Mois : mai 2022

Le 8 mai à Châteaudun, la Nueve à l’honneur

Nous tenons à remercier l’équipe municipale, et surtout le Comité de jumelage qui est à l’origine de cet événement grandiose.

Nous vous invitons à découvrir la vidéo de l’événement était lire lestextes d’intervention de Daniel Baudry ainsi que celui de notre association 24-Août-1944.

 

Pour nous, l’aventure a débuté le 29 avril, jour nous avons rejoint Châteaudun pour y installer nos expositions:

    • Les portraits de femmes républicaines espagnoles
    • Les portraits des hommes d cela Nueve
    • Les 15 panneaux pédagogiques des Républicains espagnols pour témoins. Ces expositions accompagnées des tableaux des élèves (de toute la carrière de Daniel Baudry, professeur d’espagnol) illustrant le poème de Federico Garcia Lorca: Luna Luna, ont eu un véritable succès auprès de la population de la ville et des alentours ainsi qu’auprès de la délégation de Marchena. L’ensemble des portraits sont oeuvre de notre compagnon, membre fondateur de l’association et artiste peintre Juan Chica Ventura

La semaine fut riche en manifestations :

  • le 3 mai, projection du film de Ken Loach, Land and Freedom, avec débat avec les lycéens de Châteaudun,
  • le 5 mai projection du film d’Alberto Marquardt, La Nueve ou les oubliés de la victoire, avec un débat en présence de Carmen Blanc, descendante des hommes de la Nueve et historienne. À chaque projection, la salle de cinéma affichait complet, et les questions ont fusé de la part des jeunes, qui pour un grand nombre découvraient cet épisode de la Seconde Guerre mondiale.

Puis ce fut le 8 mai avec son grand cortège, jusqu’au jardin dédié aux hommes de la Nueve. Il s’agit du troisième jardin en Europe: le premier à Paris, le second à Madrid et le troisième à Châteaudun. La plaque que vous pouvez découvrir sur les photos contient un texte très explicite et très respectueux du véritable engagement de ces Républicains. Pour cela nous remercions la municipalité et le Comité de jumelage! La Présence et l’émotion de Mar Y Luz sont un vrai cadeau pour cette cérémonie.

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Et pour les hispanisants, ce reportage de RTV Marchena

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Conférence Albert Camus & la République espagnole

Nous étions une petite centaine de participants, suspendus aux récits passionnants des conférenciers.

Cette conférence était doublée d’une visio-conférence sur Maria Casarès et ses années espagnoles, ciment de son engagement auprès des exilés politiques espagnols, notamment du mouvement libertaire en exil.

Il s’agissait de faire connaissance avec deux êtres célèbres en entrant dans leurs intimes convictions morales, leur éthique sociale. Apprendre d’eux ce que peu nous délivrent en général tant ils sont utilisés, détournés et interprétés.

Maria Lopo, spécialiste reconnue de Maria Casarès, avait enregistré à notre attention une conférence, au sein même de la maison Casarès de La Corogne. C’est elle qui a entamé la conférence.
Ainsi nous avons pu découvrir la demeure familiale, où Maria a grandi, a été éduquée, au mitant d’une immense bibliothèque, de la culture et de la résistance aux idées totalitaires.
L’engagement de son père a basculé l’existence de toute la famille dans le camp républicains, offerte à la répression et à l’exil. Mais les valeurs distillées tout au long d’années d’éducation et de rigueur morale ont fait aussi le voyage dans les bagages de Maria et dans ceux de ses proches.
Ce sont ces principes de justice et de solidarité qui ont rapproché de manière indissociable ces deux êtres solitaires : A. Camus et M. Casarès.

Puis Amado Marcellan nous a emmené sur les traces d’un Albert Camus imprégné de la dignité du peuple espagnol, résistant premier au fascisme mondial.

Albert Camus, enfant de la pauvreté, ne fut jamais loin de la lutte pour la liberté. Espagnol par le sang, il resta toujours au plus près des exploités et des révoltés de son époque, libertaire dans son pacifisme et proche des exilés espagnols.
Son œuvre est une ode à ce peuple qu’il admire pour son courage et sa dignité, il n’aura de cesse de lui apporter aide et soutien.

Il écrit à son propos, il participe à des meetings, interpelle les grands de ce monde pour qu’ils regardent en face leur trahison. Il rejette tous les régimes dictatoriaux, les terrorismes, qu’ils soient de droite ou de gauche. Il combat l’emprisonnement, la torture, la peine de mort, la violence d’où qu’elle vienne. (Réflexions sur la peine capitale, en collaboration avec Arthur Koestler, 1957)
Il est le seul intellectuel à s’insurger contre la reconnaissance du régime franquiste par les « démocraties occidentales » dans son très puissant article : « Démocrates, couchez-vous ! »
Il rend hommage aux Espagnols tombés au champ d’honneur de la liberté et de la dignité humaine.
Camus a écrit sur la révolte comme une pratique salvatrice de la réflexion des hommes.
Nous avons traversé avec cette conférence toutes ces épisodes de la vie d’Albert Camus, une vie durant laquelle il n’a dérogé en rien à ses principes et est resté debout, ancré dans ses convictions de liberté, coute que coute.
Et vous entendrez également Amado parler de cette incroyable découverte d’une lettre d’Albert Camus répondant à un étudiant en philosophie, lettre inédite qui vient d’être déposée dans les archives du CTDEE.

Nous vous invitons à revoir ou découvrir cette conférence.

Nous avons choisi de vous présenter les deux conférences en deux vidéos car chacune se suffit à elle-même pour passionner notre attention.
Et en 3ème partie vous pourrez suivre le débat.

Très bonne projection !

« Ni vieux, ni traitre » Victor Simal, dernier sourire

« Ni vieux, ni traitre »
Victor Simal

Né le 6 octobre 1944, de père et mère catalans.
Ses parents passent la frontière début février 39 avec leur fille de 36 mois. Ils sont immédiatement enfermés au camp de concentration d’Argelès sur mer où sa soeur décéde de faim, de froid et de maladie.
À la sortie du camp, ils rejoignent Paris et son père entre dans la résistance, comme beaucoup d’autres réfugiés espagnols.
À la fin de la Seconde Guerre mondiale, ils s’installent en Normandie comme photographes. Et Victor apprend le métier avec eux. Il exerce la photo à Paris.
En 1974, départ dans les Pyrénées Orientales où il entre rapidement en contact avec les libertaires de la région : Luttes contre le nucléaire, soutien aux insoumis, contacts et aides aux camarades libertaires encore sous la férule du dictateur Franco. En 78, en passant la frontière, il tombe dans une embuscade tendue par la Guardia-Civile espagnole : 3 jours de torture, 9 mois de prison à la Modelo de Barcelone, plusieurs mutineries et 3 grèves de la faim avant d’être libéré sous caution.
En 1983, il retourne à Paris et travaille 18 ans dans la chaine M6 en qualité de journaliste caméraman. Il lui vient alors la mauvaise idée d’accepter un reportage en Espagne, la police l’intercepte et c’est reparti pour 3 mois de prison au bout desquels il est acquitté.

Depuis longtemps sa devise préférée est « Ni dieu ni maitre », à laquelle il accola :
« Ni vieux, ni traitre »

Victor,
Aujourd’hui tu raccroches les gants, mais seulement après avoir réalisé ton œuvre ultime qui te tenais tant à cœur. Dénoncer encore une fois le franquisme et ses terribles survivances.
Nous sommes fiers d’avoir participer à cette aventure qui t’a permis de rappeler une page d’histoire enfouie dans l’oubli collectif et surtout qui t’a rendu si heureux. Nous savourons encore aujourd’hui le souvenir rieur de ta présence pour la présentation de ton film en décembre 2021. :
Et comme oraison funèbre nous voulons rappeler aux parsonnes qui liront de quoi traite ton ultime travail :

La Modelo, prison de Barcelone
Amis dessous la cendre, Victor Simal, 2021

Après la mort de Franco, le régime espagnol va maintenir un appareil policier et militaire semblable à celui du régime franquiste. Au cours de la « transition démocratique », le gouvernement espagnol va ouvrir des discussions avec les partis politiques et les syndicats qui vont aboutir aux pactes de La Moncloa signés en 1977. Seule la Confédération National du Travail (CNT, syndicat anarcho-syndicaliste) va refuser d’ajouter sa signature, ce qui va entraîner une violente répression à l’encontre du mouvement libertaire. En février 1978, 12 libertaires sont arrêtés lors d’une rafle sur le territoire espagnol. C’est au cours d’activités militantes que, notamment, Bernard Pensiot et Victor Simal, libertaires français, seront appréhendés. Le premier à Barcelone le 3 février 1978 ; le second à la frontière espagnole avec 3 autres compagnons le 4 février 1978. Avant d’être incarcérés à La Modelo, ils seront durement torturés pendant 72 heures lors des «interrogatoires» de la Guardia civil.

Victor Simal, écrivain, poète et réalisateur a vécu de l’intérieur et dans sa chair ces années d’emprisonnement. Il fallait au pouvoir espagnol de quoi alimenter la peur afin de contrer la popularité dont semblait à nouveau bénéficier la CNT et le mouvement anarchiste, sortis de la clandestinité.

Merci Victor d’avoir vécu et d’avoir tant partagé avec les autres !
Nous ne t’oublierons pas.

« La Nueve ou les oubliés de la Victoire » d’Alberto Marquardt

Plusieurs centaines des Républicains Espagnols exilés en février 1939 à la chute de la république, se sont intégrés à la 2edivision blindée (2e DB) du général Leclerc. Au sein de cette division, la 9e compagnie, nous trouvons la Nueve, dont le capitaine, Raymond Dronne, est un français parlant l’espagnol.

Sur 160 hommes, 130 sont des républicains espagnols. La langue de la compagnie est le castillan et une forte composante des hommes est anarchiste et antimilitariste…

Le 24 août 1944, la Colonne Dronne entre dans Paris. Ils sont 170 hommes dont une grande majorité sont des Espagnols de la Nueve. En tête de la colonne, derrière la jeep Mort aux cons du capitaine Dronne, se trouve le half-track Guadalajara. Cette colonne parvient à l’Hôtel de Ville, vers 21h20.
Le capitaine Dronne suivi du son second, le lieutenant Amado Granell sont les premiers soldats de la 2e DB à rencontrer les représentants de la Résistance. Le 25 août, Les Espagnols de Leclerc et ceux de la Résistance parisienne combattent ensemble. Et le 26 août les hommes de la Nueve seront choisi pour servir d’escorte rapprochée au général de Gaulle et aux représentants du Conseil National de la Résistance.

La projection sera suivie d’un débat en présence de membres de l’association 24 août1944. Le jeudi 19 mai 2022 à 19h Paris’Anim ; Centre Place des Fêtes 2/4 rue des Lilas 75019 Paris Entrée gratuite (dans le respect des consignes sanitaires)

Nota Béné : une matinée de 14 h 30 à 17h est organisée à l’attention des élèves des établissements scolaires de l’arrondissement et autres avec une projection du même documentaire en version de52’ et en présence du réalisateur. Inscrivez vos classes rapidement ! 0651728618 ou 0686841684 ou info@24-aout-1944.org

ÉGALEMENT La Nueve ou les oubliés de la victoire, le mardi 24 mai au lycée Gabriel faussé (81 Av de Choisy 75013) de 18 à 20h/. Les hommes de la Nueve s’invitent à une soirée Clio en présence d’Alberto Marquardt

voir dépliant

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Mémoire démocratique audiovisuelle à l’Institut Cervantes de Paris

Memoria democrática audiovisual, Extraterritorialidad & Resistencia

L’Institut Universitaire du Cinema Espagnol de l’Uni- versité Carlos III de Madrid (IUCE-UC3M) propose la tenue d’un séminaire de deux jours : « Memoire democratique audiovisuelle. Extraterritorialité et résistance ». L’objectif est d’inviter à une réflexion sur les signes de répression politique et de genre dans la dictature franquiste, ainsi que sur le déracinement de l’exil espagnol, du point de vue cinématographique et audiovisuel.

Programme et horaires joints
Profitez de votre passage à l’institut pour visiter l’’exposition en hommage à l’écrivain anti franquiste :
AGUSTIN GOMEZ ARCOS : ENTRE MEMORIA Y OLVIDO

Châteaudun honore les républicains espagnols de la Nueve

Notre association 24-Août-1944 au comité de jumelage de Châteaudun vous invite à partager ses événements: Du 3 au 11 mai 2022

 

Châteaudun vous attend nombreux cette semaine pour comprendre ensemble la révolution sociale espagnole du 19 juillet 1936.

  • Dans le dédale d’une salle d’exposition vous pourrez découvrir une exposition pédagogique sur le cours de l’histoire oubliée,
  • Un parcours initiatique autour de la poésie de Federico Garcia Lorca, le poète assassiné dont la voix résonne toujours et à jamais dans le coeur du monde!
  • Les femmes espagnoles vous attendent pour vous conter par le menu leur drôlede vies, leurs luttes, leurs victoires……
  • Et vous pourrez également décrypter le regard grave de ces hommes, l’épopée d’une lutte pour un idéal de liberté etre solidarité. Lutte commencée le 19 juillet 1936 et qui dura jusqu’au 8 mai 1945 et bien au-delà pour leur terre.

Deux projections ponctuent cette semaine:
Terre et Liberté de Ken Loach qui vous en apprendra sur le camp républicains, ses espoirs, ses convictions et les trahisons dont il fut victime. Le mardi 3 mai

L’exode d’un peuple suivi de La Nueve ou les oubliés de la Victoire pour comprendre comment et pourquoi la lutte a perduré sur le chemin d’un idéal à conquérir.

Et pour terminer en beauté, lors de l’hommage à ceux qui sont tombés lors de la Seconde Guerre mondiale, un jardin dédié aux hommes d cela Nueve sera inauguré par le maire de Châteaudun et la maire de Marchena, le 8 mai 2022.

Tous les renseignements de lieux, de date et d’horaire sont sur le programme joint.

©Association 24 août 1944 - 2023