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Des nouvelles de Gijon

Ces clichés constituent un témoignage exceptionnel. Elles ont la qualité des photos des meilleurs photographes de l’époque et transmettent au public non seulement le désordre de l’exode ou l’anxiété et l’angoisse de ces gens, mais aussi leur fierté, leur dignité et, surtout, leur combativité…

De ces camps sortiront les hommes qui intégreront les maquis en France ou les Forces Françaises Libres qui luttaient contre le nazisme.
Entre 1936 et 1939, ils combattirent le franquisme, entre 1940 et 1945 ils continuèrent le combat en Afrique, en France et jusqu’en Allemagne espérant pouvoir libérer l’Espagne.

Cela n’a pas été le cas. Néanmoins certains d’entre eux qui constituaient la »Nueve » ont immortalisé les noms de Guadalajara, Teruel, Ebro, Brunete, Santander sur les Half-Tracks qui ont participé à la libération de Paris le 24 Aout 1944.

Voici une petite vidéo de présentation et quelques photos de l’inauguration à Gijon:


cette vidéo a été réalisée par Bruno Menendez.

Nous voudrions remercier spécialement Sergio Montero, Monty, qui est celui qui a permis que ces photos soient exposées à Gijon.

Résistance, résilience et engagement dans l’exil

Résistance, résilience et engagement dans l’exil :

Ces 11 et 12 novembre, nous avons reçu avec un grand bonheur, nos amis belges de l’association « Ami, entends-tu ? ». Nous avons partagé avec eux un émouvant parcours sur les traces du Paris des exilés espagnols de 1939.

11 novembre
Nous les avons accueillis dans ce lieu historique du 33 rue des Vignoles, dernière adresse de la CNT espagnole en exil.
Bien évidemment, nous leur avons fait les honneurs des lieux tels qu’ils sont encore : Le 33, avec ses salles, ses réduits, ses verrières d’atelier du début du siècle dernier, ses ruches, ses couleurs rouge/noire, et son atmosphère si particulière et chaleureuse qui attire tant de personnes… Ils furent conquis d’avance.

Notre journée, pour les membres de l’association 24-Août-1944, a commencé tôt le matin, par les préparatifs d’installation d’une exposition, du matériel de projection et pour le buffet qui devait clore ce premier jour amical.

Après cette visite et présentation de l’historique des lieux, nous avons projeté « L’exode d’un peuple » film muet /musical de Luis Llech [1].
Notre choix s’est avéré judicieux car nos amis ne connaissaient pas ce documentaire et s’en sont trouvé très émus. Ils étaient bouleversés par sa forme sobre, concentrée sur les images vivantes qui se passent aisément de commentaire.

Puis, nous les avons « embarqués » en métro jusqu’à la rue Esquirol dans le 13e pour leur montrer la peinture murale de Juan (Chica-Ventura) qui évoque l’entrée dans Paris de La Nueve le 24 août 1944, les combats contre les forces allemandes d’occupation le 25 et le défilé de la victoire le 26 août.

Bien sûr nous avons commencé par expliquer ce qu’était La Nueve, d’où venaient ces Espagnols, ce qu’ils avaient fait avant de se retrouver dans l’armée Leclerc et ce qu’ils ont accompli en tant que soldats des Forces Françaises Libres jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale, sans pour autant avoir la joie d’aller déloger Franco.
Juan leur a expliqué la naissance et le chantier de la peinture murale qu’il a réalisée, en expliquant les difficultés, les aboutissements et les techniques employées.
Il a achevé ses explications sous une ovation de la part de nos amis !!!!

Une visite au square Federica Montseny [2] juste au bout de la rue s’imposait. Avec une description de cette femme, militante de la CNT, aux responsabilités multiples et qui transmit son idéal toute sa vie au cours de ses interventions remarquables dans les meetings organisés par son syndicat, (depuis les années 30 jusqu’au mémorable meeting de 1977 à Barcelone qui réunit plusieurs milliers de personnes). Femme dont le cri à la jeunesse est encore vrai aujourd’hui : « Pensez ! Pensez ! Pensez »

 

 

 

Retour au 33, dans la magnifique salle de nos amis de Flamenco en France, pour l’exposition sur L’imprimerie des Gondoles de Choisy Le roi et l’évocation des exilés et des combattants de la Nueve installés dans cette commune de la banlieue parisienne :

  • Ces exilés qui ont habité Choisy sont aussi des hommes de la Nueve. Martín Bernal Lavilla ouvre sa cordonnerie et accueille son frère Francisco et José Cortès.
  • Bernal, démobilisé et déçu de ne pas aller déloger Franco, après-guerre, il s’installe à Choisy le roi, où il accueille son frère Paco, qui a été déporté à Mauthausen (matricule 3543), mais aussi son compagnon d’armes José Cortés avec lesquels il ouvre sa cordonnerie.
  • Martín Bernal, avec Granados des Forces Françaises Libres, avec Roda déporté à Mauthausen et bien d’autres, anciens de la guerre d’Espagne et des collectivités, constituent l’armature de la Fédération Locale de Choisy-le-Roi/Thiais de la CNT. C’est elle, la CNT de Choisy qui entourera Marcellan et Agustí, à l’initiative de la création de l’imprimerie des Gondoles. Bernal, Granados, Roda sont de la première liste de souscription, qui permettra de lancer ce qui est appelé dans la CNT « le projet pour la culture ».
  • Ce projet pour la culture s’accompagne naturellement de la lutte permanente contre le fascisme. Aussi quand SIA, (Solidaridad Internacionale Antifascista) décide d’imprimer son calendrier à Choisy. Francisco Roda, ancien de Mauthausen, sera celui qui apportera la quinzaine de calendriers que Martin Bernal distribuait à ses clients.
  • Là encore, l’histoire et surtout l’audace de ces Espagnols qui après 9 années de guerre et de résistance, continuèrent sur leur lancée et en 1957, osèrent créer une imprimerie qui va fonctionner pendant cinquante ans, au plus proche du modèle des collectivités espagnoles de 1936.

Tous ces événements ont creusé l’appétit et la soif de tout le monde, et chacun est bien heureux de s’asseoir pour prendre pour se restaurer au succulent buffet préparé par les membres de l’association 24-Août-1944 et leurs amis. Les langues vont bon train, l’amitié et les rires aussi. Nous avons également la joie d’accueillir nos amis de Terrassa, présents à Paris et qui ne manquent pas de venir partager un moment avec nous.

Vers 22h00, tout le monde s’affaire au rangement afin de laisser la place propre pour les copains du lendemain, qui ont à faire au 33. Et nos voyageurs sont tout de même un peu fatigués.

12 Novembre
Nous avons rendez-vous au jardin des Combattants de La Nueve, comme nous sommes véhiculés, nous passons à l’hôtel pour prendre avec nous José qui a accompli déjà 4 fois ses vingt ans et entend bien malgré cela profiter de cette journée.

Comme nous sommes samedi, le jardin est ouvert, nous avons une chance inouïe il
fait un beau soleil, qui va nous réchauffer tout au long du jour.
Nous leur expliquons la succession des plaques qui identifient le jardin : celle d’abord qui signalait juste que le roi Felip VI et la maire de Paris ont inauguré ce jardin et la seconde et définitive que nous avons demandé (avec d’autres associations mémorielles espagnoles) et qui non seulement explique qui étaient ces hommes mais aussi remet la royauté espagnole à la place qu’elle occupe dans l’histoire : à savoir qu’elle fut désignée par Franco pour lui succéder donc incompatible avec les républicains de La Nueve et leur combat pour la Liberté.

Après avoir traversé le jardin, nous avons jeté un œil à la plaque offerte par la maire de Madrid [3] Manuela Carmena à la maire de Paris Anne Hidalgo , et qui est la réplique exacte de la plaque figurant au jardin de la Nueve de Madrid inauguré le 20 avril 2017 dans le district de Cuidad Lineal à Madrid.
Ensuite direction, la salle de la Mutualité

, fermée aux visiteurs maintenant qu’elle est salle privée pour organisations et institutions du monde « des nantis ».
Mais pour nous, elle reste une salle mythique, dans laquelle se sont déroulés dès la fin 1944, de nombreuses réunions, des congrès de la CNT, de la FEDIP (Federación Española de Deportados e internados políticos) entre autres rassemblements de gauche.
Nous leur montrons des photos de la salle (comble avec ses 2000 places) et aussi des photos du trottoir noir de ceux qui n’ont pas pu rentrer mais qui attendent devant tout en discutant âprement de l’avenir……
Nous tâchons comme nous pouvons de satisfaire à toutes les curiosités de nos amis, avec les explications que nous possédons. Bien sût le journal Solidaridad Obrera est souvent à notre bouche, car il a dès septembre 1944 rendu hommage aux combattants espagnols de la division Leclerc et en septembre 1945, il publie toutes les listes des Espagnols déportés à Mauthausen et autres camps.

Le temps nous manquait car il y a encore une multitude de lieux qui portent l’empreinte des exilés antifascistes espagnols à Paris : Le gymnase de la Bidassoa, Le dispensaire Cervantès de la rue Gerbier, la salle de l’Alhambra, la salle Lancry, le 24 rue Sainte Marthe, 79 rue Saint Denis, 2 rue Gracieuse, la salle Suset…

Après un petit repas, léger, nous repartons de plus belle, direction Cimetière du Père Lachaise [4] Là, nous déambulons entre les monuments dédiés aux victimes des camps de concentration nazis, en passant bien entendu par la catafalque de Francisco Largo Caballero [5] et la tombe discrète de Gerda Taro [6]
Nous terminons cette visite par le monument aux Espagnols morts pour la liberté (1939-1945) érigé par la FEDIP qui lança une souscription dès 1963 pour cet édifice.
Après une présentation, nous lirons des extraits du discours d’inauguration que prononça Daniel Mayer  [7] le 13 avril 1969 devant un parterre de plusieurs centaines de personnes. (voir document)

Après un passage au mur des Fédérés et la visite des sépultures de communards dont celle du général Wroblewski [8] et d’Eugène Pottier [9] il est temps de rentrer à l’hôtel pour nos amis, se reposer un peu pour revenir en forme au restaurant.
Nous nous retrouvons au restaurant Ighouraf de l’ami Ali, pour déguster un excellent (comme d’habitude) couscous et surtout partager encore une fois un grand moment de fraternité. Cette fois-ci, nous (les membres de l’association 24-Août-1944) nous sommes les invités de nos compagnons de l’association Ami entends-tu.

Le temps passe trop vite, et il nous faut nous séparer, laissant à nos amis la curiosité de découvrir le lendemain le Musée de la Libération de Paris, Musée Jean Moulin et Mémorial Leclerc, place Denfert Rochereau, avant d’aller déambuler dans le quartier de La Butte aux cailles dans le 13e et de rentrer en Belgique. Nous prenons congés tard dans la soirée en se promettant de réaliser d’autres projets communs sur la mémoire de l’exil des républicains espagnols à Paris et à Bruxelles et Liège.

 
Notes

[1cinéaste amateur qui eut le réflexe extraordinaire de filmer le passage de la frontière par la population (civile et militaire) républicaine espagnole, en février 1939

[21905-1994 ; Anarchiste et écrivain, pédagogue d’avant-garde et oratrice fantastique, ministre de la République Espagnole en 1937, auteure de la première loi européenne en faveur de l’avortement, Federica Montseny a subi les revers de la guerre civile, s’est noyée dans la masse des exilés de 1939 avec sa famille. Pendant la guerre, elle est arrêtée par la police de Pétain, condamnée mais pas extradée parce qu’elle est enceinte…

[3maire de mai 2015 à mai 2019

[4L’endroit tire son nom d’un précédent occupant des lieux, François d’Aix de La Chaize, un prêtre jésuite confesseur du roi Louis XIV.

[5Francisco Largo Caballero, né à Madrid le 15 octobre 1869 et mort à Paris le 23 mars 1946, est un syndicaliste et homme d’État espagnol, membre du Parti socialiste ouvrier espagnol et de l’Union générale des travailleurs dont il fut l’un des dirigeants historiques, au point d’être surnommé « le Lénine espagnol », déporté au camp de Sachsenhausen

[6Née le 1er août 1910, en Allemagne, Gerda Pohorylle fuit son pays quand Hitler arrive au pouvoir. Arrivée en France, elle rencontre, en 1934, le photographe hongrois Endre Ernő Friedmann, dont elle devient la compagne. Avec lui, elle se met à la photographie, mais leurs photos se vendent mal. Elle invente alors son personnage : Endre Ernő Friedmann devient ainsi Robert Capa, le photographe américain, plus chic et plus mondain que son alter ego. Elle choisit pour elle-même le pseudonyme de Gerda Taro. Ensemble, les deux compagnons couvrent la guerre civile espagnole aux côtés des troupes républicaines. En 1936, elle part couvrir, seule, le bombardement de Valence. Le 25 juillet 1937, alors que Robert Capa est rentré en France, Gerda Taro meurt écrasée, par accident, par un char républicain. Son enterrement, le 1er août 1937 en France réuni plusieurs milliers de personnes. Mais son nom reste dans l’ombre et une partie de son travail est attribué à Robert Capa. Il faut attendre 2007 et la découverte de « La valise mexicaine » pour qu’elle revienne sur le devant de la scène des photo journalistes de guerre.

[7membre du Comité national de la résistance, Secrétaire général de la SFIO, ministre du travail de 1946/1949

[8Walery Wroblewski, né le 27 décembre 1836 à Zoludek en Biélorussie et mort le 5 juillet ou le 5 août 1908 à Ouarville, est une personnalité militaire de la Commune de Paris, [[https://maitron.fr/spip.php?article150222

[9Eugène Pottier, né le 4 octobre 1816 à Paris où il est mort le 6 novembre 1887, est un goguettier, poète et révolutionnaire français, auteur des paroles de L’Internationale. https://maitron.fr/spip.php?article136003)

Documents joints

 

Les chemins de la mémoire (Caminos de la memoria (91’) 2009)

L’association 24 août 1944 présente :
De 19h à 22h00
Les chemins de la mémoire (Caminos de la memoria (91’) 2009)
De José Luis Peñafuerte.

La dictature de Franco, un des régimes les plus violents et longs de l’Europe du 20e siècle, a été gardée sous silence par l’Espagne depuis sa fin, il y a près de cinquante ans. Ce régime a fait des milliers de victimes : orphelins, prisonniers, exilés, déportés, torturés, assassinés. Aujourd’hui, l’Espagne et son gouvernement commence enfin lever le voile sur cette période, et rendre justice aux centaines de milliers de victimes du franquisme.
José-Luis Peñafuerte, lui-même descendant d’exilés, nous emmène dans un véritable voyage à la recherche de cette mémoire refoulée, afin d’ouvrir une fenêtre contre l’oubli. Les pièces du puzzle incomplet dans la mémoire de l’Espagne sont encore nombreuses : les fosses, les camps de concentration, les prisons, les routes de l’exil, et les traces encore bien vivaces du franquisme…
C’est un des premiers grands films sur la Mémoire en Espagne toujours aux prises avec les fantômes de son terrible passé.
La projection sera suivie d’un débat

Le jeudi 17 novembre 2022 à 19h
Paris’Anim ; Centre Place des Fêtes
2/4 rue des Lilas
75019 Paris
Entrée gratuite

CHEMINS DE L’EXIL / CAMINOS DEL EXILIO

L’association 24 août 1944
vous informe de l’exposition à GijON
CHEMINS de L’EXIL
Colonies pour enfants basques et catalans
La retirada et les camps en France l’oeuvre humanitaire et photographique de Philippe Gaussot

D’une part, la série de photos de Philippe Gaussot (1937-1940) représente l’accueil d’enfants basques et catalans envoyés en France pour échapper aux horreurs de la guerre. Loin du bruit des armes, ils peuvent à nouveau sourire sur les bancs de l’école ou dans les tâches et les jeux collectifs.

De l’autre, la série La Retirada y los campos(1939) montre les chemins de l’exil des antifascistes espagnols. Nous suivons leur difficile exode, pas à pas, en plein mois de février, pour atteindre un hypothétique refuge en France. L’accueil sera très décevant : des camps de concentration sur les plages glacées du Roussillon, entourés de barbelés, gardés par des soldats armés et des gendarmes.

Ces clichés constituent un témoignage exceptionnel. Elles ont la qualité des photos des meilleurs photographes de l’époque et transmettent au public non seulement le désordre de l’exode ou l’anxiété et l’angoisse de ces gens, mais aussi leur fierté, leur dignité et, surtout, leur combativité…

Aujourd’hui, ces exilés rentrent chez eux, honorés dans les villes et villages qui les gardent en mémoire comme un exemple de changement possible de société et de dignité.

L’exposition de photos sera prochainement à :
Gijón (Asturies) : du 16 novembre 2022 au 08 janvier 2023

Un catalogue de l’exposition, en français et en castillan est disponible auprès de notre association

EXPOSICIÓN DE FOTOGRAFÍAS INÉDITAS:
« CAMINOS DEL EXILIO » – Colonias infantiles y campamentos de la Retirada: la obra humanitaria y fotográfica de Philippe Gaussot »

La exposición « Chemins d’exil – Colonies d’enfants et camps de la Retirada: l’oeuvre humanitaire et photographique de Philippe Gaussot » presenta fotografías inéditas descubiertas por su hijo, Jean-Philippe Gaussot, en una maleta tras la muerte de su padre. A través de Felip Solé, director y productor, se nos confiaron los negativos.

Por un lado, la serie de fotos de Philippe Gaussot (1937-1940) representa la acogida de niños vascos y catalanes enviados a Francia para escapar de los horrores de la guerra. Lejos del ruido de las armas, pueden volver a sonreír en los bancos de la escuela o en las tareas y juegos colectivos.

Por otro lado, la serie La Retirada y los campos (1939) muestra los caminos del exilio de los antifascistas españoles. Seguimos su difícil éxodo, paso a paso, en pleno febrero, para llegar a un hipotético refugio en Francia. El recibimiento será muy decepcionante: campos de concentración en las playas heladas del Rosellón, rodeados de alambre de espino, vigilados por soldados y gendarmes armados.

Estas fotos son un testimonio excepcional. Tienen la calidad de los mejores fotógrafos de la época y transmiten al público no sólo el desorden del éxodo o la ansiedad y la angustia de estas personas, sino también su orgullo, su dignidad y, sobre todo, su espíritu de lucha…

Hoy, estos exiliados vuelven a casa, honrados en las ciudades y pueblos que los recuerdan como ejemplo de un posible cambio de sociedad y de dignidad.

La exposición fotográfica estará pronto en :
Gijón (Asturias): del 16 de noviembre de 2022 al 8 de enero de 2023
CMI PUMARÍN GIJÓN SUR
C/Ramón Areces,7
Lunes a sábado, de 8.00 a 21.15 h //Domingos, de 8.00 a 14.45 h
T: 0034 985 181 640 cmigijonsur@gijon.es

El catálogo de la exposición, en español y francés, está disponible en nuestra asociación

Ce 24 Août 2022

Des noms étrangers sont venus résonner dans l’écho des murs de la ville. Des étrangers qui furent des combattants du fascisme, du nazisme et du franquisme…

Comme pour contredire dans les faits, l’a priori que ceux venus d’ailleurs sont des dangers pour les habitants, ils furent des combattants de la liberté redonnant à ceux qui hésitaient le courage de défendre leur dignité.

Nous étions nombreux ce 24 août à leur rendre hommage, d’où qu’ils viennent.
Les officiels (Madame La Maire de Paris, Monsieur le ministre de la mémoire démocratique espagnole, monsieur l’Ambassadeur… ) n’ont pas manqué ce rendez-vous annuel avec les descendants de l’exil républicain espagnol, dont le drapeau flottait au vent.

Nous étions nombreux à parcourir aussi ces photos de 1939 et celles de 2019, pour bien mesurer leur parcours, leur idéal et la manière dont toute leur existence, ils ont su conserver l’espoir et le transmettre, pour une société plus juste et partageuse.

Près de 2000 personnes sont passées par la Halle des Blancs Manteaux et se sont émues en regardant ces photos et en lisant les témoignages immortalisés par Philippe Gaussot et par Pierre Gonnord.
Nous avons rencontré des gens de diverses nationalités, intéressés par cet exil si particulier et tellement politique……

Nous espérons que ces deux expositions continueront longtemps leur chemin de la connaissance et leur message d’accueil…

EXILÉS, des résistants de la Retirada à aujourd’hui

Mars 2022 nous invite au voyage chez nos amis liégeois.

Deux expositions complémentaires s’y installent pendant trois mois.

EXILÉS, des résistants de la Retirada à aujourd’hui

Chemins de l’exil. Philippe Gaussot.
L’exode de 500.000 Espagnols passant les Pyrénées en Février 1939, plus connu aujourd’hui sous le nom de « retirada », a été très documenté principalement par des photographes tels que Robert Capa ou Agusti Centelles ainsi que par de nombreux autres restés anonymes.
Le témoignage photographique de Philippe Gaussot, resté inédit jusqu’en 2019, porte un regard non seulement sur ce passage de la frontière mais aussi sur les conditions dramatiques de « l’accueil », quelque peu effacé, à même le sable des plages du Roussillon. Enfin ses pas, d’humanitaire, dirait-on aujourd’hui, l’ont mené à recueillir les regards et les visages des enfants basques et catalans accueillis, en l’occurrence par l’action du Comité National Catholique.

La sangre no es agua. Le sang n’est pas de l’eau. Pierre Gonnord.
Le reportage photographique de Pierre Gonnord a été effectué en 2019. Pierre Gonnord s’est intéressé à ce qu’étaient devenus ces défenseurs de la Liberté, pour celles et ceux encore en vie mais aussi à leurs enfants.
Comment chez ces exilés, l’histoire familiale a charrié leur mémoire mêlée à la grande Histoire, qu’ont-ils fait de leurs expériences et quelle a été leur transmission ? Pierre Gonnord apporte une réponse.

Parce qu’il existe cette unité de temps, mais pas seulement, l’association 24 Aout 1944, une des porteuses de la mémoire des Républicains espagnols a voulu rassembler ces deux expositions. Celle de Philippe Gaussot nous ramène plus de 80 ans en arrière, celle de Pierre Gonnord nous laisse les traces, aujourd’hui, des derniers survivants et de celles et ceux qui ne sont plus.

Les territoires de la mémoire (asbl) de Liège,
l’association 24 août 1944 de Paris,
le Ministerio de la Presidencia,
Relaciones con las Cortes y Memoria Democrática espagnol, le Collectif Krasnyi
et MNEMA asbl
ont le plaisir de vous inviter au vernissage de l’exposition :

 

EXILÉS, résistants de la Retirada à aujourd’hui (1936-2022)
Le vendredi 4 mars 2022 à 20h
À La Cité Miroir,
Place Xavier Neujean 22 – 4000 Liège Belgique

INSCRIPTION INDISPENSABLE avant le mardi 1er mars 2022
24aout1944@gmail.com ou au 0033 6 51 72 86 18 ou 0033 6 23 53 21 56
RESERVATION@CITEMIROIR.BE OU PAR TÉLÉPHONE AU 0032 4 230 70 50

Cette exposition sera sur place du 5 mars au 21 mai, avec plusieurs propositions d’animation (expositions, projections, débats, visites accompagnées…) consultez le programme sur : EXILES.TERRITOIRES-MEMOIRE.BE
– Une histoire encore si peu connue en Belgique et qui, pourtant, est très proche de nous.
– Ces expositions amènent le spectateur à réfléchir sur les exils aujourd’hui.
– Visite animée sur la guerre d’Espagne adaptée à chaque public à partir de 15 ans à la demande

POUR ALLER PLUS LOIN
– Rencontre – animation avec l’association « 24 août 1944 » possible, sur réservation, aux dates suivantes, heures à déterminer:
– 31 mars, 01 avril, 02 avril 2022
– 20, 21, 22, 23 avril 2022

– Des activités seront organisées autour de ces deux expositions.
Pour en savoir plus, prenez-contact avec le service projets des Territoires de la Mémoire: projets@territoires-memoire.be – 032 4 232 70 02.

RÉSERVATIONS :
reservation@citemiroir.be
032 4 230 70 50

DU 5 MARS AU 22 MAI


Lun. – ven. 9h à 18h I sam. – dim. 10h à 18h


GRATUIT (Hors guidance)


À partir de 15 ans

Marzo de 2022 nos invita a viajar con nuestros amigos de Lieja
Dos exposiciones complementarias se presentan durante tres meses.

EXILIADOS, resistentes desde la Retirada hasta hoy

Caminos del exilio. Philippe Gaussot
El éxodo de 500.000 españoles que cruzan los Pirineos en febrero de 1939, más conocida hoy con el nombre de « Retirada », ha sido documentado principalmente por fotógrafos como Robert Capa o Agustín Centelles, así como por tantos otros que permanecieron anónimos.
El testimonio fotográfico de Philippe Gaussot, que permanece inédito hasta 2019, muestra, no solamente el paso de la frontera sino también las condiciones dramáticas del «recibimiento », un poco olvidadas, en la arena de las playas del Rosellón. Sus pasos de humanitario, como se diría hoy, lo han llevado a retratar las miradas y los rostros de los niños vascos y catalanes acogidos, gracias a la acción del Comité Nacional Católico.

La sangre no es agua. Le sang n’est pas de l’eau. Pierre Gonnord.
El reportaje fotográfico de Pierre Gonnord ha sido realizado en 2019. Pierre Gonnord se ha interesado por lo que les había ocurrido a los defensores de la Libertad, a los y a las que aún estaban vivos, pero también a sus hijos.
Entre estos exiliados, ¿cómo ha mantenido la historia familiar su memoria, mezclada a la gran Historia? ¿Qué han hecho de sus experiencias? y ¿cuál ha sido su transmisión? Pierre Gonnord nos da una respuesta.

Porque existe esta unidad de tiempo, pero no únicamente, la Asociación 24 Août 1944, una de las que conservan la memoria de los Republicanos españoles, ha querido reunir estas dos exposiciones. La de Philippe Gaussot nos hace regresar más de 80 años hacia atrás, y la de Pierre Gonnord nos deja hoy las huellas de los últimos supervivientes, y de aquellos y de aquellas que ya no están.

Les Territoires de la Mémoire (asbl) de Liège,
La Association 24 août 1944 de Paris,
el Ministerio de la Presidencia,
Relaciones con las Cortes y Memoria Democrática espagnol,
El Colectivo Krasnyi y MNEMA (asbl)

Tienen el placer de invitarlo a la inauguración de la exposición:

EXILIADOS, resistentes desde la Retirada hasta hoy (1936-2022)

El viernes 4 de marzo de 2022 a las 8 de la tarde
En La Cité Miroir
Place Xavier Neujean 22- 4000 Lieja, Bélgica

INSCRIPCIÓN INDISPENSABLE antes del martes 1 de marzo de 2022
24aout1944@gmail.com o a los teléfonos: 0033 6 51 72 86 18/ 0033 6 23 53 21 56
RESERVATION@CITEMIROIR.BE o al teléfono: 0032 4 230 70 50

La exposición tendrá lugar del 5 de marzo hasta el 21 de mayo, con varias propuestas (exposiciones, proyecciones, debates, visitas guiadas….)
Consulten el programa en : EXILES.TERRITOIRES-MEMOIRE.BE

– Una historia todavía poco conocida en Bélgica y que sin embargo es muy cercana a nosotros.
– Estas exposiciones hacen reflexionar al público sobre los exilios actuales.
– Visita guiada sobre la Guerra de España adaptada a cada público a partir de 15 años a la carta.

PARA IR MÁS LEJOS

– Encuentros y animaciones posibles con la Asociación 24 août 1944, bajo reserva, en las siguientes fechas, horas a determinar:
– 31 de marzo, 01 de abril, 02 de abril de 2022
– 20, 21, 22 y 23 de abril de 2022
– Se organizarán actividades acerca de las exposiciones
– Para informarse, pónganse en contacto con el servicio de proyectos de Territoires de la Mémoire: projets@territoires-memoire.be – 032 4 232 70 02

RESERVAS:
reservation@citemiroir.be
032 4 230 70 50

DEL 5 DE MARZO AL 22 DE MAYO


Lunes a viernes : de 9h a 18h
Sábado y domingo : de 10h a 18h


GRATUITO (excepto visitas guiadas)


A partir de 15 años

Documents joints

La 643e victime du massacre d’Oradour sur Glane, 10 juin 1944

ORADOUR-SUR-GLANE – 17 OCT 2020 – 00:30 CEST

Ramona Domínguez Gil a d’abord souffert de la défaite pendant la guerre civile espagnole. Puis vient le déchirement de l’exil, avec ses incertitudes et ses humiliations dans une France dont elle ignore tout et où elle finit au camp de concentration d’Argelès-sur-Mer, comme tant de républicains arrivés par-delà les Pyrénées lors de la fuite devant l’avancée des troupes franquistes en 1939. Elle avait à peine réussi à s’adapter à sa nouvelle vie d’exilée lorsque l’Allemagne nazie a occupé la France.

Le 10 juin 1944, Ramona est tuée dans une opération de terreur nazie avec une grande partie de la population d’Oradour-sur-Glane (dans le centre du pays), où sa famille s’était installée pour échapper au fascisme qui inondait l’Europe. Mais pour cette femme, originaire d’Aragon et alors âgée de 73 ans, une autre ignominie l’attendait : celle de l’oubli. Jusqu’à ce que David Ferrer Revull, professeur catalan et passionné d’histoire, scandalisé par le manque de mémoire en Espagne de ce massacre et de ses victimes espagnoles, mette les autorités françaises sur sa piste. Aujourd’hui, Ramona Domínguez Gil, effacée de l’histoire pendant 76 ans, a été officiellement reconnue comme la 643e victime – et la 19e espagnole – du « village martyr » d’Oradour, dont les ruines ont été préservées comme un symbole de l’horreur nazie. Son nom sera ajouté aux monuments qui visent à empêcher qu’une telle chose se reproduise.

Benoit Sadry, chargé de la mémoire historique à la mairie d’Oradour, montre le jugement du tribunal de grande instance de Limoges qui, le 15 janvier, a certifié que « Madame Ramona Domínguez Gil, née à Mianos (province de Saragosse) (…) est décédée le 10 juin 1944 à Oradour-sur-Glane ». Ce document a permis d’enclencher le processus – déjà bien avancé – pour que Ramona apparaisse en son nom propre comme victime d’Oradour. « Soixante-seize ans plus tard, une injustice a été réparée pour cette femme qui avait été oubliée », a-t-il déclaré.

Le fait que Ramona ait été sauvée de l’oubli est l’œuvre, avant tout, de David Ferrer Revull. Depuis quatre ans, ce professeur d’anglais de 50 ans, qui vit à Sabadell et se rend régulièrement en France, consacre du temps et des ressources à la récupération de la mémoire des 19 Espagnols morts dans le massacre du « village martyr ». Il l’a fait, dit-il au téléphone, « par tristesse, par colère et par honte de voir que nous avons pu avoir nos compatriotes de cette façon, pratiquement oubliés et dont beaucoup n’ont pas été correctement identifiés.  »

Le 10 juin 1944, Ramona vit à Oradour depuis presque quatre ans. Elle s’y était installée, après l’entrée des Allemands en France en 1940, avec son fils, Joan Téllez Domínguez, un anarcho-syndicaliste de Barcelone, sa femme, Marina Domènech, et leurs trois enfants, Miquel, Harmonia et Llibert, âgés de 1, 7 et 11 ans.

Le cauchemar a commencé l’après-midi de ce samedi, plein d’espoir après le débarquement des troupes alliées sur les plages de Normandie quatre jours plus tôt. Le centre d’Oradour, alors une ville prospère de 1 574 habitants qui possède même un tramway qui la relie à la ville voisine de Limoges, est en train d’exploser. Ce n’était pas seulement le jour du marché, c’était aussi le jour de la distribution du tabac rationné. De plus, c’était le jour de la vaccination, les parents avaient donc emmené leurs enfants à l’école. Ils ne rentreraient jamais chez eux.

À deux heures de l’après-midi, trois pelotons de la troisième compagnie du régiment blindé Der Führer de la division Waffen SS Das Reich arrivent à Oradour. « On ne saura jamais pourquoi ils ont choisi ce village », dit Palmira Desseix en se promenant dans les ruines du village, que le général Charles de Gaulle a ordonné de garder intact pour « préserver la mémoire, afin qu’un tel malheur ne se reproduise plus jamais. » Cette fille de républicains, née dans le camp de concentration de Gurs en 1943 et membre de l’Athénée républicain de Limoges, a aidé Ferrer Revull à retrouver la trace des Espagnols d’Oradour et connaît l’histoire de ce village, où une partie de la famille de son mari a également été massacrée – ses grands-parents, un frère et un cousin.

Les soldats SS, en route vers le front normand, s’arrêtent à Oradour avec l’ordre de mener une « action exemplaire » pour terroriser une population enhardie par le débarquement allié. Après avoir encerclé le village et rassemblé tous les villageois, ils ont séparé les femmes et les enfants et les ont enfermés dans l’église. Les hommes, répartis en groupes, sont mitraillés par les soldats, qui achèvent les blessés graves avant de mettre le feu aux cadavres. Leurs familles ne sont pas mieux loties. Les soldats ont allumé les mèches qui sortaient d’une caisse dans le centre de l’église avant de fermer les portes de l’église. Les femmes et les enfants moururent asphyxiés ou mitraillés alors qu’ils tentaient de s’échapper de l’église ou encore brûlés vifs. Les restes fondus de la cloche de l’église témoignent, aujourd’hui encore, de l’horreur de cette journée, à laquelle seuls cinq hommes et une femme ont survécu.

Au cours des dernières décennies, Oradour a servi à rappeler la barbarie nazie, bien qu’en août, un graffiti négationniste à l’entrée de son centre de commémoration ait montré que certains n’ont toujours pas appris de l’histoire. Ses victimes, 642 jusqu’à l’identification récente de Ramona, sont commémorées chaque 10 juin. Oradour a vu plusieurs présidents français et même un président allemand, Joachim Gauck, en 2013.
L’Espagne n’a pas organisé d’acte officiel pour ce massacre, bien que des sources diplomatiques soulignent que le gouvernement, qui vient de présenter la loi de mémoire démocratique, « préparera un hommage » aux victimes espagnoles.

« C’est une honte pour le pays que nous ne soyons pas au courant de cela », s’indigne Ferrer Revull. Sa façon de leur rendre hommage, de « leur rendre la dignité qu’ils ont essayé de leur enlever avec le crime, et aussi avec la façon fasciste d’agir, qui n’est pas seulement de tuer des gens, mais d’éliminer complètement toute trace de leur existence », a été de « fixer leur identité, leurs données minimales ». Il voulait « savoir qui ils étaient, comment ils s’appelaient, quelle était leur relation » , ainsi que le lieu et la date de naissance de chacun d’entre eux ». Le professeur catalan a compilé ses recherches dans un livre autoédité, Recuerda – comme le rappelle un panneau à l’entrée d’Oradour – dans lequel il raconte l’histoire des 19 victimes espagnoles. Parce qu’il connait bien le fait d’avoir des morts non identifiés. « Nous connaissons bien cette situation en Espagne, nous cherchons encore à localiser de nombreuses personnes ».

L’identification de Ramona est l’aboutissement d’un travail presque policier de David Revull, qui a commencé par s’intéresser aux deux jeunes filles de sa ville natale de Sabadell mortes dans le massacre -Emília et Angelina Massachs Borruel, « dont il n’avait jamais entendu parler » même dans sa ville- et a fini par passer près de quatre ans à compiler les actes de naissance et autres documents des Espagnols d’Oradour.

Ramona est un cas spécial. Son nom figure sur une plaque de marbre des années 1940 rendant hommage aux victimes espagnoles à côté de la « tombe des martyrs » du cimetière d’Oradour, que les responsables de la résistance espagnole avaient fait sculpter au nom de la République espagnole. Mais il n’apparaît dans aucune liste officielle.

S’agissait-il d’une erreur, comme celle concernant Paquito Lorente Pardo, le garçon également inscrit sur cette plaque, mais qui est mort en 1943 ?
L’enthousiasme de M. David Ferrer Revull, qui a également aidé le Centre de la Mémoire d’Oradour à corriger plusieurs erreurs concernant les Espagnols – comme l’identification des femmes avec le nom de famille de leur mari, à la française – a fini par contaminer les autorités locales, qui n’ont pas hésité à l’alerter lorsqu’elles ont fait une découverte clé l’été dernier. Dans un dossier prenant la poussière aux archives départementales de la Haute-Vienne, un archiviste a trouvé « les non-renouvellements de cartes de séjour de réfugiés espagnols majeurs tués à Oradour, sur lesquels était inscrit : « Tué le 10 juin 1944 dans le massacre d’Oradour ». Parmi ces dossiers figure celui de Ramona Domínguez, « qui ne figurait pas sur les autres listes officielles ».
« Ce qui est impressionnant, c’est que nous avons toutes les archives de Ramona. Comme elle était étrangère, elle a dû se faire enregistrer auprès des autorités pour pouvoir vivre en France », explique Sandra Gibouin, documentaliste au Centre de la mémoire et l’une des responsables de la réhabilitation de cette victime dans le « village martyr », qui accueille quelque 300 000 visiteurs chaque année. « Tout est clair. Sauf qu’elle a ensuite été oubliée dans les dossiers des disparus. Pourquoi, nous ne le savons pas.
David Ferrer Revull a une théorie : elle a été prise pour sa belle-fille, Marina Domènech. Dans les documents français, « Marina » apparaît plusieurs fois comme Domínguez. Je pense qu’à un moment donné, un fonctionnaire, devant une liste d’Espagnols, quand il a trouvé Marina Domínguez et Ramona Domínguez, les a confondues ».
Parmi les rares visiteurs que reçoit Oradour en ces jours de pandémie, le 12 octobre dernier, un groupe d’Espagnols est venu rendre visite à une parente installée en France depuis des décennies, Juana Antonia Fernandez. Dans toutes les affiches, le chiffre de 642 victimes apparaît toujours. Ils ont été étonnés d’apprendre qu’il y en avait une autre, et qu’elle était espagnole. « Ils ont fui la terreur en Espagne et sont tombés dans quelque chose de pire, d’inimaginable. Et en plus, leur pays les a oubliés », se lamente Juana avant de se perdre dans les ruines de l’horreur.

Un article de SILVIA AYUSO

8 mai 2021: Hommage à l’exil républicain espagnol à Madrid

8 MAI DÉSIGNÉ PAR LE GOUVERNEMENT ESPAGNOL :

JOUR D’HOMMAGE AUX ESPAGNOLS QUI SOUFFRIRENT L’EXIL EN CONSÉQUENCE DE LA GUERRE D’ESPAGNE ET DE LA DICTATURE FRANQUISTE

Le 8 mai 2021, avec d’autres associations, l’association 24 août 1944 a été invitée à participer au premier hommage à l’exil républicain espagnol, organisé par le gouvernement d’Espagne (département de la mémoire historique et démocratique).

Ce jour du 8 mai sera désormais celui de la célébration des exilés républicains espagnols, associés à la victoire sur le nazisme. Victoire à laquelle ils ont largement participé.

Dans bien des lieux en France, les célébrations du 8 mai 1945 se déroulent avec la participation des organisations d’anciens combattants Républicains espagnols, brandissant le drapeau de la république comme seule identification de leur appartenance.

Car même si tous les combattants de l’Exil dit républicain n’exaltaient pas ce drapeau, ce drapeau est le symbole d’une Espagne trahie par ses généraux, l’Eglise et une grande partie de la bourgeoisie.

Dans tous les cas, ce drapeau, même pour nous qui n’en sommes pas fétichistes, celui de la République Espagnole revêt un caractère éminemment anti-franquiste.

À la fin de la guerre d’Espagne, Franco le remplace par le Rouge, Jaune, Rouge. C’est sous cette bannière que la Division Azul ira combattre aux côtés des armées hitlériennes.

C’est sous cette bannière que l’Espagne demeure 36 ans sous la dictature.

Franco, quelques temps avant sa fin, impose une transition monarchique, aux mêmes couleurs : toute la classe politique l’accepte. Ainsi les élections qui transformeront l’Espagne en une démocratie monarchique, ne permettront pas aux partis républicains de s’y présenter. Quel paradoxe ! Et par voie de conséquence, le drapeau de la République est banni.

Cette bataille-là n’est toujours pas terminée, tant que durera la transition de 1978 qui assure la monarchie et l’impunité aux bourreaux.

Cette bataille pour le drapeau de la République est donc la continuité des batailles menées contre le franquisme.

L’association 24 août 1944 a donc jugé important d’être présente à cet hommage et ainsi d’y faire figurer l’engagement des Républicains espagnols de toutes idéologie dans la lutte pour la Liberté et leur présence incontournable dans les diverses résistances au nazisme et au franquisme. Ce jour devrait marquer un grand pas pour l’avenir de l’Espagne et son droit à s’autodéterminer

Pour cause de pandémie cette cérémonie, à la Casa de América à Madrid, fut modeste, solennelle et émouvante d’une durée d’environ deux heures.
Notons la présence parmi nous d’Éliane Ortega bernabeu, spécialiste de l’exil républicain espagnol en Afrique du Nord.
Plusieurs interventions se sont succédées, des représentants de diverses associations mémorielles étrangères ont pris la parole :

  • Véronique Salou Olivares, présidente de l’association du « 24 Août 1944 » avec l’artiste peintre Juan Chica Ventura qui portait le calot rouge et noir ainsi que l’écharpe ;
  • Henri Farreny, président de « l’amicale des Anciens Guérilleros Espagnols en France  » ;
  • Ernesto Casanova Caloto, président de « L’Ateneo Español de Mexico » ;
  • Pilar Nova Melle, présidente de l’association des « Descendants de l’Exil Espagnol » ;
  • l’historien Nicolás Sánchez Albornoz, fils de l’historien et président du gouvernement républicain en exil Claudio Sánchez Albornoz ;
  • l’intervention remarquée par vidéo de Cuathémoc Cárdenas, fils du président Lázaro Cárdenas qui ouvrit les portes du Mexique à des milliers de Républicains. espagnols.
  • Des intermèdes musicaux sont venus accompagnés la cérémonie, ainsi que des poèmes d’auteurs de l’exil, lus par Manuel Rivas écrivain galicien célèbre, auteur entre autre des non moins célèbres romans Le crayon du charpentier,La langue des papillons . Il était accompagné d’Elvira Sastre.
  • L’exécutif espagnol maintient cet « engagement ferme » envers la mémoire historique du pays, comme l’a fait remarquer ce samedi la première vice-présidente, Carmen Calvo.

8 de mayo, Día del Exilio Republicano y Antifascista Español
En España

El 8 de mayo de 2021, la Asociación del 24 de agosto de 1944, ha sido invitada, así como otras Asociaciones, para participar en el primer homenaje al Exilio Español organizado por el gobierno español (Departamento de la Memoria Histórica y Democrática)

Este 8 de mayo será, a partir de ahora, el Día de la celebración de los Exiliados Republicanos Españoles, asociado a la Victoria sobre el nazismo. Victoria a la que han ampliamente participado.

En muchos lugares franceses, la celebración del 8 de mayo de 1945, ha tenido lugar con la participación de organizaciones de ex-combatientes Republicanos Españoles, blandiendo la bandera de la República como única identificación.

Incluso si todos los combatientes del Exilio, llamado republicano, no exaltaban esa bandera, esta es el símbolo de una España traicionada por sus generales, la Iglesia y una gran parte de la burguesía.

De todas formas, esta bandera de la República Española, incluso para nosotros que no somos fetichistas, reviste un carácter eminentemente anti-franquista.

Al final de la guerra de España, Franco la remplaza por la Roja, Amarilla y Roja, con esta bandera la División Azul combatirá junto al ejército hitleriano.

Con esta bandera, España permaneció 36 años bajo la Dictadura.

Franco, antes de morir, impone una transición monárquica, con los mismos colores: toda la clase política acepta. Así, las elecciones que transformarán a España en una “democracia monárquica”, no permitirán presentarse a los partidos republicanos. ¡Vaya paradoja! Y, como consecuencia, la bandera de la República será prohibida.

Esta batalla no ha terminado, mientras dure la “transición” de 1978, que asegura la monarquía y la impunidad de los verdugos.

Esta batalla por la bandera de la República es la continuidad de las batallas contra el franquismo.

La Asociación del 24 de agosto de 1944, cree que es importante haberse presentado a este homenaje y mostrado el compromiso de los Republicanos Españoles de todas las ideologías por la lucha por la Libertad y su presencia en la Resistencia al nazismo y al franquismo. Este día debería marcar un gran paso para el futuro de España y su derecho a auto determinarse.

Por motivo de pandemia, esta ceremonia en la Casa de América en Madrid, fue sencilla, solemne y emotiva, de una duración de dos horas.
Destacamos la presencia entre nosotros de Éliane Ortega Bernabeu, especialista en el exilio republicano español en el norte de África.
Varias intervenciones tuvieron lugar, representantes de diversas asociaciones de la Memoria extranjeras han intervenido:

  • Véronique Salou Olivares, presidenta de la “Asociación del 24 de agosto de 1944”, junto con el artista Juan Chica Ventura, que llevaba la gorra roja y negra, así como el echarpe;
  • Henri Farreny, presidente de la “Amical de los Antiguos Guerrilleros Españoles en Francia”;
  • Ernesto Casanova Caloto, presidente del “Ateneo Español de México”;
  • Pilar Nova Melle, presidenta de la Asociación de “Descendientes del Exilio Español”,
  • el historiador Nicolás Sánchez Albornoz, hijo del historiador y presidente del Gobierno Republicano en el Exilio, Claudio Sánchez Albornoz;
  • la intervención remarcable de Cuathémoc Cárdenas, hijo del presidente Lázaro Cárdenas, que abrió las puertas de México a miles de Republicanos Españoles.
  • Intermedios musicales han acompañado la ceremonia, así como poemas de autores del exilio, leídos por Manuel Rivas, escritor gallego, autor de El lápiz del carpintero y La lengua de las mariposas, acompañado de Elvira Sastre.

El gobierno español mantiene este “compromiso firme” hacia la memoria histórica del país, tal y como lo ha confirmado este sábado, la primera vice-presidenta, Carmen Calvo.

https://youtu.be/moh6HSrq7dI

 

José Tadeo Álvarez Llaneza reconnu par son petit fils 82 ans après, sur une photo prise par Philippe Gaussot en 1939. José Tadeo Álvarez Llaneza reconocido por su nieto en una foto tomada por Philippe Gaussot en 1939.

Ce fut, pour toute l’équipe et surtout pour Jean-Philippe Gaussot, une très grande émotion.

Le 23 janvier 2020, Kiko Herrero nous envoie cette incroyable nouvelle :
« Grâce au très beau papier sur l’expo de l’exil que Sam Jones écrivit dans le Guardian, Josette Sanchez-Reynolds, fille d’un capitaine de l’armée républicaine espagnole, est venue depuis le Pays de Galles où elle habite jusqu’à Madrid pour voir l’expo. Quelle ne fut pas sa surprise quand, à la fin de sa visite, en regardant les larmes aux yeux les photos de Philippe Gaussot, elle reconnut son père dans une des photos ! » lire l’article sur notre site : https://www.24-aout-1944.org/De-belles-retrouvailles

Et voici que l’incroyable se répète, toujours par Kiko, notre messager aux bonnes nouvelles.
Luciano Segurajáuregui Álvarez reconnait son grand-père maternel, José Tadeo Álvarez Llaneza, sur une photo prise par Philippe Gaussot en 1939.

Voici ce que nous avons reçu le 29 janvier 2021 :
« Cher Kiko,
Je vous salue du Mexique.
Lorsque j’ai vu un article de David Barreira sur les photographies de Philippe Gaussot, j’ai reconnu mon grand-père dans l’une de ces images. Mon grand-père, José Tadeo Álvarez Llaneza, était originaire de Mieres, dans les Asturies (1904).
Il a combattu dans l’armée républicaine durant la guerre civile et a atteint le grade de lieutenant d’artillerie (selon les documents que nous avons).
Il était dans le camp de concentration d’Argelès-sur-Mer, et est arrivé plus tard au Mexique sur le vapeur SINAIA. J’ose vous contacter, pour savoir s’il serait possible d’obtenir une copie de qualité de ladite image, car comme vous pouvez l’imaginer, elle a une grande valeur pour nous. Je joins l’image en question. Mon grand-père est le premier à se tenir debout de gauche à droite.
– C’est-à-dire celui qui est le plus loin derrière le groupe : il s’appelle José Tadeo Álvarez Llaneza, originaire de Nicolasa à Mieres. Mon grand-père et son frère Raymundo Alvarez Llaneza, étaient tous les deux dans le camp de concentration d’Argeles et de là ils sont venus au Mexique, sur le vapeur SINAIA. Côté paternel, mon grand-oncle Luciano Segurajaúregui Olalde était dans le camp de Gurs et est arrivé au Mexique à bord du paquebot MEXIQUE. Son frère Miguel Segurajauregui Olalde était commissaire politique du bataillon des Asturies et consul de la République à Hendaye.
Et comme vous l’avez bien mentionné, l’odyssée que ces hommes et ces femmes ont vécue est impressionnante. Et nous, leurs familles, à plus de 80 ans d’écart, nous continuons d’une manière ou d’une autre, portant la guerre civile sur nos épaules et dans nos cœurs la fierté d’être les descendants de ceux qui ont défendu jusqu’à la fin la liberté et la démocratie en Espagne.
Je t’envoie des salutations et mes sincères remerciements
Santé et République !
Dr. Luciano Segurajáuregui Álvarez »

Luciano nous explique quel homme était son grand-père et quelles valeurs humaines guidaient sa famille :

« José Tadeo Álvarez Llaneza était en effet un grand être humain. Nous avons hérité de son sens du travail, de la justice et de l’équité.
Nous avons reçu de lui, son amour inconditionnel comme de grands enfants, il a toujours été fier de nous, tout comme nous sommes très fiers de lui.
En tant qu’adulte, je suis toujours étonné par l’énorme capacité que ces hommes et ces femmes ont eu à se réinventer dans un nouveau pays, en laissant tout derrière eux.
Mes deux grands parents sont toujours de ceux que j’admire, ma vie en tant qu’être humain doit être une vie qui les rend fiers et en même temps une vie composée de toutes les souffrances qu’ils ont vécues pendant la guerre et l’après-guerre. Bien qu’il soit décédé en 1985 à Mexico, et ma grand-mère en 1993, ils me manquent encore beaucoup tous les deux.
Ma grand-mère Irene Polledo García (la femme de Tadeo), a été emprisonnée pendant le régime de Franco. Son crime : être la femme d’un républicain.
Ma mère et ses deux sœurs ont été expulsées de l’école parce qu’elles étaient « rouges », ma mère disait que « nous étions si jeunes, que nous ne pouvions pas faire la différence entre le jaune, le rouge ou le bleu ».

Ma mère est décédée en 2019 et ma tante est décédée l’année dernière. C’est dommage qu’elles n’aient pas pu voir cette photo de leur père. Néanmoins, mes enfants et moi vous sommes très reconnaissants de la gentillesse dont vous faites preuve en partageant ce morceau d’histoire qui est très important pour nous. Nous devons préserver la mémoire de la République espagnole, et je suis convaincu qu’avec des gens comme vous, c’est une tâche qui va s’accomplir.

Merci beaucoup, les larmes me viennent aux yeux en écrivant ce courrier électronique, c’est une expérience très émouvante pour moi.
Encore une fois, merci non seulement pour la photo, mais aussi pour le travail important que vous faites !

Il y a beaucoup d’anecdotes familiales, si elles vous intéressent, je les partagerais avec grand plaisir avec vous. Je ne voudrais pas, avec le temps qui passe, qu’elles se perdent irrémédiablement dans l’oubli. «

Luciano Segurajáuregui Álvarez

Luciano Segurajáuregui Álvarez reconoce a su abuelo materno, José Tadeo Álvarez Llaneza, en una foto tomada por Philippe Gaussot en 1939.

El 23 de enero de 2020, Kiko Herrero nos envió esta increíble noticia:
« Gracias al hermoso artículo sobre la exposición del exilio que Sam Jones escribió en The Guardian, Josette Sánchez-Reynolds, hija de un capitán del ejército republicano español, vino desde Gales, donde vive, a Madrid para ver la exposición. Cuál fue su sorpresa cuando, al final de su visita, mirando con lágrimas en los ojos las fotos de Philippe Gaussot, reconoció a su padre en una de ellas.  » lea el artículo en nuestro sitio web: https://www.24-aout-1944.org/De-belles-retrouvailles

Fue para todo el equipo y especialmente para Jean-Philippe Gaussot una emoción muy grande.

Y ahora se repite lo increíble, todavía por parte de Kiko, nuestro mensajero de las buenas noticias.
Luciano Segurajáuregui Álvarez reconoce a su abuelo, José Tadeo Álvarez Llaneza, en una foto tomada por Philippe Gaussot en 1939.

Esto es lo que hemos recibido el 29 de enero de 2021: de parte de Luciano Segurajáuregui Álvarez:

“Estimado Kiko:

Le saludo desde México. Le comento que viendo un artículo de David Barreira sobre las fotografías de Philippe Gaussot, he reconocido a mi abuelo en una de dichas imágenes.

Mi abuelo, José Tadeo Álvarez Llaneza, era originario de Mieres, Asturias (1904). Peleó la Guerra Civil alcanzando el grado de Teniente de Artillería (Según documentos que tenemos). Estuvo en el campo de concentración de Argeles sur Mer, y posteriormente llegó a México en el vapor SINAIA,

Me atrevo a contactarlo, para saber si es posible obtener una copia de calidad de dicha imágen, pues como se podrá imaginar esta tiene un alto valor para nosotros.

Le adjunto la imágen en cuestión. Mi abuelo es el primero de pie de izquierda a derecha. Mi abuelo es el primero en ponerse de pie de izquierda a derecha. Es decir, el que está más atrás del grupo: se llama José Tadeo Álvarez Llaneza, de Nicolasa, en Mieres. Mi abuelo y su hermano, Raymundo Álvarez Llaneza, estuvieron en el campo de concentración de Argeles y de ahí vinieron a México en el vapor SINAIA. Por parte de mi padre, mi tío abuelo Luciano Seguraúregui Olalde estuvo en el campo de Gurs y llegó a México en el vapor México. Su hermano Miguel Segurajauregui Olalde fue Comisario Político del Batallón Asturias y Cónsul de la República en Hendaya.
Y como bien has comentado, es impresionante la odisea que han vivido estos hombres y mujeres, con sus familias que, con más de 80 años, seguimos de una u otra forma, llevando la Guerra Civil a cuestas y en nuestros corazones el orgullo de ser los descendientes de los que defendieron la libertad y la democracia en España hasta el final.
Le envío saludos y mi más sincero agradecimiento.
¡Salud y República!

-José Tadeo Álvarez Llaneza fue sin duda un gran ser humano. Hemos heredado su sentido del trabajo, la justicia y la equidad.

Hemos recibido de él, su amor incondicional como grandes hijos, siempre estuvo orgulloso de nosotros, al igual que nosotros estamos muy orgullosos de él.

Como adulto, siempre me sorprende la enorme capacidad que han tenido estos hombres y mujeres para reinventarse en un nuevo país, dejándolo todo atrás.
Mis dos abuelos son siempre los que admiro, mi vida como ser humano debe ser una vida que les haga sentirse orgullosos y al mismo tiempo una vida que les haga sentir bien.
de todo el sufrimiento que pasaron durante la guerra y los años de posguerra. Aunque él murió en 1985 en Ciudad de México, y mi abuela en 1993, sigo echando mucho de menos a ambos.
Mi abuela, Irene Polledo García (esposa de Tadeo), fue encarcelada durante el régimen de Franco, su delito fue ser la esposa de un republicano. Mi madre y sus dos hermanas fueron expulsadas del colegio por ser « rojas », mi madre decía que « éramos tan jóvenes que no sabíamos distinguir entre amarillo, rojo o azul ».

Mi madre murió en 2019 y mi tía el año pasado. Es una pena que no hayan podido ver esta foto de su padre. Sin embargo, mis hijos y yo estamos muy agradecidos por la amabilidad que han mostrado al compartir este pedazo de historia que es muy significativo para nosotros. Debemos preservar la memoria de la República Española, y estoy convencido de que con personas como vosotros, esta es una tarea que perdurará.

Muchas gracias, se me saltan las lágrimas al escribir este correo, es una experiencia muy emotiva para mí.
Una vez más, gracias no sólo por la foto, sino también por la importante labor que realizan.

Hay muchas anécdotas de la familia que si les interesa con gusto se las comparto, no quisiera yo que con el paso del tiempo se pierdan irremediablemente en el olvido.

Luciano Segurajáuregui Álvarez

José Tadeo Álvarez Llaneza prise environ en 1944
José Tadeo Álvarez Llaneza prise environ en 1944
José Tadeo Álvarez Llaneza , prise durant la guerre, date précise inconnue
José Tadeo Álvarez Llaneza , prise durant la guerre, date précise inconnue
José Tadeo Álvarez Llaneza, dans sa boutique de charcuterie au marché de Cuauhtémoc à Mexico 1955
José Tadeo Álvarez Llaneza, dans sa boutique de charcuterie au marché de Cuauhtémoc à Mexico 1955
Réfugiés espagnols au camp d'argelès 1939
Réfugiés espagnols au camp d’argelès 1939
Carte d’identité militaire remise à José Tadeo en exil à Mexico, par le Général José Miaja (sur laquelle il lui est reconnu le grade de Lieutenant d’artillerie).
Carte d’identité militaire remise à José Tadeo en exil à Mexico, par le Général José Miaja (sur laquelle il lui est reconnu le grade de Lieutenant d’artillerie).
Tadeo et Irene, Une photo du couple de grands-parents, 1979 /1980
Tadeo et Irene, Une photo du couple de grands-parents, 1979 /1980

Chemins de l’oubli

Dans le cadre des journées de Memoria histórica (Mémoire Historique), une quinzaine d’activités culturelles, dédiées cette année à l’exil républicain se célèbrent dans le Palais des comtes de Gabia à Grenade.

Kiko Herero, auteur madrilène de deux livres déjà parus, l’un en 2014 Sauve qui peut Madrid !, l’autre en 2018 El Clinico et Juan Chica Ventura, artiste peintre, créateur de la peinture murale (2019) traitant le thème historique de la Libération de Paris en 1944, de la Nueve de la 2e D.B, se sont retrouvés invités à la Députation de Grenade le 1er octobre 2020, comme représentants de l’association 24 Août 1944, (il n’y avait pratiquement personne). Kiko n’a même pas été présent.

Finalement Juan s’est retrouvé à expliquer l’exposition de photos de Philippe Gaussot : Caminos del exilio, (Chemins de l’exil), auprès d’autres invités d’associations mémorielles, Asociación Granada para la Recuperación de la Memoria Histórica,(Association Granada pour la récupération de la Mémoire Historique), Rafael Gil Bracero, de Verdad, Justicia y Reparación, (Vérité, Justice et Réparation) Francisco Vigueras et de la députée de la Culture, de la Mémoire Historique et Démocratique (dénomination actuelle par le gouvernement socialiste espagnol), Maire de la région d’Alfacar, Fátima Gómez.

Notre exposition traite : pour une première partie de l’aide aux enfants basques puis catalans éloignés des fronts de guerre et mis à l’abri en France, et pour une seconde partie de la Retirada (la Retraite) d’environ ½ millions de républicains, d’anarchistes, de poumistes, de socialistes et de communistes, composés de femmes, d’hommes, d’enfants et de personnes âgées, qui durent fuirent la Guerre Civile dans cette Espagne en noir et blanc de 1939, poursuivis par les armées franquiste, fasciste et nazie, en traversant les Pyrénées pour finalement se retrouver dans des camps de concentration en France.

Ces clichés laissent transparaitre les liens d’humanité que l’artiste a réussi à forger avec les refugié.e.s. Son émotion, sa bienveillance et son amitié pour elles et eux transpirent dans chacun d’eux. Ils transmettent non seulement la chaotique organisation de l’exode et l’angoisse des gens, mais aussi l’orgueil, la dignité et surtout toute la combativité de ces bannis.
juan nous confie ses impressions sur la réception:
La visite de l’exposition avec les « quelques invité.e.s », s’est faite au pas de course, comme si nous allions nous contaminer les uns les autres, à signaler aussi, la double absence d’un texte entier sur les « colonies infantiles » et la liste des noms des coordinateurs et organisateurs de l’exposition. Ce sont des manières plutôt cavalières pour une institution qui se vante de travailler sur la culture et la mémoire. Francisco Vigueras, un des représentants cités plus haut, nous a avoué que le PSOE (Parti socialiste ouvrier espagnol) ne voulait pas faire de vague et se servait de ce type d’événements pour se donner bonne conscience, personne n’est dupe dans cette histoire, rien de nouveau sous le soleil.

L’association 24 Août 1944 est dépositaire de cet héritage et a réalisé la sélection de photos pour l’exposition. Son objectif est de promouvoir et cultiver la mémoire historique des antifascistes espagnols exilés en 1939.
Cette exposition, qui durera du 1er au 31 octobre, ouvre le cycle de conférences et débats sur la littérature, les mémoires féminines, les femmes républicaines, les politiciens républicains, les journaux, le cinéma, les artistes, les éditeurs de l’exil. Pour la cinquième année consécutive, la Députation met à disposition de la ville, une exposition qui a pour objectif de relever des aspects de notre passé plus proche de nous, d’analyser et d’approfondir suivant différents contextes : historique, social, universitaire et médiatique, la réalité de cette période de notre histoire.

Cette exposition qui a déjà été présentée à Madrid entre décembre 2019 et février 2020 dans la salle de l’Arqueria Nuevos Ministerios, (Arcade des Nouveaux Ministères) de Madrid, accompagnée de l’exposition « La sangre no es agua » de Pierre Gonnord, (portraits et témoignages d’exilés et de descendants).
Le succès auprès des Espagnols fut au rendez-vous. Elles sont appelées à continuer leur périple dans d’autres villes d’Espagne : Cadiz, Almería, Vigo Barcelone, La Corogne puis à l’étranger : Paris et Liège. Le travail de diffusion de la Mémoire Historique traite de tous les épisodes qui ont eu lieu pendant les trente-deux mois de guerre civile, la retraite et les 40 ans d’exil, sans perdre de vue que la cause principale et déterminante était de provoquer une expérience collective et harmonieuse, un rêve égalitaire, qui se concrétisa par une véritable révolution sociale, inscrite depuis dans la culture révolutionnaire anarchiste espagnole.

Juan Chica Ventura
Groupe anarchiste Salvador-Seguí

Un 24 août réussi malgré les virus !


De Richard Prost

Nous étions une cinquantaine au jardin de la Nueve, à l’Hôtel de Ville rue de Lobau, ce lundi 24 août, pour ce 76e anniversaire de la libération de Paris, tous masqués mais bien présents.
Nous excuserons ici Colette Flandrin Dronne qui, de tout coeur avec nous, n’a pas pu venir cette année et nous vous transmettons à toutes et tous les cordiales amitiés d’Edgar Morin, président d’honneur de notre association.

Pour la seconde fois, le gouvernement espagnol était représenté, par Carmen Calvo, première Vice Présidente et Ministre de la Présidence des Relations avec le Parlement et de la Mémoire Démocratique en Espagne.
Nous avons noté avec plaisir la volonté de ce gouvernement de compter avec son histoire hors frontières, et de se soucier de l’exil des Républicains espagnols. L’histoire de ceux qui ont été chassé de leur terre, parce qu’ils croyaient à l’égalité entre tous et au partage des richesses, intéresse ces élus et nous trouvons que c’est une démarche très positive, un pas vers la prise en considération des victimes du franquisme, mais surtout vers la diffusion des raisons qui les ont portés à défendre la Liberté.
À pas petits, nous avons espoir de rendre caduc l’impunité faite aux bourreaux et de parvenir à l’annulation des verdicts des tribunaux franquistes et à la révision de ceux de la transition (la justice étant restée dans les mêmes mains).

Sur la question de l’éducation, nous avions parmi nous Antonio Verdu et Antonio Cruz, porteurs du projet éducatif envers les jeunes scolarisés en Espagne, pour la modification et la mise à jour des manuels scolaires et tout ouvrage historique, à tous les niveaux. Cela permettrait d’éclairer l’avenir par un passé enfin réhabilité. Les hommes de la Nueve étaient de ces engagés si particuliers porteurs d’un avenir solidaire. À leur demande, notre association est partenaire de ce projet ambitieux.

Face aux officiels espagnols (Vice-présidente, ambassadeur, ambassadeur d’Espagne à l’UNESCO) et à la maire de Paris, nous avons, cette année encore, affiché notre volonté de voir aboutir la reconnaissance du combat mené par ce peuple au nom de
leur idéal pour une société de partage.
Ils avaient choisi comme constitution une République, la 2ème de l’histoire d’Espagne, et pour une grandes majorité d’entre eux, ils voulaient une république sociale, et ils avaient commencé de la construire, à travers les collectivités. Pour la défendre, ils ont fait face au soulèvement militaire, quasiment à mains nues face aux armées suréquipées de Franco et de ses complices fascistes. Ce sont ces mêmes convictions de justice sociale qui leur ont permis de maintenir vivaces les raisons de leur engagement, durant toute leur existence.

Ces femmes et ces hommes, enthousiastes à défendre la république en 1936 contre les troupes du général Franco, sont les mêmes qui se sont retrouvés avec autant de détermination, dans les maquis ou avec les troupes alliées. Combattre le fascisme a été leur credo en Espagne, il l’a été aussi depuis leurs terres d’exil en France et en Afrique du Nord.

Ainsi, la Nueve, constituée en Afrique du Nord, est l’exemple symbolique de la lutte que menèrent les républicains espagnols hors de leur pays.

Jamais, ils ne renoncèrent à leurs idéaux, libertaires pour beaucoup, républicains pour les autres, et pour tous, antifascistes. Les exilés reconstituèrent leurs institutions en exil. Tous ensemble, ils sont ce qu’on appelle le camp de la République : les républicains espagnols.
Tandis qu’en Espagne à la mort du dictateur, le peuple espagnol n’eut pas la parole et se vit imposé une monarchie constitutionnelle. Aujourd’hui, nous avons dit qu’il serait grand temps que le peuple espagnol puisse choisir son avenir.

Nous avons eu le grand plaisir d’avoir aussi avec nous, pour le partage de ces moments, Cristina Latorre, qui en 2019 s’occupa pour le gouvernement espagnol des manifestations et expositions du 80e anniversaire de l’exil, accompagnée par notre ami Pierre Gonnord, photographe de l’humanité oubliée! Avec eux deux, nous avons évoqué la superbe exposition de photos La sangre no es agua ,(dans laquelle figurent nos portraits de descendants d’exilés), exposée à Madrid de décembre 2019 à février 2020, avec les photos inédites de Philippe Gaussot sur l’exil des enfants espagnols, la Retirada et les camps en France , photos sous la responsabilité de notre association. Nous avons pu parler avec eux du nombre incroyable de jeunes et moins jeunes madrilènes qui ont pu s’informer, s’émouvoir et Savoir enfin ce que fut l’exil et pourquoi il a eu lieu. Ces deux expositions sont complémentaires et doivent, à notre sens, circuler en Espagne, en France et en Europe en général, ensemble.

Puis, nous nous sommes retrouvés, à plus d’une cinquantaine également, au 33 rue des Vignoles Paris 20e, qui nous a été rendu quelques jours plus tôt, totalement désamianté. Des copains nous y attendaient patiemment, ainsi que des gens nouveaux, attirés par la connaissance de cette histoire si particulière.
Nous avons pu également parlé avec Juan Andrés Perello, ambassadeur d’Espagne à L’UNESCO, de nos projets futurs, car ce dernier est venu très volontiers du jardin de la Nueve au 33, futur centre mémoriel de l’exil libertaire espagnol.

Nous avons projeté une courte rétrospective des 24 août passés, en remontant à l’arrestation des copains le 25 août 2012, pour ensuite évoquer chacun des 24 août que nous avons organisé pour parler des combattants de la Nueve et de leurs motivations. Chaque 24 août est visible dans son intégralité sur notre chaine Youtube:
https://www.youtube.com/channel/UCvAalXpaqmJ-sBS3gpK3zyA/videos

Ainsi les conversations allèrent bon train, jusque tard dans la nuit, après avoir partagé également les « nourritures terrestres ».

Nous voulons ici remercier toutes les personnes venues fêter à nos côtés ce moment d’histoire, nos plus fidèles soutiens & ami(es), celles et ceux qui sont toujours présents et prêts à nous aider, et celles et ceux pour qui c’était la première fois qu’ils foulaient le sol du 33 rue des Vignoles, ce lieu historique de la CNT en exil.
Nous vous donnons rendez-vous en septembre pour d’autres activités et débats.

Exposition: Joan Jordà, un peintre libertaire

Une exposition exceptionnelle à visiter durant vos congés (ou pas) à Carcassonne, dans l’Aude.

Notre ami, le peintre Joan Jordà y est accompagné de ses frères, les poètes, les écrivains, les artistes multi création :

  • Max Aub,
  • Federico García Lorca,
  • Antonio Machado,
  • Ramon Acin
  • Benjamin Fondane,
  • Walter Benjamin,
  • Edmond Jabes …

Tous représentés par les artistes contemporains de grande qualité. Un grand merci au centre Joë Bousquet de nous inviter à un tel festival de couleurs, poésie et résistance libertaire… pour célébrer les humains de l’exil, au moment où les dirigeants européens mettent tout en oeuvre pour les rejeter. N’hésitez pas faites cette halte de culture et de fraternité.

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La Nueve au lycée Émile zola de Châteaudun

Après avoir reçu les élèves de la section européenne d’histoire/géographie/espagnol sur les traces de la colonne Dronne et de ses Espagnols antifascistes, à Paris, nous voilà pour le « bouquet final » au sein de leur établissement scolaire au coeur de l’Eure & Loir.

Le projet d’établissement fut mené de front et avec enthousiasme par des professeurs dévoués et par les 50 élèves concernés. Ils ont fait le tour des hauts faits d’armes de la 2e DB et de la Nueve, par conséquent, depuis son débarquement en Normandie le 4 août 944 jusqu’à Paris. Et ils ont évoqué les campagnes d’Alsace et d’Allemagne d’où beaucoup ne revinrent pas, hélas. Grâce à Hélène, Rachel, Daniel et Yannig, leurs élèves ont rencontré des témoins et des dépositaires de l’histoire et de la mémoire de ces hommes et ces femmes combattants de la Liberté. D’Alençon à Fyé, Conlie, Écouché; de carrés militaires en conférence avec Monsieur Bayard… À Conlie, au musée de Roger Bellon, ils ont admiré les scènes de reconstitution mais surtout ils ont partagé le gâteau d’anniversaire de Roger Bellon (90ans) tout en buvant ses paroles pour le récit qu’il leur a fait de sa propre vie, et de sa résistance aux armées d’occupation allemandes. Le 20 mars, nous avons parcouru le chemin de la Nueve entrant dans Paris jusqu’à l’Hôtel de ville, eux sans coups tirés, nous juste un peu de marche à travers le Paris matinal. Puis faute de salle et par un beau soleil de mars, nous nous sommes installés dans l’aire de jeu du petit square de la tour Saint Jacques. Madame Colette Flandrin Dronne(fille du capitaine Dronne), était arrivée parmi nous avec sa botte de sept lieues (elle s’était cassé un os du pied). Les jeunes lycéens ce sont installés à même le sol (bien confortable) de l’espace de jeu tandis que professeurs, membres de l’association et Madame Flandrin Dronne prenaient place sur un banc public.

Moment magique,Colette Flandrin Dronne leur livra ses propres souvenirs de ces Espagnols si fiers et courageux de la Nueve, ces hommes bourrus, pas faciles d’approche et qui ont constitué « sa famille ». Elle les a tant aimés et appréciés qu’elle en parle toujours avec une grande émotion dans la voix et une pointe de rire face aux souvenirs qu’ils évoquent pour elle.

Les jeunes étaient plus qu’attentifs, aucun bruit ne vint troubler le récit passionnant, ils sont restés bouche-bée à écouter ce récit comme un vrai conte. Ils avaient conscience d’approcher de très près la nature de ces combattants et le sens de leur engagement. Et voici se profiler le 5 avril: Dans la matinée, c’est la projection du film d’Alberto Marquardt, La Nueve ou les oubliés de l’histoire . Ce film laisse les élèves muets d’émotion et d’admiration pour ce qu’ont vécu ces espagnols fidèles à leur combat de 1936 jusqu’à la fin de leurs jours. Après la projection L’après-midi du 5 avril, nous voilà tous rassemblés, jeunes élèves, professeurs sous la houlette bienveillante de Monsieur Sibenaler, proviseur du lycée, qui n’a pas ménagé ses efforts ni ses deniers pour la réussite de ce projet ambitieux. D’abord, nous avons été reçus avec tous les invités de façon « princière » et amicale, et nous avons pu faire connaissance les uns et les autres autour d’un excellent repas préparé et servi par le sympathique personnel du service restauration du lycée, un grand merci à eux. L’après-midi rivalisa, toute sa durée, en émotion et humour, chanson et dédicaces. Les interventions à la fois solennelles et chaleureuses de cette jeunesse qui avait passé l’année à préparer et peaufiner leur Histoire en espagnol ont captivé le public averti qui était dans la salle. Larmes, rires, chaleur et gravité étaient au rendez-vous. Mais pour mesurer réellement l’intensité de ces moments inoubliables, il faut prendre le temps de regarder noyer petite vidéo:

les élèves au square de la tour St Jacques
les élèves au square de la tour St Jacques
Half Track Espana Cani
Half Track Espana Cani
Deux pieds et deux sabots
Deux pieds et deux sabots
Sur le banc
Sur le banc
Récit passionnant
Récit passionnant
Découverte de la Plaque Colette Dronne & M. Cuche
Découverte de la Plaque Colette Dronne & M. Cuche
Médaille de l'ordre du mérite 06 juin 19
Médaille de l’ordre du mérite 06 juin 19

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COLLOQUE: L’UTOPIE EN EXIL 1939-2019

1939-2019, l’utopie en exil
COLLOQUE

Le parcours des antifascistes espagnols, la lutte antifranquiste et la continuité de l’utopie dans l’Espagne contemporaine :
L’association 24 août 1944 et la mairie de Paris, vous invitent à assister à ce colloque pour savoir d’où viennent ces Espagnols épris de liberté et ce qu’ils ont semé tout au long de 80 ans d’exil…

L’utopie, présente dans chaque acte de leur histoire, se décline à tous les temps et même au futur…

Intervenants

Aimé Marcellan, membre fondateur du centre de Recherche et Documentation d’Histoire Contemporaine (REDHIC).

Thème de l’intervention : De la république à la révolution, de la révolution à l’exil… L’utopie concrétisée…

Geneviève Dreyfus-Armand, Historienne spécialiste de l’exil républicain espagnol.

Thème de l’intervention : L’utopie en exil; Des camps en France à la reconstruction des institutions républicaines en exil, à travers la presse espagnole publiée en France.

Tomás Ibañez, Professeur de Psychologie Sociale à l’université Autonome de Barcelone.

Thème de l’intervention : Que reste-t-il de l’Utopie ? : Témoignage sur la lutte antifranquiste dans les années 60-70. Et de la mort de Franco à l’Espagne contemporaine.

Conférence/débat
le 10 avril de 18h à 20h30
Auditorium de l’Hôtel de Ville
5 rue de Lobau 75004 Paris
Métro Hôtel de Ville

Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles.
Une inscription préalable est nécessaire.
Ne manquez pas ce rendez-vous !

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Hommage à la mémoire de tous les Espagnols morts pour la Liberté !

L’UTOPIE EN EXIL 1939-2019 Hommage à la mémoire de tous les Espagnols morts pour la Liberté !

Les 9 et 10 février 2019, l’association 24 août 1944, avec le soutien de la Mairie de Paris, des associations MHRE 89 et AFMD75 a ouvert son programme des 80 ans de l’exil politique espagnol par cet hommage.

Tout a commencé au matin du samedi 9, par un rassemblement à la porte du cimetière du Père Lachaise, rue des Rondeaux, et un cortège qui n’en finissait pas jusqu’au monument de la Federación Española de Deportados e Internados Políticos, FEDIP (érigé en mai 1969). Il y avait plus de 200 personnes pour non seulement honorer mais rappeler ce que fut le combat et l’idéal de liberté défendu par ces hommes et ces femmes, au mieux contraints à l’exil au pire décimés par une mort violente. Ils furent les premiers à se soulever, seuls dans la tourmente, contre le fascisme montant. Ils luttèrent presque à main nues contre une armée bien équipée et soutenue par les puissances totalitaires européennes. Malgré cela, les défenseurs de la république espagnole n’ont pas reculé et l’écho de leurs convictions, leur acharnement à défendre la liberté résonne encore aujourd’hui comme un chant d’espoir et de résistance. La preuve en est le grand succès de notre manifestation. Dès 10h 30, une foule impressionnante s’amassait à la porte du cimetière. Pour la première fois, le gouvernement espagnol était représenté par une délégation composée de :

    • Cristina Latorre Sancho. Sous-Secrétaire du Ministère de la Justice et Présidente de la Commission interministérielle pour la Commémoration du 80e anniversaire de l’exil républicain espagnol.
    • Fernando Martínez López. Directeur général pour la Mémoire historique au Ministère de la justice et Vice-président de la Commission interministérielle pour la Commémoration du 80e anniversaire de l’exil républicain espagnol.
    • Luis Fernando Rodríguez Guerrero. Département de la Communication au Ministère de la Justice.

Anne Hidalgo, maire de Paris, Catherine Vieu-Charier, élue chargée de la mémoire combattante à la ville de Paris les guidaient au travers de l’histoire populaire du lieu, blottie le long des allées, jusqu’au monument de la FEDIP. Après avoir entendu le chant A las barricadas, qui illustre le combat du peuple espagnol contre un coup d’état militaire, Frédérique Calandra, maire du 20e arrondissement a ouvert la cérémonie souhaitant la bienvenue à tout le monde sur son territoire, et rappelant les idéaux et le parcours des Espagnols, leur volonté d’instaurer un monde meilleur, mais aussi la présence depuis des décennies de la CNT au 33 rue des Vignoles dans le 20e et sa volonté de garder toujours cet aiguillon dans son arrondissement. Puis l’association 24 août 1944 a expliqué ce qu’elle concevait comme travail de mémoire, et l’importance de comprendre ce passé qui parle d’avenirClaude García, fils d’Antonio García Alonso, N° 4665, premier espagnol affecté au service anthropométrique du camp de Mauthausen, a pris la parole pour expliquer qui était son père, un antifasciste parmi les autres. Mais pour la première fois depuis 80 ans, le public et les élus ont entendu parler de l’existence de ce photographe, qui a accompli des actes de résistance dans le camp tout naturellement comme beaucoup de ses compagnons et dont le nom jusqu’ici était aux oubliettes de l’histoire pour ne pas nuire à la « fabrique de héros ». Ivan Larroy, secrétaire de l’association Mémoire, Histoire des Républicains Espagnols de l’Yonne (MHRE89) nous a expliqué que la ville Auxerre a été libérée le même jour que la Nueve est entrée dans Paris, le 24 août 1944. Et que parmi les résistants les plus combattifs des maquis de l’Yonne figuraient de nombreux Espagnols de l’exil. Ils avaient beaucoup sacrifié pour le combat pour la Liberté et leurs années de jeunesse s’étaient écoulées les armes à la main ou dans des camps… Cette intervention illustra magistralement le thème de la journée : Hommage à TOUS les Espagnols morts pour la liberté. Tout à coup s’éleva dans le silence la chanson de Mauthausen créée en 1965 pour le XXème anniversaire de la libération du camp. Elle est tirée d’un 45T édité par la FEDIP pour ce XXe anniversaire en mai 1965. Ce 45T comprend 4 chansons, dédiées à toutes les victimes de la déportation. Elles évoquent la tragédie des déportés espagnols, leur résistance dans le camp et leur espoir de retrouver leur pays bien-aimé dans cette liberté à laquelle ils ont tout sacrifié. Ces 4 chansons ont été écrites et composées par Ricardo Garriga (n° 5972), et chantées par Juan Vilato (n° 3829) : Canción del prisionero, composée et chantée à Mauthausen le 19 juillet 1943. Juan sin tierra, composée et chantée au camp et dédiée par la suite au peuple espagnol Retornarem, créée à Mauthausen le 5 mai 1945, jour de la libération du camp par les troupes alliées. Chantée en français et en catalan. Elle dit l’espérance du retour. Puis ce fut le discours de Fernando Martinez, au titre du gouvernement espagnol qui a affirmé sa volonté d’exhumer la mémoire des victimes du franquisme et notamment pour les fosses communes, la révision des procès franquistes et d’aider tant que faire se peut les initiatives de par le monde qui permettront de mettre cette mémoire en lumière, d’apprendre aux jeunes élèves ce que fut la véritable histoire de l’Espagne et ce conflit déchirant pour défendre la Liberté et la démocratie. Enfin, Anne Hidalgo, maire de Paris a pris la parole pour rappeler ce que fut l’exil de sa famille à l’intérieur de l’Espagne, exil qui conte l’histoire de beaucoup d’autres familles. ; son attachement à ses origines et surtout aux idées défendues par les républicains espagnols. En remerciant les représentants espagnols elle a affirmé sa volonté de continuer en ce sens déjà par la création au 33 rue des Vignoles du centre mémoriel du mouvement libertaire français et espagnol en exil. Chaque prise de parole a été écoutée dans un silence rempli d’attention. beaucoup d’émotion et d’interventions très fortes et toutes tournée vers l’avenir, en mémoire du combat de ces Espagnols antifascistes. Cette cérémonie s’est terminée sur Le Cant dels ocells, devenu symbole de paix et de liberté, une protestation contre la dictature en Espagne. Orchestré et joué par Pau Casals qui a dit : « Quand j’étais en exil, après la guerre civile, j’ai souvent fini mes concerts et festivals avec une vieille chanson populaire catalane qui est réellement une chanson de Noël. Elle s’appelle El Cant dels ocells, «Le Chant des Oiseaux ». Depuis lors, la mélodie est devenue la chanson des réfugiés espagnols, pleins de nostalgie » — Pau Casal. Il n’a jamais joué dans un pays en guerre. Puis nous avons investi le 33 rue des Vignoles, accueillis par l’association Les Pas Sages. Les lieux ont grouillé de monde durant 2 jours, non seulement dans la salle de conférence /projection/spectacle où il fallait jouer des coudes pour entrer mais aussi dans la salle de Flamenco en France où trônait une exposition extraordinaire de photos inédites de la Retirada, que chacun venait admirer au bas mot 4 à 5 fois……… Les représentants du gouvernement espagnol sont venus au 33 rue des Vignoles dans le 20e arrondissement, curieux de voir ce lieu de l’exil libertaire espagnol. Intéressés par notre programme et nos projets, ils sont restés avec nous jusqu’à la fin du programme ce samedi 9 février. Un vrai festival de livres, de photos, de théâtre, de projection, de guitare et d’émotion. Voici le programme auquel vous avez assisté ou que vous allez regretter d’avoir manqué : L’exposition de photos inédites de Philippe Gaussot sur la Retirada et les camps français : PHILIPPE GAUSSOT (1911-1977): Né en 1911 à Belfort. Curieux de nature et aimant se mettre bénévolement au service des autres, il tient un rôle important à la Jeunesse Étudiante Chrétienne (JEC) et fréquente beaucoup d’autres mouvements de jeunesse (socialistes, scouts, auberges de jeunesse). Il « vit intensément » l’avènement du Front Populaire. Au Comité National Catholique d’accueil aux Basques (créé à Bordeaux en 1937, sous le patronage de l’évêque de Dax et des archevêques de Bordeaux et de Paris), Philippe s’occupe d’abord des enfants basques, puis catalans, et enfin de tous les réfugiés. Le comité est renommé par la suite Comité national catholique d’accueil aux réfugiés d’Espagne ou Centre National Catholique de Secours à l’Espagne (établi à Perpignan). Délégué de ce centre, Philippe Gaussot est aidé par une douzaine de Catalans et de Basques. Il passe souvent la frontière pour ravitailler les réfugiés républicains en lait, riz, couvertures et autres, jusqu’à l’arrivée des troupes franquistes à la frontière, en février 1939. Il rentre alors en France. « Notre dernier voyage s’est fait à Puigcerda, où j’ai conduit le camion de sept tonnes sous la surveillance de deux miliciens à travers les rues minées. » Par la suite, Philippe et le comité ravitaillent différents camps de réfugiés en France : Argelès, Le Barcarès, Saint-Cyprien, le Vernet-d’Ariège et Gurs. Il s’occupe aussi de centres de regroupement familial près de Bordeaux et de Dax. Il n’aura de cesse de prendre des photos. Les négatifs de ces clichés ont été retrouvés à son décès par son fils Jean-Philippe Gaussot. Celui-ci s’est mis en relation avec Felip Solé, et, comme nous sommes très liés à Felip, voilà comment une partie de ces photos inédites, et jamais imprimées sur papier, sont aujourd’hui sous nos regards stupéfaits. Merci Jean-Philippe ; merci Felip ; et merci aussi à Stéphane, de la CNT RP, le magicien qui a su rendre une vie d’émotion à ces clichés. Théâtre de la Balancelle VOYAGE EN GUERRE D’ESPAGNE Mise en œuvre : Monique Surel-Tupin,assistée de Françoise Knobel. Avec : Laura Diez del Corral, Sergio Guedes, Stéphane Pioffet et Nicolas Sers. Voyage en Guerre d’Espagne ne tente pas de retracer l’histoire de cette guerre, mais met l’accent sur des moments choisis : la terreur franquiste, la résistance de Unamuno, la lutte de Durruti, les Brigades internationales, l’assassinat de Lorca. Des chansons accompagnent ces évocations pour tenter de recréer ces grands moments d’espoir et de combat. Le spectacle se termine sur une note optimiste avec l’entrée des républicains espagnols de la Nueve à Paris, au moment de la Libération.

Nous avons eu deux représentions : une, samedi 9 et une autre dimanche 10 février. Cette dernière a été filmée par nos soins et c’est aussi la dernière de cette pièce…

Projection : « LE CAMP D’ARGELES, LEVEZ LE POING CAMARADES », un documentaire fiction de Felip Solé: Février 1939, près de 500 000 réfugiés traversent la frontière ; c’est la Retirada. Destination : les camps sur la plage… Ce documentaire-fiction relate la vie quotidienne et tragique des réfugiés, jusqu’en septembre 1941, date de la fermeture du camp, après la grande grève des femmes d’Argelès. Leçon de courage et de solidarité. FELIP SOLÉ Né en 1948 à Lleida, en Catalogne espagnole, Felip Solé a réalisé plus de trois cents documentaires. Réfugié politique, il s’installe en France en 1974 et commence à travailler dans l’audiovisuel. À partir de 1978, il réalise plusieurs documentaires, écrit des articles dans la presse spécialisée et donne des cours de réalisation en France et en Espagne. En 1991, il est engagé par Televisió de Catalunya où il réalise plusieurs séries documentaires, notamment Le syndrome d’une guerre ou la lutte des maquisards à la frontière franco-espagnole, en trois chapitres ; Zone Rouge ou la guerre et la révolution espagnoles en Catalogne, Pays valencien et aux Îles Baléares, en onze chapitres. Avec Exils, il met en scène l’exil des Catalans à travers le monde jusqu’à nos jours, en une série de six heures. Le Trésor du septième camion raconte comment les trésors d’art espagnols et catalans, ainsi que l’or des républicains, ont été soustraits aux franquistes. Livre: FEMMES EN EXIL , Réfugiées espagnoles en France 1939/1942 de Maëlle Maugendre Rendre visibles les femmes espagnoles réfugiées en France de 1939 à 1942. Une narration au féminin de l’exode sur le sol français de ces femmes restées dans l’ombre de leurs compagnons. Prises en charge par l’administration française, elles sont tributaires d’images sociales stéréotypées qui les cantonnent à des pratiques de vie et des comportements de victimes. Au delà de ces stéréotypes, les femmes espagnoles réfugiées se positionnent en résistance, et expérimentent des registres d’actions variés qui leur permettent de prendre conscience de leur « puissance d’agir ». Ce faisant, elles façonnent, en situation d’exil, des identités individuelles et collectives originales et résolument politiques. MAËLLE MAUGENDRE : 2013. Doctorat d’histoire : Les réfugiées espagnoles en France (1939-1942) : des femmes entre assujettissements et résistances. Mention Très honorable avec félicitations du jury. Chargée de mission du Laboratoire itinérant de recherches sur les migrations et les luttes sociales. Réalisation d’une exposition sonore, Nous sommes tous des enfants de migrants, autour de l’enfance en migration en Ardèche, de 1936 à nos jours.

MUSIQUE ET EMOTION :

GUITARE avec Juan Francisco Ortiz : Ce programme musical, pensé pour les célébrations du 80e anniversaire de la Retirada, raconte le cheminement de son père et de ses compagnons, et rend hommage à des personnalités telles que Federico García Lorca, Miguel Hernández et Antonio Machado… JUAN FRANCISCO ORTIZ Fils de Francisco Ortiz Torres, déporté pendant quatre ans dans le camp de Mauthausen (matricule 4245), il a mis sa guitare au service de la mémoire historique. Dans ses concerts l’accompagne le drapeau républicain, fabriqué en 1942 dans le camp de Mauthausen, et signé de tous les compagnons du commando de libération du camp, témoins des souffrances endurées…

Projection du dimanche 10 février 2019

NO PASARAN, album souvenir (70 mn) d’Henri-François Imbert Enfant, le cinéaste avait trouvé chez ses grands-parents une série incomplète de cartes postales photographiées dans le village de sa famille, à la fin de la Guerre d’Espagne en 1939. Vingt ans plus tard, il part à la recherche des cartes manquantes… HENRI-FRANÇOIS IMBERT : Henri-François Imbert est né en 1967 à Narbonne. Il a commencé à faire des films super 8 à l’âge de 20 ans. Tout au long de ces deux jours, le 33 n’a pas désempli il y avait en permanence 100 à 150 personnes à tourner dans l’endroit ce qui nous permet d’estimer à plus de 500 personnes passées ce week-end parmi nous, pour apprendre en dehors des récits familiaux ce que fut cet exil et les traces indélébiles qu’il a creusé dans nos esprits et sur les chemins de l’espoir. Pour visionner toute la cérémonie: https://www.youtube.com/watch?v=K9mB45esjDU

Hommage au Père Lachaise le 9 février 2019
Hommage au Père Lachaise le 9 février 2019
Le Monument de la FEDIP paré
Le Monument de la FEDIP paré
Intervention association 24 août 1944 le 9 Fév 2019
Intervention association 24 août 1944 le 9 Fév 2019
Intervention de Claude Garcia
Intervention de Claude Garcia
Intervention de Fernando Martinez directeur de la mémoire du Gouv. espagnol
Intervention de Fernando Martinez directeur de la mémoire du Gouv. espagnol
Juan Chica Ventura au nom d'Elsa Osaba (Querella Argentina)
Juan Chica Ventura au nom d’Elsa Osaba (Querella Argentina)
AIntervention d'Anne Hidalgo, maire de Paris
AIntervention d’Anne Hidalgo, maire de Paris
Au 33, exposition des photos inédites de Philippe Gaussot
Au 33, exposition des photos inédites de Philippe Gaussot
Au 33, exposition des photos stylisées de Victor Simal
Au 33, exposition des photos stylisées de Victor Simal
Au 33, la table de livres et DVD
Au 33, la table de livres et DVD
Pour présenter l'ami Victor
Pour présenter l’ami Victor
Le Théâtre: Voyage en Guerre d'Espagne de Monique Surel
Le Théâtre: Voyage en Guerre d’Espagne de Monique Surel
La retirada vue par Victor Simal
La retirada vue par Victor Simal
Juan Francisco Ortiz et le drapeau de son père
Juan Francisco Ortiz et le drapeau de son père
Moment d'émotion concert de guitare de JF. Ortiz
Moment d’émotion concert de guitare de JF. Ortiz

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L’UTOPIE EN EXIL : 1939-2019, les 80 ans de l’exil espagnol

1939-2019, les 80 ans de l’exil espagnol

La guerre civile espagnole a laissé dans la mémoire collective et les mémoires individuelles des traces indélébiles. Traces d’espoir, traces de honte, traces de sang et traces d’émotion. Cette guerre civile, c’est une guerre révolutionnaire avant tout pour la liberté et la solidarité. C’est une guerre d’idéal pour lequel s’engagent des hommes et des femmes du monde entier.

L’année 2019 sera nécessairement l’année, de l’évocation de La Retirada, l’exode des 500 000 républicains espagnols qui, après 32 mois de combat, seuls contre les militaires factieux dirigés par Franco, aidés par les régimes fascistes européen, furent accueillis – trop souvent dans des conditions indignes – par la France frileuse de 1939. Ni victimes ni martyrs, ils étaient emplis d’espoir et de convictions, épris de liberté et de justice sociale. Ils menèrent leur combat pour leurs idées jusqu’au bout de leur existence, dans la Seconde Guerre mondiale mais aussi jusqu’à la disparition du dictateur espagnol, Franco. « Peut-être, après tout, n’avons-nous jamais appris à faire la guerre. De plus, nous étions à court d’armement. Mais il ne faut pas juger les Espagnols trop durement. C’est fini : un jour ou l’autre, Barcelone tombera. Pour les stratèges, pour les politiques, pour les historiens, tout est clair : nous avons perdu la guerre. Mais humainement, je n’en suis pas si sûr…Peut-être l’avons-nous gagnée . » Antonio Machado, janvier 1939. L’association 24 août 1944 et la mairie de Paris, vous invite tout au long de l’année 2019 à découvrir pourquoi et comment des Espagnols de toutes conditions, sont arrivés en exil il y a 80 ans. Pourquoi et comment ils ont pris part aux luttes contre le fascisme et pour la liberté là où ils se trouvaient. Pourquoi et comment ils ont continué, seuls, à lutter contre la dictature franquiste qui sévissait en Espagne. Notre premier événement: les 9 et 10 Février 2019 Nous voulons cette année expliquer pourquoi ces Espagnols étaient là et surtout ce que représentait leur combat politique pour l’avènement d’une société plus juste, plus solidaire. Les traces qu’ils ont laissées sont si profondes dans la pensée des peuples qu’aujourd’hui encore beaucoup se réclament de leur idéal. Le 9 Février : un Hommage aux républicains morts pour la liberté, le 9 février à partir de 11h00, devant le monument de la FEDIP dédié à ces Espagnols antifascistes au cimetière du Père Lachaise. Métro Gambetta Rendez-vous est donné à l’entrée du cimetière du Père Lachaise, rue des Rondeaux, (métro Gambetta) à 10h30. Pour ensuite aller en cortège vers le monument. La Mairie de Paris, Le gouvernement espagnol, Les amis de Fondation pour la Déportation (AFMD75) et l’association Mémoire Histoire des républicains espagnols (MHRE89 ) s’associent à cet hommage. Et l’association Les Pas-Sages du 33 rue des Vignoles organise avec toutes ses composantes, les 9 et 10 février, deux après-midi festifs avec exposition de photos de inédites sur la Retirada et les camps en France de Philippe Gaussot.http://www.gaussot.eu/textes/biographie_phg.html Et les photos artistiques de Victor Simal. théâtre, présentation d’ouvrage, projection et débat récital de guitare au 33 rue des Vignoles, 75020 Paris, siège historique de la CNT espagnole en exil et futur centre mémoriel du mouvement libertaire espagnol et français. (voir programme) Nous comptons sur votre présence. À très bientôt pour ces moments d’émotion et de mémoire.

Hommage aux Espagnols morts pour la Liberté
Hommage aux Espagnols morts pour la Liberté
Invitation à imprimer
Invitation à imprimer
Programme du 9 février au cimetière du Père Lachaise
Programme du 9 février au cimetière du Père Lachaise

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Hommage à Federica Montseny dimanche 3 juin 2018 au 33 rue des Vignoles

Le 3 juin, début d’après midi le monde afflue déjà au 33.

Une surprise nous attend: Pour la première fois, à Paris, 49 dessins originaux de Madeleine LAMBERET sont exposé dans la belle salle bois et miroir de Flamenco en France. Nous avons pu réaliser cette exposition en avant première grâce à Régine et Christian et à nos amis du CIRA Limoges.

Que savez-vous de Madeleine Lamberet?

Pour ceux qui ne la connaisse pas ou peu je joins une petite bio ainsi évidemment que celle de sa grande soeur Renée, car elles sont indissociables dans leur engagement et leur travail auprès des anarchistes espagnoles, pour rendre compte chacune à sa manière de la révolution sociale, des collectivités et d cela protection des enfants.

Les visiteurs flânent devant les étals de bouquins d’occasion. Ils sont en castillan ou catalan ou simplement en français.

Puis malgré le soleil et la chaleur, tout le monde s’entasse dans la grande salle pour écouter Jérémie de Flamenco en France annoncer que les nouvelles sont plutôt excellentes en ce qui concerne la réalisation du projet du passage du 33, comme lieu VIVANT de mémoire, de culture et de résistance aux promoteurs. La présentation de l’ouvrage de Federica Montseny: Le contexte, l’idée géniale de cette femme qui se réfugia en France sur les mêmes chemins que le peuple espagnol, de recueillir les témoignages tout frais des Espagnol(e)s exilés: leurs situations diverses. Toujours, le fil conducteur d’un exil à l’autre de garder leur idéal intact et l’espoir de reconstruire en Espagne, un jour, cette société de partage… (voir le lien ci-dessous de l’entretien de Martial avec Serge Utgé-Royo le traducteur de l’ouvrage): https://youtu.be/cQqgtevFNlk Et la vidéo réalisée par Richard Prost sur la présentation de l’ouvrage et de notre programme: https://youtu.be/xX-TX4hem7Q Après le débat et une pause soleil, et rafraichissements, la projection du film de Jean-Michel : Federica L’indomptable. Jean-Michel nous fait courir d’une époque à l’autre tout-jours sur les traces de cette militante anarchiste, ministre et écrivain… C’est dire si l’empreinte qu’elle a laissé sur les sentes de l’histoire est profonde et totalement d’actualité. Le débat fut riche d’échanges, de questions, et prometteur de résistance.

Après un tel programme, quoi de plus naturel que d’aller finir les discussions animées autour d’un rafraîchissement en dégustant une pâtisserie ou une gourmandise salée.

Vue sur l'exposition M. Lamberet
Vue sur l’exposition M. Lamberet
Jérémie explique l'avenir du 33
Jérémie explique l’avenir du 33
La salle attentive
La salle attentive
Richard Prost caméra en main
Richard Prost caméra en main
La salle au ciné
La salle au ciné
Jean-Michel Rodrigo explique
Jean-Michel Rodrigo explique
Les stands "culture" et leurs aficionados
Les stands « culture » et leurs aficionados
La civière brodée par Olivier , artiste du 33
La civière brodée par Olivier , artiste du 33
Stands "culture" 2 dans le passage
Stands « culture » 2 dans le passage
Aimé et Serge présentent "Révolutionnaires, réfugiés & résistants", de F. Montseny
Aimé et Serge présentent « Révolutionnaires, réfugiés & résistants », de F. Montseny

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Le 11 août 2017, Catalina Silva Cruz est morte à Montauban, France.

Catalina Silva Cruz est morte à Montauban, France. Article de José Luis Gutiérrez Molina/ 11- 08- 2017 paru sur le site Todos… los nombres. Traduit par Juan Chica-Ventura. • Le onze août, décède dans sa maison de Montauban, Catalina Silva Cruz. Elle avait 100 ans et un peu plus de huit mois. Avec elle disparaît le dernier témoin du massacre de « Casas Viejas » [[Dans la nuit du 10 au 11 janvier, des cénétistes prennent le poste de la Garde civile en faisant deux blessés et proclament le communisme libertaire. Mais les paysans ne sont en réalité maître de rien et une compagnie de garde d’assaut menée par le capitaine Manuel Rojas n’est pas très loin. Les militants ayant participé à l’insurrection fuient dans les champs environnants en voyant arriver une petit vingtaine de militaires. Huit personnes, dont le vieux Francisco Cruz Gutiérrez dit « Seisdedos » et ses fils se retranchent dans leur pauvre cabane. au petit matin et sur l’ordre de Rojas – arrivé au cours de la nuit – de mettre le feu à la cabane. Il n’y a aucun survivant. Au total, ce sont 19 hommes, 2 femmes et un enfant qui sont morts sous les balles du gouvernement républicain contre deux gardes civils et un garde d’assaut]]. Heureusement elle nous a laissé son histoire dans une entrevue de plusieurs heures « brutes » qui aurait dû être considérée à titre de Bien d’Intérêt Culturel, ce qui n’a jamais été réalisé malgré les nombreuses promesses faites en 2009. • Catalina Silva Cruz a toujours été une combattante : • Avant janvier 1933, dans le groupe anarchiste féminin Amor y armonía (Amour et Harmonie), auquel elle appartenait avec sa sœur Maria et de son amie Manolita Lago. • Lors des événements (de janvier 1933), pour avoir osé aller jusqu’à la chaumière pendant qu’elle était assiégée. • Ensuite en 1936, lors du coup d’État, elle aidera des voisins à fuir de Paterna, s’enfuira, elle-même, après l’assassinat de sa sœur. • Courageuse et battante lors de sa fuite jusqu’à la frontière française et même lorsqu’elle fut traquée dans ce pays voisin par l’occupation nazie et la méfiance des autorités « fantoches », envers les milliers d’anarcho-syndicalistes réfugiés dans le sud du pays. Même dans les pires moments, selon ses dires, jamais elle n’oubliera cette nuit hivernale de janvier 1933 lorsque, le soleil de l’espoir révolutionnaire fût remplacé par les flammes de la répression la plus impitoyable. Nuit après nuit, elle se rappelle ce qu’elle a vécu ; jusqu’à parvenir à ce siècle -ci lorsqu’elle sortit de l’anonymat dans lequel elle s’y était volontairement plongée. Ce fût pendant la préparation du livre que j’écrivais sur Miguel Pérez Cordon, le compagnon de Maria Silva que j’eus la chance non seulement d’obtenir son témoignage mais aussi de nouer une amitié et de la tendresse avec elle, sa fille Estella et ses fils Augusto et Universo. Catalina comme les autres membres de la famille Silva, n’a pas eu de chance avec le pays où elle est née, mais elle n’a jamais renoncé à sa nationalité même après avoir vécu en France pendant presque quatre vingt ans. Toute une vie! Elle n’a pas eu de chance car elle a toujours vécu du côté des perdants, de ceux qui ont perdu en 1933, en 1936-39, dans l’exil, après la mort du dictateur quand elle a fait partie des oubliés, de ceux qui n’ont pas aimé ce qu’ils ont vu à leur retour lors de brefs voyages sur leur terre et village natal. Mais pour elle comme pour tant d’autres ce n’avait pas d’importance. Elle savait que tant cette société serait comme elle est, sa terre serait l’exil. Cela ne cessera d’être un rappel pour les puissants. Quels qu’ils soient, le pire qu’il puisse leur arriver c’est qu’il existe d’autres personnes conscientes et combattantes, comme elle (Catalina), pour qui plus ces personnes sont loin mieux c’est. Cependant, je ne serais pas très original, l’histoire à ses ironies. Aujourd‘hui dans l’après-midi, lorsque les restes de Catalina seront déposés dans la tombe familiale du cimetière de Montauban, à peine une dizaine de mètres les séparent de ceux du dernier responsable politique, des assassinats de « Casas Viejas » : le nommé président du gouvernement de la République espagnole, Manuel Azaña, celui là-même qui sacrifia l’intérêt collectif du pays à l’intérêt particulier de celui qui détenait le pouvoir. Catalina comme des dizaines de milliers d’Espagnols part sans savoir où sont les restes de sa sœur Maria, qui fut assassinée, cela fera dans quelques jours 81 ans. Elle part en silence sans faire de bruit comme elle a vécu. Pour elle malgré ses cent ans, le temps a passé bien trop rapidement aux rythmes d’une société et d’une administration, à tous les niveaux, dévolues aux nouveaux maitres du royaume d’Espagne. Catalina que la terre te soit légère. Tu vivras toujours dans nos cœurs.

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INAUGURATION DEL JARDíN DE LA NUEVE

L’association 24 août est cordialement invitée à cet événement. Nous participerons dès le 19 avril à un débat sur les traces de l’exil sur les jeunes générations, puis nous prendrons la parole lors de l’inauguration du jardin. Nous avons également faciliter les contacts notamment avec le réalisateur Alberto Marquardt qui présentera son film La Nueve ou les oubliés de la victoire, en compagnie de Raül Monteagudo, auteur d’un roman : Cuando los republicanos liberaron Paris. le 21 avril.

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Le camp d’Argelès de felip Solé jeudi 30 mars à partir de 19h, Centre Paris Anim’ Place des Fêtes (19e), 2/4 rue des Lilas, métro Place des Fêtes.

Nous vous attendons: le jeudi 30 mars à partir de 19h, Centre Paris Anim’ Place des Fêtes (19e), 2/4 rue des Lilas, métro Place des Fêtes. Pour échanger sur l’accueil des exilés, à partir du documentaire/fiction de Felip Solé: Le camp d’Argelès. Des êtres humains sont contraints de fuir leur terre pour échapper à une mort certaine. Le chaos qui règne dans leur pays est le résultat d’affrontement des puissants de ce monde pour leurs propres intérêts au détriment des peuples. La France ne doit pas reproduire ce qui s’est passé en février 1939 quand les antifascistes espagnols ont été contraints de s’exiler par centaines de milliers. Ce documentaire apprend aux jeunes générations ce qui se passa alors sur le sable des plages du Roussillon et nous appelle à réfléchir à l’accueil que nous devons réserver aux humains dans le dénuement et l’exil. Rejoignez-nous le 30 mars pour en débattre et amenez- votre famille et vos amis.

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