Mois : avril 2019

28 avril 2019 Hommage aux déportés… espagnols à Choisy-Le-Roi

Une matinée grise, un temps d’automne pour célébrer ces tristes événements.

Une forte délégation de la Mairie, des associations de déportés et d’anciens combattants, des enfants et petits enfants de déportés et de révolutionnaires espagnols se sont réunis pour cet hommage.

Après le solennel dépôt de gerbes, les prises de paroles se sont succédées. Elles ont permis de rappeler que les Espagnols furent les premiers déportés de France, que leur statut d’apatrides fut l’oeuvre de Pétain auprès d’Hitler, confortée plus tard par Franco. Mais surtout que ces déporté(e)s là n’étaient pas des victimes arrêtées au hasard des rafles. Ils étaient bel et bien les ennemi(e)s irréductibles du nazisme et de tous les fascismes. Preuve de leur détermination: ils ont, dès leur arrivée au camp de Mauthausen, constitué un groupe de résistance, pensé à collecter sous toutes ses formes des preuves de l’existence des camps de concentration et du traitement que les déportés y subissaient. Ce sont eux qui sont à l’origine de l’organisation internationale clandestine de résistance, eux encore qui ont accompli tous les actes possibles qui leur permettaient de garder leur humanité, qui ont dérobé et sorti les photos comme preuves du nazisme, confectionné une banderole…… Les jeunes Espagnols se sont distingués par leur courage et leurs espiègleries dans ce fameux Kommando Poschacher (Los Poschacas) au point de forcer l’admiration des anciens. Leur unité leur a permis de survivre tous ensemble et d’amener une note de gaité et de fraicheur dans cet antre de mort. Pour survivre et rester dignes, ils ont écrit des poèmes, des chants qu’ils ont mis en musique et chanté; ils ont organisé des matches de foot, de boxe… pour détourner l’attention des SS tandis que « la résistance » se chargeait de collecter tout ce qui pouvait servir d’armes de défense et preuves contre leurs bourreaux…… L’intervention de Laurent Ziegelmeyer (Conseiller municipal délégué,Relations internationales, jumelages, culture de paix, mémoire et anciens combattants Ville de Choisy-le-Roi) a été très appréciée, car il a su expliquer le nazisme comme une expression extrême de la barbarie capitaliste. Un système qui a « engraissé », grâce à une main-d’oeuvre bon-marché, corvéable à souhait et jetable, les plus grosses firmes capitalistes allemandes de l’époque. Loin d’être une folie des hommes, il doit être considéré comme « une véritable entreprise commerciale, une véritable entreprise capitaliste.[Pour le seul camp de Mauthausen], Les 45 grandes sociétés qui y étaient établies en firent l’un des camps nazis les plus rentables. On estime que pour l’année 1944, il dégagea un bénéfice de 11 millions de Reichsmarks, soit environ 140 millions d’euros !« . Bénédicte LEMOINE, (jeune secrétaire du Comité local des amis de la fondation pour la mémoire de la Déportation), nous a transmis le message adressé par la FNDIRP et les associations de déportés, pour un hommage à tous les déporté(e)s et à leur courage. Ce fut aussi un message de résistance aux temps actuels où l’hideuse bête fasciste montre à nouveau ses crocs.

Nous vous invitons à lire les interventions en pièces jointes, et ainsi devenir familiers avec ces combattants du fascisme qui nous laissent leur espoir et leur volonté de lutte, car rien n’est terminé, aujourd’hui moins que jamais!

Et surtout restez avec nous ce mois de mai, à Choisy car vous y découvrirez leurs traces, leurs actions et surtout cette fameuse Imprimerie des Gondoles qu’ils ont crée et fait vivre durant plus de cinquante ans. Elle en a imprimé des textes de protestations, de révolution, et de Liberté! Vous mettrez vos pas dans la vie modeste des hommes de la Nueve qui s’engagèrent dans la 2e DB, contre toutes les dictatures et vécurent en humbles cordonniers de Choisy, sans jamais louper une occasion de refaire le monde à leur image .

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Mémoires et traces des réfugiés espagnols à Choisy-le-Roi

Du 24 avril au 31 mai 2019, vous pourrez suivre les traces des Espagnols installés à Choisy-Le-Roi.

Ils ont participé non seulement à la révolution espagnole de 1936 à 1939 mais se sont distingués par leur courage et leur détermination dans la lutte antifasciste durant la Seconde Guerre mondiale. La ville de Choisy-Le-Roi veut leur rendre hommage et que la population et les visiteurs puissent: Rendre hommage aux Espagnols déportés dans les camps nazis et grâce auxquels les révélations des horreurs commises par le régime concentrationnaire a pu être révélé au grand jour, lors du procès de Nuremberg. Découvrir l’existence de l’imprimerie des Gondoles, créée et animée par ces mêmes Espagnols, amoureux de la culture et la liberté. Cette entreprise autogérée a imprimé un nombre incalculable de journaux, de tracts contre les dictatures mondiales en commençant bien sûr par celle aux portes de la France, celle de Franco dans leur propre pays, l’Espagne. Savoir que la ville de Choisy-Le-Roi a « hébergé » durant toute leur existence des cordonniers, anciens combattants de La Nueve. Ce fut une unité d’éclaireurs de la 2e Division Blindée, du Général Leclerc, commandée par le capitaine Dronne et toujours envoyée à l’avant garde des combats. Ils furent les premiers soldats « alliés » à entrer dans Paris le 24 août 194; Et leur cordonnerie était bien plus qu’une simple échoppe de réparation de souliers c’était un athénée libertaire de discussions enflammées sur l’avenir du monde… Vous pourrez suivre les chemins de leur exil en février 1939 grâce à la projection du film de Louis Llech. Puis vous rendre compte que justice ne leur a pas été rendue, encore aujourd’hui. Car en Espagne, de nombreux hommes et femmes réclament la fin de l’impunité pour les tortionnaires franquistes, et l’ouverture des fosses communes où ont été enterrés des milliers d’êtres assassinés par ces fascistes. Vous pourrez assister à la projection du film Le silence des autres de Robert Bahar et Almudena Carracedo. Ne laissez pas passer l’occasion de savoir ce que sont et ce qu’ont fait ces Étrangers…

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Septfonds 1939-1944. Dans l’archipel des camps français

Septfonds 1939-1944. Dans l’archipel des camps français, Perpignan, Le Revenant éditeur, 2019, 450 p.

Le camp de Septfonds, en Tarn-et-Garonne, a été créé à la hâte pour rassembler des républicains espagnols réfugiés en France à la suite de la victoire franquiste et considérés comme « étrangers indésirables », alors qu’ils avaient combattu franquistes, nazis et fascistes coalisés. Plus de seize mille d’entre eux y ont ainsi été parqués, puis enrôlés dans l’économie de guerre et les combats du printemps 1940, avant d’être, pour certains, déportés à Mauthausen. Ensuite, ce camp fut destiné à l’entraînement et la démobilisation de militaires alliés – tels des Polonais – et de volontaires engagés dans les régiments de marche de la Légion étrangère, dont de nombreux Juifs ayant fui leurs pays sous domination nazie. Instance de triage pour étrangers « en surnombre dans l’économie nationale » et cantonnement de divers groupes de travailleurs étrangers, il devint aussi le point de départ vers Auschwitz de près de trois cents Juifs, de familles entières raflées en Tarn-et-Garonne et dans le Lot. Le psychiatre François Tosquelles, l’écrivain Arthur Koestler, le photographe Isaac Kitrosser ou des peintres espagnols ont témoigné sur ce lieu de contrainte et de non-droit. Malgré l’extrême précarité et l’omniprésence de la maladie et de la mort, une vie culturelle a pu éclore entre les barbelés. N’hésitez pas, SOUSCRIVEZ À CETTE PAGE D’HISTOIRE

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La Nueve au lycée Émile zola de Châteaudun

Après avoir reçu les élèves de la section européenne d’histoire/géographie/espagnol sur les traces de la colonne Dronne et de ses Espagnols antifascistes, à Paris, nous voilà pour le « bouquet final » au sein de leur établissement scolaire au coeur de l’Eure & Loir.

Le projet d’établissement fut mené de front et avec enthousiasme par des professeurs dévoués et par les 50 élèves concernés. Ils ont fait le tour des hauts faits d’armes de la 2e DB et de la Nueve, par conséquent, depuis son débarquement en Normandie le 4 août 944 jusqu’à Paris. Et ils ont évoqué les campagnes d’Alsace et d’Allemagne d’où beaucoup ne revinrent pas, hélas. Grâce à Hélène, Rachel, Daniel et Yannig, leurs élèves ont rencontré des témoins et des dépositaires de l’histoire et de la mémoire de ces hommes et ces femmes combattants de la Liberté. D’Alençon à Fyé, Conlie, Écouché; de carrés militaires en conférence avec Monsieur Bayard… À Conlie, au musée de Roger Bellon, ils ont admiré les scènes de reconstitution mais surtout ils ont partagé le gâteau d’anniversaire de Roger Bellon (90ans) tout en buvant ses paroles pour le récit qu’il leur a fait de sa propre vie, et de sa résistance aux armées d’occupation allemandes. Le 20 mars, nous avons parcouru le chemin de la Nueve entrant dans Paris jusqu’à l’Hôtel de ville, eux sans coups tirés, nous juste un peu de marche à travers le Paris matinal. Puis faute de salle et par un beau soleil de mars, nous nous sommes installés dans l’aire de jeu du petit square de la tour Saint Jacques. Madame Colette Flandrin Dronne(fille du capitaine Dronne), était arrivée parmi nous avec sa botte de sept lieues (elle s’était cassé un os du pied). Les jeunes lycéens ce sont installés à même le sol (bien confortable) de l’espace de jeu tandis que professeurs, membres de l’association et Madame Flandrin Dronne prenaient place sur un banc public.

Moment magique,Colette Flandrin Dronne leur livra ses propres souvenirs de ces Espagnols si fiers et courageux de la Nueve, ces hommes bourrus, pas faciles d’approche et qui ont constitué « sa famille ». Elle les a tant aimés et appréciés qu’elle en parle toujours avec une grande émotion dans la voix et une pointe de rire face aux souvenirs qu’ils évoquent pour elle.

Les jeunes étaient plus qu’attentifs, aucun bruit ne vint troubler le récit passionnant, ils sont restés bouche-bée à écouter ce récit comme un vrai conte. Ils avaient conscience d’approcher de très près la nature de ces combattants et le sens de leur engagement. Et voici se profiler le 5 avril: Dans la matinée, c’est la projection du film d’Alberto Marquardt, La Nueve ou les oubliés de l’histoire . Ce film laisse les élèves muets d’émotion et d’admiration pour ce qu’ont vécu ces espagnols fidèles à leur combat de 1936 jusqu’à la fin de leurs jours. Après la projection L’après-midi du 5 avril, nous voilà tous rassemblés, jeunes élèves, professeurs sous la houlette bienveillante de Monsieur Sibenaler, proviseur du lycée, qui n’a pas ménagé ses efforts ni ses deniers pour la réussite de ce projet ambitieux. D’abord, nous avons été reçus avec tous les invités de façon « princière » et amicale, et nous avons pu faire connaissance les uns et les autres autour d’un excellent repas préparé et servi par le sympathique personnel du service restauration du lycée, un grand merci à eux. L’après-midi rivalisa, toute sa durée, en émotion et humour, chanson et dédicaces. Les interventions à la fois solennelles et chaleureuses de cette jeunesse qui avait passé l’année à préparer et peaufiner leur Histoire en espagnol ont captivé le public averti qui était dans la salle. Larmes, rires, chaleur et gravité étaient au rendez-vous. Mais pour mesurer réellement l’intensité de ces moments inoubliables, il faut prendre le temps de regarder noyer petite vidéo:

les élèves au square de la tour St Jacques
les élèves au square de la tour St Jacques
Half Track Espana Cani
Half Track Espana Cani
Deux pieds et deux sabots
Deux pieds et deux sabots
Sur le banc
Sur le banc
Récit passionnant
Récit passionnant
Découverte de la Plaque Colette Dronne & M. Cuche
Découverte de la Plaque Colette Dronne & M. Cuche
Médaille de l'ordre du mérite 06 juin 19
Médaille de l’ordre du mérite 06 juin 19

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