Mois : août 2020

Un 24 août réussi malgré les virus !


De Richard Prost

Nous étions une cinquantaine au jardin de la Nueve, à l’Hôtel de Ville rue de Lobau, ce lundi 24 août, pour ce 76e anniversaire de la libération de Paris, tous masqués mais bien présents.
Nous excuserons ici Colette Flandrin Dronne qui, de tout coeur avec nous, n’a pas pu venir cette année et nous vous transmettons à toutes et tous les cordiales amitiés d’Edgar Morin, président d’honneur de notre association.

Pour la seconde fois, le gouvernement espagnol était représenté, par Carmen Calvo, première Vice Présidente et Ministre de la Présidence des Relations avec le Parlement et de la Mémoire Démocratique en Espagne.
Nous avons noté avec plaisir la volonté de ce gouvernement de compter avec son histoire hors frontières, et de se soucier de l’exil des Républicains espagnols. L’histoire de ceux qui ont été chassé de leur terre, parce qu’ils croyaient à l’égalité entre tous et au partage des richesses, intéresse ces élus et nous trouvons que c’est une démarche très positive, un pas vers la prise en considération des victimes du franquisme, mais surtout vers la diffusion des raisons qui les ont portés à défendre la Liberté.
À pas petits, nous avons espoir de rendre caduc l’impunité faite aux bourreaux et de parvenir à l’annulation des verdicts des tribunaux franquistes et à la révision de ceux de la transition (la justice étant restée dans les mêmes mains).

Sur la question de l’éducation, nous avions parmi nous Antonio Verdu et Antonio Cruz, porteurs du projet éducatif envers les jeunes scolarisés en Espagne, pour la modification et la mise à jour des manuels scolaires et tout ouvrage historique, à tous les niveaux. Cela permettrait d’éclairer l’avenir par un passé enfin réhabilité. Les hommes de la Nueve étaient de ces engagés si particuliers porteurs d’un avenir solidaire. À leur demande, notre association est partenaire de ce projet ambitieux.

Face aux officiels espagnols (Vice-présidente, ambassadeur, ambassadeur d’Espagne à l’UNESCO) et à la maire de Paris, nous avons, cette année encore, affiché notre volonté de voir aboutir la reconnaissance du combat mené par ce peuple au nom de
leur idéal pour une société de partage.
Ils avaient choisi comme constitution une République, la 2ème de l’histoire d’Espagne, et pour une grandes majorité d’entre eux, ils voulaient une république sociale, et ils avaient commencé de la construire, à travers les collectivités. Pour la défendre, ils ont fait face au soulèvement militaire, quasiment à mains nues face aux armées suréquipées de Franco et de ses complices fascistes. Ce sont ces mêmes convictions de justice sociale qui leur ont permis de maintenir vivaces les raisons de leur engagement, durant toute leur existence.

Ces femmes et ces hommes, enthousiastes à défendre la république en 1936 contre les troupes du général Franco, sont les mêmes qui se sont retrouvés avec autant de détermination, dans les maquis ou avec les troupes alliées. Combattre le fascisme a été leur credo en Espagne, il l’a été aussi depuis leurs terres d’exil en France et en Afrique du Nord.

Ainsi, la Nueve, constituée en Afrique du Nord, est l’exemple symbolique de la lutte que menèrent les républicains espagnols hors de leur pays.

Jamais, ils ne renoncèrent à leurs idéaux, libertaires pour beaucoup, républicains pour les autres, et pour tous, antifascistes. Les exilés reconstituèrent leurs institutions en exil. Tous ensemble, ils sont ce qu’on appelle le camp de la République : les républicains espagnols.
Tandis qu’en Espagne à la mort du dictateur, le peuple espagnol n’eut pas la parole et se vit imposé une monarchie constitutionnelle. Aujourd’hui, nous avons dit qu’il serait grand temps que le peuple espagnol puisse choisir son avenir.

Nous avons eu le grand plaisir d’avoir aussi avec nous, pour le partage de ces moments, Cristina Latorre, qui en 2019 s’occupa pour le gouvernement espagnol des manifestations et expositions du 80e anniversaire de l’exil, accompagnée par notre ami Pierre Gonnord, photographe de l’humanité oubliée! Avec eux deux, nous avons évoqué la superbe exposition de photos La sangre no es agua ,(dans laquelle figurent nos portraits de descendants d’exilés), exposée à Madrid de décembre 2019 à février 2020, avec les photos inédites de Philippe Gaussot sur l’exil des enfants espagnols, la Retirada et les camps en France , photos sous la responsabilité de notre association. Nous avons pu parler avec eux du nombre incroyable de jeunes et moins jeunes madrilènes qui ont pu s’informer, s’émouvoir et Savoir enfin ce que fut l’exil et pourquoi il a eu lieu. Ces deux expositions sont complémentaires et doivent, à notre sens, circuler en Espagne, en France et en Europe en général, ensemble.

Puis, nous nous sommes retrouvés, à plus d’une cinquantaine également, au 33 rue des Vignoles Paris 20e, qui nous a été rendu quelques jours plus tôt, totalement désamianté. Des copains nous y attendaient patiemment, ainsi que des gens nouveaux, attirés par la connaissance de cette histoire si particulière.
Nous avons pu également parlé avec Juan Andrés Perello, ambassadeur d’Espagne à L’UNESCO, de nos projets futurs, car ce dernier est venu très volontiers du jardin de la Nueve au 33, futur centre mémoriel de l’exil libertaire espagnol.

Nous avons projeté une courte rétrospective des 24 août passés, en remontant à l’arrestation des copains le 25 août 2012, pour ensuite évoquer chacun des 24 août que nous avons organisé pour parler des combattants de la Nueve et de leurs motivations. Chaque 24 août est visible dans son intégralité sur notre chaine Youtube:
https://www.youtube.com/channel/UCvAalXpaqmJ-sBS3gpK3zyA/videos

Ainsi les conversations allèrent bon train, jusque tard dans la nuit, après avoir partagé également les « nourritures terrestres ».

Nous voulons ici remercier toutes les personnes venues fêter à nos côtés ce moment d’histoire, nos plus fidèles soutiens & ami(es), celles et ceux qui sont toujours présents et prêts à nous aider, et celles et ceux pour qui c’était la première fois qu’ils foulaient le sol du 33 rue des Vignoles, ce lieu historique de la CNT en exil.
Nous vous donnons rendez-vous en septembre pour d’autres activités et débats.

Stuart Christie, 10 juillet 1946 – 15 août 2020

Sur le site de la KATE SHARPLEY LIBRARY

Stuart Christie 1946-2020. Militant anarchiste, écrivain et éditeur

Né à Glasgow et élevé à Blantyre, Christie attribue à sa grand-mère le mérite d’avoir façonné sa perspective politique, en lui donnant une carte morale et un code d’éthique clairs. Sa détermination à suivre sa conscience l’a conduit à l’anarchisme : « Sans liberté, il n’y aurait pas d’égalité, et sans égalité, il n’y aurait pas de liberté, et sans lutte, il n’y aurait rien de tout cela. » Cela l’a également conduit de la campagne contre les armes nucléaires à la lutte contre le dictateur fasciste espagnol Francisco Franco (1892-1975).

En 1962, il adhère à la Fédération anarchiste de Glasgow. Il s’installe à Londres et contacte l’organisation anarchiste clandestine espagnole Defensa Interior. Il a été arrêté à Madrid en 1964 alors qu’il transportait des explosifs destinés à être utilisés dans une tentative d’assassinat de Franco. Pour dissimuler le fait qu’il y avait un informateur au sein du groupe, la police a affirmé qu’elle avait des agents opérant en Grande-Bretagne et (à tort) que Christie avait attiré l’attention sur lui en portant un kilt.

La menace d’une exécution par garou vil et sa condamnation à vingt ans de prison ont attiré l’attention de la communauté internationale sur la résistance au franquisme. En prison, Christie a noué des amitiés durables avec les militants anarchistes de sa génération et d’avant. Il revient d’Espagne en 1967, plus mur et plus sage, mais tout aussi déterminé à poursuivre la lutte et à utiliser sa notoriété pour aider les camarades qu’il a laissés derrière lui.

À Londres, il rencontre Brenda Earl, qui deviendra sa compagne politique et de coeur. Il rencontre également Albert Meltzer, et tous deux vont refonder la Croix noire anarchiste pour promouvoir la solidarité avec les prisonniers anarchistes en Espagne et la résistance en général. Son livre, Les coulisses de l’anarchie, a promu un anarchisme révolutionnaire en contradiction avec les attitudes de certains qui étaient entrés dans l’anarchisme depuis le mouvement de paix des années 1960. Lors de la conférence anarchiste de Carrare en 1968, Christie a pris contact avec une nouvelle génération d’anarchistes militants qui ont partagé ses idées et son approche de l’action.

L’engagement politique de Christie et ses relations internationales ont fait de lui une cible de la British Special Branch [[Au sein des forces de police du Royaume Uni, la Special Brnach ou Branche spéciale a pour mission le contre-espionnage et l’antiterroriste]]. Il a été acquitté au procès « Stoke Newington Eight » , [[Le 21 août 1971, la Special Branch et le Département des enquêtes criminelles (CID) ont fait une descente dans un appartement situé au 359 Amhurst Road, à Hackney. Jim Greenfield, Anna Mendelson, John Barker et Hilary Creek, Stuart Christie et Chris Bott, Angela Weir et Kate McLean sont tous arrêtés, sur place ou après. Le groupe est alors connu sous le nom de « The Stoke Newington 8« . Le procès s’est ouvert le 30 mai 1972 à The Old Bailey. Ce procès est devenu l’un des plus longs de l’histoire juridique britannique. Le 6 décembre 1972, Barker, Greenfield, Creek et Mendelson sont condamnés à 15 ans de prison pour « conspiration en vue de provoquer des explosions susceptibles de mettre en danger la vie ou de causer des dommages matériels graves » ( peines réduites à 10 ans après des demandes de clémence du jury). Stuart Christie, Chris Bott, Angela Weir et Kate McLean ont été acquittés.]] de 1972, affirmant que le jury pouvait comprendre pourquoi quelqu’un voulait faire sauter Franco et pourquoi cela en ferait une cible pour les « flics à l’esprit conservateur ».

Libre mais apparemment au chômage, Christie a lancé la Cienfuegos Press qui allait produire une multitude de livres anarchistes et l’encyclopédie Cienfuegos Press Anarchist Review . En bref, Orkney est devenu un centre d’édition anarchiste avant que le manque de liquidités ne mette fin au projet. Christie continuera à publier et à rechercher de nouveaux moyens de le faire, notamment des livres électroniques et sur l’Internet. Son site christiebooks.com contient de nombreux films sur l’anarchisme et des biographies d’anarchistes. Il a utilisé Facebook pour créer une archive de l’histoire anarchiste qui n’était disponible nulle part ailleurs, tout en racontant des souvenirs et des événements de sa propre vie et de celle des autres.

Christie a écrit The Investigator’s Handbook (1983), partageant les informations qu’il a mises à profit dans une dénonciation du terroriste fasciste italien Stefano delle Chiaie (1984). En 1996, il a publié la première version de son étude historique: Nous les anarchistes : une étude de la Fédération Anarchiste Ibérique (FAI), 1927-1937.

De courts tirages lui ont permis de produire trois volumes illustrés de l’histoire de sa vie (Ma grand-mère a fait de moi un anarchiste, le général Franco a fait de moi un « terroriste » et Edward Heath a fait de moi un anarchiste 2002-2004) qui ont été condensés en un seul volume sous le titre « Ma grand-mère a fait de moi un anarchiste » : le général Franco, la brigade en colère et moi (2004). Ses derniers livres ont été les trois volumes de Pistoleros ! The Chronicles of Farquhar McHarg, ses récits d’un anarchiste de Glasgow qui a rejoint les groupes de défense anarchistes espagnols dans les années 1918-1924.

Attaché à l’anarchisme et à la publication, Christie est apparu dans de nombreux salons du livre et festivals de cinéma, sans prosélytisme.

La partenaire de Christie, Brenda, est décédée en juin 2019. Elle s’est éclipsée paisiblement en écoutant « Pennies From Heaven » (la chanson préférée de Brenda) en compagnie de sa fille Branwen.

John Patten
Source : « Ser histórico »
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De la web KATE SHARPLEY LIBRARY
Stuart Christie 1946-2020. Activista anarquista, escritor y editor
John Patten

Stuart Christie, fundador de la Cruz Negra Anarquista y Cienfuegos Press y coautor de Las compuertas de la anarquía ha muerto pacíficamente tras una batalla contra el cáncer de pulmón.

Nacido en Glasgow y criado en Blantyre, Christie le dio crédito a su abuela por moldear su perspectiva política, dándole un mapa moral claro y un código ético. Su determinación de seguir su conciencia lo llevó al anarquismo: « Sin libertad no habría igualdad y sin igualdad no habría libertad, y sin lucha no habría ninguna ». También lo llevó de la campaña contra las armas nucleares a unirse a la lucha contra el dictador fascista español Francisco Franco (1892-1975).

Se trasladó a Londres y se puso en contacto con la organización anarquista española clandestina Defensa Interior. Fue detenido en Madrid en 1964 portando explosivos para ser utilizados en un intento de asesinato de Franco. Para cubrir el hecho de que había un informante dentro del grupo, la policía proclamó que tenían agentes operando en Gran Bretaña y (falsamente) que Christie había llamado la atención sobre sí mismo al usar una falda escocesa.

La amenaza del garotte y su condena a veinte años llamaron la atención internacional sobre la resistencia al franquismo. En prisión, Christie formó amistades duraderas con militantes anarquistas de su generación y de generaciones anteriores. Regresó de España en 1967, mayor y más sabio, pero igualmente decidido a continuar la lucha y usar su notoriedad para ayudar a los compañeros que dejó atrás.

En Londres conoció a Brenda Earl, quien se convertiría en su compañera de vida política y emocional. También conoció a Albert Meltzer, y los dos volverían a fundar la Cruz Negra Anarquista para promover la solidaridad con los prisioneros anarquistas en España y la resistencia en general. Su libro, Las compuertas de la anarquía, promovió un anarquismo revolucionario en desacuerdo con las actitudes de algunos que habían entrado en el anarquismo desde el movimiento por la paz de los sesenta. En la conferencia anarquista de Carrara de 1968, Christie se puso en contacto con una nueva generación de militantes anarquistas que compartieron sus ideas y su enfoque de la acción.

El compromiso político y las conexiones internacionales de Christie lo convirtieron en un objetivo de la Brigada Especial británica. Fue absuelto de conspiración para provocar explosiones en el juicio « Stoke Newington Eight » de 1972, alegando que el jurado podía entender por qué alguien querría volar a Franco y por qué eso lo convertiría en blanco de « policías de mentalidad conservadora ».

Libre pero aparentemente sin empleo, Christie lanzó Cienfuegos Press que produciría una gran cantidad de libros anarquistas y la enciclopédica Cienfuegos Press Anarchist Review . Brevemente Orkney se convirtió en un centro de publicaciones anarquistas antes de que la falta de flujo de caja pusiera fin al proyecto. Christie continuaría publicando e investigando nuevas formas de hacerlo, incluidos los libros electrónicos e Internet. Su sitio christiebooks.com contiene numerosas películas sobre anarquismo y biografías de anarquistas. Usó Facebook para crear un archivo de la historia anarquista que no estaba disponible en ningún otro lugar, mientras relataba recuerdos y eventos de su propia vida y la de otras personas.

Christie escribió El manual del investigador investigador (1983), compartiendo las habilidades que puso en práctica en una denuncia del terrorista fascista italiano Stefano delle Chiaie (1984). En 1996 publicó la primera versión de su estudio histórico Nosotros los anarquistas: un estudio de la Federación Anarquista Ibérica (FAI), 1927-1937.

La impresión de tiradas cortas le permitió producir tres volúmenes ilustrados de la historia de su vida (Mi abuela me convirtió en anarquista, El general Franco me convirtió en ‘terrorista’ y Edward Heath me enfureció 2002-2004) que se condensaron en un solo volumen como Granny me hizo anarquista: el general Franco, la brigada enojada y yo (2004). Sus últimos libros fueron los tres volúmenes de ¡Pistoleros! Las Crónicas de Farquhar McHarg , sus relatos de un anarquista de Glasgow que se une a los grupos de defensa anarquistas españoles en los años 1918-1924.

Comprometido con el anarquismo y la publicación, Christie apareció en muchas ferias de libros y festivales de cine, pero desdeñó cualquier sugerencia de que había llegado para « llevar » a cualquiera a cualquier parte.

La compañera de Christie, Brenda, murió en junio de 2019. Se escabulló pacíficamente escuchando “Pennies From Heaven” (la canción favorita de Brenda) en compañía de su hija Branwen.

John Patten
Source : « Ser histórico ».

un fossoyeur respectueux

La mise au jour de la fosse commune du cimetière de Castellón, financée par la Generalitat de Valence, a permis jusqu’à présent d’exhumer treize corps de républicains fusillés par le régime franquiste.

(…)Les douze premiers corps, situés à peine à un demi-mètre de profondeur, ont été retrouvés dans des boîtes de réduction. Tous, à l’exception d’un paysan membre du PSOE, étaient des militants anarchistes de la CNT, fusillés en 1943 et 1944.(…)

(…) En 1989, selon l’archéologue Jorge García, codirecteur des fouilles, il y a eu des travaux dans le cimetière. « Le fossoyeur de l’époque, qui connaissait l’endroit où se trouvait chaque fusillé, a commandé des boîtes en bois, a mis les noms dessus, a sorti les républicains de là où ils se trouvaient et les a enterrés dans la zone n°1 du cimetière », explique-t-il lors d’une conversation téléphonique avec le site elDiario.es. Les spécialistes ont sorti les boîtes contenant les douze corps et ont commencé le processus d’identification. Au-dessous se trouve une douzaine de corps de militants de l’UGT, de la CNT et de la Gauche républicaine. (…)

Lisez l’article complet sur le blog de Floréal :
https://florealanar.wordpress.com/2020/07/19/castellon-les-restes-de-vingt-et-un-republicains-espagnols-sortis-dune-fosse-commune-et-identifies/

Au-delà des incertitudes: le 24 août 2020

Très cher(e)s ami(e)s

Reprise des activités ou/et reprise de vitalité pour ce virus liberticide……

En cette année troublée, qui amorce des tournants sociaux qui hésitent à s’affirmer, la vie est là tout de même qui couve et piaffe d’impatience !

Chacun continue de travailler à cette mémoire qui nous préoccupe tant, pour faire émerger de toute part ses aspects enfouis, déformés ou oubliés.

L’hommage aux hommes de La Nueve aura lieu cette année, dans le jardin dédié aux combattants de la Nueve, à l’Hôtel de Ville de Paris.

En présence de Madame la Maire de Paris, dont nous nous réjouissons de la réélection, pour son action, avec le service de la mémoire combattante pour qu’enfin le 24 août s’inscrive dans les cérémonies officielles de la Libération de Paris;  pour sa volonté à faire exister la mémoire de ce peuple antifasciste dans ses lieux historiques, puisque les travaux au 33 rue des Vignoles ont commencé cet été.  

Mais cette année, compte tenu des restrictions de proximité dues à la situation sanitaire, nous ne pourrons être qu’une trentaine pour la cérémonie qui se déroulera à l’intérieur du jardin dédié aux combattants de la Nueve, avec deux ou trois prises de paroles uniquement. Nous espérons  que le trottoir de la rue de Lobau restera disponible pour accueillir ceux qui seront présents sans pouvoir pénétrer dans le jardin.

Le lundi 24 août 2020, à partir de 17 h45,
Au 1 rue de Lobau Paris 4* devant l’entrée du jardin des combattants de la Nueve.

 Par contre, si la situation sanitaire le permet, nous vous proposons de vous retrouver ce même lundi 24 août vers 19h30 au 33 rue des Vignoles Paris 20 **, pour la projection d’un court montage (30’) rappelant à toutes et tous : « Les 24 août de 2012 à 2019 ».

 Cette projection sera suivie d’échanges entre participants en toute convivialité.
(télécharger l’invitation)

(L’accès au lieu sera confirmé courant du mois d’août en cas d’empêchement nous vous préviendrons le plus rapidement possible.)

Accès libre selon la place avec les recoommandations sanitaires en vigueur

Documents joints

Gisèle Halimi, 27 juillet 1927- 28 juillet 2020

Gisèle Halimi, née Zeiza Gisèle Élise Taïeb, le 27 juillet 1927 à La Goulette en Tunisie et morte le 28 juillet 2020 à Paris, avocate, militante féministe et femme politique franco-tunisienne.

Une des avocates féministes les plus importantes du XXème siècle ; Infatigable combattante pour la cause des femmes et le droit à l’avortement, Gisèle Halimi témoigne d’un courant du féminisme français caractérisé notamment par la certitude que cette lutte émancipatrice ne peut se passer des hommes.

Le 5 avril 1971, elles étaient 343 à signer publiquement un manifeste dans Le Nouvel Observateur et à déclarer publiquement qu’elles avaient eu recours à l’avortement. On les appela alors : Les 343 Salopes ! mais elles sauvèrent l’honneur d’une société coincée dans des principes dignes d’un âge archaïque, où la femme restait soit un objet de plaisir soit une domestique vouée exclusivement à la maternité.

En cela, elle rejoignait les femmes pionnières du monde entier en lutte pour l’émancipation féminine et notamment ces femmes espagnoles qui de 1931 à 1939 surent conquérir des droits importants et imposer leur participation pleine et entière à la transformation de la société pour plus de justice, d’éducation, de respect et de solidarité !

Le 3 décembre 1970 s’ouvrait le procès de Burgos « conseil de guerre de Burgos », à l’encontre de seize membres de l’organisation armée nationaliste basque Euskadi ta Askatasuna (ETA), accusés d’avoir assassiner Meliton Manzanas, le chef de la police politique de la province de Guipozcoa en 1968. Sous les protestations et la pression populaire internationales, pour la première fois en Espagne franquiste, le procès fut public.

Six accusés furent condamnés à la peine capitale, neuf autres totalisèrent 724 ans de prison, seule la femme fut relâchée sans condamnation. Le procès s’acheva le 9 décembre mais les protestations et manifestations internationales continuèrent. Cela contraignit Franco à annoncer, le 30 décembre, que les peines capitales seraient commuées en 30 années de prisons pour chaque accusé.

Gisèle Halimi, avocate de Djamila Boupacha, de Mehdi Ben Barka, présidente de la commission d’enquête du Tribunal Russell sur les crimes de guerre américains au Vietnam, observatrice judiciaire aux procès de Rabat et d’Athènes, a été envoyée par la Fédération internationale des Droits de l’Homme au procès de Burgos comme observatrice.
Elle en publia un ouvrage en 1971 : « Espagne; le Procès de Burgos » « Le grand mérite de l’ouvrage présenté par Gisèle Halimi, déléguée à Burgos par la Fédération internationale des droits de l’homme, est d’offrir à l’opinion des documents et des textes inédits sur ce procès et sur son Instruction. Les mémoires des avocats écrits pour la défense des principaux accusés mettent parfaitement en lumière les Irrégularités que les avocats, réduits au silence, n’ont pu faire valoir. Plusieurs fois condamnés à mort puis graciés, les accusés de Burgos n’en continuent pas moins de croupir dans des geôles. Plus qu’un reportage ou le simple récit d’un témoin engagé, le livre de Gisèle Halimi est d’abord un dossier accablant (…) ». (extrait article du Monde du 25 juin 1971) contre la dictature franquiste, tolérée depuis 1939 par toutes les démocraties du monde.

Là encore, nous devons à cette femme et à son courage, d’avoir rappelé à la connaissance de tous, les tortures et les méthodes d’intimidations qui sévissaient en Espagne franquiste, comme mode de gouvernance politique.

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