Mois : mars 2021

Communiqué à propos de l’hommage rendu au président Manuel Azaña (Montauban le 15 mars 2021) par le président du conseil espagnol et le président de la république française

Communiqué sur l’hommage rendus aux républicains espagnols et au président Manuel Azaña, Le 15 mars 2021 par le président du conseil espagnol et le président de la république française.

À chaque fois que des actes rappellent la mémoire de l’Espagne républicaine, nous nous réjouissons. Qu’ils viennent d’hommes d’état, de simples citoyens, de cinéastes, d’écrivains ou d’associations mémorielles.
Rappeler sans cesse cette mémoire, c’est rappeler sa douleur, sa longueur, ses trahisons et aussi ses avancées révolutionnaires à l’égard d’un peuple épris de liberté et de justice sociale qui dépassa largement les limites des institutions républicaines.
Presque 30 ans après la France, Manuel Azaña, fut un des artisans de la séparation de l’Église et de l’État. Dans le même temps, nombre de couvents et églises furent expropriées.

Pendant la conférence de presse, Pedro Sanchez évoqua les grands principes démocratiques de Manuel Azaña et Emmanuel Macron évoqua lui, le rôle des réfugiés républicains espagnols pour leur liberté en Espagne mais aussi pour la liberté en France en s’engageant dans la résistance et les armées alliées. Ainsi il rappela le décès en Mars 2020 de Rafaël Gomez Nieto, le dernier des survivants de la Nueve.
Première fois qu’un chef d’État français est aussi explicite avec cette histoire. Hollande en 2014 n’avait fait allusion aux républicains espagnols que pour la libération de Paris. Toutes les avancées dans ce domaine sont bonnes à recueillir.

L’hommage à Manuel Azaña s’est poursuivi par le recueillement des deux chefs d’état devant la sépulture de celui-ci. La seule photo diffusée montre une seule couronne de fleurs avec les rubans aux couleurs des deux nations. Rouge jaune rouge pour l’Espagne monarchique imposée par Franco. Sur la tombe aucun insigne ni couleurs de l’Espagne républicaine pour honorer le grand républicain qu’était Manuel Azaña…

Cette absence n’est pas sans nous rappeler l’enterrement de Manuel Azaña le 5 Novembre 1940 à Montauban.
Ce jour-là, dans la zone « libre » de la France de Pétain, 3000 réfugiés se rendent aux obsèques. Le préfet n’a pas réussi à endiguer la foule mais interdit l’apposition du drapeau de la république espagnole sur le cercueil. Le diplomate mexicain qui protégeait l’exil de Manuel Azaña des menaces d’enlèvement de la police de Vichy et services franquistes, intervint alors et fit déposer un drapeau républicain sur le cercueil : celui du Mexique. C’est un des multiples gestes du Mexique dans son soutien indéfectible à la république espagnole.

En attendant que le peuple espagnol choisisse ou puisse se choisir un autre avenir, à quand la reconnaissance institutionnelle des couleurs de l’Espagne républicaine ?
Un thème à inclure dans la récupération de la mémoire historique ?

Paris, le 23 mars 2021
Pour l’association 24 août 1944.

Comunicado sobre el homenaje realizado a los republicanos españoles y al presidente Manuel Azaña, el 15 de marzo de 2021, por el presidente del Congreso español y el presidente de la República francesa.

Cada vez que unos actos recuerdan la memoria de la España Republicana, nos alegramos, ya procedan de hombres de estado, de simples ciudadanos, de cineastas, de escritores o de asociaciones de la memoria.
Recordar sin cesar esta memoria es recordad su dolor, su duración, sus traiciones y también los avances revolucionarios de un pueblo ansioso de libertad y de justicia social, que superó los límites de las instituciones republicanas.
Casi 30 años después de Francia, Manuel Azaña fue uno de los artífices de la separación de la Iglesia y del Estado, a la vez que numerosos conventos e iglesias fueron expropiados.

Durante la conferencia de prensa, Pedro Sánchez evocó los grandes principios democráticos de Manuel Azaña y Emmanuel Macron evocó à su vez, el papel de los refugiados republicanos españoles por su libertad en España, pero también por la libertad en Francia, alistándose en la resistencia y en los ejércitos aliados. Así, recordó el fallecimiento en marzo de 2020, de Rafael Gómez Nieto, el último sobreviviente de la Nueve.
Es la primera vez que un jefe del Estado francés es tan explícito con la historia. En 2014, Hollande había hecho alusión solamente a los republicanos españoles en la Liberación de París. Todos los avances hechos en este ámbito son buenos.
El homenaje a Manuel Azaña fue seguido de la visita de los jefes del estado a la sepultura de éste. La única foto difundida muestra una sola corona de flores con las cintas con los colores de las dos naciones. Rojo, amarillo y rojo, por la España monárquica impuesta por Franco. Sobre la tumba, nada con los colores republicanos para honorar al gran republicano que fue Manuel Azaña…
Esta ausencia nos hace recordar el entierro de Manuel Azaña el 5 de Noviembre de 1940 en Montauban.

Aquel día, en la zona « libre » de la Francia de Pétain, 3000 refugiados van al entierro. El prefecto no consiguió contener la multitud pero prohibió que se colocara la bandera republicana española sobre el féretro. El diplomático mexicano que protegía el exilio de Manuel Azaña de las amenazas de secuestro de la policía de Vichy y de los servicios franquistas de entonces, mandó colocar una bandera republicana sobre el féretro: la de México. Fue uno de los múltiples gestos de México en su apoyo inquebrantable a la República española.

Esperando que el pueblo español elija o pueda elegir otro futuro, ¿cuándo serán reconocidos institucionalmente los colores de la España republicana?
¿Es un tema que debe incluirse en la recuperación de la memoria histórica?

Paris, el 23 de marzo de 2021
Pour l’association 24 août 1944.

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Les républicains Espagnols perdent une grande amie !

Dès qu’il s’agissait d’intervenir auprès d’un lycée, avec des classes d’élèves faire le parcours de l’entrée de la Nueve dans Paris, elle était là. Présente, toujours de belle humeur et disposée à conter par le menu les anecdotes qui ont égayé sa propre jeunesse et lui ont révélé le sens du bonheur. Elle était intarissable, drôle et tellement passionnante. Les jeunes lycéen(e)s l’auraient écouté des heures durant sans se lasser, et nous aussi.

Tout comme ces élèves et leurs professeurs venus de Châteaudun par une fraiche matinée de février 2019. Emportés par la chaleur de sa voix et la ferveur de son récit, sous la douce caresse du soleil d’hiver nous avons tous pique-niquer dans le square de la tour Saint-Jacques, accrochés à ses lèvres pour imaginer les combats dans un Paris en lutte contre l’armée d’occupation allemande aux prises avec les hommes de la Nueve.

Nous nous souvenons de sa visite au 33 rue des vignobles (siège de la CNT espagnole en exil) les 23 et 24 août 2018 où elle a accueilli avec une joie non feinte la famille Campos: Teresa Campo, fille de Miguel Campo (officier de la Nueve disparu durant la campagne d’Alsace) et ses enfants.

Ou encore il fallait l’entendre rire quand elle racontait comment elle s’est mise à danser avec l’huissier (qui était un réfugié républicain espagnol) de son étage à la préfecture de Versailles le 20 novembre 1975 en apprenant la mort du dictateur, sous le regard médusé du préfet.

Dans la vie, il est rare de rencontrer des personnes d’exception qui vous font regarder la vie sous un angle positif et rieur. Eh bien Colette était de ceux-là.
Bavarder une fois avec elle et vous aviez l’impression qu’elle était l’amie de toujours, et essentielle à la poursuite de votre chemin de mémoire.

Tous les membres de l’association 24 août 1944 s’associent à la grande tristesse de sa famille et de ses proches, pour avoir perdu cet être d’exception.
Merci Colette d’avoir été tant de fois à nos côtés et d’avoir porté la mémoire de la Nueve comme celle de ta propre famille.

Lina Arconada nous a quitté

Lina, attendait dans son petit appartement du 14e arrondissement de Paris, l’occasion de voir cette magnifique exposition de portraits à laquelle elle avait prêté son doux visage.

Exposition de Pierre Gonnord, un artiste photographe de renommée internationale, qui voulait démontrer combien ces femmes espagnoles et leurs compagnons avaient été un baume pour l’espoir dans un monde meilleur. Non seulement leurs visages mais leur détermination et leur esprit de résistance à l’oppression ne furent jamais effacés ni jamais vaincus!
Lina occupait toute sa place au mitant de ces indomptables!

Hélas, elle n’aura pas eu le temps d’une ballade dans Paris, parmi les siens…… et nous en sommes très tristes. Elle n’aura pas vu cette magnifique exposition dont le catalogue l’avait tant émue.

En hommage à son engagement, à sa vie et à sa douce quiétude, nous vous offrons le texte de ses confidences à Pierre et son portrait jeune côtoyant celui de 2019.

Elle restera à jamais dans nos mémoires comme pour nous dire que l’Utopie est possible, il suffit d’y croire avec conviction!

Adieu Lina, nous vous laissons en compagnie de ses mots.

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