Mois : juillet 2014

24 août 2012. Libération de Paris : des militants libertaires interpellés par la police

Alors que le vendredi 25 août 2012, le président François Hollande présidait le 68e anniversaire de la Libération de Paris sur le parvis de l’Hôtel de Ville, des militants libertaires ont souhaité rappeler que les premiers libérateurs de la capitale, une compagnie de 160 hommes dont 146 républicains espagnols du régiment de marche du Tchad (2e DB), la Nueve, étaient en grande partie des militants de la CNT, la Confédération nationale du travail, l’organisation anarcho-syndicaliste majoritaire en Espagne avant le début de la guerre civile.

Afin d’affirmer le rôle joué par ces libertaires dans la libération de Paris, des militants de la Fédération Anarchiste, d’Alternative libertaire, de la CNT et des militants libertaires avaient déployé des drapeaux noirs et noirs et rouges, drapeaux du mouvement anarchiste et de la CNT, à proximité de la dernière plaque commémorative indiquant le parcours suivi par les libérateurs de Paris.

Un lieu où une concentration de drapeaux républicains espagnols avait, pour la première fois été autorisée par la Mairie de Paris. Un rassemblement qui a fini au commissariat, après interpellation des militants libertaires.

foule-plaques-nueve.jpgUne foule dense se pressait devant la plaque commémorative.

Le petit groupe arborant des drapeaux noirs et drapeaux rouge et noir tenta de s’approcher. La riposte énergique de la police, dirigée à l’époque par Manuel Valls, s’organisa très vite, les oreillettes grésillèrent et l’ordre républicain fut restauré pour permettre à François Hollande de prononcer son discours.

libertaires-nueve.jpgLa poignée de troublions fut cernée et emmenée à distance de l’évènement sous forte escorte bleue.Un commissaire de Police, donna alors une leçon d’histoire sur les couleurs du drapeau de la République espagnole : « il n’était pas noir, il n’était pas rouge et noir », et pour que les trouble-fêtes comprennent qu’ils participaient à un rassemblement interdit, ils furent embarqués, direction le car des interpellations pour 4 heures de rétention et de fichage dans les commissariats des 8e et 9e arrondissements de Paris.

Cet événement fut à l’origine de la création de l’association 24 août 1944 par une partie des libertaires présents devant l’Hôtel de ville de Paris ce jour-là.

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La Nueve en bref…

D’où viennent ces combattants à l’idéal de liberté chevillé au corps ?

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Février 1936 : le peuple d’Espagne porte « el Frente popular » (Front populaire) au pouvoir. Juillet 1936 : une guerre civile et révolutionnaire éclate ; elle va durer 32 mois et se soldera, faute d’armement et d’aide internationale, par la défaite du camp républicain face à l’armée putschiste de Franco, soutenue par Hitler, Mussolini et Salazar. En février 1939, un demi-million d’Espagnols, sous les intempéries et les bombardements, franchit la frontière française. Des quelques 200 000 Espagnols de la « Retirada » demeurés en France à l’issue de la victoire franquiste, nombreux sont ceux qui reprendront les armes contre le nazisme, après de terribles séjours dans les camps de concentration du sud de la France ou d’Afrique du Nord.
Admiratifs des soldats de la France libre de la première heure dirigés par De Gaulle et commandés sur le terrain par le général Leclerc, beaucoup d’Espagnols vont tenter de rejoindre les rangs de cette armée « illégale » constituée en Afrique avec les forces coloniales du Tchad, du Cameroun…
Ce n’est qu’en 1943 que cette troupe hétéroclite prendra le nom de 2e division blindée (2e DB).

Des anarchistes antimilitaristes dans la 2e DB

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La Nueve (neuvième compagnie) était une composante de la 2è DB, du IIIe régiment de marche du Tchad, commandée par le capitaine Raymond Dronne, composée de 160 soldats dont -au moment du débarquement en Normandie, le 4 août 1944- 125 républicains espagnols majoritairement anarchistes.
À l’instar de tous les républicains espagnols vaincus, ils concevaient le combat pour la France libre comme la continuité de celui commencé en Espagne par la guerre civile, en juillet 1936, et espéraient – comme on le leur avait promis – qu’il se poursuivrait, avec l’aide des alliés, contre la dictature de Franco. Ces anarchistes voulaient agir ; ils refusaient d’être spectateurs, sachant combien le nazisme –partenaire du franquisme – est l’ennemi de la liberté. C’est pourquoi beaucoup d’entre eux ont rejoint les maquis ou endossé l’uniforme. Antimilitaristes, ils considéraient que l’enjeu valait ce compromis avec leurs principes.

Leclerc « el patrón »

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Militant de l’Action française, royaliste très catholique, Leclerc avait d’emblée choisi le camp de Franco lors de la guerre d’Espagne, mais il apprit à mieux connaître et apprécier les combattants du camp républicain au cours de la Seconde Guerre mondiale. Leclerc rejoint le général de Gaulle en Juillet 1940. À la tête de la 2e division française libre, qui deviendra la célèbre 2e division blindée (2e DB), il entame la campagne d’Afrique en promettant de combattre: « Jurez de ne déposer les armes que lorsque nos couleurs, nos belles couleurs, flotteront sur la cathédrale de Strasbourg » (Serment de Koufra, Libye, le 2 mars 1941 )
« El patrón », comme l’appelaient les hommes de la Nueve, gagna la confiance et l’estime de tous les Espagnols par sa notion originale et efficace du commandement : ne pas rester passif, prendre toujours l’initiative, réagir immédiatement devant un obstacle imprévu –sans attendre la note ou l’ordre–, s’adapter aux circonstances les plus inattendues, atteindre l’objectif dans le cadre de la mission donnée, ne pas obéir à des ordres stupides… préserver autant que possible la vie de ses hommes et les respecter.

Pour les soldats de la Nueve, « Leclerc n’était pas un général français. C’était un véritable général républicain espagnol, comme ceux qui nous commandaient pendant la guerre contre les franquistes ». (Luis Royo Ibañez, soldat de la Nueve.)

En 1945, la guerre en Europe terminée, il partira en Indochine pour y défendre le protectorat français.

Raymond Dronne « el capitán »

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Administrateur d’Outremer au Cameroun, il fut l’un des premiers hommes à se mettre à la disposition de Leclerc.  Il prend une part active, à Yaoundé, au ralliement de la ville à la France libre le 28 août 1940. Engagé dans les Forces françaises libres, il participe aux opérations du Gabon avec le Régiment de tirailleurs du Cameroun (RTC). Il intégra le régiment de marche du Tchad, en 1943. En lui remettant le commandement, Leclerc lui expliqua qu’il s’agissait d’une compagnie de volontaires espagnols qui étaient indisciplinés mais qui avaient une expérience inestimable et une grandeur d’âme hors du commun : « Ce sont de beaux soldats, vous vous en arrangerez… »
Leclerc avait compris que ces hommes accepteraient d’être commandés seulement par un officier rallié dès les premières heures à la France libre ; surtout s’ils savaient que c’était un soldat qui avait été gravement blessé au combat. Les Espagnols le mirent à l’épreuve, mais ne tardèrent pas à l’accepter.

« On n’acceptait pas les ordres. Mais, pourtant, Leclerc, le capitaine Dronne ensuite et, surtout, le colonel Putz ont gagné notre sympathie. C’étaient des gens qui nous comprenaient et qui assuraient qu’ils nous aideraient à lutter contre Franco. » (Manuel Lozano, soldat de la Nueve.)

Des half-tracks aux noms de batailles de la guerre civile

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Chaque véhicule avait le nom des plus célèbres batailles de la guerre civile ou de symboles importants. Quant au capitaine Dronne, sa jeep portait : Mort Aux Cons.

« Et ces tanks ? Mes yeux voient-ils clair ? Ce sont eux ? Oui, ce sont eux. Ce sont les Espagnols. Je vois le drapeau tricolore. Ce sont eux qui, après avoir traversé l’Afrique, arrivent sur les Champs-Élysées. Les tanks portent des noms évocateurs : Guadalajara, Teruel, et ce sont les premiers qui défilent sur la grande avenue. On dirait un rêve… On dirait un rêve. » (Victoria Kent, ancienne haute-fonctionnaire espagnole.)

Les 24, 25 et 26 Août 1944

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24 Août 1944. Ce sont les soldats de la « colonne Dronne » , commandée par le capitaine Raymond Dronne et appartenant à la deuxième division blindée (2e DB) du général Leclerc qui entrent les premiers dans Paris. Cette colonne se compose:

– 41 hommes de la 2ème section de la 3 compagnie du 13ème Régiment du Génie,

– 15 hommes de la 1ère section de la 2ème compagnie du 501 RCC (Régiment de Chars de Combat)

– 116 hommes des 2ème et 3ème sections de la Nueve, + section de commandement, répartis de la façon suivante :

70 espagnols (soit 60 % des effectifs de la colonne)

35 français

11 volontaires internationaux.

Avec:

-trois chars Romilly, Montmirail et Champaubert de la 1ère section de la 2ème compagnie du 501 RCC-

-La jeep de Dronne- La section de commandement de la Nueve: HT Les Cosaques et Rescousse

-La 2ème section de la Nueve : HT Résistance, Teruel, Libération, Nous Voilà et l’Ebre

-La 3ème section de la Nueve : HT Tunisie 43 (celui commandé par Miguel Campos), Brunete, Amiral Buiza, Guadalajara et Santander

-La 2ème section de la 3ème compagnie du 13ème régiment du Génie : jeep Le Criquet, jeep Amphibie Mektoub II, un GMC (camion) et les HT L’Entreprenant, le Volontaire et le Méthodique.

malheureusement l’histoire officielle pendant des décennies ne retiendra que  les chars Romilly, Champaubert et Montmirail, les noms des half-tracks (véhicules  blindés américains plus légers et munis de mitrailleuses), pilotés par des Espagnols de la Nueve et nommés Guadalajara, Teruel ou encore Ebre ne surgiront qu’à partir de 2004.

« À la porte d’Italie, quand nous sommes arrivés et qu’une femme a crié : ’’Vive les Américains !’’, un de mes camarades a répondu : ’’No, señora Madame, yo soy un Français. » (Manuel Lozano, soldat de la Nueve.)

25 Août. La Nueve intervient dans les combats de la Centrale Téléphonique de la rue des Archives (2èmesection, sous le commandement de Dronne) et en protection de l’Hôtel de Ville (3ème section, sous le commandement d’Amado Granell). Durant ces accrochages , deux soldats de la  » Nueve  » sont grièvement blessés, un troisième est tué ainsi que trois FFI.

26 Août. Après avoir participé à la libération de Paris, la Nueve du capitaine Dronne aligne, ce jour-là, ses chars devant l’Arc-de-Triomphe.  Le général de Gaulle et des membres du Conseil National de la Résistance descendent la célèbre avenue, encadrés par par les half-tracks « Les Cosaques », « Madrid », « Don Quichotte » et « Les Pingouins ».

« On nous avait mis là parce que je crois qu’ils avaient plus confiance en nous, comme troupe de choc, qu’en d’autres… Il fallait voir comme les gens criaient et applaudissaient ! » (Germán Arrúe, soldat de la Nueve.)

Il faut noter que le Paris insurgé et résistant comptait un grand nombre d’étrangers dont plusieurs centaines d’antifascistes espagnols lors du soulèvement de la Capitale.

 

Paris, Strasbourg, le nid d’aigle de Hitler

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Après Paris, les hommes de la Nueve se remettent en route, en direction de l’Est. Avec Leclerc, ils libèrent les Vosges, l’Alsace, participent aux durs combats de la poche de  Colmar.

Colette Dronne déclare le 24 août 2020:

« Après Strasbourg, la Nueve n’était plus une compagnie espagnole, mais franco-espagnole. Car, depuis Ecouché, au fur et à mesure de la campagne, les trous avaient été comblés par de jeunes engagés français. Il faut souligner l’accueil que ces jeunes ont reçu de la part des anciens de la compagnie : ils ont été accueillis, protégés, formés, traités comme des fils. Ils se sont totalement intégrés à la 9. »

Ils poursuivent leur offensive jusqu’au nid d’aigle de Hitler, à Berchtesgaden.

2014, les survivants de la Nueve

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La Nueve, c’est 160 officiers, sous-officiers et soldats, articulée en trois sections de combat avec chacune cinq half-tracks et une quarantaine de combattants, plus la section de commandement. 90% d’Espagnols dont deux officiers adjoints espagnols (Antonio Van Baumberghen Clarasó (Bamba) et Amado Granell) et un sous-lieutenant espagnol Vicente Montoya. Ce n’était pas la seule unité où se retrouvaient des Espagnols. Mais c’était la seule où le commandement était pratiquement en espagnol.

La Nueve a combattu avec gloire et courage pendant toute la campagne, souvent en première ligne, toujours plus unie (malgré la mosaïque des opinions), plus soucieuse d’obtenir la victoire, et toujours avec l’espoir de retour au pays après la chute de Franco.

Elle est certainement une des unités qui a le plus versé de sang dans cette campagne : 40 tués, 102 blessés, 1 disparu, 39 pieds gelés. Beaucoup de blessés ont regagné la compagnie le plus vite possible, s’évadant des hôpitaux si nécessaire ; seuls les plus gravement atteints n’ont pu revenir. Quant au disparu, l’adjudant-chef Campos, il a été la source d’une véritable légende.

Seulement 39 sont arrivés à Berchtesgaden, le 5 mai 1945.

En 2014, il n’en reste que deux : Rafael Gómez et Luis Royo.

Les héros oubliés de la victoire

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L’histoire n’a retenu que ce qui pouvait servir à la construction d’une geste nationale et nationaliste : les étrangers n’y avaient pas leur place. Cette «francisation » de la Libération fut « une opération politique consciente et volontaire de la part des autorités gaullistes et, dans le même temps, des dirigeants du Parti communiste français ».
L’épopée gaulliste et l’épopée communiste de la Libération ne pouvaient être que nationales. «La participation armée des Espagnols a été récupérée par les gaullistes.
» (Jorge Semprún, préface La Nueve, 24 août 1944, ces Espagnols qui ont libéré Paris, Evelyn Mesquida, le Cherche Midi, 2011.)

Dans la Nueve, mais aussi dans la Résistance

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Des Républicains espagnols ont été sur tous les fronts. Très tôt engagés dans les rangs des Forces françaises libres ou des maquis, leurs faits d’armes sont légendaires. Hommes ou femmes, leur participation au sein de «l’armée de l’ombre » sera, elle aussi, unanimement reconnue. Des maquis se constituent, composés intégralement ou à forte majorité d’Espagnols, un peu partout en France occupée et non occupée :

  • La 3e brigade de guérilleros espagnols libère Foix.
  • Au plateau des Glières, ils seront en résistance dès la fin de 1942, et ils représentent plus de la moitié des maquisards montés au plateau en janvier 1944.
  • Le commandant Raymond, qui n’est autre que Ramón Vila Capdevila, avec son bataillon « Libertad » libère Limoges.
  • Des réseaux clandestins sont organisés dès novembre 1939. Francisco Ponzán se met à la disposition des services secrets britanniques. Ce sera le début d’un des réseaux des plus efficaces de passeurs, lié au réseau anglais Pat-O’Leary.
  • Les premiers  de France à être déportés dans les camps de la mort, à Mauthausen (Haute Autriche), dès le 6 août 1940, sont des antifascistes espagnols. Dans l’ignominie de la déportation, ils songent à s’organiser collectivement, afin de collecter les preuves, pour témoigner de leurs conditions de détention et résister à leur mort programmée. Ce sont eux qui accueilleront, en 1942, les premiers résistants français, déportés au camp de Mauthausen.
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Avec les espagnols de la Division Leclerc

Le 25 aout passé, une communication téléphonique nous annonça que les premiers véhicules blindés américains avaient rejoint « l’Hôtel de Ville » et que d’autres se dirigeaient vers le boulevard Sébastopol. Nos informateurs ajoutaient que beaucoup de ces blindés portaient le drapeau républicain espagnol et donc peut être leurs équipages composés de compagnons espagnols.
Anxieux de vérifier la nouvelle et pour ne pas être victimes d’un canular, nous nous dirigeons immédiatement vers les lieux indiqués. Nous n’étions pas encore arrivés à notre objectif que nous rencontrions les premiers véhicules, rue du Temple et rue des Fontaines (du roy), attaquant la place de la République. Il était exactement 11 heures du matin, nous approchons des véhicules les plus avancés, l’équipage des trois premiers étaient composés d’espagnols. Un cri sous forme de question fut nos premières paroles : Une tête connue ? L’ex commissaire médical de la Brigade « Tierra y Libertad » répondit : Présent ! Ponctué par un émouvant et fort « abrazo ». Peu après il conta l’histoire de son « Odyssée ».

Sur les quelques mille espagnols intégrés à la Division Leclerc, tous étaient des réfugiés politiques qui combattirent pour la Liberté et la Justice sociale durant la « guerre sociale » espagnole. Ils se trouvaient dans les camps d’Algérie au moment de la Libération de la colonie française par les armées anglo-américaines [[Des camps de concentration furent ouverts (par le gouvernement Dalladier) en 1939, à la fin de la guerre d’Espagne, lors de l’exode des républicains espagnols vers l’Algérie. ]]. Immédiatement, ils se portèrent volontaires (pour intégrer la 2ème DB) afin de venger le déshonneur de l’intervention brutale criminelle allemande et italienne contre la révolution espagnole.

Ils ont participé à la campagne en Tunisie. Plus tard débarqués en Normandie et toujours actifs en première ligne, c’est comme cela que nous les avons rencontrés au cœur de Paris.
Braves copains des 26ème et 28ème Division [[Deux divisions (ex colonnes Durruti et Ascaso), composées uniquement de libertaires, qui combattirent sur les Fronts d’Aragon et de Madrid.]] et de tant d’autres aussi héroïques, recevez l’hommage reconnaissant de tous les milliers d’espagnols qui ont souffert de la tyrannie nazi et de la politique collaborationniste française.

Un peu plus tard, nous vîmes défilés ces fiers blindés sur lesquels nous pouvions lire, en grand caractère, le glorieux nom de Durruti parmi d’autres aussi magnifiques : Teruel, Saragosse et Belchite [[Contrairement à ce qu’écrit le camarade (certainement emporté par l’émotion), il n’a y jamais eu de blindé portant le nom de B. Durruti ou de Pasonaria. Tous portaient effectivement des noms de batailles.]]. Pas simplement un souvenir, mais un symbole de luttes rappelées par ces noms si glorieux. A la fois un hommage au passé reconnu et aux promesses des belles perspectives libératrices pour le futur de notre Espagne chérie [[lire à ce sujet, l’article d’Albert Camus : A nos frères d’Espagne, paru dans Combat à la Libération de Paris.]].

Affirmation résumée par un des braves garçons de la Division Leclerc, pendant qu’il alimentait le canon de sa mitrailleuse : « Ha s’ils nous permettaient de diriger nos armes jusqu’en Espagne pour la libérer du joug phalangiste ». C’est notre véritable désir.

Toberli


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Con los espanoles de la Division Leclerc.

Solidaridad Obrera. Paris 24 septiembre 1944

Una comunicaciôn telefonica nos anuciaba el dia 25 del pasado, que los primeros carros blindados americanos habian llegado « l’Hôtel de ville », y que otros desfilaban ya por el bulevard de Sébastopol. Anadian nuestros informadores que muchos de los carros ostentaban la bandera republicana espanola, por ser compuestos esquipagjes de companeros espanoles. Ansiosos de verificar la noticia, para no ser victimas de un bulo, nos dirijimos imediatemente hacia los lugares indicatos ; no habiamos llegado todavia a nustro objetivo cuando ya nos encontramos con los primeros carros que desde la rue del temple y rue les fontaines atacaba ya la plaza de la République. Eran exactamente la s 11de la manana. Nos acercamos a los carros mas avanzados. El equipaje de los tres primero sera compuesto des espanoles. Una exclamacion seguida de una pregunta fue nuestra primera intervencion : una carra connocida ! Ex comisario de sanidad de la Brigada Tierra y Libertad. Presente ! Fue la respuesta, rematada con un fuerte y emocionado abrazo ; despues siguio el comentario de su odisea.

Unos cuantos miles de espanoles se hallan encuadrados en la Division Leclerc. Todos ellos son exilados politicos que combatieron por la Libertad y la Justicia social durante la Guerra social espanola. Y que se hablaban en los campos de Argelia en el momento de la liberacion de la colonia francesa por los ejercitos anglo-americanos. Inmediatamente se ofrecieron como voluntarios para vengar todas la afrentas de la intervencion asesina y brutal del ejercito aleman e italiano contra la Revolucion espanola.

Han hecho la campana de Tunez. Mas tarde desembarcaron en Normendia y actuendo siempre en primera linea es como los hemos encondrado en el corazon mismo de Paris.

Bravos muchachos de la 26 y 28 divisiones y de tantas otras de recuerdos tambien heroicos, recibid el homage reconocido de todos los millares de espanoles exilados que han sufrido el aprobio de la tirana nazi y de la politica colaboracionista francesa.

Hemos visto mas tarde el defile arrogante de los carros, sobre los que hemos podido distinguir en grandes caractes el nombre glorioso de Durruti y entre otros el del manifico Teruel, Zaragoza y Belchite. Ello sinifica, no solamente un recuerdo, sino tanto tambien un simbolo de lucha, condensado en la significacion de nombres tan gloriosos : Ruerdo de recosinido homenage al pasado y promesa de bellas perspectivas liberatrices para el futuro de nuestra querida Espana. Afirmacion que va condesada en la exclamacion de un bravo muchacho de la Division Leclrec, mientras acariciaba orgulloso el canon de su ametralladora : Ha ! Si se nos permitiese dirijir nuestras armas hacia Espana para libertala del yugo falangista… Ese es nuestro verdadero deseo

Toberli

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«Señora Madame, yo soy un Français»

Notre article du 27 août denier, intitulé « Muchas Gracias »[[Voir article sur ce site : 61]]. rendant hommage au rôle essentiel des guérilleros espagnols dans la libération de Paris, où ils entrèrent les premiers, en avant-garde de la deuxième D.B. du général Leclerc, nous a valu un grand nombre de messages téléphonés et un important courrier, tant en espagnol qu’en français. Leur lecture bouleversante atteste combien ces « olvidados » – oubliés – immigrés et réfugiés qui se sont intégrés dans notre combat et l’ont souvent animé, ont été sensibles au légitime hommage que nous leur avons rendu. Dans l’impossibilité momentanée de répondre nommément à tous mes correspondants, je les prie de bien vouloir trouver ici mes excuses, avec ma satisfaction personnelle d’avoir contribué à rétablir l’authenticité d’un point historique méconnu, parce qu’hélas falsifié. C’est un fait incontestable : l’élément de pointe de la deuxième D.B., qui vint au secours de Paris insurgé, était composé d’anciens guérilleros espagnols, pour la plupart anarchistes. Pourquoi, depuis quarante ans, le cacher ?

Je me bornerai à citer l’un des rares survivants de cette fameuse « Neuvième compagnie », anéantie à 90%, qui pénétra en tête dans Paris et poussa jusqu’à l’Hôtel de Ville. Son nom de guerre était Juan Rico[[ De son vrai nom : Victor Baro.

Voir son portrait dans la rubrique « Les hommes de la Nueve » : 22]]. Il vit actuellement dans l’Aude.

Anarchiste espagnol ! Je suis l’un des seize survivants de ceux qui sont entrés les premiers dans Paris. J’étais le plus jeune et j’avais une guitare. La capitaine Dronne m’a dit: « Rico, ce n’est pas un régiment de mandolines ». J’ai caché ma guitare sur le tank. Il n’était pas commode, nous non plus. C’est le seul qui a voulu de nous et nous de lui. Il parlait l’espagnol, nous on se débrouillait en français, mais le cœur y était. Si bien qu’à la porte d’Italie, quand nous sommes arrivés et qu’une femme a crié : « Vive les Américains ! », un de mes camarades a répondu : « Non Señora Madame, yo soy un Français ».

C’est vrai et je vous remercie de le dire dans votre article, nos « half tracks » portaient des noms espagnols, sauf celui où j’étais, appelé « les cosaques », probablement parce que nous chevauchions vite à l’avant-garde, sans trop faire de cadeaux à l’ennemi. Ce que vous avez écrit m’a profondément ému, parce que vous savez bien ce qui s’est passé en vérité mais que personne ne dit… Dont acte…

René MAURIES

Répétition du spectacle en hommage à la Nueve.

La « Nueve » mise en espace par Armand Gatti. Montage théâtral interprété par les membres de l’association « 24 août 1944 ».

Distribution : German Arrue : Serge Utgé Royo / Daniel Hernandez : Daniel Pinos / Rafael Gomez : Juan Chica / Manuel Lozano : Hugo / Fermin Pujol : Frank Mintz / Luis Royo : Bernard Prieur.

 

Représentation : Samedi 23 août 2014 – 20 h – entrée libre.

La Parole Errante : 9 Rue François Debergue, 93100 Montreuil. M° Croix de Chavaux


Selon les manuels officiels, la libération de Paris a commencé le 25 août 1944, quand la fameuse 2e DB du général Leclerc a pénétré dans la capitale par la Porte d’Orléans. En réalité, Leclerc a lancé l’offensive dès le 24 août en donnant l’ordre au capitaine Dronne, chef de la 9e compagnie, d’entrer sans délai dans Paris. L’officier, passant par la Porte d’Italie, a foncé sur le centre de la ville à la tête de cette 9e compagnie appelée la Nueve. Ce sont eux les premiers libérateurs de la capital française. « Ces hommes ne sont pas entrés dans l’Histoire officielle. » Le Capitaine Dronne qui les connaissait bien disait d’eux : « Ils étaient individualistes, idéalistes, vaillants et faisaient preuve d’une bravoure démesurée. S’ils embrassèrent notre cause, c’est parce que c’était la cause de la liberté ».

Les témoignages de quelques soldats de la Nueve, héros magnifiques, sortis tout droit d’une page d’histoire trop longtemps occultée, sont la base du spectacle donné le samedi 23 août 2014 à 20 h – entrée libre à La Parole Errante : 9 Rue François Debergue, à Montreuil.

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Association Historico-Culturelle C. La Nueve

Ce groupe de reconstitution historique espagnol a pour objet d’entretenir le souvenir des républicains espagnols qui combattirent dans les rangs de la 2ème Division Blindée des Forces Françaises Libres.

Les membres de l’actuelle Asociación Histórico-Cultural C. La Nueve (A.H.C.C. La Nueve), aspirent à faire connaître les aspects de la vie des soldats espagnols de l’exil qui combattirent dans les Forces Françaises Libres, et à entretenir le souvenir des républicains espagnols qui combattirent dans la Seconde Guerre Mondiale.
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Visiter le site de l’ A.H.C.C. La Nueve

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