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Non à la fermeture du lycée Georges Brassens

Nous travaillons tous les ans avec les professeurs de ce lycée sur la mémoire des antifascistes espagnols, l’exil républicain.
En février 2022, les élèves de terminale et de première ont monté avec leur professeure Mme Ana Botella, un spectacle d’hommage aux républicains espagnols. il a été joué au centre Paris’Anim de la Place des fêtes et depuis il a été joué dans d’autres lieux et tout récemment à Valence en Espagne. Il était d’une belle qualité artistique, historique et linguistique.

Preuve des résultats excellents de cet établissement. Il est impensable de fermer des établissements d’enseignements publics. L’éducation n’est pas un secteur à rentabilité mais un secteur de formation de la pensée pour les jeunes, peu importe son coût.

Il nous faut des établissements scolaires où pourront se côtoyer et se connaitre des jeunes de tous les horizons pour apprendre à être des citoyens responsables et à s’épanouir dans leur discipline.

Ceci est une part de l’héritage que nous ont laissé les républicains espagnols.

Signer la pétition de soutien aux lycées publics destinés à disparaitre, pour que ce projet ne voit pas le jour !

Et écouter cette chanson d’Allain Leprest , qui réclame à sa façon, une égalité des chances :

Des nouvelles de Gijon

Ces clichés constituent un témoignage exceptionnel. Elles ont la qualité des photos des meilleurs photographes de l’époque et transmettent au public non seulement le désordre de l’exode ou l’anxiété et l’angoisse de ces gens, mais aussi leur fierté, leur dignité et, surtout, leur combativité…

De ces camps sortiront les hommes qui intégreront les maquis en France ou les Forces Françaises Libres qui luttaient contre le nazisme.
Entre 1936 et 1939, ils combattirent le franquisme, entre 1940 et 1945 ils continuèrent le combat en Afrique, en France et jusqu’en Allemagne espérant pouvoir libérer l’Espagne.

Cela n’a pas été le cas. Néanmoins certains d’entre eux qui constituaient la »Nueve » ont immortalisé les noms de Guadalajara, Teruel, Ebro, Brunete, Santander sur les Half-Tracks qui ont participé à la libération de Paris le 24 Aout 1944.

Voici une petite vidéo de présentation et quelques photos de l’inauguration à Gijon:


cette vidéo a été réalisée par Bruno Menendez.

Nous voudrions remercier spécialement Sergio Montero, Monty, qui est celui qui a permis que ces photos soient exposées à Gijon.

Résistance, résilience et engagement dans l’exil

Résistance, résilience et engagement dans l’exil :

Ces 11 et 12 novembre, nous avons reçu avec un grand bonheur, nos amis belges de l’association « Ami, entends-tu ? ». Nous avons partagé avec eux un émouvant parcours sur les traces du Paris des exilés espagnols de 1939.

11 novembre
Nous les avons accueillis dans ce lieu historique du 33 rue des Vignoles, dernière adresse de la CNT espagnole en exil.
Bien évidemment, nous leur avons fait les honneurs des lieux tels qu’ils sont encore : Le 33, avec ses salles, ses réduits, ses verrières d’atelier du début du siècle dernier, ses ruches, ses couleurs rouge/noire, et son atmosphère si particulière et chaleureuse qui attire tant de personnes… Ils furent conquis d’avance.

Notre journée, pour les membres de l’association 24-Août-1944, a commencé tôt le matin, par les préparatifs d’installation d’une exposition, du matériel de projection et pour le buffet qui devait clore ce premier jour amical.

Après cette visite et présentation de l’historique des lieux, nous avons projeté « L’exode d’un peuple » film muet /musical de Luis Llech [1].
Notre choix s’est avéré judicieux car nos amis ne connaissaient pas ce documentaire et s’en sont trouvé très émus. Ils étaient bouleversés par sa forme sobre, concentrée sur les images vivantes qui se passent aisément de commentaire.

Puis, nous les avons « embarqués » en métro jusqu’à la rue Esquirol dans le 13e pour leur montrer la peinture murale de Juan (Chica-Ventura) qui évoque l’entrée dans Paris de La Nueve le 24 août 1944, les combats contre les forces allemandes d’occupation le 25 et le défilé de la victoire le 26 août.

Bien sûr nous avons commencé par expliquer ce qu’était La Nueve, d’où venaient ces Espagnols, ce qu’ils avaient fait avant de se retrouver dans l’armée Leclerc et ce qu’ils ont accompli en tant que soldats des Forces Françaises Libres jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale, sans pour autant avoir la joie d’aller déloger Franco.
Juan leur a expliqué la naissance et le chantier de la peinture murale qu’il a réalisée, en expliquant les difficultés, les aboutissements et les techniques employées.
Il a achevé ses explications sous une ovation de la part de nos amis !!!!

Une visite au square Federica Montseny [2] juste au bout de la rue s’imposait. Avec une description de cette femme, militante de la CNT, aux responsabilités multiples et qui transmit son idéal toute sa vie au cours de ses interventions remarquables dans les meetings organisés par son syndicat, (depuis les années 30 jusqu’au mémorable meeting de 1977 à Barcelone qui réunit plusieurs milliers de personnes). Femme dont le cri à la jeunesse est encore vrai aujourd’hui : « Pensez ! Pensez ! Pensez »

 

 

 

Retour au 33, dans la magnifique salle de nos amis de Flamenco en France, pour l’exposition sur L’imprimerie des Gondoles de Choisy Le roi et l’évocation des exilés et des combattants de la Nueve installés dans cette commune de la banlieue parisienne :

  • Ces exilés qui ont habité Choisy sont aussi des hommes de la Nueve. Martín Bernal Lavilla ouvre sa cordonnerie et accueille son frère Francisco et José Cortès.
  • Bernal, démobilisé et déçu de ne pas aller déloger Franco, après-guerre, il s’installe à Choisy le roi, où il accueille son frère Paco, qui a été déporté à Mauthausen (matricule 3543), mais aussi son compagnon d’armes José Cortés avec lesquels il ouvre sa cordonnerie.
  • Martín Bernal, avec Granados des Forces Françaises Libres, avec Roda déporté à Mauthausen et bien d’autres, anciens de la guerre d’Espagne et des collectivités, constituent l’armature de la Fédération Locale de Choisy-le-Roi/Thiais de la CNT. C’est elle, la CNT de Choisy qui entourera Marcellan et Agustí, à l’initiative de la création de l’imprimerie des Gondoles. Bernal, Granados, Roda sont de la première liste de souscription, qui permettra de lancer ce qui est appelé dans la CNT « le projet pour la culture ».
  • Ce projet pour la culture s’accompagne naturellement de la lutte permanente contre le fascisme. Aussi quand SIA, (Solidaridad Internacionale Antifascista) décide d’imprimer son calendrier à Choisy. Francisco Roda, ancien de Mauthausen, sera celui qui apportera la quinzaine de calendriers que Martin Bernal distribuait à ses clients.
  • Là encore, l’histoire et surtout l’audace de ces Espagnols qui après 9 années de guerre et de résistance, continuèrent sur leur lancée et en 1957, osèrent créer une imprimerie qui va fonctionner pendant cinquante ans, au plus proche du modèle des collectivités espagnoles de 1936.

Tous ces événements ont creusé l’appétit et la soif de tout le monde, et chacun est bien heureux de s’asseoir pour prendre pour se restaurer au succulent buffet préparé par les membres de l’association 24-Août-1944 et leurs amis. Les langues vont bon train, l’amitié et les rires aussi. Nous avons également la joie d’accueillir nos amis de Terrassa, présents à Paris et qui ne manquent pas de venir partager un moment avec nous.

Vers 22h00, tout le monde s’affaire au rangement afin de laisser la place propre pour les copains du lendemain, qui ont à faire au 33. Et nos voyageurs sont tout de même un peu fatigués.

12 Novembre
Nous avons rendez-vous au jardin des Combattants de La Nueve, comme nous sommes véhiculés, nous passons à l’hôtel pour prendre avec nous José qui a accompli déjà 4 fois ses vingt ans et entend bien malgré cela profiter de cette journée.

Comme nous sommes samedi, le jardin est ouvert, nous avons une chance inouïe il
fait un beau soleil, qui va nous réchauffer tout au long du jour.
Nous leur expliquons la succession des plaques qui identifient le jardin : celle d’abord qui signalait juste que le roi Felip VI et la maire de Paris ont inauguré ce jardin et la seconde et définitive que nous avons demandé (avec d’autres associations mémorielles espagnoles) et qui non seulement explique qui étaient ces hommes mais aussi remet la royauté espagnole à la place qu’elle occupe dans l’histoire : à savoir qu’elle fut désignée par Franco pour lui succéder donc incompatible avec les républicains de La Nueve et leur combat pour la Liberté.

Après avoir traversé le jardin, nous avons jeté un œil à la plaque offerte par la maire de Madrid [3] Manuela Carmena à la maire de Paris Anne Hidalgo , et qui est la réplique exacte de la plaque figurant au jardin de la Nueve de Madrid inauguré le 20 avril 2017 dans le district de Cuidad Lineal à Madrid.
Ensuite direction, la salle de la Mutualité

, fermée aux visiteurs maintenant qu’elle est salle privée pour organisations et institutions du monde « des nantis ».
Mais pour nous, elle reste une salle mythique, dans laquelle se sont déroulés dès la fin 1944, de nombreuses réunions, des congrès de la CNT, de la FEDIP (Federación Española de Deportados e internados políticos) entre autres rassemblements de gauche.
Nous leur montrons des photos de la salle (comble avec ses 2000 places) et aussi des photos du trottoir noir de ceux qui n’ont pas pu rentrer mais qui attendent devant tout en discutant âprement de l’avenir……
Nous tâchons comme nous pouvons de satisfaire à toutes les curiosités de nos amis, avec les explications que nous possédons. Bien sût le journal Solidaridad Obrera est souvent à notre bouche, car il a dès septembre 1944 rendu hommage aux combattants espagnols de la division Leclerc et en septembre 1945, il publie toutes les listes des Espagnols déportés à Mauthausen et autres camps.

Le temps nous manquait car il y a encore une multitude de lieux qui portent l’empreinte des exilés antifascistes espagnols à Paris : Le gymnase de la Bidassoa, Le dispensaire Cervantès de la rue Gerbier, la salle de l’Alhambra, la salle Lancry, le 24 rue Sainte Marthe, 79 rue Saint Denis, 2 rue Gracieuse, la salle Suset…

Après un petit repas, léger, nous repartons de plus belle, direction Cimetière du Père Lachaise [4] Là, nous déambulons entre les monuments dédiés aux victimes des camps de concentration nazis, en passant bien entendu par la catafalque de Francisco Largo Caballero [5] et la tombe discrète de Gerda Taro [6]
Nous terminons cette visite par le monument aux Espagnols morts pour la liberté (1939-1945) érigé par la FEDIP qui lança une souscription dès 1963 pour cet édifice.
Après une présentation, nous lirons des extraits du discours d’inauguration que prononça Daniel Mayer  [7] le 13 avril 1969 devant un parterre de plusieurs centaines de personnes. (voir document)

Après un passage au mur des Fédérés et la visite des sépultures de communards dont celle du général Wroblewski [8] et d’Eugène Pottier [9] il est temps de rentrer à l’hôtel pour nos amis, se reposer un peu pour revenir en forme au restaurant.
Nous nous retrouvons au restaurant Ighouraf de l’ami Ali, pour déguster un excellent (comme d’habitude) couscous et surtout partager encore une fois un grand moment de fraternité. Cette fois-ci, nous (les membres de l’association 24-Août-1944) nous sommes les invités de nos compagnons de l’association Ami entends-tu.

Le temps passe trop vite, et il nous faut nous séparer, laissant à nos amis la curiosité de découvrir le lendemain le Musée de la Libération de Paris, Musée Jean Moulin et Mémorial Leclerc, place Denfert Rochereau, avant d’aller déambuler dans le quartier de La Butte aux cailles dans le 13e et de rentrer en Belgique. Nous prenons congés tard dans la soirée en se promettant de réaliser d’autres projets communs sur la mémoire de l’exil des républicains espagnols à Paris et à Bruxelles et Liège.

 
Notes

[1cinéaste amateur qui eut le réflexe extraordinaire de filmer le passage de la frontière par la population (civile et militaire) républicaine espagnole, en février 1939

[21905-1994 ; Anarchiste et écrivain, pédagogue d’avant-garde et oratrice fantastique, ministre de la République Espagnole en 1937, auteure de la première loi européenne en faveur de l’avortement, Federica Montseny a subi les revers de la guerre civile, s’est noyée dans la masse des exilés de 1939 avec sa famille. Pendant la guerre, elle est arrêtée par la police de Pétain, condamnée mais pas extradée parce qu’elle est enceinte…

[3maire de mai 2015 à mai 2019

[4L’endroit tire son nom d’un précédent occupant des lieux, François d’Aix de La Chaize, un prêtre jésuite confesseur du roi Louis XIV.

[5Francisco Largo Caballero, né à Madrid le 15 octobre 1869 et mort à Paris le 23 mars 1946, est un syndicaliste et homme d’État espagnol, membre du Parti socialiste ouvrier espagnol et de l’Union générale des travailleurs dont il fut l’un des dirigeants historiques, au point d’être surnommé « le Lénine espagnol », déporté au camp de Sachsenhausen

[6Née le 1er août 1910, en Allemagne, Gerda Pohorylle fuit son pays quand Hitler arrive au pouvoir. Arrivée en France, elle rencontre, en 1934, le photographe hongrois Endre Ernő Friedmann, dont elle devient la compagne. Avec lui, elle se met à la photographie, mais leurs photos se vendent mal. Elle invente alors son personnage : Endre Ernő Friedmann devient ainsi Robert Capa, le photographe américain, plus chic et plus mondain que son alter ego. Elle choisit pour elle-même le pseudonyme de Gerda Taro. Ensemble, les deux compagnons couvrent la guerre civile espagnole aux côtés des troupes républicaines. En 1936, elle part couvrir, seule, le bombardement de Valence. Le 25 juillet 1937, alors que Robert Capa est rentré en France, Gerda Taro meurt écrasée, par accident, par un char républicain. Son enterrement, le 1er août 1937 en France réuni plusieurs milliers de personnes. Mais son nom reste dans l’ombre et une partie de son travail est attribué à Robert Capa. Il faut attendre 2007 et la découverte de « La valise mexicaine » pour qu’elle revienne sur le devant de la scène des photo journalistes de guerre.

[7membre du Comité national de la résistance, Secrétaire général de la SFIO, ministre du travail de 1946/1949

[8Walery Wroblewski, né le 27 décembre 1836 à Zoludek en Biélorussie et mort le 5 juillet ou le 5 août 1908 à Ouarville, est une personnalité militaire de la Commune de Paris, [[https://maitron.fr/spip.php?article150222

[9Eugène Pottier, né le 4 octobre 1816 à Paris où il est mort le 6 novembre 1887, est un goguettier, poète et révolutionnaire français, auteur des paroles de L’Internationale. https://maitron.fr/spip.php?article136003)

Documents joints

 

Les chemins de la mémoire (Caminos de la memoria (91’) 2009)

L’association 24 août 1944 présente :
De 19h à 22h00
Les chemins de la mémoire (Caminos de la memoria (91’) 2009)
De José Luis Peñafuerte.

La dictature de Franco, un des régimes les plus violents et longs de l’Europe du 20e siècle, a été gardée sous silence par l’Espagne depuis sa fin, il y a près de cinquante ans. Ce régime a fait des milliers de victimes : orphelins, prisonniers, exilés, déportés, torturés, assassinés. Aujourd’hui, l’Espagne et son gouvernement commence enfin lever le voile sur cette période, et rendre justice aux centaines de milliers de victimes du franquisme.
José-Luis Peñafuerte, lui-même descendant d’exilés, nous emmène dans un véritable voyage à la recherche de cette mémoire refoulée, afin d’ouvrir une fenêtre contre l’oubli. Les pièces du puzzle incomplet dans la mémoire de l’Espagne sont encore nombreuses : les fosses, les camps de concentration, les prisons, les routes de l’exil, et les traces encore bien vivaces du franquisme…
C’est un des premiers grands films sur la Mémoire en Espagne toujours aux prises avec les fantômes de son terrible passé.
La projection sera suivie d’un débat

Le jeudi 17 novembre 2022 à 19h
Paris’Anim ; Centre Place des Fêtes
2/4 rue des Lilas
75019 Paris
Entrée gratuite

CHEMINS DE L’EXIL / CAMINOS DEL EXILIO

L’association 24 août 1944
vous informe de l’exposition à GijON
CHEMINS de L’EXIL
Colonies pour enfants basques et catalans
La retirada et les camps en France l’oeuvre humanitaire et photographique de Philippe Gaussot

D’une part, la série de photos de Philippe Gaussot (1937-1940) représente l’accueil d’enfants basques et catalans envoyés en France pour échapper aux horreurs de la guerre. Loin du bruit des armes, ils peuvent à nouveau sourire sur les bancs de l’école ou dans les tâches et les jeux collectifs.

De l’autre, la série La Retirada y los campos(1939) montre les chemins de l’exil des antifascistes espagnols. Nous suivons leur difficile exode, pas à pas, en plein mois de février, pour atteindre un hypothétique refuge en France. L’accueil sera très décevant : des camps de concentration sur les plages glacées du Roussillon, entourés de barbelés, gardés par des soldats armés et des gendarmes.

Ces clichés constituent un témoignage exceptionnel. Elles ont la qualité des photos des meilleurs photographes de l’époque et transmettent au public non seulement le désordre de l’exode ou l’anxiété et l’angoisse de ces gens, mais aussi leur fierté, leur dignité et, surtout, leur combativité…

Aujourd’hui, ces exilés rentrent chez eux, honorés dans les villes et villages qui les gardent en mémoire comme un exemple de changement possible de société et de dignité.

L’exposition de photos sera prochainement à :
Gijón (Asturies) : du 16 novembre 2022 au 08 janvier 2023

Un catalogue de l’exposition, en français et en castillan est disponible auprès de notre association

EXPOSICIÓN DE FOTOGRAFÍAS INÉDITAS:
« CAMINOS DEL EXILIO » – Colonias infantiles y campamentos de la Retirada: la obra humanitaria y fotográfica de Philippe Gaussot »

La exposición « Chemins d’exil – Colonies d’enfants et camps de la Retirada: l’oeuvre humanitaire et photographique de Philippe Gaussot » presenta fotografías inéditas descubiertas por su hijo, Jean-Philippe Gaussot, en una maleta tras la muerte de su padre. A través de Felip Solé, director y productor, se nos confiaron los negativos.

Por un lado, la serie de fotos de Philippe Gaussot (1937-1940) representa la acogida de niños vascos y catalanes enviados a Francia para escapar de los horrores de la guerra. Lejos del ruido de las armas, pueden volver a sonreír en los bancos de la escuela o en las tareas y juegos colectivos.

Por otro lado, la serie La Retirada y los campos (1939) muestra los caminos del exilio de los antifascistas españoles. Seguimos su difícil éxodo, paso a paso, en pleno febrero, para llegar a un hipotético refugio en Francia. El recibimiento será muy decepcionante: campos de concentración en las playas heladas del Rosellón, rodeados de alambre de espino, vigilados por soldados y gendarmes armados.

Estas fotos son un testimonio excepcional. Tienen la calidad de los mejores fotógrafos de la época y transmiten al público no sólo el desorden del éxodo o la ansiedad y la angustia de estas personas, sino también su orgullo, su dignidad y, sobre todo, su espíritu de lucha…

Hoy, estos exiliados vuelven a casa, honrados en las ciudades y pueblos que los recuerdan como ejemplo de un posible cambio de sociedad y de dignidad.

La exposición fotográfica estará pronto en :
Gijón (Asturias): del 16 de noviembre de 2022 al 8 de enero de 2023
CMI PUMARÍN GIJÓN SUR
C/Ramón Areces,7
Lunes a sábado, de 8.00 a 21.15 h //Domingos, de 8.00 a 14.45 h
T: 0034 985 181 640 cmigijonsur@gijon.es

El catálogo de la exposición, en español y francés, está disponible en nuestra asociación

Exil des affichistes de la Guerre d’Espagne.

Même si la Retirada constitue l’arrivée la plus massive d’Espagnols en France et donc d’artistes, ce ne fut pas une première au XXe siècle, ce ne fut pas non plus la dernière.
Ceux que l’on nomma, les « Artistes ibériques de l’École de Paris », P. Picasso, J. Miro, J. Gris, S. Dali étaient déjà établis et reconnus en France avant 1936. Certains comme B. Lobo, H. Gomez sont aussi venus en France avant 1936.

Le sculpteur Apel.les Fenosa. Catalan, sympathisant anarchiste déserte en 1920 et se réfugie à Paris où il rencontre P. Picasso et les surréalistes. Il rentre en Espagne lors de la proclamation de la 1ère république et franchit de nouveau la frontière en 1939.

J-L Rey Villa ne fait pas partie des réfugiés de la Retirada : d’origine andalouse, il étudie à Barcelone. Il prend le pseudonyme de SIM en juillet 1936, car sa famille vit à Séville et subit la répression franquiste. Il participe pleinement aux activités de propagande du SDP de Barcelone jusqu’en 1937 (pour la CNT, l’UGT et la Generalitat). Le gouvernement catalan l’envoie à Paris pour le représenter au pavillon espagnol de l’exposition universelle (mai 1937). Il y restera.

Comment définir tous ces artistes espagnols en France ? Exilés oui ! Mais pas de la même manière. Eux se définissent comme antifranquistes et exilés politiques.
Avant l’exposition universelle de 1937 et le pavillon de la République espagnole, l’avant-garde artistique ibérique eut droit à une certaine reconnaissance en février 1936. Le musée du Jeux de Paume proposa une exposition sur l’art contemporain espagnol. Parrainée par Jean Cassou, elle fut co-organisée avec le gouvernement républicain. Elle présenta plus de 300 œuvres venant de Madrid, Barcelone et surtout de Paris.
L’armée, l’Église et la grande bourgeoisie ibérique, haïssaient ces artistes. Ils étaient la figure emblématique de la pseudo dégénérescence du peuple espagnol. C’est pourquoi, le 18 juillet 1936, F. Franco et ses acolytes ne voulaient pas seulement réussir un énième coup d’état. Les militaires et leurs complices (surtout l’Église) ambitionnaient d’éradiquer une possible république sociale fédéraliste et libertaire. Pour cela, il ne leur suffisait pas de gagner une guerre. Il s’agissait d’extirper de la tête du peuple espagnol l’idée même d’émancipation sociale et culturelle.
Cette logique exterminatrice du progrès fit que, dès juillet 1936, la répression s’est abattue non seulement sur les militants syndicaux et sociaux, mais aussi sur l’élite intellectuelle et artistique du pays. Tous les citoyens-e-s ayant contribué dans les années 1920/1930 à l’éducation, l’affranchissement intellectuel ou moral de l’église, de la bourgeoisie et de la droite espagnole devait être épurés immédiatement.
Le général Mola avait averti ses collègues militaires au printemps 1936 :
«On tiendra en compte le fait que l’action doit être d’une violence extrême afin de réduire au plus vite l’ennemi qui est fort et bien organisé. Tous les dirigeants des partis politiques, sociétés et syndicats non affiliés au Mouvement seront bien sûr emprisonnés ; des châtiments exemplaires seront appliqués aux dits individus afin d’étrangler les mouvements de rébellion ou de grève ».
« Il est nécessaire de propager un climat de terreur […] Quiconque est ouvertement ou secrètement un partisan du Front populaire doit être fusillé ».
En août 1936, une commission fût créée à cet effet. C’est pourquoi la propagande franquiste parla abondamment de croisade.
Ramon Acín à Saragosse et bien sûr Federico Garcia Lorca fusillé – avec un instituteur et 2 militants libertaires- pas loin de Grenade, furent deux emblèmes de cette extermination.
Cette guerre à «l’ intelligence » explique en partie le fait qu’en février 1939, il n’y avait pas qu’une armée en déroute qui passa la frontière vers la France, mais des gens de toutes conditions y compris un nombre important d’artistes, d’intellectuels, d’enseignants… Bref, c’est l’élite culturelle qui prit le chemin de l’exil. À lui seul, le camp d’Argelès recueillit plusieurs dizaines de ces artistes.
Traités comme du bétail par le gouvernement de Daladier (ex-ministre du Front populaire), il était important pour ces milliers de réfugié.e.s de re-devenir des êtres humains, d’assurer une continuité sociale et culturelle avec ce qu’ils -elles- avaient construit à partir de juillet 1936 de l’autre côté des Pyrénées.

En peu de temps les activités artistiques et éducatives seront organisées au sein des camps du Languedoc : la Baraque artistique ; le Palais des expositions ou le Salon des beaux-arts et même au camp des Milles, à Aix-en-Provence, où étaient détenus réfugiés espagnols et juifs « indésirables » comme Max Ernst, Hans Bellmer.
En parallèle, le matériel de ces activités artistiques sera aussi détourné pour la fabrication de faux documents auxquels participa des affichistes tels que Gallo ou Badia Vilato. Gallo continuera ces activités « artistiques » clandestines au sein du célèbre réseau d’évasion Ponzan.
Heureusement, côté français un élan de solidarité se manifesta y compris dans les milieux artistiques. C’est ainsi que certains purent sortirent des camps. Josep Renau et son frère Juan grâce à l’intervention de Picasso et du réseau du Parti communiste. À Perpignan, le peintre Martin Vivès fut aussi très actif et exfiltrât du camp du Haras de nombreux artistes dont les affichistes C. Fontséré, J. Bardasano et A. Clavé. Antonio Lamolla est exfiltré du camp de St Cyprien par le maire de Dreux Maurice Violette. Lamolla y restera 40 ans et y a ouvert une école de dessin gratuite. D’autres comme B Lobo, L. Gallo, J. Bartoli, s’évadent.
Le 10 mars 1939, à Perpignan, Martin Vives présentent des œuvres de Clavé et de Fontseré sous le titre « scènes vécues de la Retirada » dans une pâtisserie – salon de thé « Vivant ». Antoni Clavé remercia Vivès en lui offrant son portrait. Suivirent des expositions de Gustau, Cochet, en mars ; de Pedro Flores en avril ; de Ferran Callicó; de Josep Puig-Pujades en juin.
Le 14 juin 1939, Albert Bausil, Martin Vivès et le comité d’entraide aux artistes républicains espagnols organisèrent une grande exposition au salon de l’hôtel Tivoli. Avec des œuvres venues de tous les camps du Languedoc. Elle fut transférée à Paris le 26 juin à la Maison de la culture avec comme titre : L’art sous les barbelés. Cette exposition programmée à Londres, à l’automne, a été annulée à cause de la guerre.
À Montpellier, le 6 Juillet, avec la présence de nombreux artistes, intellectuels et politiques « occitans » et catalans, le Musée du Travail accueille trente œuvres d’artistes, surtout catalans, internés.

Ces évènements eurent deux conséquences positives : Le milieu de l’art français découvrit ce qui se faisait en matière de sculpture, peinture, dessin, photo en Espagne dans les années 1930. Inversement, les artistes espagnols purent prendre contact avec les us et coutumes de l’univers artistique français : responsables de musées, galeristes, critiques d’art ou artistes déjà établis, surtout grâce aux Espagnols qui étaient établis et reconnus à Paris : P. Picasso ; J. Gris ; J. Miro, Apel.les Fenosa, etc.
Ces artistes avaient à peine retissé des liens familiaux et reconnecté les réseaux artistiques militants qu’ils furent dispersés une seconde fois. Ils subirent de nouveau la semi-clandestinité, les dispersions au gré des enrôlements forcés, des internements, d’autres camps, des vies de semi-clochardisées, etc. ou contraints à travailler pour les allemands comme Fontséré, Rey Villa, M. Blas, ou dans la publicité comme Badia Vilato, … Pendant quatre années supplémentaires. Si, J. Bartoli réussit à échapper à la Gestapo, ce qui ne fut pas le cas de tous, comme J. Sau, M. Camps Vicents, H. Brugarolas, et d’autres encore. Pour ceux qui le pouvait, il fallait donc continuer à peindre, à sculpter, à créer pour résister au fascisme.

« Non, la peinture n’est pas faite pour décorer les appartements. C’est un instrument de guerre offensive et défensive contre l’ennemi. » P. Picasso.

Travailler dans son atelier, oui. Mais, exposer -en tant que réfugié antifranquiste- fut quasiment impossible pendant l’occupation nazie.
Une exception notable : José Luis Rey Villa plus connu dans l’Espagne républicaine sous le pseudonyme de SIM. Si l’on en croit ses biographes, en 1941, il se marie avec une Française. Il abandonne son pseudo et expose au salon Tardor. Le critique d’art Patrice Buet signale cette exposition dans la « Revue moderne des arts et de la vie ». En 1943, il participe à une exposition collective consacrée aux « artistes espagnols de Paris », enfin, en 1944, au salon des sports (toujours à Paris) où il vendra une œuvre consacrée au rugby.

1939-1944, ce sont cinq années d’errances, de pauvreté, de précarité sociale et culturelle.
Pour les artistes s’ajoutait la débrouille extrême pour récupérer des supports, des matériaux, des outils, de la peinture, etc. afin d’exercer leur passion. Citons par exemple le cas de Joaquim Vicents Gironella qui se mit à travailler le liège -à partir de 1941- parce qu’il fut embauché à Toulouse dans une usine fabriquant… des bouchons en liège. Il avait donc un accès direct au matériau de base. Certains deviendront dessinateurs de presse comme Esbelt, Gallo (qui signe désormais Coq dans la presse parisienne), Arguello.

Avec l’euphorie liée à la Libération, les expositions reprirent partout où cela était possible. Les commandes officielles aussi, comme pour B. Lobo. À part quelques noms déjà connus comme : Rey Villa, Lobo, Fontséré, Badia Vilato, les éxilés auront du mal à se faire accepter -individuellement- par les galeries ou les musées. Selon Amanda Herold-Marme à Paris et en province : « Entre 1945 et 1947, la période d’activité la plus intense, au moins huit expositions collectives importantes ont lieu dans le but de lever des fonds et d’attirer l’attention sur la cause antifranquiste ».

Dès 1945, une rétrospective d’affiches espagnoles éditées en 1936 / 1939 est présentée salle Lancry à Paris.

Une différence notable avec la période 1939-1940, la réapparition officielle des organisations syndicales et politiques espagnoles : UGT / CNT ; PSOE, PCE, POUM, FAI, organisations de soutien à la lutte intérieure.

Ces organisations officialisées éditèrent de nombreux supports de propagande contre le régime franquiste : journaux (jusqu’à treize à Toulouse) ; brochures ; livres ; cartes postales ; timbres ; calendrier ; affiches ; etc. Ce qui permit à tous ces artistes de s’exprimer de nouveau dans les réseaux espagnols. Ce sont aussi ces organisations qui vont prendre les initiatives collectives en faveur de l’Espagne anti-franquistes.
Dès lors, Toulouse et Paris deviennent les deux capitales politique et artistiques de l’exil.
Entre la Libération et le début des années 1950, une part importante des meilleurs, graphistes, peintres, affichistes qui ont contribué à l’explosion picturale entre 1936 et 1939 ne sont plus en France. Certains sont toujours en Espagne, au bagne, en prison ou en semi-liberté : M Monleon, les frères Ballester, Bausset, T. Vidal, Esbelt, H. Gomez, R. Calsina, Benages, R. Puyol. ; J. Ricars Obiols ; Manuel Viola (José Viola Gamón) pour ne citer que les plus connus. Ils reprennent le plus souvent leur travail d’avant 1936 : Publicistes, dessinateurs, ils rénovent ou décorent palais et églises.
D’autres ont rejoint l’Amérique latine : J. Bartoli a rejoint les cercles trotskistes à Mexico, C. Fontséré rejoindra le Mexique (1948), puis, les USA (1949) ; Badia Vitalo en Bolivie (1954) ; J. Renau d’abord au Mexique puis, en 1958, il deviendra peintre officiel en RDA ; J. Bofarull au Venezuela ; J. Bardasano, Schum ; Carmora,…
Une nouvelle génération de graphistes militants émerge : J. Call, Arguello, Lamolla, Joan Jorda, …
La première grande exposition collective, bénéficiant d’une forte notoriété, sera l’œuvre de Joaquín Peinado avec le soutien de la mouvance communiste : « L’art de l’Espagne républicaine. Les artistes espagnols de l’École de Paris ». Elle se tient en Tchécoslovaquie, du 30 janvier au le 23 février 1946, dans le cadre d’évènement plus large comprenant : des meetings, des interventions théâtrales à Prague (le bâtiment de l’Association Manes), puis à Brno et Bratislava. Elle réunit une vingtaine de plasticiens et peintres. Une partie de ces artistes étaient arrivés en France bien avant 1939 et d’autres comme A. Clavé, B. Lobo, B. Giner García, ont vécu la Retirada. Il y avait même un tableau de Julio Gonzales décédé en 1942. Cet évènement largement soutenu par le gouvernement Tchécoslovaque, fera l’objet d’une brève dans Unidad y Lucha et d’un article dans le premier numéro « français » de Mundo Obrero (16 février).
Au même moment, à Paris à la Galerie Visconti, Pablo Picasso assite au vernissage d’une exposition organisée par le PCE et Mundo Obrero d’un côté / le PCF et L’Humanité de l’autre, sous la présidence de Paul Éluard et Jean Cassou.
Paris accueille aussi une exposition de l’art moderne catalan fin 1945 en présence de dirigeants de la Generalitat, puis en novembre 1946, le « Premier Salon d’art catalan » à la galerie Reyman qui accueille des artistes catalans « espagnols & français » : Feliu Elias, Francesc Riba Rovira ou Antoni Clavé.

Les anarchistes ne furent pas en reste. À partir 1946, la CNT demande à sa section culture (notamment Puig Elias) d’organiser régulièrement des manifestations du même type à Toulouse et à Paris. La première aura lieu à partir du 22 février 1947 à la Chambre de Commerce de Toulouse. L’exposition au centre de l’événement propose des œuvres de 90 artistes espagnols majoritairement libertaires, mais aussi des militants communistes connus comme P. Picasso, A. Clavé ou J. Bofarull. Chacun des ces artistes peut présenter plusieurs œuvres et ainsi donner aux visiteurs un aperçu complet de leur style. Concerts, danses, conférences et veillées complètent le programme. L’affiche annonçant cette manifestation est l’œuvre d’Arguello qui dessine pour la presse libertaire et socialiste. Cette initiative eut un écho très important dans la presse régionale.
En Avril, la CNT parisienne et la galerie La Boétie trouvent un accord afin d’accueillir une partie des œuvres présentées à Toulouse. Le rédacteur en chef du journal Franc-tireur, Georges Altman prononça le discours lors du vernissage, une soirée animée aussi par la pianiste Mercedes Bevia. L’AFP, Franc-Tireur, l’Echo du Soir, la Radio diffusion Française et bien sûr Solidaridad Obrera en firent un compte-rendu. La CNT édita un catalogue avec la liste des œuvres présentées.
Deux nouveaux évènements du même type se déroulèrent en 1952 et 1958 à Toulouse : Chambre de commerce et au Palais des beaux-arts. Affiches de Camps de Vicens et J. Call. À noter aussi des évènements plus restreints à Bagnères de Bigorre, à la Colonie libertaire espagnole d’Aymare (Lot) et à Paris en 1955, au siège de la CNT (place Ste Marthe- Xè) en présence de Madeleine Lambéret qui fit plusieurs séjours en Espagne entre 1936- 1938. Elle en rapporta de nombreux dessins.
Pour l’UGT (et le PSOE), c’est le 4 mai 1957 que El socialista annonce le vernissage d’une « exposition art et exil espagnol » avenue du Maine à Paris, au siège de Force Ouvrière. En novembre 1958, un second salon présentera des artistes espagnols en exil, de nouveau au siège de FO, sous la présidence d’honneur d’A. Camus.
En Dehors de ces salons « politiques », beaucoup participèrent aux évènements collectifs dédiés aux artistes, catalans, basques ou occitans qui se sont tenus tant à Paris qu’en province.
À la fin des années 1950, la reconnaissance de l’Espagne franquiste par les démocraties et son entrée à l’UNESCO et à l’ONU a eu un impact important sur l’exil et donc sur les parcours de ces artistes.
On peut constater :
– L’effondrement de la production graphique politique espagnole en dehors des dessins dans la presse de l’exil et des calendriers SIA.
– L’arrêt des expositions collectives organisées par les principales organisations de l’exil.
– La reconnaissance individuelle de tous ces camarades dans les milieux de l’art et auprès des publics avertis en France et à l’étranger.

Le fait que des revues d’arts annoncèrent ces manifestations collectives eut un effet bénéfique pour la reconnaissance et le parcours individuel artistique de ces artistes arrivés en France en 1939. En effet, on peut remarquer à travers les biographies de ces plasticiens qu’une majorité d’artistes exilés en province ne purent accéder individuellement à des galeries qu’à partir de la fin des années 1950 : Vicents Gironella, J. Sau ; A. Alos ; Camps-Vicents ; H Brugarolas n’exposèrent pas avant 1959 dans la région toulousaine. Il a même fallu attendre de José Jornet et de Violeta Izquierdo pour qu’en 2002 une exposition soit organisée au centre culturel de Blagnac : « Artistes de l’exil en région toulousaine ».
Dans la région parisienne, la reconnaissance individuelle fût plus rapide du fait que les artistes les plus reconnus sur le marché de l’art (Picasso, Miro, Gris,) et les intellectuels français anti-franquistes (Breton, Cassou, Éluard, Camus) aidèrent rapidement ceux arrivés en 1939.
Badia Vilato s’est rapidement fait connaître grâce à ses affiches pour Air France, M. Chevalier ou pour la compagnie Renaud Barrault. Il a même représenté la ville de Paris à un salon dédié à l’affiche publicitaire.
M. García Vivancos put exposer grâce à l’aide de P. Picasso (en 1948) et A. Breton qui lui consacra une critique élogieuse dans le Libertaire en 1950.
Antoni Clavé suite à l’exposition de Prague (1946) a été contacté par une galerie à Londres (1947), puis à Rome (1951) ; Milan ; Paris (Drouant) ; New-York (1952).
A. Lamolla expose à Dreux et à Montmartre grâce au journal le Monde Libertaire (1956), etc.
La double nationalité d’une partie d’entre eux, facilita la possibilité d’exposer ou de voyager en Espagne. Dès les années 1960, J-L Rey Villa, Baltasar Lobo (pourtant connu comme militant des jeunesses libertaires puis communiste), J. Bofarull, A. Lamolla ou C. Fontséré profiteront de ces « ouvertures ».
Avec Mai 1968, tant en Espagne qu’en France une nouvelle génération de militant.e.s et d’artistes va investir le champs social et artistique. Certains sont arrivés très jeunes en France en 1939 et ont fait toutes leurs études en France. D’autres sont nés en France entre 1940 et l’immédiat après-guerre. Enfin, il faut aussi considérer ceux et celles qui ne purent s’exprimer librement dans l’Espagne franquiste et émigrèrent à la fin des années 1960. Deux exemples parmi d’autres :
R. Faurià Gort, né en 1934 à LLeida, arrive en France en 1939. Lui et sa famille subissent toutes les péripéties des exilés espagnols. Sa famille s’installe à Toulouse en 1950. Il y suit les cours de l’école des beaux-arts et rencontre d’autres artistes exilés. À partir de 1974, il participe à divers salons indépendants et occitans notamment avec H. Brugaloras.
Sylvie Badia, née en 1947 et fille de Badia Vilato. Elle s’intéresse d’abord aux arts dramatiques, puis en 1981, Sylvie Badia s’investit dans les arts plastiques après avoir suivi des études d’architecture. Elle participe à plusieurs ateliers éphémères et squats artistiques en région parisienne Champigny, Clichy, Paris,… Elle expose à La Coopérative-Musée Cérès Franco, dans l’Aude. En parallèle, elle rejoint le mouvement libertaire, elle participe ainsi aux rencontres internationales de St Imier (2012).
Peuvent-ils être considérés comme des artistes exilés ? Question complexe.

À la mort de Franco, en 1975, rien ne changea ou presque en Espagne. Dans la région toulousaine, la mort du dictateur relancera quelques initiatives : expositions collectives à Toulouse (1977, Artistes espagnols à Toulouse et hommage à Pablo Casals en 1978) ; un colloque : La Labor cultural de los libertarios espanoles exilado en Toulouse (1978).

Il faut attendre la fin des années 1980 pour qu’en Espagne : livres, fondations, musées, rétrospectives et autres conférences rendre hommage à ces camarades.

Manuel Viola (José Viola Gamón) ne reçut la première reconnaissance de sa ville natale qu’en 1980, alors qu’il était revenu en 1949 ; Josep Sau en 1983 ; J. Vicents Gironella en 1985, etc. C. Fontséré rentré en 1973 en Catalogne attend les années 1980 pour militer activement pour l’ouverture des archives conservées à Salamanque. Il faut attendre 1986 pour que la municipalité de Barcelone propose une exposition : Art Contra la Guerra et une rétrospective des affiches éditées entre 1936 et 1939.

Aujourd’hui encore, artistes survivants de cette époque (il n’y en a évidemment presque plus) ou contemporains continuent d’évoquer cette période historique à travers leur art. Ainsi en novembre 2019, l’association mémorielle « 24 août 1944 » organisa à l’Institut Cervantès de Paris une exposition intitulée « L’utopie en exil – Quand l’art devient histoire ». À cette occasion 33 artistes exposèrent 115 œuvres pour dire combien la Révolution espagnole et l’exil qui s’en est suivi ont marqué les esprits de toutes les générations de manière intemporelle et indélébile. À travers peintures, sculptures, dessins, planches de bandes dessinées, objets rendus vivants et libres par des mains de prisonniers, c’est la mémoire de cette expérience sociale révolutionnaire jamais égalée et de cet exode qui a ainsi été évoquée.

Actuellement, toujours à l’initiative de l’association « 24 août 1944 », c’est une exposition d’une centaine de photos inédites de Philippe Gaussot sur la Retirada et « l’accueil » des réfugiés espagnols dans des camps de concentration français en 1939 qui tourne en France et en Espagne. Aujourd’hui comme hier, ici et ailleurs, l’art est toujours au service de l’Histoire des peuples opprimés.

Wally Rosell et Ramón Pino

Références (dans le désordre)
1- Exposition : L’Art espagnol contemporain. Peintures et sculptures. 12 février 1936 – Mars 1936
2- SDP (Syndicat des dessinateurs professionnels) UGT Barcelone : http://affiches-combattants-liberte.org/fr/content/23-le-sdp
3- Les intellectuels espagnols face à la Guerre Civile (1936-1939) Paul Aubert.
4- Les-artistes sur le front la guerre des images entre les deux Espagne affiches peinture sculpture photographie (ENS Lyon)
5- https://www.memorial-argeles.eu/fr/1939/1939-1ere-periode-fevrier-mars-1939/des-centaines-d-artistes-dans-le-camp.html
6- Les camps de la honte A. Grynberg et S. Caucanas actes du colloque « les français et la guerre d’Espagne à perpignan »
7- esbelt : lapiz de la revolucion
8- https://www.paperblog.fr/5915721/que-faisaient-les-artistes-pendant-la-seconde-guerre-mondiale/
9- Lamolla : mon oncle
10- Jacint-Bofarull : memoria oblidada
11- Carles Fontserè: Memòries d’un cartellista català (1931-1939) – 1995
12- « SIM l’enigma d’un gran artista » / Mercè Balda Rey; 2016. « SIM Dibuxant de la revolucio » (Fondation Salvador Segui)
13- Helios Gomez : http://www.heliosgomez.org/ – H. Gomez la révolution graphique – l’affichiste à la cravate rouge.
14- Bartoli : Josep Bartoli la Retirada
15- Garcia Vivancos : http://www.estelnegre.org/documents/garciavivancos/vivancos.html
16- Baltasar Lobo : https://fundacionbaltasarlobo.com/ (Zamora)
17- Les artistes espagnols à Paris à partir de la guerre civile. Amanda Herold-Marme
18- L’art de l’exil républicain espagnol, Violeta Izquierdo – 2002
19- Antoni Clavé : https://www.antoni-clave.org/biographie
20- J. Obiols : https://ca.wikipedia.org/wiki/Josep_Obiols_i_Palau
21- M. Monleon Diseno y vanguardia (Fondacion Salvador Segui)
22- Gallo / Coq : https://www.tebeosfera.com/autores/garcia_gallo_luis.html
23- Les artistes plasticiens espagnols et l’exil en France. Dolores Fernández Martínez in Revue Exils et migrations ibériques N° 6 2014
24- Université du Mirail 25 avril 12 mai 1978
25- Sylvie Badia : https://www.troisiemerive.com/badia/
26- L’Utopie en exil – Quand l’Art devient histoire
27- Chemins de l’exil – photographies de Philippe Gaussot

Archives de la presse espagnole en exil consultées : CNT ; El Socialista ; Mundo Obrero ; Solidaridad Obrera ; Unidad y Lucha ;
Les affiches de la Guerre civile : les biographies des principaux graphistes Bartoli, Fontseré, Gomez, Monleón, Renau, Sim. 2000 carteles de la Guerra civil ; Arte y Propaganda en Valencia ; El color de la Guerra ; Les affiches des combattants de la Liberté. Pinturas de guerra: dibujantes antifascistas en la guerra civil española
Sur l’Exil : Geneviève Dreyfus-Armand : L’Exil des républicains espagnols en France. Espagne passion française Geneviève Dreyfus-Armand et Odette Martinez ; Odyssée pour la Liberté de M-C. Rafaneau Boj ; Par-delà l’exil et la mort de L Stein, etc.

20 octobre Projection : L’or de Moscou

L’OR DE MOSCOU a généré déjà beaucoup de récits, et de supputations.
Ce documentaire éclaire certains aspects, confirme des pratiques, et interroge.

Le 25 octobre 1936, 510 tonnes d’or de la Banque d’Espagne ont été expédiées à Odessa, puis à Moscou. Les fonds obtenus ont servi à l’achat d’armement commandés pendant la guerre sur ordre du gouvernement de la Seconde République, présidé par Francisco Largo Caballero, et à l’initiative de son ministre des Finances, Juan Negrín. À la fin de la guerre civile espagnole, le trésor de la Banque d’Espagne avait été liquidé.
En 1994, Maria Dolors Genovés, directrice des programmes spéciaux de TV3, et Ramon Millà ont réalisé pour cette chaîne de télévision, un précieux documentaire intitulé L’Or de Moscou, un travail d’investigation qui, pour la première fois, a donné accès à la documentation la plus cachée des archives des services secrets de l’URSS.

La projection sera suivie d’un débat en présence de Ramon Millà.
Nous rendons également hommage à Maria Dolors Genovés, ce 5 juillet 2022 à l’âge de 67ans.

Nous vous attendons nombreux
Le jeudi 20 octobre 2022 à 19h
Paris’Anim ; Centre Place des Fêtes
2/4 rue des Lilas
75019 Paris
Entrée gratuite

Ce 24 Août 2022

Des noms étrangers sont venus résonner dans l’écho des murs de la ville. Des étrangers qui furent des combattants du fascisme, du nazisme et du franquisme…

Comme pour contredire dans les faits, l’a priori que ceux venus d’ailleurs sont des dangers pour les habitants, ils furent des combattants de la liberté redonnant à ceux qui hésitaient le courage de défendre leur dignité.

Nous étions nombreux ce 24 août à leur rendre hommage, d’où qu’ils viennent.
Les officiels (Madame La Maire de Paris, Monsieur le ministre de la mémoire démocratique espagnole, monsieur l’Ambassadeur… ) n’ont pas manqué ce rendez-vous annuel avec les descendants de l’exil républicain espagnol, dont le drapeau flottait au vent.

Nous étions nombreux à parcourir aussi ces photos de 1939 et celles de 2019, pour bien mesurer leur parcours, leur idéal et la manière dont toute leur existence, ils ont su conserver l’espoir et le transmettre, pour une société plus juste et partageuse.

Près de 2000 personnes sont passées par la Halle des Blancs Manteaux et se sont émues en regardant ces photos et en lisant les témoignages immortalisés par Philippe Gaussot et par Pierre Gonnord.
Nous avons rencontré des gens de diverses nationalités, intéressés par cet exil si particulier et tellement politique……

Nous espérons que ces deux expositions continueront longtemps leur chemin de la connaissance et leur message d’accueil…

Hommage aux exilés de l’espoir

Cette année, nous voudrions dédier cet hommage à notre amie, disparue cette année sans crier gare, fille d’un combattant espagnol de la Nueve, José Cortes, blessé rue des Archives le 25 août 1944 et qui épousa l’infirmière qui lui sauva la vie. Sa fille, notre regrettée Marie José fut toujours présente à toutes les actions et interventions concernant la mémoire de son père et de ses compagnons.

Ce 24-Août- 2022 Dans le contexte actuel de repli identitaire, nous avons choisi de rappeler l’attitude des étrangers réfugiés en France :
Ceux qui fuyant le nazisme et le fascisme n’ont pas hésité à s’engager pour la Liberté. Outre des Espagnols en grand nombre, il y avait au sein de la Nueve , entre autre, un patchwork de nationalités, citons notamment :

CARRASCO Joaquin – (Brésil)
CATIZONE Guiseppe – (Italie)
CORTESI Daniel – (Italie)
MENDELSON Félix – (Allemagne)
PIRLIAN Krikor – (Arménien de Turquie),
PORESKI Wilhelm – (Allemagne)
REITER Johann – (Allemagne)
Et avec ces Espagnols, ils étaient les soldats de première ligne, les francs-tireurs de la première heure, agents de liaison, passeurs de lignes et de frontières, porteurs d’armes, de tracts, ou de messages. Ils ont été de tous les combats, dans les pires conditions ; ils ont enduré les pires souffrances pour ne pas permettre que le fascisme leur arrache leur dignité.

Puis nous filerons en cortège à la Halle des Blancs Manteaux où nous attend l’exposition :

VISAGES D’EXIL 1939-2019
Chemins d’exil, photos inédites 1939, Philippe Gaussot
La sangre no es agua, photos 2019, Pierre Gonnord

Composée de deux expositions de photos :

Chemins de l’exil de Philippe Gaussot, qui a saisi sur le vif la retirada et les camps sur les plages en février 1939, mais auparavant avait aussi photographié le secours aux enfants basques et catalans en 1937.

La Sangre no es agua de Pierre Gonnord qui en 2019, à la demande du gouvernement socialiste espagnol partit à la recherche de survivants exilés ou de leurs enfants et trouva facilement son bonheur (et le nôtre de le rencontrer) l’adresse du 33 rue des Vignoles dans le 20e arrondissement de Paris.

Présenter ces deux expositions s’est imposé à nous comme une évidence.
Aux foules anonymes que capte Philippe Gaussot en 1939, répondent les portraits et témoignages de Pierre Gonnord 80 ans après.

Car ce que dit Pierre Gonnord en 2019, c’est que chaque homme, chaque femme, chaque enfant de 1939 a une histoire.

Halle des Blancs Manteaux, 48 rue Vieille Du Temple 75004 Paris à 19h le 24 août 2022.

Vous pourrez visiter cette exposition exceptionnelle
Du 25 au 31 août 2022
De 14 à 19h. Visites guidées à 15h et à 17h tous les jours.

La Asociación 24 de agosto de 1944 le invita al homenaje en dos partes al

LOS EXILIADOS DE LA ESPERANZA MIÉRCOLES 24 DE AGOSTO DE 2022 A PARTIR DE LAS 18:00 HORAS 1 rue de Lobau 75004 Jardin de la Nueve (en el jardín)

Este año queremos dedicar este homenaje a nuestra amiga, fallecida este año sin previo aviso, hija de un combatiente español de las Nueve, José Cortes, herido en la calle de los Archivos el 25 de agosto de 1944 y que se casó con la enfermera que le salvó la vida. Su hija, la difunta Marie José, estuvo siempre presente en todos los actos e intervenciones relacionados con la memoria de su padre y sus compañeros.

Este 24 de agosto de 2022 En el contexto actual de retirada de identidades, hemos optado por recordar la actitud de los refugiados extranjeros en Francia :

Los que huyeron del nazismo y del fascismo no dudaron en comprometerse con la Libertad. Además de un gran número de españoles, había un mosaico de nacionalidades dentro de la Nueve, entre otras :
CARRASCO Joaquin – (Brasil)
CATIZONE Guiseppe – (Italia)
CORTESI Daniel – (Italia)
MENDELSON Félix – (Alemania)
PIRLIAN Krikor – (armenio de Turquía),
PORESKI Wilhelm – (Alemania)
REITER Johann – (Alemania)
Y con estos españoles, fueron los soldados de primera línea, los inconformistas de la primera hora, agentes de enlace, cruzadores de líneas y fronteras, portadores de armas, tratados o mensajes. Participaron en todas las batallas, en las peores condiciones ; soportaron los peores sufrimientos para no permitir que el fascismo les arrebatara su dignidad.

Luego iremos en procesión hasta el Halle des Blancs Manteaux, donde nos espera la exposición :

ROSTROS DEL EXILIO 1939-2019 Caminos del exilio, fotos inéditas 1939, Philippe Gaussot La sangre no es agua, fotos 2019, Pierre Gonnord

Compuesto por dos exposiciones fotográficas :
Chemins de l’exil, de Philippe Gaussot, que captó la retirada y los campamentos en las playas en febrero de 1939, pero antes también había fotografiado el rescate de los niños vascos y catalanes en 1937.

La Sangre no es agua, de Pierre Gonnord, que en 2019, a petición del gobierno socialista español, fue en busca de supervivientes exiliados o de sus hijos y encontró fácilmente su felicidad (y la nuestra para conocerlo) la dirección del 33 de la rue des Vignoles en el distrito 20 de París.

Presentar estas dos exposiciones fue una elección obvia.
Las multitudes anónimas captadas por Philippe Gaussot en 1939 se corresponden con los retratos y testimonios de Pierre Gonnord 80 años después.
Porque lo que dice Pierre Gonnord en 2019 es que cada hombre, mujer y niño de 1939 tiene una historia.

Halle des Blancs Manteaux, 48 rue Vieille Du Temple 75004 París, a las 19 horas del 24 de agosto de 2022. Puede visitar esta excepcional exposición Del 25 al 31 de agosto de 2022 De 14 a 19 horas. Visitas guiadas a las 15:00 y 17:00 horas todos los días.

Hommage aux exilés de l’espoir

D’une dictature à l’autre/ Ni fous ni morts!

Ce 16 juin, la salle du Centre Paris’ Anim de la Place des F^tes réunissait plus de 50 personne, une grande émotion et le récit d’Alberto, réalisateur et acteur des événements…… Laurence Jourdain, Réalisatrice de documentaires lira quelques extraits du livre, écoutés dans un silence attentif et respectueux.

Voici de quoi il fut question:
« NI FOUS NI MORTS

Récits de résistance dans une prison de la dictature militaire en Argentine.

C’était une époque de répression et de terreur causant des milliers de morts, de disparus et de prisonniers politiques parmi les opposants à la dictature militaire. En tant que prisonniers, nous avons traversé ces années noires dans des prisons légales, devenues, après le coup d’État de Videla, en mars 1976, de véritables camps punitifs, destinés à nous briser et à nous soumettre.

La prison forteresse de Coronda était l’une d’elles, là où j’ai passé la plupart de mes années de détention. Un lieu sinistre à 500 km de Buenos Aires, où les militaires ont concentré près d’un millier de prisonniers politiques originaires des provinces du nord-est du pays.

À Coronda, nous avons enduré un régime extrême. Nous étions à la merci des militaires assoiffés de vengeance. Leur consigne était claire et sans appel, le commandant de gendarmerie en charge de la prison nous la répétait sans cesse : « Si vous sortez d’ici, ce sera fous ou morts ». Tout était interdit : pas de lecture (livres, lettres, magazine, journaux), pas de visites, pas non plus le droit de parler entre nous, au moindre écart nous payions par des punitions et longs séjours dans les cachots.

Mais nous avons tenu bon. À la folie répressive de nos bourreaux, nous avons opposé une organisation et une résistance implacables. Avec une créativité difficilement imaginable aujourd’hui, nous avons créé des réseaux secrets de solidarité et d’entraide, des systèmes de communication performants. Ce lieu où le silence et l’isolement devaient être la règle, grouillait d’une activité souterraine intense, par les égouts, par les tac-tac-tac du morse…

Coronda a été notre lieu d’enfermement, mais aussi notre lieu de vie, de partage, et des liens solidaires qui perdurent jusqu’à nos jours. Nous avons connu la souffrance et la douleur. Nous avons perdu des compagnons irremplaçables. Mais notre activité incessante, notre ténacité et l’humour omniprésent, arme puissante contre nos bourreaux nous ont préservés. Dans des cellules étriquées où nous passions vingt-trois heures par jour, nous étions des hommes libres.

Après la chute de la dictature, nous avons été libérés. Coronda, cet enfer sur terre promis par nos geôliers, grâce à notre résistance nous avait préservés.

« NI fous ni morts », est la version française de l’ouvrage sortie originellement en Argentine en 2003 et réédité depuis trois fois dans ce pays.[[« Del otro lado de la mirilla », le titre du livre en Argentine. (De l’autre côté du judas)]] Lors de la première édition nous écrivions :

« Ce livre est une œuvre collective. Ses chapitres sont composés, pour la plupart, de témoignages d’auteurs différents. Des récits anonymes. Ils évoquent en lettres noires nos larmes incolores, le soleil de nos rires, le rouge de notre lutte quotidienne pour survivre.
Nos récits viennent du plus profond de nous-mêmes. Ils sont notre contribution au combat, plus que jamais impératif, pour la sauvegarde de la mémoire, en faveur de la justice et du châtiment des crimes. Un tel projet collectif est un fait unique en Amérique latine.  »

2e partie de la soirée:

Ramon commente le film « les dernières heures de Salvador Puig Antich et le livre qui vint de sortir: Salvador Puis Antich dont il est un des traducteurs.

Salvador Puig Antich : Les dernières heures

Le 16 juin 2022, l’association « 24 août 1944 » présentait au Centre Anim’ de la Place des Fêtes à Paris 19è un documentaire sur les dernières heures de la vie de Salvador Puig Antich.
L’occasion de revenir sur le parcours personnel et politique de cet anarchiste catalan, exécuté en 1974 sous la dictature de Franco. Exécution par « garrot vil », la dernière qui eut lieu en Espagne. Salvador luttait avec le MIL (Mouvement Ibérique de Libération) non seulement contre la dictature mais contre le capitalisme. Le débat qui a suivi la projection du documentaire a permis de revenir sur cette forme de combat (l’agitation armée) d’un groupe de jeunes militants qui rejetaient toute forme d’avant-gardisme, s’opposant aux partis traditionnels qui eux n’aspiraient qu’à l’instauration d’une démocratie bourgeoise s’inscrivant toujours dans le cadre de l’exploitation capitaliste. Nombreuses questions de l’assistance sur le fonctionnement du MIL, ses formes de lutte au service des travailleurs en grève sous une dictature qui justement ne reconnaissait pas le droit de grève. Les méthodes pour financer les caisses de résistance et se procurer des armes, grâce aux « expropriations » (braquages de banques) etc. Puis l’arrestation de Puig Antich, son procès expéditif par la Justice militaire, sa condamnation à mort confirmée par le Conseil des ministres, et entérinée par Franco.
Un débat qui prolongea ainsi le témoignage de ses sœurs dans le documentaire qui évoque les dernières heures de Salvador Puig Antich.
Une page d’histoire de cette période sombre de l’Espagne et de ceux qui ont lutté contre le fascisme, dont notre association continue inlassablement d’évoquer la mémoire.

Le 8 mai à Châteaudun, la Nueve à l’honneur

Nous tenons à remercier l’équipe municipale, et surtout le Comité de jumelage qui est à l’origine de cet événement grandiose.

Nous vous invitons à découvrir la vidéo de l’événement était lire lestextes d’intervention de Daniel Baudry ainsi que celui de notre association 24-Août-1944.

 

Pour nous, l’aventure a débuté le 29 avril, jour nous avons rejoint Châteaudun pour y installer nos expositions:

    • Les portraits de femmes républicaines espagnoles
    • Les portraits des hommes d cela Nueve
    • Les 15 panneaux pédagogiques des Républicains espagnols pour témoins. Ces expositions accompagnées des tableaux des élèves (de toute la carrière de Daniel Baudry, professeur d’espagnol) illustrant le poème de Federico Garcia Lorca: Luna Luna, ont eu un véritable succès auprès de la population de la ville et des alentours ainsi qu’auprès de la délégation de Marchena. L’ensemble des portraits sont oeuvre de notre compagnon, membre fondateur de l’association et artiste peintre Juan Chica Ventura

La semaine fut riche en manifestations :

  • le 3 mai, projection du film de Ken Loach, Land and Freedom, avec débat avec les lycéens de Châteaudun,
  • le 5 mai projection du film d’Alberto Marquardt, La Nueve ou les oubliés de la victoire, avec un débat en présence de Carmen Blanc, descendante des hommes de la Nueve et historienne. À chaque projection, la salle de cinéma affichait complet, et les questions ont fusé de la part des jeunes, qui pour un grand nombre découvraient cet épisode de la Seconde Guerre mondiale.

Puis ce fut le 8 mai avec son grand cortège, jusqu’au jardin dédié aux hommes de la Nueve. Il s’agit du troisième jardin en Europe: le premier à Paris, le second à Madrid et le troisième à Châteaudun. La plaque que vous pouvez découvrir sur les photos contient un texte très explicite et très respectueux du véritable engagement de ces Républicains. Pour cela nous remercions la municipalité et le Comité de jumelage! La Présence et l’émotion de Mar Y Luz sont un vrai cadeau pour cette cérémonie.

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Et pour les hispanisants, ce reportage de RTV Marchena

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Conférence Albert Camus & la République espagnole

Nous étions une petite centaine de participants, suspendus aux récits passionnants des conférenciers.

Cette conférence était doublée d’une visio-conférence sur Maria Casarès et ses années espagnoles, ciment de son engagement auprès des exilés politiques espagnols, notamment du mouvement libertaire en exil.

Il s’agissait de faire connaissance avec deux êtres célèbres en entrant dans leurs intimes convictions morales, leur éthique sociale. Apprendre d’eux ce que peu nous délivrent en général tant ils sont utilisés, détournés et interprétés.

Maria Lopo, spécialiste reconnue de Maria Casarès, avait enregistré à notre attention une conférence, au sein même de la maison Casarès de La Corogne. C’est elle qui a entamé la conférence.
Ainsi nous avons pu découvrir la demeure familiale, où Maria a grandi, a été éduquée, au mitant d’une immense bibliothèque, de la culture et de la résistance aux idées totalitaires.
L’engagement de son père a basculé l’existence de toute la famille dans le camp républicains, offerte à la répression et à l’exil. Mais les valeurs distillées tout au long d’années d’éducation et de rigueur morale ont fait aussi le voyage dans les bagages de Maria et dans ceux de ses proches.
Ce sont ces principes de justice et de solidarité qui ont rapproché de manière indissociable ces deux êtres solitaires : A. Camus et M. Casarès.

Puis Amado Marcellan nous a emmené sur les traces d’un Albert Camus imprégné de la dignité du peuple espagnol, résistant premier au fascisme mondial.

Albert Camus, enfant de la pauvreté, ne fut jamais loin de la lutte pour la liberté. Espagnol par le sang, il resta toujours au plus près des exploités et des révoltés de son époque, libertaire dans son pacifisme et proche des exilés espagnols.
Son œuvre est une ode à ce peuple qu’il admire pour son courage et sa dignité, il n’aura de cesse de lui apporter aide et soutien.

Il écrit à son propos, il participe à des meetings, interpelle les grands de ce monde pour qu’ils regardent en face leur trahison. Il rejette tous les régimes dictatoriaux, les terrorismes, qu’ils soient de droite ou de gauche. Il combat l’emprisonnement, la torture, la peine de mort, la violence d’où qu’elle vienne. (Réflexions sur la peine capitale, en collaboration avec Arthur Koestler, 1957)
Il est le seul intellectuel à s’insurger contre la reconnaissance du régime franquiste par les « démocraties occidentales » dans son très puissant article : « Démocrates, couchez-vous ! »
Il rend hommage aux Espagnols tombés au champ d’honneur de la liberté et de la dignité humaine.
Camus a écrit sur la révolte comme une pratique salvatrice de la réflexion des hommes.
Nous avons traversé avec cette conférence toutes ces épisodes de la vie d’Albert Camus, une vie durant laquelle il n’a dérogé en rien à ses principes et est resté debout, ancré dans ses convictions de liberté, coute que coute.
Et vous entendrez également Amado parler de cette incroyable découverte d’une lettre d’Albert Camus répondant à un étudiant en philosophie, lettre inédite qui vient d’être déposée dans les archives du CTDEE.

Nous vous invitons à revoir ou découvrir cette conférence.

Nous avons choisi de vous présenter les deux conférences en deux vidéos car chacune se suffit à elle-même pour passionner notre attention.
Et en 3ème partie vous pourrez suivre le débat.

Très bonne projection !

« Ni vieux, ni traitre » Victor Simal, dernier sourire

« Ni vieux, ni traitre »
Victor Simal

Né le 6 octobre 1944, de père et mère catalans.
Ses parents passent la frontière début février 39 avec leur fille de 36 mois. Ils sont immédiatement enfermés au camp de concentration d’Argelès sur mer où sa soeur décéde de faim, de froid et de maladie.
À la sortie du camp, ils rejoignent Paris et son père entre dans la résistance, comme beaucoup d’autres réfugiés espagnols.
À la fin de la Seconde Guerre mondiale, ils s’installent en Normandie comme photographes. Et Victor apprend le métier avec eux. Il exerce la photo à Paris.
En 1974, départ dans les Pyrénées Orientales où il entre rapidement en contact avec les libertaires de la région : Luttes contre le nucléaire, soutien aux insoumis, contacts et aides aux camarades libertaires encore sous la férule du dictateur Franco. En 78, en passant la frontière, il tombe dans une embuscade tendue par la Guardia-Civile espagnole : 3 jours de torture, 9 mois de prison à la Modelo de Barcelone, plusieurs mutineries et 3 grèves de la faim avant d’être libéré sous caution.
En 1983, il retourne à Paris et travaille 18 ans dans la chaine M6 en qualité de journaliste caméraman. Il lui vient alors la mauvaise idée d’accepter un reportage en Espagne, la police l’intercepte et c’est reparti pour 3 mois de prison au bout desquels il est acquitté.

Depuis longtemps sa devise préférée est « Ni dieu ni maitre », à laquelle il accola :
« Ni vieux, ni traitre »

Victor,
Aujourd’hui tu raccroches les gants, mais seulement après avoir réalisé ton œuvre ultime qui te tenais tant à cœur. Dénoncer encore une fois le franquisme et ses terribles survivances.
Nous sommes fiers d’avoir participer à cette aventure qui t’a permis de rappeler une page d’histoire enfouie dans l’oubli collectif et surtout qui t’a rendu si heureux. Nous savourons encore aujourd’hui le souvenir rieur de ta présence pour la présentation de ton film en décembre 2021. :
Et comme oraison funèbre nous voulons rappeler aux parsonnes qui liront de quoi traite ton ultime travail :

La Modelo, prison de Barcelone
Amis dessous la cendre, Victor Simal, 2021

Après la mort de Franco, le régime espagnol va maintenir un appareil policier et militaire semblable à celui du régime franquiste. Au cours de la « transition démocratique », le gouvernement espagnol va ouvrir des discussions avec les partis politiques et les syndicats qui vont aboutir aux pactes de La Moncloa signés en 1977. Seule la Confédération National du Travail (CNT, syndicat anarcho-syndicaliste) va refuser d’ajouter sa signature, ce qui va entraîner une violente répression à l’encontre du mouvement libertaire. En février 1978, 12 libertaires sont arrêtés lors d’une rafle sur le territoire espagnol. C’est au cours d’activités militantes que, notamment, Bernard Pensiot et Victor Simal, libertaires français, seront appréhendés. Le premier à Barcelone le 3 février 1978 ; le second à la frontière espagnole avec 3 autres compagnons le 4 février 1978. Avant d’être incarcérés à La Modelo, ils seront durement torturés pendant 72 heures lors des «interrogatoires» de la Guardia civil.

Victor Simal, écrivain, poète et réalisateur a vécu de l’intérieur et dans sa chair ces années d’emprisonnement. Il fallait au pouvoir espagnol de quoi alimenter la peur afin de contrer la popularité dont semblait à nouveau bénéficier la CNT et le mouvement anarchiste, sortis de la clandestinité.

Merci Victor d’avoir vécu et d’avoir tant partagé avec les autres !
Nous ne t’oublierons pas.

« La Nueve ou les oubliés de la Victoire » d’Alberto Marquardt

Plusieurs centaines des Républicains Espagnols exilés en février 1939 à la chute de la république, se sont intégrés à la 2edivision blindée (2e DB) du général Leclerc. Au sein de cette division, la 9e compagnie, nous trouvons la Nueve, dont le capitaine, Raymond Dronne, est un français parlant l’espagnol.

Sur 160 hommes, 130 sont des républicains espagnols. La langue de la compagnie est le castillan et une forte composante des hommes est anarchiste et antimilitariste…

Le 24 août 1944, la Colonne Dronne entre dans Paris. Ils sont 170 hommes dont une grande majorité sont des Espagnols de la Nueve. En tête de la colonne, derrière la jeep Mort aux cons du capitaine Dronne, se trouve le half-track Guadalajara. Cette colonne parvient à l’Hôtel de Ville, vers 21h20.
Le capitaine Dronne suivi du son second, le lieutenant Amado Granell sont les premiers soldats de la 2e DB à rencontrer les représentants de la Résistance. Le 25 août, Les Espagnols de Leclerc et ceux de la Résistance parisienne combattent ensemble. Et le 26 août les hommes de la Nueve seront choisi pour servir d’escorte rapprochée au général de Gaulle et aux représentants du Conseil National de la Résistance.

La projection sera suivie d’un débat en présence de membres de l’association 24 août1944. Le jeudi 19 mai 2022 à 19h Paris’Anim ; Centre Place des Fêtes 2/4 rue des Lilas 75019 Paris Entrée gratuite (dans le respect des consignes sanitaires)

Nota Béné : une matinée de 14 h 30 à 17h est organisée à l’attention des élèves des établissements scolaires de l’arrondissement et autres avec une projection du même documentaire en version de52’ et en présence du réalisateur. Inscrivez vos classes rapidement ! 0651728618 ou 0686841684 ou info@24-aout-1944.org

ÉGALEMENT La Nueve ou les oubliés de la victoire, le mardi 24 mai au lycée Gabriel faussé (81 Av de Choisy 75013) de 18 à 20h/. Les hommes de la Nueve s’invitent à une soirée Clio en présence d’Alberto Marquardt

voir dépliant

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Mémoire démocratique audiovisuelle à l’Institut Cervantes de Paris

Memoria democrática audiovisual, Extraterritorialidad & Resistencia

L’Institut Universitaire du Cinema Espagnol de l’Uni- versité Carlos III de Madrid (IUCE-UC3M) propose la tenue d’un séminaire de deux jours : « Memoire democratique audiovisuelle. Extraterritorialité et résistance ». L’objectif est d’inviter à une réflexion sur les signes de répression politique et de genre dans la dictature franquiste, ainsi que sur le déracinement de l’exil espagnol, du point de vue cinématographique et audiovisuel.

Programme et horaires joints
Profitez de votre passage à l’institut pour visiter l’’exposition en hommage à l’écrivain anti franquiste :
AGUSTIN GOMEZ ARCOS : ENTRE MEMORIA Y OLVIDO

Châteaudun honore les républicains espagnols de la Nueve

Notre association 24-Août-1944 au comité de jumelage de Châteaudun vous invite à partager ses événements: Du 3 au 11 mai 2022

 

Châteaudun vous attend nombreux cette semaine pour comprendre ensemble la révolution sociale espagnole du 19 juillet 1936.

  • Dans le dédale d’une salle d’exposition vous pourrez découvrir une exposition pédagogique sur le cours de l’histoire oubliée,
  • Un parcours initiatique autour de la poésie de Federico Garcia Lorca, le poète assassiné dont la voix résonne toujours et à jamais dans le coeur du monde!
  • Les femmes espagnoles vous attendent pour vous conter par le menu leur drôlede vies, leurs luttes, leurs victoires……
  • Et vous pourrez également décrypter le regard grave de ces hommes, l’épopée d’une lutte pour un idéal de liberté etre solidarité. Lutte commencée le 19 juillet 1936 et qui dura jusqu’au 8 mai 1945 et bien au-delà pour leur terre.

Deux projections ponctuent cette semaine:
Terre et Liberté de Ken Loach qui vous en apprendra sur le camp républicains, ses espoirs, ses convictions et les trahisons dont il fut victime. Le mardi 3 mai

L’exode d’un peuple suivi de La Nueve ou les oubliés de la Victoire pour comprendre comment et pourquoi la lutte a perduré sur le chemin d’un idéal à conquérir.

Et pour terminer en beauté, lors de l’hommage à ceux qui sont tombés lors de la Seconde Guerre mondiale, un jardin dédié aux hommes d cela Nueve sera inauguré par le maire de Châteaudun et la maire de Marchena, le 8 mai 2022.

Tous les renseignements de lieux, de date et d’horaire sont sur le programme joint.

Albert Camus et l’Espagne

L’association 24 août 1944 vous invite à l’occasion de l’anniversaire de la 2e république espagnole à
une conférence-débat :
Albert Camus et l’Espagne

En avril 1951, salle Saulnier à Paris, Albert Camus commémore l’anniversaire de la République espagnole. Il rend hommage aux Espagnols tombés au champ d’honneur de la dignité ; à ceux qui se sont battus pour leur idéal de liberté de 1936 à 1945.

« Qui osera me dire que je suis libre quand les plus fiers de mes amis sont encore dans les prisons d’Espagne ? »

Arrivé en France métropolitaine en mars 1940, au déclenchement de la guerre, Il rejoint très vite le comité fondateur du journal clandestin Combat pour résister au nazisme, à la libération il en devient le rédacteur en chef, jusqu’en 1947.

Prix Nobel de littérature en 1957, il prononce un discours d’investiture qui ne laisse aucune ambiguïté sur les choix de son engagement auprès des plus opprimés.
Il rejette tous les régimes dictatoriaux, les terrorismes, qu’ils soient de droite ou de gauche. Il combat l’emprisonnement, la torture, la peine de mort, la persécution, d’où qu’elle vienne. Pour lui la Liberté est indivisible et non négociable.

Maria Casares. fille de Santiago Casares Quiroga, président du conseil des ministres de la république du « Frente Popular » du 13 mai au 19 juillet 1936, il s’exile avec sa famille après le coup d’état militaire. Maria embrasse une brillante carrière théâtrale et cinématographique sans jamais oublier ses origines tant géographiques que politiques. Bientôt, aux côtés d’Albert Ca-mus, elle ravive d’une force intellectuelle et artistique l’Espagne en exil qui lutte toujours contre le franquisme. Mais d’où vient-elle ? Quelles sont les raisons de ses engagements. Au travers de la présentation de Maria Lopo nous entrerons dans la première partie de sa vie méconnue en France, mais qui explique bien de choses.

Une conférence-débat animée par l’association 24 août 1944, avec :
María Lopo (depuis A Coruña ) : María Casares ,une actrice engagée, dévouée à la cause de son peuple
Aimé Marcellan : Albert Camus et l’Espagne.

À l’auditorium de l’Hôtel de ville
5 rue de Lobau
75004Paris
De 18h00 à 20h30 (arrivée à 17h30) entrée gratuite dans la limite des places disponible.
Inscription préalable nécessaire au :
06 51 72 86 18 ou 06 86 84 16 84
Ou : info@24-aout-1944.org

Débat autour de Los labios apretados

Pour la première fois, un film d’un descendant direct de ces mineurs nous parle de la Révolution d’octobre 1934 dans les Asturies.

C’est en étant invité à Buenos-Aires (Argentine) afin de régler la succession de son grand oncle qu’il ne connaissait pas, que Monty, ravi de ce voyage imprévu se retrouve face à l’Histoire de son pays, de sa contrée et de sa famille.
Tout à la fois, le passé l’invite au bal des découvertes et lui annonce qu’il amorce un tournant de sa vie, car désormais ce passé familial va l’habiter.
Monty entame sa quête et va réhabiliter les mineurs révolutionnaires des Asturies aux yeux des générations nouvelles d’Espagnols mais aussi pour porter leur engagement dans le monde entier…

il existe peu d’ouvrages qui traitent de cette révolution sociale nous en connaissons deux incontournables:
La revue du CTDEE (Centre Toulousain de Documentation sur l’Exil Espagnol) qui a fait son dossier principal de cet épisode de l’histoire sociale espagnole dans son numéro 2.

et le livre enfin traduc d’Ignacio Díaz: Asturies 1934: Une révolution sans chef aux éditions Smolny

Nous vous invitons à regarder la vidéo du débat et aussi à vous procurer l’un et l’autre de ces ouvrages.

Exilés, résistants de la retirada à aujourd’hui ; inauguration à Liège

Vendredi 4 mars a eu lieu l’inauguration de la grande exposition : Exilés ; résistants de la retirada à aujourd’hui.

Quelques liens de médias quint marqué l’événement :
Radio
48FM : le 8/03 – émission Studiobus
https://fb.watch/bEtJepxs40/ (4’37)
https://www.facebook.com/territoires.memoire/videos/486458896461944 )

Après une semaine de montage et d’ajustement, les deux expositions s’offraient généreusement au public ce vendredi. Elles ont un certain cachet dans ce lieu magique et lumineux qu’est La Cité Miroir [1].Tout d’abord, nous voulons remercier, ici, toute l’équipe (Julie, Philippe, Cédric et tous les techniciens … et bien sûr le conseil d’administration) pour nous avoir si chaleureusement accueillis et si efficacement aidés pour toute l’organisation et la mise en place de ce projet. Ce vendredi à 20h, tout était prêt, testé, et nous pouvions offrir au public ces photos de l’exil et celles du devenir des exilés à travers le fabuleux travail de Philippe Gaussot et de Pierre Gonnord, photographes talentueux qui sans jamais se rencontrer ont oeuvré pour la mémoire d’un peuple épris de liberté. Le monde se pressait pour admirer ce travail et suivre pas à pas, l’exode de ces gens et leur devenir. Ce fut un moment d’intense émotion et de fraternité partagée.

Mais que nous comptent ces photos :

CHEMINS DE L’EXIL Les photos de Philippe Gaussot.

L’avènement de la République (1931) et la révolution libertaire (1936) qui l’accompagne conduit la réaction espagnole (militaires, grands propriétaires terriens, haute bourgeoisie et clergé) à organiser un coup d’État en vue d’éliminer physiquement, par une terreur systématique, les tenants de la République et de la révolution sociale.
Aussi en janvier 1939, quand la Catalogne est menacée à son tour, les réfugiés des autres régions installés à Barcelone ainsi que les Catalans les plus exposés aux représailles prennent le chemin de l’exil, le chemin de la France, terre « d’accueil ».

Philippe Gaussot, l’humanitaire, dirait-on aujourd’hui, s’est engagé au Comité National Catholique pour secourir d’abord les enfants menacés par la guerre puis les réfugiés dans leur totalité. Il fréquente aussi les socialistes. Il est avec les enfants basques en 1937 pour les aider. Il est en Février 1939 dans les Pyrénées et tout de suite après dans les camps.
Les photos de Philippe Gaussot nous donnent à voir en même temps qu’une grande proximité avec les réfugiés, l’impréparation des autorités françaises et la dureté de la promiscuité de cette foule sans abri, sans sanitaire sans rien que les couvertures qu’ils ont apportées.
Mais nous pouvons aussi apprécier la dignité de ces réfugiés qui avancent la tête haute, et leur complicité avec le photographe…

LE SANG N’EST PAS EAU Les photos de Pierre Gonnord

L’Espagne restera sous la terreur franquiste pendant 36 ans avec l’assentiment de la communauté internationale. Le peuple espagnol endurera la dictature 36 ans. Pour les réfugiés, ce sera 36 années d’Exil. Les jeunes qui passèrent la frontière à 20 ans ne purent la franchirent dans l’autre sens qu’à l’approche de leurs 60 ans. Mais ce fut un peuple, toutes générations confondues qui passa cette frontière. Beaucoup d’entre eux s’engagèrent dans la résistance en France, dans les Forces Françaises Libres poursuivant le combat antifasciste commencé pour eux le 19 juillet 1936. Après 1945, les personnes les plus âgées moururent sans revoir leur pays ni leurs familles. Ceux qui avaient 20 ans fondèrent des familles mais aussi reconstituèrent leurs organisations pour poursuivre le combat et la solidarité avec leurs camarades d’Espagne, « de l’intérieur » disaient-ils. De la multitude photographiée par Philippe Gaussot, Pierre Gonnord s’intéresse à chacun et chacune qui était encore en vie en 2019 donnant une chair consistante à l’anonymat de la foule. Il interroge aussi leurs enfants, aujourd’hui déjà bien âgés, qui charrient et transmettent l’histoire de leurs parents et de la génération qui les a accompagnés, tel un halo qui éclaire leur propre chemin.

Les portraits de Pierre Gonnord veillent avec affection sur ces exilés qui tentent d’échapper aux griffes du franquisme et reconstruire leur vie sur une autre terre. Chacun des regards qui courent autour du grand bassin semble leur dire : « Vous avez réussi. Vous n’avez pas été vaincus, l’histoire vous honore et rappelle votre engagement ! »

Cette exposition dure jusqu’au 22 mai 2022 et nous organisons deux séries d’animation autour de ces photos. Vous y êtes les bienvenus. (voir programme)

Notes
[1] ancienne piscine art-déco, transformée en lieu d’exposition et de résistance antifasciste

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Débat sur l’exode d’un peuple


Débat à propos de « L’Exode d’un peuple de Louis Lech, 37’
Début 1939 a lieu l’exode de près de 500 000 républicains espagnols, militaires et civils confondus, fuyant les troupes franquistes vers la France.

Louis Llech, commerçant perpignanais et cinéaste amateur éclairé, possède une caméra 16 mm. Il va filmer, avec son ami Isambert, cette extraordinaire migration. Fasciné par l’aspect militaire de cette Retirada, il privilégie les plans de défilé, de foule, comme ceux montrant l’équipement militaire. Il n’oublie cependant pas la détresse civile, sans insister sur ses aspects pittoresques, préférant jouer sur l’image du flot ininterrompu des réfugiés.
Le débat a porté surtout sur la dignité des exilés et sur la nécessitée porter cette mémoire au coeur de l’Espagne ……

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