. » Cela l’a également conduit de la campagne contre les armes nucléaires à la lutte contre le dictateur fasciste espagnol Francisco Franco (1892-1975).

En 1962, il adhère à la Fédération anarchiste de Glasgow. Il s’installe à Londres et contacte l’organisation anarchiste clandestine espagnole Defensa Interior. Il a été arrêté à Madrid en 1964 alors qu’il transportait des explosifs destinés à être utilisés dans une tentative d’assassinat de Franco. Pour dissimuler le fait qu’il y avait un informateur au sein du groupe, la police a affirmé qu’elle avait des agents opérant en Grande-Bretagne et (à tort) que Christie avait attiré l’attention sur lui en portant un kilt.

La menace d’une exécution par garou vil et sa condamnation à vingt ans de prison ont attiré l’attention de la communauté internationale sur la résistance au franquisme. En prison, Christie a noué des amitiés durables avec les militants anarchistes de sa génération et d’avant. Il revient d’Espagne en 1967, plus mur et plus sage, mais tout aussi déterminé à poursuivre la lutte et à utiliser sa notoriété pour aider les camarades qu’il a laissés derrière lui.

À Londres, il rencontre Brenda Earl, qui deviendra sa compagne politique et de coeur. Il rencontre également Albert Meltzer, et tous deux vont refonder la Croix noire anarchiste pour promouvoir la solidarité avec les prisonniers anarchistes en Espagne et la résistance en général. Son livre, Les coulisses de l’anarchie, a promu un anarchisme révolutionnaire en contradiction avec les attitudes de certains qui étaient entrés dans l’anarchisme depuis le mouvement de paix des années 1960. Lors de la conférence anarchiste de Carrare en 1968, Christie a pris contact avec une nouvelle génération d’anarchistes militants qui ont partagé ses idées et son approche de l’action.

L’engagement politique de Christie et ses relations internationales ont fait de lui une cible de la British Special Branch [[Au sein des forces de police du Royaume Uni, la Special Brnach ou Branche spéciale a pour mission le contre-espionnage et l’antiterroriste]]. Il a été acquitté au procès « Stoke Newington Eight » , [[Le 21 août 1971, la Special Branch et le Département des enquêtes criminelles (CID) ont fait une descente dans un appartement situé au 359 Amhurst Road, à Hackney. Jim Greenfield, Anna Mendelson, John Barker et Hilary Creek, Stuart Christie et Chris Bott, Angela Weir et Kate McLean sont tous arrêtés, sur place ou après. Le groupe est alors connu sous le nom de « The Stoke Newington 8« . Le procès s’est ouvert le 30 mai 1972 à The Old Bailey. Ce procès est devenu l’un des plus longs de l’histoire juridique britannique. Le 6 décembre 1972, Barker, Greenfield, Creek et Mendelson sont condamnés à 15 ans de prison pour « conspiration en vue de provoquer des explosions susceptibles de mettre en danger la vie ou de causer des dommages matériels graves » ( peines réduites à 10 ans après des demandes de clémence du jury). Stuart Christie, Chris Bott, Angela Weir et Kate McLean ont été acquittés.]] de 1972, affirmant que le jury pouvait comprendre pourquoi quelqu’un voulait faire sauter Franco et pourquoi cela en ferait une cible pour les « flics à l’esprit conservateur ».

Libre mais apparemment au chômage, Christie a lancé la Cienfuegos Press qui allait produire une multitude de livres anarchistes et l’encyclopédie Cienfuegos Press Anarchist Review . En bref, Orkney est devenu un centre d’édition anarchiste avant que le manque de liquidités ne mette fin au projet. Christie continuera à publier et à rechercher de nouveaux moyens de le faire, notamment des livres électroniques et sur l’Internet. Son site christiebooks.com contient de nombreux films sur l’anarchisme et des biographies d’anarchistes. Il a utilisé Facebook pour créer une archive de l’histoire anarchiste qui n’était disponible nulle part ailleurs, tout en racontant des souvenirs et des événements de sa propre vie et de celle des autres.

Christie a écrit The Investigator’s Handbook (1983), partageant les informations qu’il a mises à profit dans une dénonciation du terroriste fasciste italien Stefano delle Chiaie (1984). En 1996, il a publié la première version de son étude historique: Nous les anarchistes : une étude de la Fédération Anarchiste Ibérique (FAI), 1927-1937.

De courts tirages lui ont permis de produire trois volumes illustrés de l’histoire de sa vie (Ma grand-mère a fait de moi un anarchiste, le général Franco a fait de moi un « terroriste » et Edward Heath a fait de moi un anarchiste 2002-2004) qui ont été condensés en un seul volume sous le titre « Ma grand-mère a fait de moi un anarchiste » : le général Franco, la brigade en colère et moi (2004). Ses derniers livres ont été les trois volumes de Pistoleros ! The Chronicles of Farquhar McHarg, ses récits d’un anarchiste de Glasgow qui a rejoint les groupes de défense anarchistes espagnols dans les années 1918-1924.

Attaché à l’anarchisme et à la publication, Christie est apparu dans de nombreux salons du livre et festivals de cinéma, sans prosélytisme.

La partenaire de Christie, Brenda, est décédée en juin 2019. Elle s’est éclipsée paisiblement en écoutant « Pennies From Heaven » (la chanson préférée de Brenda) en compagnie de sa fille Branwen.

John Patten
Source : « Ser histórico »
.

De la web KATE SHARPLEY LIBRARY
Stuart Christie 1946-2020. Activista anarquista, escritor y editor
John Patten

Stuart Christie, fundador de la Cruz Negra Anarquista y Cienfuegos Press y coautor de Las compuertas de la anarquía ha muerto pacíficamente tras una batalla contra el cáncer de pulmón.

Nacido en Glasgow y criado en Blantyre, Christie le dio crédito a su abuela por moldear su perspectiva política, dándole un mapa moral claro y un código ético. Su determinación de seguir su conciencia lo llevó al anarquismo: « Sin libertad no habría igualdad y sin igualdad no habría libertad, y sin lucha no habría ninguna ». También lo llevó de la campaña contra las armas nucleares a unirse a la lucha contra el dictador fascista español Francisco Franco (1892-1975).

Se trasladó a Londres y se puso en contacto con la organización anarquista española clandestina Defensa Interior. Fue detenido en Madrid en 1964 portando explosivos para ser utilizados en un intento de asesinato de Franco. Para cubrir el hecho de que había un informante dentro del grupo, la policía proclamó que tenían agentes operando en Gran Bretaña y (falsamente) que Christie había llamado la atención sobre sí mismo al usar una falda escocesa.

La amenaza del garotte y su condena a veinte años llamaron la atención internacional sobre la resistencia al franquismo. En prisión, Christie formó amistades duraderas con militantes anarquistas de su generación y de generaciones anteriores. Regresó de España en 1967, mayor y más sabio, pero igualmente decidido a continuar la lucha y usar su notoriedad para ayudar a los compañeros que dejó atrás.

En Londres conoció a Brenda Earl, quien se convertiría en su compañera de vida política y emocional. También conoció a Albert Meltzer, y los dos volverían a fundar la Cruz Negra Anarquista para promover la solidaridad con los prisioneros anarquistas en España y la resistencia en general. Su libro, Las compuertas de la anarquía, promovió un anarquismo revolucionario en desacuerdo con las actitudes de algunos que habían entrado en el anarquismo desde el movimiento por la paz de los sesenta. En la conferencia anarquista de Carrara de 1968, Christie se puso en contacto con una nueva generación de militantes anarquistas que compartieron sus ideas y su enfoque de la acción.

El compromiso político y las conexiones internacionales de Christie lo convirtieron en un objetivo de la Brigada Especial británica. Fue absuelto de conspiración para provocar explosiones en el juicio « Stoke Newington Eight » de 1972, alegando que el jurado podía entender por qué alguien querría volar a Franco y por qué eso lo convertiría en blanco de « policías de mentalidad conservadora ».

Libre pero aparentemente sin empleo, Christie lanzó Cienfuegos Press que produciría una gran cantidad de libros anarquistas y la enciclopédica Cienfuegos Press Anarchist Review . Brevemente Orkney se convirtió en un centro de publicaciones anarquistas antes de que la falta de flujo de caja pusiera fin al proyecto. Christie continuaría publicando e investigando nuevas formas de hacerlo, incluidos los libros electrónicos e Internet. Su sitio christiebooks.com contiene numerosas películas sobre anarquismo y biografías de anarquistas. Usó Facebook para crear un archivo de la historia anarquista que no estaba disponible en ningún otro lugar, mientras relataba recuerdos y eventos de su propia vida y la de otras personas.

Christie escribió El manual del investigador investigador (1983), compartiendo las habilidades que puso en práctica en una denuncia del terrorista fascista italiano Stefano delle Chiaie (1984). En 1996 publicó la primera versión de su estudio histórico Nosotros los anarquistas: un estudio de la Federación Anarquista Ibérica (FAI), 1927-1937.

La impresión de tiradas cortas le permitió producir tres volúmenes ilustrados de la historia de su vida (Mi abuela me convirtió en anarquista, El general Franco me convirtió en ‘terrorista’ y Edward Heath me enfureció 2002-2004) que se condensaron en un solo volumen como Granny me hizo anarquista: el general Franco, la brigada enojada y yo (2004). Sus últimos libros fueron los tres volúmenes de ¡Pistoleros! Las Crónicas de Farquhar McHarg , sus relatos de un anarquista de Glasgow que se une a los grupos de defensa anarquistas españoles en los años 1918-1924.

Comprometido con el anarquismo y la publicación, Christie apareció en muchas ferias de libros y festivales de cine, pero desdeñó cualquier sugerencia de que había llegado para « llevar » a cualquiera a cualquier parte.

La compañera de Christie, Brenda, murió en junio de 2019. Se escabulló pacíficamente escuchando “Pennies From Heaven” (la canción favorita de Brenda) en compañía de su hija Branwen.

John Patten
Source : « Ser histórico ».

un fossoyeur respectueux

La mise au jour de la fosse commune du cimetière de Castellón, financée par la Generalitat de Valence, a permis jusqu’à présent d’exhumer treize corps de républicains fusillés par le régime franquiste.

(…)Les douze premiers corps, situés à peine à un demi-mètre de profondeur, ont été retrouvés dans des boîtes de réduction. Tous, à l’exception d’un paysan membre du PSOE, étaient des militants anarchistes de la CNT, fusillés en 1943 et 1944.(…)

(…) En 1989, selon l’archéologue Jorge García, codirecteur des fouilles, il y a eu des travaux dans le cimetière. « Le fossoyeur de l’époque, qui connaissait l’endroit où se trouvait chaque fusillé, a commandé des boîtes en bois, a mis les noms dessus, a sorti les républicains de là où ils se trouvaient et les a enterrés dans la zone n°1 du cimetière », explique-t-il lors d’une conversation téléphonique avec le site elDiario.es. Les spécialistes ont sorti les boîtes contenant les douze corps et ont commencé le processus d’identification. Au-dessous se trouve une douzaine de corps de militants de l’UGT, de la CNT et de la Gauche républicaine. (…)

Lisez l’article complet sur le blog de Floréal :
https://florealanar.wordpress.com/2020/07/19/castellon-les-restes-de-vingt-et-un-republicains-espagnols-sortis-dune-fosse-commune-et-identifies/

Au-delà des incertitudes: le 24 août 2020

Très cher(e)s ami(e)s

Reprise des activités ou/et reprise de vitalité pour ce virus liberticide……

En cette année troublée, qui amorce des tournants sociaux qui hésitent à s’affirmer, la vie est là tout de même qui couve et piaffe d’impatience !

Chacun continue de travailler à cette mémoire qui nous préoccupe tant, pour faire émerger de toute part ses aspects enfouis, déformés ou oubliés.

L’hommage aux hommes de La Nueve aura lieu cette année, dans le jardin dédié aux combattants de la Nueve, à l’Hôtel de Ville de Paris.

En présence de Madame la Maire de Paris, dont nous nous réjouissons de la réélection, pour son action, avec le service de la mémoire combattante pour qu’enfin le 24 août s’inscrive dans les cérémonies officielles de la Libération de Paris;  pour sa volonté à faire exister la mémoire de ce peuple antifasciste dans ses lieux historiques, puisque les travaux au 33 rue des Vignoles ont commencé cet été.  

Mais cette année, compte tenu des restrictions de proximité dues à la situation sanitaire, nous ne pourrons être qu’une trentaine pour la cérémonie qui se déroulera à l’intérieur du jardin dédié aux combattants de la Nueve, avec deux ou trois prises de paroles uniquement. Nous espérons  que le trottoir de la rue de Lobau restera disponible pour accueillir ceux qui seront présents sans pouvoir pénétrer dans le jardin.

Le lundi 24 août 2020, à partir de 17 h45,
Au 1 rue de Lobau Paris 4* devant l’entrée du jardin des combattants de la Nueve.

 Par contre, si la situation sanitaire le permet, nous vous proposons de vous retrouver ce même lundi 24 août vers 19h30 au 33 rue des Vignoles Paris 20 **, pour la projection d’un court montage (30’) rappelant à toutes et tous : « Les 24 août de 2012 à 2019 ».

 Cette projection sera suivie d’échanges entre participants en toute convivialité.
(télécharger l’invitation)

(L’accès au lieu sera confirmé courant du mois d’août en cas d’empêchement nous vous préviendrons le plus rapidement possible.)

Accès libre selon la place avec les recoommandations sanitaires en vigueur

Documents joints

Gisèle Halimi, 27 juillet 1927- 28 juillet 2020

Gisèle Halimi, née Zeiza Gisèle Élise Taïeb, le 27 juillet 1927 à La Goulette en Tunisie et morte le 28 juillet 2020 à Paris, avocate, militante féministe et femme politique franco-tunisienne.

Une des avocates féministes les plus importantes du XXème siècle ; Infatigable combattante pour la cause des femmes et le droit à l’avortement, Gisèle Halimi témoigne d’un courant du féminisme français caractérisé notamment par la certitude que cette lutte émancipatrice ne peut se passer des hommes.

Le 5 avril 1971, elles étaient 343 à signer publiquement un manifeste dans Le Nouvel Observateur et à déclarer publiquement qu’elles avaient eu recours à l’avortement. On les appela alors : Les 343 Salopes ! mais elles sauvèrent l’honneur d’une société coincée dans des principes dignes d’un âge archaïque, où la femme restait soit un objet de plaisir soit une domestique vouée exclusivement à la maternité.

En cela, elle rejoignait les femmes pionnières du monde entier en lutte pour l’émancipation féminine et notamment ces femmes espagnoles qui de 1931 à 1939 surent conquérir des droits importants et imposer leur participation pleine et entière à la transformation de la société pour plus de justice, d’éducation, de respect et de solidarité !

Le 3 décembre 1970 s’ouvrait le procès de Burgos « conseil de guerre de Burgos », à l’encontre de seize membres de l’organisation armée nationaliste basque Euskadi ta Askatasuna (ETA), accusés d’avoir assassiner Meliton Manzanas, le chef de la police politique de la province de Guipozcoa en 1968. Sous les protestations et la pression populaire internationales, pour la première fois en Espagne franquiste, le procès fut public.

Six accusés furent condamnés à la peine capitale, neuf autres totalisèrent 724 ans de prison, seule la femme fut relâchée sans condamnation. Le procès s’acheva le 9 décembre mais les protestations et manifestations internationales continuèrent. Cela contraignit Franco à annoncer, le 30 décembre, que les peines capitales seraient commuées en 30 années de prisons pour chaque accusé.

Gisèle Halimi, avocate de Djamila Boupacha, de Mehdi Ben Barka, présidente de la commission d’enquête du Tribunal Russell sur les crimes de guerre américains au Vietnam, observatrice judiciaire aux procès de Rabat et d’Athènes, a été envoyée par la Fédération internationale des Droits de l’Homme au procès de Burgos comme observatrice.
Elle en publia un ouvrage en 1971 : « Espagne; le Procès de Burgos » « Le grand mérite de l’ouvrage présenté par Gisèle Halimi, déléguée à Burgos par la Fédération internationale des droits de l’homme, est d’offrir à l’opinion des documents et des textes inédits sur ce procès et sur son Instruction. Les mémoires des avocats écrits pour la défense des principaux accusés mettent parfaitement en lumière les Irrégularités que les avocats, réduits au silence, n’ont pu faire valoir. Plusieurs fois condamnés à mort puis graciés, les accusés de Burgos n’en continuent pas moins de croupir dans des geôles. Plus qu’un reportage ou le simple récit d’un témoin engagé, le livre de Gisèle Halimi est d’abord un dossier accablant (…) ». (extrait article du Monde du 25 juin 1971) contre la dictature franquiste, tolérée depuis 1939 par toutes les démocraties du monde.

Là encore, nous devons à cette femme et à son courage, d’avoir rappelé à la connaissance de tous, les tortures et les méthodes d’intimidations qui sévissaient en Espagne franquiste, comme mode de gouvernance politique.

Albert Camus et l’Espagne

Albert Camus a toujours accompagné les libertaires espagnols dans leur lutte pour la liberté et contre Franco.

Albert Camus (1913-1960)
Né le 7 novembre 1913, fils d’un père ouvrier agricole, et d’une mère femme de ménage analphabète, il vit dans la pauvreté entre sa grand-mère et sa mère à Alger, dans le quartier pauvre de Belcourt. Grâce à son instituteur il poursuit ses études qui sont arrêtées nettes par la tuberculose.
Il rentre comme journaliste au quotidien Alger républicain. Puis il arrive en France métropole le 16 mars 1940.

Journaliste résistant, philosophe, auteur de pièces de théâtre, romancier, toujours au plus près des exploités et des révoltés de son époque, pacifiste libertaire il est proche des exilés anarchistes espagnols. En 1936, il se range du côté de la République espagnole fustigeant la position timorée des démocraties. Il pense qu’il faut éviter la Seconde Guerre mondiale mais rejoint le comité fondateur du journal clandestin Combat pour résister au nazisme, à la libération il en devient le rédacteur en chef. Il quittera ce journal en 1947.
Il écrit et publie entre autre : La Révolte des Asturies (1936), l’Envers et l’endroit (1937), Caligula (1938), Noces (1939), l’Etranger et Le Mythe de Sisyphe (1942), le Malentendu (1944), La Peste (1947), Lettre à un ami allemand et l’État de siège (1948), les Justes (1949), l’Homme révolté (1951), La Chute ( 1956)… et des centaines d’articles de journaux, de correspondances .
Il n’adhère à aucun courant de pensée en vogue, il suit ses propres convictions. Prix Nobel de littérature en 1957, il prononce un discours d’investiture qui ne laisse aucune ambiguïté sur ses convictions libertaires et le choix de son engagement auprès des plus opprimés :
« (…)La vérité est mystérieuse, fuyante, toujours à conquérir. La liberté est dangereuse, dure à vivre autant qu’exaltante. Nous devons marcher vers ces deux buts.
(…) Ramené ainsi à ce que je suis réellement, à mes limites, à mes dettes, comme à ma foi difficile, je me sens plus libre de vous montrer pour finir, l’étendue et la générosité de la distinction que vous venez de m’accorder, plus libre de vous dire aussi que je voudrais la recevoir comme un hommage rendu à tous ceux qui, partageant le même combat, n’en ont reçu aucun privilège, mais ont connu au contraire malheur et persécution. » Discours de Albert Camus au Nobel le 10 décembre 1957 Stockholm.

Il rejette tous les régimes dictatoriaux, les terrorismes, qu’ils soient de droite ou de gauche. Il combat l’emprisonnement, la torture, la peine de mort, la violence d’où qu’elle vienne. (Réflexions sur la peine capitale, en collaboration avec Arthur Koestler, 1957)
Alors que toute la classe intellectuelle de gauche se proclamait du marxisme léninisme et soutenait l’URSS, Camus se démarque et juge très sévèrement le totalitarisme soviétique.

« Qui osera me dire que je suis libre quand les plus fiers de mes amis sont encore dans les prisons d’Espagne ? »
Sa pièce de théâtre, Révolte dans les Asturies, pièce en 4 actes qui raconte la révolution d’octobre 1934 à Oviedo écrite en 1936, est interdite à Alger par peur d’un mouvement révolutionnaire.
Bien avant la fin de la Seconde Guerre mondiale il déclare : « Nul combat ne sera juste s’il se fait en réalité contre le peuple espagnol. Nulle Europe, nulle culture ne sera libre si elle se bâtit sur la servitude du peuple espagnol. » Pour lui, le 19 juillet 1936 est la date de le début de la Seconde Guerre mondiale mais aussi celle d’une révolution sociale, populaire jamais égalée. Il écrit le 7 septembre 1944, dans Combat : « … Notre lutte ne sera jamais victorieuse chez nous tant qu’elle sera écrasée dans la douloureuse Espagne. »

La Guerre froide enterre tous les espoirs de déloger Franco. Camus n’aura de cesse toute son existence d’appuyer le combat des libertaires espagnols contre Franco, de dénoncer les lâches complicités de toutes les démocraties et de participer tant qu’il peut aux campagnes organisées par les libertaires espagnols et la FEDIP (fédération espagnole des déportés et internés politiques) contre le régime franquiste et ses horreurs (exécutions, emprisonnements, persécutions…). Il intervient dans les meetings et contacte les intellectuels proches de lui mais aussi jusqu’à « ses adversaires littéraires » pour défendre la liberté en Espagne et tenter de faire libérer mes condamnés du franquisme.
De même il soutient de toute l’autorité que lui confère sa position d’écrivain engagé, les campagnes de la FEDIP pour la libération des Républicains espagnols détenus dans le goulag de Karaganda en URSS, depuis la fin de la guerre.
En 1952, il s’éloigne de l’UNESCO pour protester de la complaisance de cette institution envers l’Espagne franquiste.
Camus fut un soutien à toutes les actions qui pouvaient de près ou de loin déstabiliser ou pour le moins dénoncer le régime franquiste…

« Le monde occidental doit savoir que sa conscience se trouve dans l’Espagne et ses libertés à retrouver. »

Retrouvez Albert Camus et l’espagne dans un dossier détaillé du Numéro 13 des cahiers du CTDEE.

Et pour mieux connaitre ce que l’idéal libertaire a construit en Espagne et dans le monde, profitez pour découvrir cette publication du N°1 au N°12 avec ses articles de fond et ses dossiers très documentés:
N°1: Les prisonniers fantômes de Karaganda;
N°2: Asturie 1934, l’autre révolution d’octobre;
N°3: Ateneo español de Toulouse;
N°4: La colonia d’aymara;
N°5: 19 de Julio/19 juillet 1936, Révolution espagnole;
N°6: Cléricalisme et anticléricalisme espagne et exil;
N°7: Mai 37, Barcelone;
N°8: « Prisonniers de guerre », les antifascistes espagnols au Lancashire, 1944-1946:
N°9: La Catalogne, une crise qui vient de loin;
N°10: Spécial 80 ans de l’exil; L’exode d’un peuple;
N°11: Les derniers jours de la République espagnole, mars 1939;
N°12: S’intégrer sans se dissoudre, les réfugiés politiques espagnols.

http://www.documentationexilespagnol-toulouse.fr/pages/les-publications-du-ctdee.html

Vous pouvez vous procurer les numéros soit auprès de notre association soit en les commandant directement au CTDEE en utilisant le bon ci joint.

Lucio, L’ombre de la liberté

Lucio Urtubia

Quand tu es arrivé en France, tu as commencé modestement, sans trop savoir, voici ce que toi-même tu en dis :
« En 1954 j’arrive en France, déserteur de l’armée espagnole, je commence à travailler, je n’allais pas prétendre avoir un emploi comme enseignant ou comme ministre car je ne savais ni lire ni écrire, mais comme manœuvre dans un chantier. Mes papiers, c’est le maire de Marne la coquette, un gaulliste qui me les a fait car il avait une petite entreprise de bâtiment, j’ai commencé à travailler là, déclaré. Parmi les ouvriers il y avait plusieurs catalans réfugiés, qui avaient fait la guerre d’Espagne et la guerre en France, ils étaient anarchistes et très méfiants envers moi. À l’heure du casse-croûte, ils m’ont demandé quel était mon idéal, j’ai répondu : je suis communiste ; à cette époque en Espagne le gouvernement franquiste mettrait sur le dos des communistes tout ce qui arrivait alors que la plupart des activités antifascistes c’était les anarchistes, mais je ne savais rien de tout cela, et les amis du chantier m’ont répondu, : Lucio tu n’es pas communiste, tu es anarchiste ! les jours suivants ils ont commencé à m’apporter des journaux, pour moi le monde s’ouvrait, je leur ai demandé de m’inscrire pour suivre des cours de français, suivre des conférences, et j’ai atterri au 24 rue Sainte Marthe… »

À partir de là, ta vie ne sera que Résistance au franquisme : braquages, faux papiers, fausse monnaie, enlèvements de dignitaires franquistes, actions de « Bandolero » au grand cœur…… Jusqu’à devenir une Légende !

Nous nous souviendrons longtemps du regard noir sur ta photo, prise par Pierre Gonnord en juillet 2019, avec lequel tu surveillais sévère, les paroles des officiels espagnols, à Madrid lors de la grande exposition de la Arqueria Nuevos Ministerios : La Sangre no es agua, en décembre de la même année.

Ta silhouette debout contre les dictatures qui emprisonnent, va nous manquer mais tes idées nous restent pour avancer demain, vers un autre futur.

Merci d’avoir été là. Merci de tes idéaux que tu as non seulement défendus mais transmis aux autres.
Nous rejoignons dans la peine Anne ta compagne et Juliette ta fille, toutes deux tes complices.

À voir:
https://www.rtve.es/alacarta/videos/el-documental/lucio/961865/

David Wingeate Pike nous a quitté

C’est avec une grande tristesse que nous avons appris la disparition de monsieur David Wingeate Pike, ce 20 juin 2020.

Nous l’avons côtoyé à plusieurs reprises, et à plusieurs reprises il nous avait fait l’honneur de prendre la parole pour honorer les Républicains espagnols antifascistes et libertaires.
Il avait un vrai souci de justice et il s’appliqua toute son existence à traquer les falsifications de l’Histoire et à remettre sur le devant de la scène, les oubliés……
Comme il l’avait fait en 2015 devant le monument de la FEDIP, aux Espagnols morts pour la liberté.

Nous voulons saluer l’exemplarité et la ténacité de ses recherches, l’honnêteté qui l’anima toujours dans ses travaux, prêt à reconnaître et à rectifier s’il se trompait. Il n’avait de cesse que d’affirmer que l’Histoire se dévoile à tâtons, sans être une science d’exactitude, qu’il fallait donc rester humble face à elle.

Sincères condoléances à sa famille et à ses amis.

Catalogue: L’UTOPIE EN EXIL

Cette fabuleuse exposition réalisée en novembre 2019 à l’institut Cervantes de Paris, nous laisse de belles traces.
Vous avez désormais accès au catalogue de l’exposition contenant:

  • Un rappel historique de la période espagnole de la révolution aux descendants artistes de ces Républicains très particuliers;
  • Une fiche sur chaque artiste
  • accompagnée d’une ou deux de ses oeuvres,

N’hésitez pas à le feuilleter et à l’utiliser pour vos rencontres, débats, échanges, cours………

Documents joints

Entretien avec Ken Loach sur Tierra y Libertad

Ken Loach revient sur son film Tierra y libertad (Land and Freedom)de 1996, pour répondre aux questions de la CNT espagnole d’aujourd’hui. Il nous dit l’actualité en 2020 du combat des anarchistes, syndicalistes de la CNT et des marxistes révolutionnaires du POUM pour une société de partage, mais surtout pour une organisation sociale qui sauverait la planète…

La marche de la 2e DB vers Paris et au-delà

Les combats sur la N20

23 aout
23 aout

Partie à l’aube du mercredi 23 août, la 2e DB roule à toute vitesse et arrive jeudi 24 dans la banlieue sud sur trois axes. La colonne Morel-Deville doit faire diversion à l’ouest par Trappes, Saint-Cyr et Versailles pour faire croire que l’attaque principale vient de ce côté. La colonne Langlade-Massu passe au centre par Chevreuse et Jouy-en-Josas. A l’est, la colonne Billotte suit la Nationale 20 et se heurte à une forte résistance allemande à Longjumeau, Antony et Fresnes. Les pertes sont importantes: plus de 300 tués, 40 chars détruits. Le soir, les soldats de Leclerc sont aux portes de Paris.

La colonne Dronne

Au soir du jeudi 24, sur ordre de Leclerc, une petite colonne blindée (18 blindés et 170 hommes) commandée par le capitaine Dronne entre dans Paris par la Porte d’Italie. Elle passe la Seine au Pont d’Austerlitz et arrive devant l’Hôtel de Ville où elle est accueillie par l’état-major de la Résistance à l’Hôtel de ville puis  par le Général Chaban-Delmas à la préfecture. Tout le long du chemin, la foule se précipite sur les soldats français, la fin du cauchemar est proche. Les cloches de Paris se remettent à sonner.

Soldats français et américains dans Paris

Le vendredi 25 au matin, les colonnes Langlade, Dio et Billotte rentrent à leur tour dans Paris où la joie est indescriptible mais où les combats continuent. De sévères accrochages on lieu autour du Luxembourg, des Tuileries et d’autres points d’appui. Leclerc va installer son QG à la gare Montparnasse. Pendant ce temps, les Américains de la 4e DI entrent par la porte d’Italie, passent par la Bastille et filent vers l’est et le bois de Vincennes pour couper la retraite allemande.

La reddition

Dès 10 heures du matin, Billotte avait envoyé un ultimatum à Von Choltitz: « Afin d’éviter toute effusion de sang inutile, il vous appartient de mettre fin immédiatement à toute résistance« . A 15h30, le général allemand signe la capitulation de ses troupes devant Leclerc et Rol-Tanguy. Une demi-heure plus tard, il signe à la gare Montparnasse les ordres de cessez-le-feu qui seront portés à chaque point d’appui.

De Gaulle à Paris

Venu de Rambouillet, de Gaulle arrive juste après la capitulation à la gare Montparnasse où il rencontre Leclerc. Le général veut rapidement imposer sa vision de la continuité républicaine et de l’indépendance de la France face aux Alliés et aux résistants. Symboliquement, il se rend d’abord au ministère de la Guerre et à la Préfecture de police. Ce n’est qu’ensuite qu’il se rend à l’Hôtel de ville auprès des chefs de la Résistance auxquel il refuse une proclamation de la République (« La République n’a jamais cessé d’être »).

« Paris libéré! »

À l’Hôtel de ville, de Gaulle s’adresse enfin aux Parisiens qui se battent depuis une semaine pour leur libération: « Paris ! Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! Mais Paris libéré ! Libéré par lui-même, libéré par son peuple avec le concours des armées de la France, avec l’appui et le concours de la France tout entière, de la France qui se bat, de la seule France, de la vraie France, de la France éternelle. »

La parade du 26 août

Dans une ville en liesse qui fête ses soldats et ses combattants, une parade victorieuse se met en marche à 15 heures depuis l’Arc de triomphe (où de Gaulle a ravivé la flamme du soldat inconnu) jusqu’à l’île de la Cité. Une foule immense borde le cortège des officiels et des soldats. Malgré des tirs isolés et une fusillade sur le parvis Notre Dame, de Gaulle continue sa marche jusqu’à la cathédrale où un Te Deum est célébré. Il est protégé par les half-tracks espagnols et leur équipage.

Joie et tristesse

Comme dans toutes les villes françaises, la libération est une période à part où tout se mélange: joie du départ des Nazis et de la fin de l’humiliation, fêtes populaires, chasse aux collaborateurs et souvent lynchages et exécutions sommaires, tonte des femmes liées aux Allemands, retrouvailles, liberté de parole… Mais la présence de de Gaulle à Paris avec de nombreux militaires empêche une grande partie des désordres. Le mardi 29, pour bien montrer que l’ordre est revenu, une forte troupe de soldats américains défile à travers Paris.

La guerre continue

Dès le 25, des éléments de la 2e DB rejoignent le nord de la capitale tandis que les Américains de la 4e DI filent vers la Champagne. Le soir du 26, comme pour rappeler aux Parisiens que la guerre est loin d’être finie, des avions allemands bombardent la ville. Autour de Paris, les Américains sont déjà au-delà de Melun au sud, les Britanniques à Vernon, Louviers et Elbeuf à l’ouest. Le 30, toutes les unités allemandes font retraite derrière la Seine. Du 8 septembre au 5 octobre, 23 fusées V2 tomberont sur la région parisienne.

23 aout
23 aout

il est mort le tortionnaire!

Parce qu’il n’est pas question de mettre sa photo, ni de lui consacrer un article particulier.

Parce qu’il n’est pas question de vous relater la vie d’un tortionnaire, alors que nous manquons de temps pour parler de toutes celles et de tous ceux qui ont succombé entre ses mains de bourreaux, de toutes celles et de tous ceux qu’il a abîmé à vie, de toutes celles et de tous ceux qui ont sacrifié leur jeunesse et leur vie pour défendre la Liberté, nous vous proposons de regarder cet entretien intéressant d’une de ses victimes, El Chato, décédé lui aussi, hélas du Covid 19.

Il échange avec Pablo Iglésias, vous y aurez un aperçu terrible des procédés du franquisme et de ce qu’a pu oser comme supplices cet immonde Antonio González Pacheco, alias Billy el Niño.

Nous voulons à travers son décès -que nous regrettons, juste parce qu’il ne sera jamais jugé- rendre hommage à toutes celles et ceux qui ont eu le courage d’attaquer ces bourreaux, à travers « La Querella argentina ».
En premier lieu à la juge Servini, qui se bat toujours pour l’aboutissement de ce procès, et aux disparus dans la course: Carlos Slepoy y Chato Galante,qui firent tant pour que les crimes de ce sinistre individu soient l’objet d’un jugement.

8 MAI 2020 : 75eme anniversaire de la victoire sur le nazisme.

En 1945, la plupart des européens peuvent fêter cette victoire !
Là où les ruines ne les avaient pas ensevelies,
Là, où l’inhumanité ne les avait pas tués,

Ce 8 mai 1945 est aussi la date du massacre pour les Algériens de Sétif en Afrique du Nord, qui réclamaient l’égalité des droits et traitements.

Ce 8 Mai 1945 est aussi celui où le peuple d’Espagne reste sous le joug de la dictature militaire de Franco et ses sbires : « justice » expéditive, exécutions sommaires, prisons et camps de concentration remplis, interdiction des partis politiques et des syndicats.

Ce 8 Mai 1945 est aussi celui de l’amertume pour les républicains espagnols en Exil en France. Car après avoir combattu dans les rangs de la 2° DB, des Forces Françaises Libres, les maquis, il leur semblait naturel et logique d’en finir avec la dictature franquiste. Les Alliés en décidèrent autrement.

Ce 8 Mai 1945 est aussi celui du début du retour pour les survivants du camp de Mau-thausen… Le soleil entrait à nouveau dans le coeur des hommes…
Malgré la faim, la maladie, ils avaient résisté, emmagasiné des années de témoignages. Porteurs des messages ultimes de leurs compagnons morts sur place.
« Ils n’étaient pas des victimes, mais des ennemis du fascisme ! Ils étaient ceux par lesquels la liberté refleurirait ! » Ils avaient tenu parole.

Ce 8 Mai 1945 est aussi celui du début de la reconstruction des institutions républicaines en Exil. La CNT tient son 1 er congrès hors d’Espagne du 1° au 12 Mai 1945 dans la grande salle de la Mutualité à Paris.

L’association 24 Aout 1944, en ce 75eme anniversaire particulier, souhaite honorer la mémoire de ces hommes et ces femmes de l’ombre qui depuis ce 8 Mai 1945 ont vécu en Exil en France et plus particulièrement à Choisy le Roi en banlieue sud de Paris.

L’an dernier avec la Ville de Choisy le Roi, l’association 24 Aout 1944 inaugurait une plaque en l’honneur des cordonniers Bernal et Cortes, hommes de la Nueve, une exposition urbaine sur l’Imprimerie des Gondoles et organisait une conférence ainsi qu’une séance de cinéma. L’imprimerie de la CNT installée à Choisy le Roi fonctionna selon les critères libertaires de 1956 à 2006

Le film, que nous vous proposons de voir, retrace ces évènements de 2019 à Choisy. Il honore également les 30.000 républicains espagnols tombés pour la liberté hors d’Espagne entre 1939 et 1945.
Ce film rend hommage, avec de nombreux documents d’archives à l’appui, à celles et ceux qui ont poursuivi le combat antifranquiste et pour leurs idéaux en France.

La ville de Choisy honore ces exilés, antifascistes et libertaires espagnols qui ont continué à faire vivre leur idéal d’une société plus juste, à Choisy même. Ils ont fait de cette commune un point du globe connu des tous les anarchistes du Monde et de tous les partis de gauche espagnols.

Vous pouvez suivre leur histoire sur le site de la ville :
https://www.choisyleroi.fr/decouvrir-choisy/limprimerie-des-gondoles-et-la-cnt-imprima-a-choisy/

75e anniversaire de la libération du camp de Mauthausen

Il y a 75 ans s’ouvraient les lourdes portes de Mauthausen, et de ses commandos. Le soleil entrait à nouveau dans le coeur des hommes…

Malgré la faim, la maladie, ils avaient résisté, emmagasiné des années de témoignages. Porteurs des messages ultimes de leurs compagnons morts sur place.

Il leur fallait revivre pour eux, et pour eux continuer le chemin de l’Histoire. Ils furent célébrés, honorés mais peu écoutés. Pourtant avec obstination, ils se firent passeurs de mots, vigiles de mémoire. Et aujourd’hui ce sont leurs descendants qui honorent leur combat.

« Ils n’étaient pas des victimes, mais des ennemis du fascisme! Ils étaient ceux par lesquels la liberté refleurirait! » Ils ont tenu parole.

Voici deux liens à visiter simplement:
https://www.institutfrancais.es/prensa/5-de-mayo-dia-nacional-de-homenaje-a-los-deportados/

https://youtu.be/FDTkYe9Be-Y

Pierre Gonnord lit le texte sur Angel olivares, déporté à Mauthausen, qui appartient à son exposition: « La sangre no es aga » « Le sang n’est pas eau »

Adieu José-Maria Riba

Adieu José-Maria,

Nous venons d’apprendre la terrible nouvelle, de la disparition de José Maria.

Nous sommes bien conscients que pour tous il s’agit non seulement d’un grand professionnel et connaisseur du cinéma qui disparaît, mais surtout d’un ami de longue date. Le frère qui accompagne les pas de chacun sur le chemin de la vie.

C’est un peu comme une amputation du coeur à laquelle nous ne nous habituons jamais. Mêlée au chagrin qui nous saisit lorsque nous perdons un être cher, c’est dur à surmonter.

José Maria avait par ses connaissances, son charisme et sa sympathie su faire d’Espagnolas en Paris, une association incontournable pour qui voulait de plonger dans le cinéma d’avant garde espagnol et d’Amérique Latine.
Mais par son sourire, sa disponibilité, sa gentillesse et tout son savoir cinéphile, il était avant tout un homme attachant, passionnant, honnête et qui engageait chacun à faire un morceau de route à ses côtés.

Aussi, aujourd’hui nous sommes de tout cœur aux côtés de sa famille et de ses amis face à ce deuil cruel.
Les membres de l’association du 24 août 1944