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Étiquette : Contre révolution

05 / 1937 Guerre défensive et armée régulière

Affiche CNT AIT Paysans brisez vos chaines!

3 janvier 1937 : Madrid subit la première offensive nationaliste, par l’ouest, et du sud au nord. L’offensive est contenue, grâce aux Brigades internationales (les bataillons Edgar André, Commune de Paris et Thaelmann) et les brigades mixtes sous le commandement des officiers communistes, l’Espagnol Juan Modesto et l’Italien Nino Nanetti, ainsi que d’officiers anarchistes, tel le maçon Cipriano Mera, ou encore d’officiers de carrière, tous sous le commandement en chef du général Miaja. Les opérations militaires se déplacent vers l’est, ce qui permet de desserrer l’étau de la capitale.

4 janvier 1937 : Pays basque, Bilbao : bombardements de la légion Condor, de nombreuses victimes. Deux avions allemands sont abattus, un pilote est lynché par la foule en colère, l’autre est sauvé par un pilote russe, mais la foule court à la prison et tue 208 nationalistes prisonniers.
Santander : même scénario. 200 morts.

6 janvier 1937 : Washington : le sénat et la chambre des représentants votent une résolution fixant l’embargo sur la vente du matériel de guerre pour l’Espagne. Il s’agit de la 3ème loi de neutralité (1ère en 1935, 2ème en 1936) . Le même jour arrivée d’une centaine de volontaires des États-unis (bataillon “ Lincoln ”) à Villanueva de la Jara, près d’Albacete.

10 au 15 janvier 1937 : Madrid contre offensive républicaine avec les renforts des 12ème et 14ème brigades internationales, la brigade mixte du général Lister, la 1ère compagnie britannique et les chars russes du général Pavlov. 15 000 morts dans chaque camp.

13 janvier 1937 : Grâce à la ministre de la santé Federica Montseny soutenue par le docteur Félix Marti Ibañez le décret républicain instituant la légalisation de l’avortement est voté.

17 janvier 1937 : Andalousie : L’armée du Sud de Queipo de Llano, à laquelle s’ajoutent 10 000 « Chemises noires » italiennes commandées par le général Roatta-Mancini et des avions italiens, attaque la ville de Málaga en Andalousie, défendue par 12 000 républicains, ne possédant que 8 000 fusils, commandés par le colonel Villalba.

4 février 1937 : García Oliver, ministre de la Justice, accorde aux femmes la capacité juridique et le droit d’être juré. Il légalise les unions libres des miliciens au front, ce qui permet aux enfants issus de ces unions de percevoir l’aide du gouvernement aux orphelins.

6 février 1937 : Madrid au Sud-Est de la ville. Offensive nationaliste sur la rivière Jarama. Objectif : couper la route de Valence (où se trouve le gouvernement républicain). [[Français et Italiens se battent avec énergie, appuyant les brigades mixtes commandées par les généraux communistes Lister et Modesto, l’armée du centre commandée par le général Pozas et la 70ème brigade mixte, anarchiste commandée par Cipriano Mera. Trois futurs maréchaux soviétiques participent à la bataille du Jarama : Malinovski, Rodimstev et Kulik-Kupper ainsi que le général Pavlov.]]

8 février 1937 : Málaga, entrée des troupes nationalistes dans la ville : 4 000 personnes sont assassinées sur la plage, sur les routes et dans les prisons.
Les communistes partent en campagne contre le premier ministre Largo Caballero. [[Pas assez docile à leurs yeux, il refuse de fusionner le parti socialiste avec le parti communiste espagnol. Il refuse de destituer le général Asensio, rendu responsable de la perte de Malaga. Celui-ci se démet lui-même parce que l’ambassadeur Rosenberg menace de retirer l’aide de l’URSS. Le parti communiste cherche à infiltrer le ministère de la guerre, tenu par Largo Caballero lui-même.]]

14 et 15 février 1937 : Congrès de la fédération des collectivités d’Aragon, à Caspe (Saragosse), 275 villages sont représentés.

17 février 1937 : Madrid, contre-offensive républicaine (bataille du Jarama). Beaucoup de pertes. Les forces républicaines du centre sont réorganisées sous le commandement du général Miaja et du lieutenant-colonel Rojo. Cette décision permet de réorganiser efficacement le front du Jarama.

Développement du Parti communiste espagnol, relais de l’Union soviétique .

21 février 1937 : Les milices anarchistes ont du mal à être approvisionnées en armes et en munitions. La FAI menace de retirer ses ministres si le gouvernement n’envoie pas d’armes au front d’Aragon tenu par les anarchistes. Finalement elle saisit une cargaison d’armes sur le port de Barcelone. Largo Caballero accepte le marché de García Oliver d’échanger des avions de combat pour le front aragonais contre les armes saisies. La tension monte entre les anarchistes et le POUM d’une part, et les communistes d’autre part, (les armes étaient destinées à ces derniers qui contrôlent les arrivages en provenance de Moscou).
La France propose, aux autres pays européens, un accord pour l’arrêt d’envois de volontaires en Espagne.

26 février 1937 : Un meeting CNT-POUM est interdit

28 Février 1937 : Bataille du Jarama : Nationalistes et républicains sont face à face. Les pertes ont été considérables mais la route Madrid-Valence n’est pas coupée.

5-8 Mars 1937: Valence, au cours du congrès du PCE, auquel participent une délégation soviétique et Orlov de la Guépéou (police politique soviétique), des membres du Komintern (Togliatti, Stepanov, Codovila, Gerö), André Marty et Orlov (NKVD), il y a de violentes diatribes contre le POUM. Togliatti membre du Komintern demande l’éviction de Largo Caballero et propose Juan Négrin, jugé “ plus docile ”.

Dernière grande victoire républicaine.

8 mars 1937 : offensive nationaliste du Guadalajara : 35 000 chemises noires et troupes régulières, 15 000 marocains et carlistes, 212 canons, 70 chars, 85 avions, 2 000 camions ; objectif : encercler Madrid. L’armée républicaine affronte le corps expéditionnaire italien « Corpo Truppe Volontari », qui a l’appui d’autres unités nationalistes.

10 mars 1937 : Guadalajara, offensive des Italiens de Mussolini contre les brigadistes italiens.

12 mars 1937 : Guadalajara, Contre offensive républicaine, bataille entre chars soviétiques et italiens.

18 mars 1937 : Guadalajara, victoire républicaine. Les artisans de la victoire sont les brigades internationales avec la 14ème division commandée par Cipriano Mera qui contourne l’ennemi par les hauteurs et réussit ainsi à le déloger. [[À l’aube, Mera traverse avec la 14ème division le pont flottant sur la rivière Tajuña. Les nationalistes se retirent dans la panique. Les derniers soldats italiens sont vaincus par la XIe brigade internationale. Une contre-attaque sur les positions républicaines échoue.]]

21 mars 1937 : Le gouvernement central décide “ la militarisation des milices ouvrières et paysannes ”. Avec amertume la colonne “ Durruti ”, sur le front d’Aragon, vote ce jour la militarisation par peur de se voir dissoute. Elle devient la 26ème division. Dissolution de la Colonne de fer et intégration dans l’armée républicaine sous le nom de 83ème brigade mixte.

23 mars 1937 : Sur le front de Guadalajara, les forces républicaines reprennent Gajanejos et Villaviciosa de Tajuña, mais leur offensive s’arrête car Franco a envoyé des renforts. La bataille de Guadalajara est la dernière des grandes victoires républicaines.

26 mars 1937 : Barcelone, Josep Tarradellas interdit aux policiers toute affiliation politique et le port d’armes par les civils: démission des anarchistes des patrouilles de sécurité.

31 mars 1937 : Le général Mola lance une grande offensive dans le Nord, contre la Biscaye (Bilbao). Blocus des côtes basques. Il déclare : « J’ai décidé de terminer la guerre dans le nord […] si la soumission n’est pas immédiate, je raserai toute la Biscaye.».
[[Le jour même, il met son projet à exécution en faisant intervenir l’aviation sur la petite ville de Durango, nœud de communication entre Bilbao et le front basque, qui va bombarder et mitrailler des heures durant la population civile, en prélude à ce qui va se passer quelques jours plus tard (26 avril) à Guernica.]]

15 avril 1937 : Afin de ravitailler la République en armes et en munitions, création de la société anonyme France-Navigation, présidée par Joseph Fritsch, communiste de Paris. Le matériel transporté était estampillé « matériel agricole » et navigue sous pavillon étranger. Les deux responsables les plus importants de France-Navigation sont Giulio Ceretti et Georges Gosnat.

16-25 avril 1937 : Salamanque : Crise dans le camp nationaliste, au sein de la phalange, le manipulateur en est Franco, dont le but est d’unir les mouvements monarchistes-carlistes et phalangistes. Ainsi il devient le chef suprême.

18 avril 1937 : Le conseil national de la Phalange décide d’élire, provisoirement, Manuel Hedilla comme chef national en remplacement de José Antonio Primo de Rivera.

19 avril 1937 : Franco crée le parti unique unificateur, le Mouvement National qui fusionne, la Falange Española Tradicionalista et la Juntas de Ofensiva Nacional Sindicalista (FET-JONS), et dans lequel sont regroupées toutes les forces nationalistes. Il devient le chef suprême de ce groupement.

20 avril 1937 : Mise en place du contrôle de non-intervention.

25 avril 1937 : La CNT accuse Cazorla, conseiller à l’ordre public de la junte de défense de Madrid de couvrir des arrestations et des tortures de militants dissidents et anarchistes. Après enquête Largo Caballero dissout la junte de défense.

Guernica

26 avril 1937 : Bombardement et destruction, par la légion Condor, de la ville basque de Guernica, qui sera rasée à 90 %, alors qu’elle ne représente aucun enjeu militaire.

Mai 1937, les événements de mai marquent un tournant contre-révolutionnaire.

Le PCE récolte les fruits de sa politique tournée vers la séduction des classes moyennes et petits propriétaires, grâce à son rapport avec l’URSS qui livre les armes. Ils livrent une chasse sans relâche aux militants anarchistes et à ceux du POUM. Dans le même temps se sont leurs troupes qui possèdent les meilleures conditions de vie (vêtements, nourriture) et d’armement au front.
[[Effectifs des partis et syndicats :
Parti communiste (PCE) : 300 000,
Parti ouvrier d’unification marxiste (POUM) : 50 000,
Parti socialiste (PSOE) : 160 000,
Fédération anarchiste ibérique (FAI) : 160 000,
Jeunesses libertaires (JL) : 100 000,
Confédération nationale du travail (CNT) : 2 180 000,
Union générale des travailleurs (UGT) : 1 600 000]]

3 mai 1937 : Barcelone, Rodriguez Salas, chef communiste de la police catalane investit le premier étage du central téléphonique (attribué aux anarchistes par le gouvernement autonome). Motif : Les anarchistes sont soupçonnés d’espionnage…
Réaction immédiate ; la lutte s’engage entre la police aux mains des communistes et les anarchistes. La foule rassemblée devant le bâtiment proteste, des barricades s’élèvent dans les rues. Bientôt, Les anarchistes et le POUM contrôlent l’ouest, les communistes, l’est ; la ville est en état de siège. Les responsables anarchistes tentent de parlementer avec le gouvernement de Companys ; devant le blocage, les combats redoublent.

4 mai 1937 : Alors que la 26ème division anarchiste (ex-colonne Durruti) marche sur Barcelone, intervient le premier appel au cesser le feu des ministres anarchistes du gouvernement central.

5 au 6 mai 1937 : La police du Parti communiste catalan (PSUC) arrête deux intellectuels anarchistes italiens : Camillo Berneri et Francisco Barbieri, ils sont assassinés dans la nuit du 5 au 6 mai 1937. Assassinat également du secrétaire général de l’UGT, le communiste catalan Anton Sesé, et de l’anarchiste Domingo Ascaso.

6 mai 1937 : À Barcelone, dans la soirée, deux destroyers et un cuirassé républicains arrivent de Valence, 4 000 gardes d’assaut avancent par la route, commandés par un colonel sympathisant anarchiste, Emilio Torres, pour tenter de mettre fin à la tuerie.

7 mai 1937 : La CNT lance un nouveau cessez le feu.

8 mai 1937 : Les combats cessent : 1 000 tués, des milliers de blessés.

Première approche et échec de tentatives de pourparlers du gouvernement républicain envers Franco.

 

12 mai 1937 : Azaña propose au gouvernement anglais qu’il œuvre pour le retrait de tous les volontaires étrangers des deux côtés, puis pour une armistice à la suite de laquelle des élections seraient organisées. Franco répond à cette proposition que l’armistice suivie d’élections amènerait un gouvernement de gauche. Il préférait mourir avec tous les nationalistes d’Espagne plutôt que de mettre l’Espagne dans les mains d’un gouvernement rouge ou démocratique… Tout espoir de paix est enterré.

13 mai 1937 : La gauche catalane et le PCE mènent une campagne pour municipaliser les transports urbains collectivisés. Désarmement des partis et groupes autres que les corps officiels et militaires. Le PCE participe au ramassage des armes.
À Valence, les ministres communistes exigent des sanctions exemplaires contre les fauteurs de troubles de Barcelone : la CNT, la FAI et le POUM. Largo Caballero refuse, les communistes et les socialistes quittent le conseil.

15 mai 1937 : Largo Caballero, refusant de déclarer le POUM hors la loi et de donner le ministère de la guerre aux communistes, démissionne après avoir tenté de former un nouveau cabinet.

17 mai 1937 : Juan Negrín, socialiste proche du PCE le remplace. Nouveau cabinet ministériel sans anarchistes.

25 mai 1937 : la FAI est évincée des tribunaux militaires.

28 mai 1937 : L’étau se resserre autour du POUM: les conseillers soviétiques et le PCE utilisent la soi disant découverte de documents portant le cachet du ministre Andrès NIN quand il était au gouvernement de Catalogne, censés démontrer la collusion du POUM avec l’ennemi. Interdiction de son organe de presse “ La Batalla ”.
L’armée républicaine lance deux offensives pour détourner les forces nationalistes groupées autour de Bilbao. Une d’entre elles se situe sur le front d’Aragon, près de Huesca, sous le commandement du général Pozas ; c’est un échec cuisant qui fait près de 1 000 tués, anarchistes pour la plupart (envoyés en avant et mal armés). George Orwell, écrivain anglais, est blessé à Huesca.

30 mai 1937 : Bombardement du Deutschland, bâtiment de la flotte allemande, basé à Ibiza, par l’aviation républicaine ; la réponse sera le bombardement intensif du port d’Almería, le lendemain. Ces incidents auraient dû provoquer un conflit général en Europe, mais le souci des autres puissances était la détente.

31 mai 1937 : Une seconde attaque est menée sur le front de Ségovie, une réussite d’abord puis un recul des forces républicaines.

Juin, la révolution sociale est sacrifiée, abandon des réalisations populaires.

La chasse aux révolutionnaires par les communistes espagnols et les policiers de la Guépéou bat son plein. Ils pratiquent la torture et tuent. Negrín, président du Conseil, qui nie ces faits en 1939, les reconnaît en 1949.
Malgré tout, les anarchistes continuent à coopérer avec le gouvernement central mais ne participent plus aux décisions.
Indalecio Prieto, socialiste modéré du PSOE et nouveau ministre de la défense propose de bombarder intensivement la flotte allemande pour provoquer ainsi soit un conflit international, soit le retrait des forces allemandes auprès de Franco. Le PCE, sur les injonctions de Staline qui ne veut pas de heurts avec l’Allemagne ni l’Italie, le persuade d’abandonner son projet.

3 juin 1937 : Burgos : l’avion du général Mola s’écrase sur la colline d’Alcocerro. Franco est débarrassé ainsi d’un puissant rival.

12 juin 1937 : Les nationalistes sont à 10km de Bilbao.

14 juin 1937 : Orlov, chef de la police politique soviétique en Espagne, annonce à Antonio Ortega l’arrestation de tous les leaders du POUM pour le 16. Il ne faut pas prévenir le gouvernement précise-t-il.

16 juin 1937 : Arrestation de 40 membres du comité central du POUM, pour “ trahison ”. Dissolutions des bataillons du POUM. Andrès NIN est emmené vers une destination inconnue (on saura plus tard qu’il s’agissait d’une prison clandestine des services soviétiques en Espagne)…

17 juin 1937 : Bilbao, 20 000 obus nationalistes sont déversés sur la ville.

18 juin 1937 : Évacuation nocturne de la ville.

19 juin 1937 : Les premiers chars nationalistes pénètrent dans la ville. La langue basque est officiellement interdite par le gouvernement de Burgos. Déportation du clergé basque. Une campagne de deux mois et demi, inégale quant aux forces et armements en présence, qui vont du simple au triple. Beaucoup de perte du côté républicain.
Franco rentre par cette victoire en possession d’une grande capacité industrielle lourde qui ne peut par ailleurs que satisfaire l’Allemagne nazie, particulièrement intéressée pour s’assurer le contrôle des minerais espagnols dont elle a un besoin urgent pour développer son industrie d’armement.
Protestations dans tout le pays à propos de l’arrestation d’Andrès Nin qui disparaît pour toujours. Il est emprisonné à Alcalà de Henares (25 km de Madrid).

20 juin 1937 : Assassinat, maquillé en évasion, d’Andrès Nin, secrétaire général du POUM, par le NKVD.

Juin à octobre 1937 : 120 000 personnes (enfants basques surtout) fuient l’Espagne.

Juillet 1937 : Le nombre d’illettrés recule, les écoles ouvrent auprès des miliciens sur les fronts.

1 juillet 1937 : Dans une « lettre collective », la hiérarchie catholique prend officiellement fait et cause pour les nationalistes.

6 juillet 1937 : À Brunete, 30km ouest de Madrid, offensive républicaine pour desserrer l’étau de Santander. Beaucoup de forces républicaines sont concentrées sur le village : 43 000 hommes, 200 pièces d’artillerie, 142 chars, 200 avions, elles percent les lignes nationalistes. Le lendemain, la légion Condor est appelée en renfort avec 31 bataillons nationalistes supplémentaires, une terrible et sanglante bataille s’engage.

25 juillet 1937 : Brunete, les nationalistes, grâce à l’appui de leur aviation, ont repris la majeure partie du terrain, mais Santander est provisoirement hors de portée (5 semaines).
[[Beaucoup de pertes chez les nationalistes : 16 000 hommes ainsi que 23 avions. Du côté républicain, 28 000 hommes (notamment parmi les brigadistes), 50 chars et 104 avions perdus. À partir de cette bataille, l’aviation franquiste est maîtresse de l’espace aérien espagnol. Et Franco regarde désormais vers la Cantabrie et les Asturies.]]

4 août 1937 : Indalecio Prieto Tuero, ministre de la défense, donne l’autorisation d’une offensive contre le conseil d’Aragon (libertaire) pour confisquer vivres et camions.

6 août 1937 : En méditerranée, les sous-marins italiens (83 unités) coulent les navires marchands ou militaires soviétiques, français, anglais, danois…

9 août 1937 : Création du SIM, Service d’Information Militaire, à l’initiative du ministre de la Défense, le socialiste Indalecio Prieto. Peu à peu, ce service absorbe et centralise tous les autres organismes d’espionnage comme le Département spécial d’information de l’État (DEDIDE) pour la surveillance de l’arrière et le Service d’information spécial périphérique (SIEP), chargé du renseignement en territoire ennemi et à l’étranger.

12 août 1937 : En Aragon, la Fédération des collectivités (anarchiste), fondée en janvier l937, et dont le siège est à Caspe, coordonne les échanges entre toutes les communes de la région et développe la solidarité entre elles. Dissolution du Conseil d’Aragon, avec l’aide militaire de la 11ème division de Líster. Le siège est pris d’assaut et, le 14 août 1937, il ne reste plus rien des collectivités d’Aragon.

26 août 1937 : Santander, entrée des nationalistes. La chute de Santander signifie pour la république la perte de la Cantabrie. Les nationalistes poursuivent leur avance sur les Asturies (Gijón)

En Aragon, offensive républicaine. C’est le début de la bataille de Belchite, qui va durer jusqu’à la fin du conflit.

 

27 août 1937 : Belchite, petit bourg aragonais situé à 40 km au sud de Saragosse, est une base de repos des forces nationalistes, il est e théâtre de sanglants et terribles combats. L’offensive est lancée par les républicains pour faire diversion et donner du répit aux défenseurs des Asturies.

28 août 1937 : Asturies, Gijon : proclamation de l’indépendance de la province par le Conseil de la province.
Le Vatican reconnaît l’Espagne nationaliste et le gouvernement du général Franco comme le seul officiel.

6 septembre 1937 : Victoire républicaine difficile à Belchite. Plus de 6 000 personnes ont péri dans les affrontements.
Les troupes républicaines du front d’Aragon sont démoralisées par la répression interne menée par les communistes.

10 au 14 septembre 1937 : Les accords complémentaires (arrangements) de Nyon, en Suisse, ont pour mission de contrôler le débordement international du conflit espagnol à cause des torpillages italiens de navires marchands neutres. Ces accords réglementent le fonctionnement de la marine internationale en Méditerranée et autorisent l’attaque de tout sous-marin suspect.

1er Octobre 1937 : Exclusion de l’UGT de Largo Caballero et de ses amis.

15 octobre 1937 : Asturies, la légion Condor pratique la tactique “ tapis de bombes ” : escadrille serrée d’avions volant à basse altitude, qui lâchent leurs bombes en même temps.

21 octobre 1937 : Asturies, Gijon (dernier port atlantique), entrée des troupes nationalistes.
Par cette dernière victoire, la campagne de la zone Nord est terminée.

28 octobre 1937 : le gouvernement républicain se replie de Valence à Barcelone.

4 novembre 1937 : Le comité de non-intervention approuve le projet franco-britannique de retrait des volontaires étrangers.

5 novembre 1937 : Hitler annonce clairement, devant des politiques et des officiers allemands, son intention de mener une « guerre d’extermination contre la France et l’Angleterre ».

Décembre 1937 : Parution du roman d’André Malraux L’Espoir.

1er Décembre 1937 : le gouvernement espagnol accepte le principe du retrait des volontaires étrangers. Il pense à une solution possible diplomatique par les pays comme la France et l’Angleterre, et au retrait de l’aide étrangère de Franco.

15 décembre 1937 : Aragon, Teruel, début de l’offensive républicaine, par la colonne de fer (anarchiste).

24 décembre 1937 : les républicains entrent dans la ville.

29 décembre 1937 : Contre-offensive nationaliste dans un froid intense.

Affiche CNT-AIT
Affiche CNT-AIT
Guernica, l'escalier
Guernica, l’escalier
Losé Labauria Maire de Guernica
Losé Labauria Maire de Guernica
Guernica détruite
Guernica détruite
Civilizacion muerta
Civilizacion muerta
Vestigio de un pueblo de Aragon Belchite
Vestigio de un pueblo de Aragon Belchite

Une soirée animée le 7 juin 2018 au Paris’anim de la Place des fêtes

Malgré une grève de la SNCF très suivie , une centaine de personnes se sont déplacées de jeudi 7 juin pour assister à la projection du documentaire: La révolution s’arrêta en mai. Les événements de mai 37 commencent à émerger vraiment dans les débats et à poser question sur leurs raisons et les violences engendrées envers les militants du POUM et anarchistes.

Rappel succint des événements : Printemps 1937, la guerre civile espagnole est à son apogée. L’armée républicaine et les milices des partis et des syndicats, luttent contre les troupes franquistes. À des centaines de kilomètres à l’arrière du front, les « conseillers soviétiques » tout puissants et les hommes du PCE et du PSUC tirent les ficelles du gouvernement républicain. Ils décrètent la chasse aux anarchistes et aux militants du POUM, beaucoup trop révolutionnaires et contestataires de l’ordre républicain qu’ils entendent contrôler. Ils poursuivront également les militants socialistes partisans de Francisco Largo Caballero qui prônent une révolution sociale. Le gouvernement ordonne l’assaut du Central téléphonique de Barcelone qui est géré par la CNT. Les militants anarchistes (CNT, FAI et Jeunesses Libertaires) et ceux du POUM résistent et une grève générale éclate ; de terribles affrontements ont lieu entre d’une part anarchistes et militants du POUM et d’autre part les forces de police aux ordres du gouvernement républicain et des communistes staliniens. C’est le début d’une guerre civile au sein de la Guerre civile. Cinq jours qui scellent l’épitaphe de la révolution. Vous pouvez suivre le débat de présentation du documentaire sur ce lien : https://www.youtube.com/watch?v=BbV2fqtzfuM

Barricade du 19 juillet à Barcelone le peuple contre les militaires insurgés
Barricade du 19 juillet à Barcelone le peuple contre les militaires insurgés
Siège du POUM
Siège du POUM

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Dimanche 23 juillet à Toulouse: 81e anniversaire de la révolution du 19 juillet 1936

Nos amis, compagnes et compagnons du CTDEE : Centre Toulousain de Documentation sur l’Exil Espagnol organisent comme chaque année, un dimanche festif, culturel, mémoriel et gastronomique autour de la date du 19 juillet 1936.

Date du soulèvement populaire en Espagne pour arrêter le coup d’état militaire et tenter d’instaurer une société de justice et de Liberté pour le peuple. Cette expérience révolutionnaire qui n’a depuis jamais été renouvelée, défendue par un large mouvement populaire ouvrier et paysan reste un mouvement exemplaire pour notre futur. Si vous êtes toulousains ou si vos routes estivales vous ont mené dans cette partie de France, alors: Ne manquez pas ce rendez-vous qui offrira cette année une analyse pointue de la période tragique de mai 1937 et du tournant dramatique que ce bel espoir amorce à partir de cette date. Régalez-vous du festin de Sancho et de sa, désormais, célèbre paella. Pour mieux savourer un après-midi de théâtre, chansons et récitals de guitare aux accents que vous reprendrez en choeur en fin d’après-midi. Ceux qui profiteront de tant de mémoire et de musique sont des veinards. Qu’ils pensent à nous transmettre leurs commentaires et photos. Belle fête à vous toutes et tous et une belle pensée de Paris!!! Merci amis de votre manifestation. l’équipe du 24 août 1944.

Documents joints

 

TIERRA Y LIBERTAD/ LAND AND FREEDOM le 16 mai à l’auditorium de l’Hôtel de ville à 17h45

Le 16 mai, l’association 24 août 1944, vous invite à assister à la projection du film de Ken Loach Land and Freedom (Tierra y Libertad) enfin de rappeler les événements dramatiques pour l’avenir de l’Espagne de mai 37 à Barcelone et l’épuration voulue par Staline qui a abouti à l’assassinat des dirigeants du POUM et de révolutionnaires anarchistes.

La projection sera suivie d’un débat en présence de Cristina Simó et Silvia Ortiz deux des petites-filles d’Andrès Nin dirigeant du POUM assassiné en Espagne, sur l’ordre de Staline ; et Frédéric Pierrot, acteur du film, avec une intervention d’Edgar Morin, philosophe et résistant, proche de Wilebaldo Solano, dirigeant du POUM.

LE FILM DURE 109 MN, DONC SOYEZ PRÉSENTS À L’AUDITORIUM DE L’HÔTEL DE VILLE 5 RUE LOBEAU 75004 (MÉTRO HÔTEL DE VILLE) DÈS 17H45 CAR NOUS COMMENCERONS LA PROJECTION À 18H SONNANT, POUR AVOIR LE PLUS DE TEMPS POSSIBLE À CONSACRER AU DÉBAT.

Réservation par mail : 24aout1944@gmail.com ou par téléphone : 0651728618 ou 0612255285
Au plaisir d’échanger avec vous

LAND AND FREEDOM de Ken Loach
LAND AND FREEDOM de Ken Loach

Wilebaldo Solano ou la quête de vérité

Wilebaldo Solano, [[Wilebaldo Solano Alonso (1916-2010) Né à Burgos. Etudiant en médecine à Barcelone, il milite dès 1932 au Bloc ouvrier et paysan (BOC) de Joaquín Maurín, organisation qui s’alliera en 1935 avec la Gauche communiste d’Andreu Nin. Le processus aboutira à la création du POUM. Les affrontements en mai 1937 entre milices anarchistes et « poumistes » face aux communistes et aux socialistes vont être le point de départ d’une chasse aux militants du POUM. Emprisonné à Barcelone en 1938, Wilebaldo Solano, qui dirige l’organisation de jeunesse du parti (Jeunesse communiste ibérique), va être transféré, ainsi que plusieurs dirigeants du POUM, dans une prison de Cadaquès, près de la frontière française, au début 1939. Craignant d’être livrés aux franquistes au milieu de la retraite de l’armée républicaine, les poumistes décident de fausser compagnie à leurs gardiens. Par chance le commando de secours envoyé par leurs amis français du PSOP (Parti socialiste ouvrier et paysan) mené par Daniel Guérin (1904-1988) les retrouve dans les Pyrénées. Wilebaldo Solano et ses amis se retrouvent, après ces aventures périlleuses, à Paris où ils sont accueillis par l’oppositionnel communiste, Victor Serge (1890-1947), et le militant d’extrême gauche, Marceau Pivert (1895-1958). Après la répression stalinienne, les militants du POUM vont subir celle des autorités de Vichy. Avec, entre autres, Juan Andrade et Ignacio Iglesias, Wilebaldo Solano est arrêté à Montauban en février 1941. Considéré comme le principal responsable de l’organisation, il est condamné à vingt ans de travaux forcés pour « propagande politique d’inspiration étrangère » par un tribunal militaire. Emprisonné, il est libéré en 1944 de la centrale d’Eysses par les résistants des Forces françaises de l’intérieur. Il refuse de se joindre aux guérilleros espagnols communistes, dont il se méfie, et il s’engage dans le bataillon Libertad formé de résistants anarchistes. (http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2010/09/11/wilebaldo-solano-militant-revolutionnaire-espagnol) Élu secrétaire général du POUM en 1947, il gagne sa vie en travaillant à l’agence France Presse de 1953 à 1981. Il fonde Tribuna socialista en 1960. Il est un des fondateurs de la Fondation Andreu Nin.

https://bataillesocialiste.wordpress.com/solano-1916

J’ai raconté dans Autocritique comment j’avais occulté (apparemment effacée) ma culture politique d’adolescence, formée entre 1936 et 1939, en me convertissant au communisme en 1942, quand la guerre devint mondiale. Conversion qui me fit faire appel à la Ruse de la raison de Hegel, à la croyance que les vices de l’URSS stalinienne, que je connaissais tellement bien, du fait justement de ma culture adolescente, étaient les produits de l’arriération tsariste et de l’encerclement capitaliste, mais que la victoire du socialisme à l’échelle mondiale ferait épanouir un socialisme de liberté et de fraternité.

Le désenchantement qui suivit la victoire, la crétinisation culturelle imposée par le jdanovisme [[Jdanovisme : Doctrine de l’homme politique soviétique Jdanov. Andreï Aleksandrovitch Jdanov, 1896 – 1948, homme politique soviétique, proche collaborateur de Joseph Staline. Il a joué un grand rôle dans la politique culturelle de l’URSS. Responsable de l’idéologie du Parti communiste d’Union soviétique à la veille et au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. En 1946-1947, se déclenche sous sa direction la persécution des écrivains, des compositeurs, des critiques de théâtre. Après-guerre, il impulse la création du Kominform, bureau d’information chargé secrètement d’affirmer la tutelle du « grand frère » soviétique sur les Partis communistes nationaux. (universalis.fr/encyclopedie.)]] le retour aux immondes procès de sorcières, effectués dans les démocraties populaires, tout cela provoqua en moi un écœurement tel que je ne repris pas ma carte du parti en 1948 ou 49, mais n’osai le dire, et il fallut attendre mon exclusion en 1951 pour que le divorce s’opère ouvertement. C’est alors que me revinrent les idées de mon adolescence, muries et complexifiées, et en même temps le remords de m’être tu alors que le parti calomniait les trotskystes, les libertaires, Camus [[Albert Camus (1913-1960) Écrivain, philosophe, romancier, dramaturge, essayiste et nouvelliste français. En marge des courants philosophiques, Camus s’oppose à l’existentialisme et au marxisme. En ce sens, il incarne une des plus hautes consciences morales du XXe siècle. Sa critique du totalitarisme soviétique lui vaut les anathèmes des communistes et de Jean-Paul Sartre. Albert Camus entretient des liens étroits avec les libertaires espagnols exilés en France et organise des meetings pour soutenir leur cause. .babelio.com/auteur/Albert-Camus/2615.)]], les surréalistes [[Artistes adeptes du surréalisme. Mouvement intellectuel, littéraire et artistique, ébauché vers 1919 à la suite du romantisme et du dadaïsme, défini par André Breton en 1924, et principalement caractérisé par le refus de toute considération logique, esthétique ou morale. Prépondérance du hasard, de l’inconscient en recourant à des moyens nouveaux : sommeil hypnotique, exploration du rêve, écriture automatique, associations de mots spontanées, rapprochements inattendus d’images, etc. Les surréalistes étaient d’obédience révolutionnaire, peu enclins au centralisme ni à la dictature même celle du prolétariat. (cnrtl.fr/definition/surrealisme)]]. Même au Parti, je n’avais pas cessé de rencontrer amicalement Jean René Chauvin [[Jean-René Chauvin (1918-2011). Militant du Parti ouvrier internationaliste (trotskiste), arrêté, le 15 février 1943, aux abords de la Gare du Nord à Paris par la police française. De la rue des Saussaies, il est transféré à Fresnes puis à Compiègne. Il est déporté à Mauthausen puis dans le kommando du Ljubelj-pass et enfin à Auschwitz et au kommando de la mine de Jawischowitz, première marche de la mort vers Buchenwald. La seconde le mène vers Leitmeritz où il est libéré par les Soviétiques le 8 mai 1945. À son retour des camps, il sera journaliste, spécialisé dans le domaine des affaires sociales, et toujours militant révolutionnaire. Il portait tatoué sur son avant-bras droit le matricule 201627. (éditions Syllepse, Patrick Le Tréhondat et Patrick Silberstein.)]] admirable militant trotskiste dont je parlerai, May Piqueray, [[Marie-Jeanne (dite May) Picqueray, (1898-1983) Militante anarchiste, anarcho-syndicaliste et antimilitariste, elle rencontre Rocker, Souchy, Berkman et Emma Goldman. À Paris durant la guerre d’Espagne, elle travaille avec une association de Quakers en aide aux réfugiés et aux enfants espagnols. En 1940, à Toulouse, elle vient en aide aux réfugiés internés dans les camps du sud de la France et en particulier celui du Vernet d’Ariège où elle parvient à faire évader plusieurs personnes. De retour à Paris, elle fabrique des faux-papiers pour les réseaux de résistants. À la Libération, elle reprend son métier et milite dans le Syndicat des correcteurs. Elle soutient l’action de Louis Lecoin en faveur des objecteurs et insoumis au service militaire. En 1974, elle crée le journal Le Réfractaire qu’elle publiera jusqu’à sa mort.]] la sublime libertaire, Pierre Naville [[Pierre Naville (1904-1993) Écrivain, homme politique et sociologue français. Surréaliste de 1924 à 1926, membre du Parti communiste français jusqu’en 1928, puis trotskiste avant de rejoindre le PSU, il a mené en parallèle de son engagement politique une carrière de sociologue du travail. (babelio.com/auteur/Pierre-Naville/189123)]], méta-trotskiste. Mais désormais j’allais avec bonheur à la rencontre des maudits du stalinisme, les continuateurs de la gauche prolétarienne (d’avant la revue maoïste du même nom), les anciens communistes devenus anticommunistes, Manès Sperber [[Sperber Manès (1905-1984), Écrivain de nationalité française d’origine autrichienne. Manès Sperber fut tout au long de son existence un intellectuel engagé. Exilé à Vienne durant la Première Guerre mondiale, Juif non pratiquant, il fut militant communiste avant de prendre dès 1937 ses distances avec cette idéologie. Psychologue, romancier, essayiste, il enseigna la psychologie individuelle et sociale à Berlin puis s’installa à Paris où il intègre les éditions Calmann-Lévy. Grande voix de la démocratie contre le totalitarisme et témoin de son temps. (iesr.ephe.sorbonne.fr/index3169.html)]], Jean-Daniel Martinet [[Jean-Daniel Martinet (1913-1976) était le fils de l’écrivain et poète Marcel Martinet, l’auteur des Temps maudits et de Culture prolétarienne qui fut toute sa vie fidèle à une certaine idée du syndicalisme révolutionnaire. Après un accident de tramway, à l’origine de l’amputation d’un pied, Jean-Daniel se tourna vers la médecine et la chirurgie. Médecin de profession, il collabora, comme son père l’avait fait dans l’entre-deux guerres, à la revue syndicaliste de Pierre Monatte, La Révolution prolétarienne. En compagnie de Camus, il participa aux Groupes de liaison internationale (GLI) en 1949-1950. Il fut aussi l’animateur du Cercle Zimmerwald (décembre 1951-février 1961), en référence à la Conférence socialiste internationale tenue dans cette petite ville suisse en septembre 1915. Comme son nom l’indiquait, ce Cercle voulait revenir à l’esprit internationaliste du mouvement ouvrier qui avait refusé l’Union sacrée durant la Première Guerre mondiale dans le contexte de la « guerre froide » et de l’opposition entre les blocs. Martinet sera également l’un des signataires du fameux « manifeste des 121 » pour le droit à l’insoumission durant la guerre d’Algérie (septembre 1960). (acontretemps.org)]], Pierre Lochak [[Pierre Lochak, (1906-1998) Né en Bessarabie alors russe puis à partir du désengagement du gouvernement soviétique en 1917 dans la 1ère Guerre mondiale, il devient roumain. « Fuyant la dictature anticommuniste et antisémite du régime roumain », Pierre Lochak arrive en France, où résident déjà deux de ses frères aînés, en 1925. Boris, l’aîné, est arrivé en France en 1919, il a fait venir successivement Zima, en 1920, puis Pierre et un autre frère, Niama (qui se suicidera en 1933) en 1925. Il s’inscrit à la Faculté de droit de Toulouse où il obtiendra trois ans plus tard sa licence. A la fin de ses études il est embauché à la Société Générale et s’installe à Paris en juillet 1928. Plus tard, vers 1935, il s’installera comme conseil juridique. Pendant la guerre il gagne sa vie en exerçant cette profession (ceci transparaît dans ses courriers à François Bondy). Parallèlement, il milite au parti communiste au sein duquel il s’oppose à la tendance stalinienne des dirigeants. Il fait partie de la mouvance dissidente de la revue « Que faire ? » (voir doc) (dont le membre le plus connu est André Ferrat, ancien membre du Bureau Politique. voir Doc.). C’est là aussi qu’il fait la connaissance de François Bondy. Il quitte définitivement le parti en 1936 tout en continuant à militer pendant un temps dans des groupes d’extrême-gauche (à vérifier) avant d’adhérer à la SFIO. Sous la IVe République il s’opposera à Guy Mollet dans sa politique algérienne puis son ralliement à De Gaulle en 1958. Il quitte alors la SFIO et après un bref passage par le PSA ne sera plus membre d’aucun parti. Danièle Locha, le 05/09/2016).]], François Bondy (voir article joint) [[François Bondy, (1915 – 2003) Journaliste et auteur suisse. Intellectuel européen, il écrivait en allemand, français et italien. Il est devenu, à dix-neuf ans, rédacteur dans un journal financier à Paris. Après un séjour de quelques mois dans un camp de concentration français dans les Pyrénées, Bondy est retourné en Suisse en 1940 où il est devenu rédacteur littéraire et politique dans l’hebdomadaire de langue allemande Die Weltwoche. En 1949, il collabore à la revue Der Monat de Berlin. En 1950 il s’associa au Congrès pour la liberté de la culture. En mars, il fonde à Paris, la revue Preuves dont il resta le directeur jusqu’en 1969. Depuis 1970, Bondy a habité Zurich où il fut codirecteur de la revue mensuelle Schweizer Monatshefte. François Bondy est l’auteur et le coauteur de plusieurs ouvrages littéraires.]], les toujours libertaires comme Luis Mercier Vega [[Luis ou Louis Mercier Vega, de son vrai nom Charles Cortvrint (1914-1977) Anarchiste belge. Dès son adolescence, il écrit dans Le Libertaire sous le nom de Charles Ridel. Il appartient à L’Union Anarchiste (UA) dans la tendance communisme libertaire. Pour lui, « l’anarchisme n’est pas un système philosophique mais se situe dans l’espace et dans le temps. Il est un socialisme, un secteur du mouvement ouvrier» (le Libertaire, 4 novembre 1937). En juillet 1936, à l’annonce de la révolution espagnole, il part en Espagne. En août 1936 à Pina del Ebro, Mercier fut parmi les fondateurs du Groupe international de la colonne Durutti, « légion internationale des sans-patrie qui sont venus se battre dans la péninsule pour l’ordre ouvrier et révolutionnaire » (cf. le Libertaire, 21 août 1936) que Simone Weil vint rejoindre comme milicienne. Il reste en Espagne jusqu’à la militarisation des milices. Il quitte l’UA sur des divergences d’appréciation des événements espagnols, après le congrès de Paris (30-31 octobre-1er novembre 1937). Il stigmatise à la tribune le divorce entre la base et la direction de la CNT-FAI en mai 1937 et l’intervention des ministres anarchistes empêchant les milices de descendre sur Barcelone pendant les combats entre libertaires et staliniens. Sous différents pseudonymes, il écrit dans plusieurs revues révolutionnaires, contre les « anarchistes de gouvernement », leur compromission avec la « démocratie bourgeoise », et leurs reniements. Juin 1940, il est en Suisse, puis Marseille, Buenos-Aires, Le Chili, le Congo où il s’engage dans les Forces Françaises Libres. À Beyrouth, Il est affecté à Radio Levant (de la France libre) jusqu’à la fin de la guerre. Octobre 1945, il devient rédacteur au Dauphiné libéré (Grenoble). Il collabore sous divers pseudonymes (L’itinérant, Damashki) à la Révolution prolétarienne à partir de 1949 et milite à l’Union des syndicalistes, au bulletin Le trait d’union syndicaliste (1952-1953) puis Le trait d’union des syndicalistes (Paris, 1954) et en 1953-55 à L’Alliance ouvrière (Grenoble), de 1966 à 1972 il est directeur de Aportes. Il donne des conférences dans les cercles ouvriers sur la condition et les revendications ouvrières. Il crée avec notamment Helmut Rüdiger et Albert De Jong, en 1958 la Commission internationale de liaison ouvrière (CILO). En 1970, il publie L’increvable anarchisme dans lequel il s’interroge sur l’actualité de l’anarchisme et les formes de résurgence de l’utopie libertaire dans les sociétés contemporaines de l’insurrection hongroise de 1956 au mouvement de mai 1968. Il crée Interrogations, revue internationale de recherches anarchistes, dont le premier numéro parut en décembre 1974 avec cette déclaration préliminaire : « L’anarchisme ne peut plus se contenter de répéter ce qui fut vrai hier. Il doit inventer ce qui correspond à sa mission d’aujourd’hui. » Il met fin à ses jours le 20 novembre 1977 à Collioure (Pyrénées-Orientales). (militants-anarchistes.info)]], les grands :André Breton [[André Breton,(1886-1966). La vie de Breton se confond pratiquement avec celle du mouvement littéraire: le surréalisme. Breton rencontre successivement Jacques Vaché (1916) puis Apollinaire. Il fonde avec Louis Aragon et Philippe Soupault la revue Littérature, et y publie (en collaboration avec Soupault) le premier texte surréaliste, Les Champs magnétiques. De 1919 à 1921, il participe au mouvement Dada, et étudie l’«automatisme psychique». En 1924 paraît le premier Manifeste du surréalisme. Breton et ses amis fondent en même temps un « Bureau de recherches surréalistes » et une revue appelée La Révolution surréaliste. En 1930 paraît le Second Manifeste. Breton définit ainsi le terme « surréalisme » : «Automatisme psychique pur par lequel on se propose d’exprimer soit verbalement, soit de toute autre manière, le fonctionnement réel de la pensée… ». Breton est la figure de proue du mouvement. Jusqu’à sa mort, Breton incarne l’« orthodoxie » surréaliste avec une fougue et une passion qui lui sont propres. Entre-temps il a su donner à son mouvement une ampleur quasi mondiale, tout en le dégageant des équivoques de l’engagement politique (le poète, en 1935, met fin à son « idylle » avec le parti communiste français et s’oriente vers une pensée libertaire). (Extrait du Nouveau dictionnaire des auteurs, Laffont, 1994.) Après-guerre il est dans les intellectuels qui soutiennent les libertaires espagnols contre Franco et participe à plusieurs meeting en ce sens à Paris, notamment salle Wagram.]], Benjamin Peret [[Benjamin Péret (1899-1959). Contraint de s’engager en 1917 dans les cuirassiers, il part dans les Balkans et est rapatrié en 1919 en Lorraine. En 1920, à Paris il rencontre Breton, Aragon, Éluard. Lors du « procès Barrès » organisé par le groupe de Littérature, Péret incarne le soldat inconnu qui vient témoigner — en allemand — contre Barrès ; il exprime alors son hostilité à l’armée et à l’Église et affirme son engagement révolutionnaire : il restera jusqu’à la fin fidèle à ces positions. Il adhère au Parti communiste français, mais il en sort plus vite que d’autres. Il part au Brésil avec la cantatrice Elsie Houston, son épouse, et il y est incarcéré, avant d’être expulsé en 1931 à cause de ses activités politiques. Il organise en 1935 une exposition surréaliste aux Canaries avec Breton. Il part en Espagne au moment du putsch militaire de Franco, délégué en Catalogne du Parti ouvrier internationaliste. Il combat dans la division Durruti sur le front d’Aragon. Il revient à Paris et est mobilisé en 1939 à Nantes et incarcéré pour activité subversives. Libéré sous caution, il ne tarde pas à franchir la ligne de démarcation pour rejoindre André Breton, à Marseille, et nombre d’artiste étrangers en attente de visa pour les Etats-Unis. À cause de son passé politique il n’obtient pas son visa et part pour le Mexique où il séjournera six ans avec sa compagne le peintre Remedios Varo. Son intérêt croissant pour la culture indienne le conduit à traduire Le Livre de Chilam Balam de Chumayel (1955) et à établir une Anthologie des mythes, légendes et contes populaires d’Amérique. Son pamphlet, Le Déshonneur des poètes (1945), dirigé contre toute forme de poésie militante, lui retire beaucoup de sympathies. En 1948 en France, il tente de réactiver avec Breton le groupe surréaliste. Co-auteur, avec Grandizo Munis de Les syndicats contre la révolution. Il meurt le 28 septembre 1959. Sur sa tombe, au cimetière des Batignolles, figure cette épitaphe: « Je ne mange pas de ce pain-là. » (marxists.org/francais/4int/bios/peret.htm.)]], les nouveaux amis de Socialisme ou Barbarie en premier lieu Claude Lefort [[Claude Lefort (1924-2010). Disciple de Maurice Merleau-Ponty, il adhère très jeune aux idées marxistes, tout en restant critique à l’égard de l’Union soviétique. En 1947, il fonde avec Cornélius Castoriadis la revue Socialisme et Barbarie, qui combat le stalinisme et développe un marxisme anti-dogmatique. L’ouvrage L’Archipel du goulag d’Alexandre Soljenitsyne le conduit à rompre définitivement avec le trotskisme. Philosophe français connu pour sa réflexion sur la notion de totalitarisme, il construit, entre 1960 et 1970, une philosophie de la démocratie comme le régime politique où le pouvoir est un « lieu vide », c’est-à-dire inachevé, sans cesse à construire, et où alternent des opinions et des intérêts divergents. (scienceshumaines.com/claude-lefort-un-penseur-du-politique_fr_2613)]], puis en 1956 Cornelius Castoriadis [[Cornelius Castoriadis (1922-1997). Jeune résistant grec révolutionnaire menacé de mort par les staliniens, il arrive en France à l’âge de vingt-trois ans, alors que l’engouement pour l’URSS est à son zénith. Il contribue alors à créer, avec Claude Lefort et Jean-François Lyotard, l’une des branches les plus vivaces de la gauche radicale, « Socialisme ou Barbarie », qui deviendra ensuite une revue mythique et l’une des grandes influences de Mai 68, notamment par sa critique de gauche des régimes dits « communistes ». Économiste, philosophe, psychanalyste, militant politique, Castoriadis est l’auteur d’une œuvre essentielle pour quiconque s’intéresse à la question de l’institution hors du cadre de l’État, dont il traite dans L’Institution imaginaire de la société (1975). Fruit d’une enquête menée auprès d’une centaine de témoins, cet ouvrage permet enfin de lever le voile sur cette figure hors norme et trop méconnue, qui est restée marginale jusqu’au bout. Pierre Vidal-Naquet voyait en lui un « génie », et Edgar Morin un « Titan de l’esprit », il est très certainement appelé à devenir l’un des penseurs-clés du XXIe siècle. (Éditions de la Découverte.)]]. Ainsi je me reconstruisais ma famille spirituelle brisée par la guerre, tout en y incluant fraternellement les ex communistes détrompés depuis ceux des années 30, jusqu’aux plus récents des années 40. À quoi se joignirent à partir de 1956 mes nouveaux amis de l’Octobre polonais [[Octobre polonais : L’année 1956 vit un soulèvement ouvrier en Pologne, d’abord à Poznan en juin où il y eut violentes émeutes réprimées dans le sang par les forces de sécurité communistes, puis à Varsovie en octobre. Début de l’octobre polonais les 19 et 20. Alors que des conseils ouvriers se constituaient un peu partout, les Soviétiques firent le choix de composer avec les dirigeants locaux en appelant au pouvoir un ancien secrétaire général du parti, Gomulka, populaire car proscrit pendant quelques années. Il réussit à désamorcer le mouvement de contestation. Le 24 octobres, la situation s’apaise. Premier discours public de W. Gomułka à Varsovie devant 350.000 personnes. Manifestations et meetings continuent. Epuration des responsables du parti en province. Des élections sont décidées pour le 30 janv. 1957. Mais la Hongrie se soulève à son tour.……(Science po, NPA 2009)]], Leschek Kolakovski [[Leschek Kolakovski Ou Leszek Kołakowski, (1927-2009). Philosophe, historien des idées et essayiste polonais. Né en Pologne, il grandit sous l’occupation nazie. En 1945, il rejoint l’université de Lodz. Il se rapproche à cette époque du communisme pour lequel il milite publiquement. De 1947 à 1966, il est membre du Parti ouvrier unifié polonais. En 1949, sa visite à Moscou que le parti lui offre, lui fait voir le vrai visage de l’URSS et du communisme appliqué; il entre en dissidence intellectuelle et devient un critique de plus en plus ferme du régime et de son idéologie. Sa position évolue graduellement vers une critique plus poussée du communisme, condamné à être totalitaire. En 1966, il est exclu du parti. C’est à la suite des manifestations antisémites orchestrées par le pouvoir communiste qu’il quitte son pays, comme de nombreux intellectuels en dehors de la ligne du parti, chassés de Pologne. De 1968 à 1970, il enseigne à McGill au Canada puis à Berkeley en Californie, avant de revenir en Europe : en 1970, il s’installe à Oxford et enseigne au All Souls College. Il souligne méthodiquement les erreurs sur lesquelles est fondée la théorie de Marx : la valeur-travail, la lutte des classes, le matérialisme historique, etc. Il y souligne en outre que le stalinisme est la conséquence inéluctable d’un système communiste, la recherche de l’utopie communiste ne pouvant aller que vers le totalitarisme. En particulier, il montra à de nombreuses reprises que le stalinisme était dans la continuité la plus pure du léninisme. Le stalinisme, caractérisé par « l’abolition du droit, l’autocratie du Chef, la délation généralisée comme principe de gouvernement et la toute-puissance apparente de l’Idéologie », est la conséquence logique et inévitable de la théorie marxiste ; le stalinisme est un « marxisme-léninisme en action ».(wikiberal.org/wiki/Leszek_Kolakowski.)]], Janek Strelecki, Roman Zimand [[N d A : Janek Strelecki était un intellectuel polonais qui était parmi les animateurs de l’Octobre polonais de 1956 un type très humain, très bon. Roman Zimand aussi, et il a traduit en polonais l’ouvrage d’Edgar Morin « le paradigme perdu la nature humaine ». Tous sont aujourd’hui décédés.]], ceux émigrés de la révolution hongroise [[Après la Pologne avec les événements de Poznan, la Hongrie le 23 octobre 1956, les habitants de Budapest manifestent contre le gouvernement communiste de Hongrie. La manifestation tourne rapidement à l’émeute. Cette effervescence puise son origine dans les espoirs soulevés par la mort de Staline. Les dirigeants hongrois appellent Nagy à la tête du gouvernement mais décrètent par ailleurs la loi martiale et font appel aux troupes soviétiques. Mais celles-ci se retirent le 27 octobre. Les Hongrois pensent avoir gagné leur liberté. le 30 octobre, à Budapest, Ils occupent le siège du parti communiste et tuent tout ses occupants. Imre Nagy, le président s’engage dans la voie de la démocratie et du multipartisme. Le 1er novembre, il forme un gouvernement de coalition. Il annonce aussi le retrait de la Hongrie du pacte de Varsovie… C’est plus que les Soviétiques n’en peuvent supporter. Dès le dimanche 4 novembre, l’Armée Rouge investit Budapest. Au total pas moins de 8 divisions et plusieurs centaines de chars du dernier modèle (T54). Les insurgés, étudiants aussi bien que salariés, résistent avec héroïsme mais n’en sont pas moins écrasés. La répression fait environ 200.000 morts tandis que 160.000 personnes se réfugient en Europe de l’Ouest. Imre Nagy sera pendu quelques mois plus tard. (herodote.net)]] en premier lieu Andras Biro [[András Bíró (1925), écrivain, poète et journaliste hongrois. En tant qu’activiste humaniste et militant des Droits de l’homme, il crée des organisations de soutien aux Roms. En décembre 1944, il est contraint au travail forcé en Allemagne. À son retour en 1945, il vit à Budapest jusqu’à l’insurrection de 1956, date à laquelle il fuit en France. Pendant son long séjour à l’étranger, il est rédacteur en chef fondateur du Ceres (Centre d’études et de recherches économiques et sociales), consultant de la FAO (organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture); il est aussi chargé de l’examen de l’aménagement du PNUE (Programme des Nations unies pour l’environnement), ainsi que rédacteur en chef fondateur de Mazingira. En 1986, il retourne en Hongrie. En 1990, il fonde Autonómia Alapítvány, une organisation non gouvernementale s’impliquant dans le développement chez les Roms. András Bíró crée la première radio faite pour et par des tsiganes, média le moins cher et idéal pour les exclus que sont les Roms et dont la culture est fondée sur la tradition orale. Désormais, ce ne sont pas que les musiciens qui incarnent la réussite chez les tsiganes, il y a aussi quelques journalistes, mais aussi quelques hommes politique.]], et bien sur le grand méconnu espagnol Wilebaldo Solano.

J’ai connu Wilebaldo je crois en 1956, dans les années fiévreuses du rapport K, de l’Octobre polonais, de la révolution hongroise.

Il avait alors rédigé un appel (que j’avais cosigné) à Nikita Khrouchtchev [[Nikita Sergeïevitch Khrouchtchev, (1894-1971) Homme d’État soviétique d’origine ukrainienne, qui s’affirma progressivement comme le principal dirigeant de l’URSS entre la mort de Staline (5 mars 1953) et son éviction du pouvoir le 14 octobre 1964.]] pour qu’il réhabilite Trotski, les condamnés des procès de Moscou qui, dans les années 30, avaient été exécutés comme traitres et hitlero-trotzkystes, dont les dirigeants bolchéviks, compagnons de Lénine [[Vladimir Ilitch Oulianov, dit Lénine, homme politique et d’État (1870-1924). Issu d’une famille de la bourgeoisie, sa collaboration à un attentat contre le Tsar le contraint à l’exil. Il se familiarise avec les thèses de Marx et Engels. Il obtient le droit de revenir en Russie et devient avocat. Inquiété pour ses idées politiques, il est une nouvelle fois arrêté, emprisonné en Sibérie puis exilé. En octobre 1917, s’appuyant sur les soviets infiltrés par les bolcheviks (communistes), Lénine s’empare du pouvoir. Il muselle l’opposition et se sert de l’Armée rouge comme instrument de terreur auprès des populations. Il met en place le communisme de guerre pour « sauver la Révolution ». La guerre civile s’achève en 1921 avec un pays au bord du chaos. Pour relancer l’économie, il lance la NEP ( New Economic Policy  ou NEP )]] durant la révolution d’Octobre 1917. Mais il était surtout obsédé par la nécessité de réhabiliter Andreu Nin [[Andreu Nin (1892-1937). Un temps secrétaire de Trotski en URSS, où il s’était fait envoyé comme délégué de la CNT en 1922 (tout en n’étant plus anarchosyndicaliste), il revint en Espagne en 1930. Il fit de nombreuses traductions de textes politiques du russe en castillan et il a laissé une traduction appréciée de « Crime et châtiment » de Dostoyevvsky. Secrétaire du POUM Parti Ouvrier d’Unification Marxiste en 1935. À la suite des évènements de mai 1937 à Barcelone, au cours desquels la CNT et le POUM se sont affrontés aux staliniens, Nin, dénoncé par André Marty (secrétaire de l’internationale communiste, dirigeant des Brigades internationales en Espagne, sa conduite, envers ses hommes, lui vaut le surnom de Boucher d’Albacete) , est arrêté par la police politique. Transféré à Valence, puis à Madrid, il est torturé et finalement assassiné le 20 juin 1937 à Alcalá de Henares, sous les ordres du général Orlov (chef de la police politique soviétique en Espagne, il annonce à Antonio Ortega l’arrestation de tous les leaders du POUM pour le 16 juin. Il ne faut pas prévenir le gouvernement précise-t-il.) La vérité sur cet épisode n’a été découverte qu’au début des années 1990, avec l’ouverture des archives du KGB. Des militants du POUM, à la suite de la censure de leur presse avaient posé sur les murs de Barcelone la question « Où est Nin ? », à laquelle les staliniens répondaient à l’époque que Nin avait été libéré par ses « amis » de la Gestapo et se trouvait « soit à Salamanque, soit à Berlin ». Une plaque commémorative sur les Ramblas de Barcelone, près de la place de Catalogne, rappelle le lieu où Andreu Nin fut vu par ses camarades pour la dernière fois. https://fr.wikipedia.org/wiki/Andreu_Nin]], dirigeant du POUM (Parti ouvrier d’unification marxiste Partido Obrero de Unificacion Marxista), assassiné par les agents de Staline [[Staline, Joseph Vissarionovich Djougachvili, (1878-1953) Le nom Staline a été le sien durant les années de clandestinité, il provient du mot russe stal qui signifie acier. Staline, d’origine géorgienne, est nommé Commissaire aux Nationalités dans la nouvelle administration. Il en gravit les échelons et devient Secrétaire général du parti le 3 avril 1922, poste qu’il transforma rapidement en poste le plus important du pays. Il s’empare progressivement du pouvoir en excluant du Parti ceux qui s’opposent à lui et en éliminant – politiquement, puis physiquement – ses éventuels rivaux. En 1926, il est à la tête de l’URSS et du Komintern (IIIe Internationale rassemblant l’ensemble des partis léninistes). En URSS, il fait déporter des millions de personnes, en élimine des millions d’autres, provoque des famines………]] durant la guerre d’Espagne et dont la mémoire demeurait souillée par d’abjectes calomnies.

Wilebaldo était né en 1916. Il avait commencé des études de médecine qu’il interrompit pour se vouer à sa passion révolutionnaire.

La guerre d’Espagne commence le 17 juillet 1936 par un putsch militaire contre la République Espagnole. Wilebaldo a 20 ans et milite à la Jeunesse communiste ibérique (la Juventud iberica communista) [[Organisation de la jeunesse du POUM.]], affiliée au POUM : le parti avait été créé en 1935 à Barcelone de la fusion entre Izquierda communista dirigé par Andreu Nin et du Bloque Obrero y Campesino dirigé par Joaquín Maurín [[Joaquín Maurín (1897-1973). Instituteur espagnol, d’abord syndicaliste révolutionnaire et secrétaire régional de la C.N.T. en Aragon. Il adhère au P.C.E. en 1924 et en devient très vite secrétaire général avant d’être arrêté en janvier 1925. Ses partisans accusent le Secours rouge et la nouvelle direction de ne rien faire pour aider Maurin et les autres prisonniers communistes. Libéré fin 1927 la direction du P.C.E demande son exclusion. Exclu finalement en 1930, Maurin fonde au début des années 30 en 1931 le Bloc Ouvrier et Paysan qui sera le noyau du POUM. Seul député du parti en 1936, il est capturé par les franquistes au début de la guerre civile et ne sera libéré qu’en 1946. Il part alors en exil et se retire de la politique active. (marxists.org)]], issus l’un et l’autre d’une rupture avec le parti communiste stalinien. Toutefois le POUM resta indépendant de la 4ème internationale trotskyste bien qu’il partageait les critiques de Trotski [[ Lev Bronstein dit Léon Trotski ou Trotsky, (1879-1940), doit fuir la Russie sous le tsarisme à cause de ses activités révolutionnaires, en utilisant un faux passeport au nom de Léon Trotski. Il rencontre Lénine à Londres. Rallié aux bolcheviks, il rentre en Russie et participe activement à la révolution d’Octobre. Chef de l’Armée Rouge, Trotski est également commissaire du peuple aux affaires étrangères En 1921, il donne l’ordre de massacrer des milliers de civils et marins de Kronstadt (mouvement anarchiste), qui réclamaient un assouplissement du régime de travail forcé appliqué à cette époque par le régime bolchevik. Des milliers d’autres sont déportés dans des camps de travail, souvent considérés comme les premiers camps de concentration, à l’origine de ce que sera plus tard le Goulag. Après la mort de Lénine, il s’oppose à Staline qui le fait exclure du Parti en 1927. Banni de l’URSS, il se réfugie au Mexique, où il est assassiné par un agent stalinien en 1940. Brillant intellectuel, il a publié de nombreux ouvrages pendant son exil. ]] contre le stalinisme et dénonçait les procès de Moscou. Mais il refusait de suivre l’ordre de Trotski de déserter les syndicats pour créer des soviets. Après la mort de Germinal Vidal [[Germinal Vidal, (1915-1936) Ouvrier du port de Barcelone et dirigeant syndical. Germinal Vidal adhère au B.O.C. en 1931, et dès 1933 dirige la J.I.C. (Juventud Comunista Ibérica, les Jeunesses du BOC puis du POUM). Membre du Comité central du POUM en 1935. Il tombe dans les combats de rue face aux troupes franquistes, sur les barricades de la place de l’Université, à Barcelone, le 19 juillet 1936, au tout début du soulèvement populaire contre l’insurrection fasciste. (bataille socialiste)]] au début de la guerre civile, le 19 juillet 1936, Wilebaldo devint secrétaire général de la Jeunesse communiste Poumiste et directeur de l’hebdomadaire Jeunesse communiste (1936-1937). Andreu Nin, secrétaire général du POUM est ministre de la Justice dans le premier gouvernement de la Généralité de Catalogne, mais perd ce poste en décembre 1936. Dès le début de la guerre civile, il y a conflit entre anarchistes et Poumistes d’une part, et d’autre part le gouvernement « bourgeois » et les staliniens. Les anarchistes catalans et aragonais, dans les campagnes, pensent que l’ère libertaire est advenue. (Ici je dois faire une parenthèse ; j’en ai eu le témoignage au Chili en 1961 par ….. je ne me souviens plus de son nom : c’était un anarchiste français, qui insoumis en 1914 s’était évadé en tuant son gardien. Il ne fut donc pas amnistié après-guerre, mais revint en France dans les années 30. Quand advint la déclaration de guerre à l’Allemagne en septembre 1939, son ami – et plus tard mon ami- Luis Mercier Vega lui donna le moyen de partir au Chili. Il fut d’abord gardien en Patagonie, où les chasseurs d’oreille [[Chasseurs d’oreille. La chasse aux indiens autochtones de Patagonie suite à l’arrivée des « Blancs » fut à l’origine d’un véritable génocide. Les éleveurs payaient les chasseurs une livre sterling par paire d’oreille d’indiens ramenée.]] avaient exterminé les indigènes pour les grandes compagnies anglaises qui y élevaient les moutons en masse. Par une terrible nuit venteuse d’hiver, on frappa à la porte de sa cabane. À sa grande surprise, car il avait appris qu’il n’y avait plus d’indigènes en Patagonie, il vit une femme, portant un enfant, qu’il fit entrer : il la nourrit, lui donna un lit et s’apprêtait à la revoir à son lever quand il découvrit que la femme avait disparu. Puis il fut au service d’une entreprise routière dans les Andes, au sud Chili ; comme la route devait passer par un territoire indigène, il fut chargé d’acheter le droit de passage au peuple de ce territoire. Les anciens de ce peuple refusèrent les sommes, de plus en plus élevées que leur offrait mon ami. Ils ne demandèrent que quelques sacs de blé. Puis cet ami s’était installé à Santiago où Luis Mercier m’avait donné son adresse. C’est au cours d’un de nos repas, arrosés alors de vins vieux de très haute qualité qu’il évoqua à Lucien B et à moi, ses souvenirs de la guerre d’Espagne et pleura au souvenir du bonheur des paysans anarchistes d’en finir avec la monnaie et l’État en brulant les billets de banque dans les églises profanisées. Plus tard j’ai été bouleversé par le film de Ken Loach [[Kenneth « Ken » Loach, (1936)/ Réalisateur britannique de cinéma et de télévision. Témoin des conflits et douleurs sociales de son temps. Land and Freedom sur la guerre d’Espagne et le conflit entre Miliciens du POUM et le pouvoir républicain tenu en sous-main par les communistes (soutenus par l’URSS de Staline).]] (Land and Freedom). Nin fut écarté du gouvernement de Catalogne sur pression communiste. Le POUM avait accru ses effectifs depuis le début de la guerre civile, passant de 6.000 à 30.000 principalement en Catalogne et dans le pays valencien, mais il restait minoritaire par rapport aux communistes, dont les effectifs s’accrurent de plus en plus, et aux anarchistes. Alors que le parti communiste abandonnait toute perspective révolutionnaire immédiate mais noyautait les organismes de l’Espagne républicaine, le POUM, comme les anarchistes, soutenait le mouvement collectiviste spontané et promouvait l’idée de transformer la république bourgeoise en république révolutionnaire. Le Poum fut bientôt dénoncé par le parti communiste comme collaborateur des franquistes En février 1937, Wilebaldo participe directement à la création du Front de la jeunesse révolutionnaire, formé à la base par les Jeunesses libertaires et celles du POUM. Le 3 mai 1937, à Barcelone, le chef de la police barcelonaise, le communiste Eusebio Rodríguez Salas [[Eusebio Rodríguez Salas, (1885-1952). Communiste, connu pour avoir été le commissaire général des forces de police catalane et ministre de l’ordre public du gouvernement catalan  (generalitat de catalunya), lors des journées de Mai 1937.]], accompagné de deux cents hommes, tente de prendre de force le central téléphonique, qui était depuis le début de la guerre sous le contrôle de la CNT. La CNT résiste et, craignant des attaques contre d’autres bâtiments, distribue des armes pour les défendre. Des barricades sont rapidement élevées dans toute la ville, opposant la CNT et le POUM d’un côté, la police et les staliniens de l’autre. Les dirigeants de la CNT, en particulier les ministres au gouvernement central appellent leurs militants à déposer les armes, bientôt suivis par les dirigeants du POUM. Alors qu’ils étaient militairement maîtres de la ville, les ouvriers quittent les barricades. Le 6 mai, les hostilités ont cessé et les barricades ont été démontées, mais le PCE, et à sa suite le gouvernement de Juan Negrín [[Juan Negrín (1892-1956). Physiologue et homme politique espagnol. De 1937 à 1945, favorable à la politique imposée par Staline et les communistes, il fut chef du gouvernement de la Seconde République espagnole, puis du gouvernement en exil.]] (crypto communiste qui a remplacé Francisco Largo Caballero) [[Francisco Largo Caballero (1869-1946). Homme politique et syndicaliste espagnol, membre du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) et de l’Union générale des travailleurs (UGT) dont il fut l’un des dirigeants historiques. Chef du gouvernement de la Seconde République espagnole du 5 septembre 1936 au 17 mai 1937, il refusait d’effectuer la besogne dont va s’acquitter Juan Negrín.]], va réprimer les anarchistes et le POUM, qui est déclaré illégal. Les staliniens, à la suite d’une grande opération de propagande menée par Otto Katz [[Otto Katz, aussi connu sous le nom de André Simone, (1895-1952). L’un des plus importants agents d’influence de l’URSS stalinienne dans les milieux intellectuels et artistiques des démocraties occidentales pendant les années 1930 et 1940. l devient un espion international inconditionnellement fidèle à Staline. Diverses liquidations voulues par Staline lors de la guerre d’Espagne lui sont imputées mais également celle de Trotski, et de Willi Münzenberg. Mais inculpé, sous le nom d’André Simone, lors des procès de Prague, dits procès Slansky, et finit pendu dans les locaux de la prison de Ruzine à trois heures du matin le 3 décembre 1952 : son corps est brûlé et les cendres dispersées sur le bas-côté d’une petite route à proximité de Prague.]] et Willi Münzenberg [[Willi Münzenberg (1889-1940), militant communiste allemand, membre de l’internationale communiste, propagandiste très influent. Münzenberg est un fidèle à Staline et à sa politique à l’étranger. Il est tout à fait au courant des énormes crimes staliniens. Il joue un rôle dans le recrutement des brigades internationales qui vont combattre en Espagne dans le camp des républicains. Cependant, en 1937, la situation se complique pour Münzenberg : il est officiellement exclu du parti communiste allemand et fait l’objet de nombreuses accusations. Il s’oppose alors pour la première fois à Staline de manière ouverte. Il devient un véritable leader d’opposition au fascisme, au stalinisme et fonde un nouveau journal d’opposition Die Zukunft (« Le Futur »). Le 17 octobre 1940 dans un bois du village de Montagne, près de Saint-Marcellin, des chasseurs découvrent son corps partiellement décomposé au pied d’un chêne, une corde autour du cou. Le dossier est « classé suicide » par le Parquet. D’après les témoignages de ses amis du camp, Münzenberg ne semblait pas déprimé, ce qui laisse à penser qu’il a été assassiné par le NKVD sur ordre de Staline. Aujourd’hui la thèse de l’assassinat politique semble largement partagée.) (wikiberal.org)]] (qui seront plus tard assassinés par Staline) selon laquelle le POUM serait « hitléro-trotskiste » et complice des franquistes pour qui il aurait déclenché les émeutes de mai à Barcelone, exigent et obtiennent son interdiction. (J’avais 16 ans en 1937, et je m’étais éveillé à la conscience politique après la victoire du front Populaire en France. Je lisais Essais et Combats des étudiants socialistes « gauchistes » Solidarité Internationale Antifasciste, de tendance anarchiste, La Flèche « frontiste » qui prônait la lutte sur deux fronts contre le fascisme et contre le stalinisme, Le Canard Enchainé, et toutes mes lectures réprouvaient le communisme stalinien, dénonçaient l’imposture des procès de Moscou, révélaient la répression que subissaient dans le camp républicain anarchistes et Poumistes, et faisaient état de la disparition de Nin. Aussi comme si un fil invisible me liait à cette minorité réprimée et opprimée, je fis mon premier acte politique en allant au siège de la SIA [[Solidaridad Internacional Antifascista, organisation anarchiste de secours aux combattants et civils espagnols.]] qui demandait des bénévoles pour faire des colis aux combattants anarchistes et poumistes. Il a fallu 4 ou 5 ans plus tard la résistance soviétique devant Moscou et l’espérance que la victoire ferait dépasser l’âge de fer du communisme pour que s’estompe dans mon esprit ce qui était si vif à ma conscience durant mon adolescence. Nin disparaît peu après en sortant du siège du POUM. Les staliniens déclarent que Nin a fui chez Franco [[Francisco Franco Bahamonde (1892-1975) Pendant plus de 35 ans, Franco dirigea l’Espagne d’une main de fer. Bien qu’ayant renversé un régime légitime par la force et avec l’aide de l’Allemagne nazie, il parvint à rester au pouvoir après la victoire des Alliés. L’Espagne fut ainsi, jusqu’en 1975, l’un des derniers pays totalitaires en Europe de l’Ouest. Sous le régime franquiste, non seulement la vie démocratique en Espagne fut particulièrement réduite, mais le développement économique du pays fut également retardé. Des centaines des milliers d’opposants ou considérés comme tels disparurent sous son règne, assassinés]])et dénoncent le POUM comme hitlero-trotzkyste. Ils publient une fausse lettre de Nin à Franco lui indiquant les fortifications de Madrid, encore tenue par les républicains. La police républicaine, sur la base des faux documents démontrant la collusion du POUM avec l’ennemi franquiste, investit le 16 juin 1937 le siège du POUM et y arrête ses dirigeants. Des militants du POUM, dont la presse était interdite, avaient posé sur les murs de Barcelone la question « Où est Nin ? ». La presse stalinienne répondit que Nin avait été libéré par ses « amis » de la Gestapo et se trouvait « soit à Salamanque, soit à Berlin ». Le POUM est interdit, ses unités combattantes dissoutes. Wilebaldo avait continué son activité en publiant clandestinement La Batalla, et était devenu membre du Comité exécutif clandestin du POUM à partir de juillet 1937. Il est arrêté en avril 1938, emprisonné à la prison « Model » de Barcelone ; alors que Barcelone va tomber entre les mains franquistes (fin janvier 1939) Wilebaldo et les autres détenus du POUM (Julian Gorkin [[Julián Gómez Garcia, dit Gorkin (1901-1987). En 1936, il représente le POUM (dont il devient secrétaire international) au Comité central des milices antifascistes de Barcelone, et dirige La Batalla. Il est arrêté après les journées de mai 37 et détenu jusqu’à la chute de la Catalogne en 39. Secrétaire du POUM en exil et du Centre marxiste international qui a succédé au Bureau de Londres (1939)…( Bataille socialiste)]], Juan Andrade [[Juan Andrade (1898-1981). Participe à la fondation du PCE, membre de Comité exécutif et directeur de son hebdomadaire, La Antorcha. Exclu du P.C.E en 1927. En 1935, il participe à la fondation et à la direction du Parti Ouvrier d’Unification Marxiste. Aux avant-postes durant la révolution et la guerre civile, il est arrêté par la police russo-stalinienne le 16 juin 1937 avec d’autres responsables du POUM et demeure en prison jusque fin 1938. Après la guerre, il est un des animateurs de la direction du POUM en exil. (marxists.org)]], Pere Bonet [[Pere Bonet, Responsable militant du POUM participe activement aux journées de mai 37, contre les milices manœuvrés par le PCE et le Komintern qui cherchent à les anéantir. Il est un des accusés du procès contre le POUM orchestré par les mêmes ; en octobre 1937 pour déclarer le POUM hors la loi comme complice des fascistes de Franco. Il est condamné, comme ses coaccusés, à 15 ans de réclusion. (Article de la SIA paru dans Solidaridad Obrera du 29 octobre 1937)]] sont transférés à la prison de Cadaquès, dont ils réussissent à s’évader. Militants et dirigeants se réfugient en France, comme des centaines de milliers d’autres républicains, où ils subissent le régime des camps d’internement. La guerre d’Espagne se termine le 1er avril 1939. Wilebaldo est libéré, Il s’établit à Paris, où il essaie de réorganiser le POUM et publie de nouveau La Batalla.

L’Allemagne attaque la Pologne le 1er septembre, la France et l’Angleterre lui déclarent la guerre le 3 septembre. Le POUM adopte une position de « défaitisme révolutionnaire », adhérant au Front ouvrier international contre la guerre (créé en septembre 1938).

Alors que les troupes allemandes envahissent la France, Wilebaldo se réfugie à Montauban, qui fait partie de la zone sud vichyssoise non occupée. L’État de Vichy réprime les organisations espagnoles en exil. Wilebaldo est arrêté en 1941 avec d’autres dirigeants du POUM et condamné par le tribunal militaire de Montauban à 20 ans de travaux forcés. Il est détenu à la centrale d’Eysses [[La centrale d’Eysses, d’abord abbaye elle devint prison sous la révolution. Ce fut l’une des prisons d’État où les autorités de Vichy, collaboratrices enfermèrent des résistants. Fin 1943 elle comptait environ 12OO résistants de toute obédience politique et religieuse qui furent ensuite livrés à Hitler. Parmi un grand nombre d’antifascistes espagnols. Le 3 janvier 1944 5’ prisonniers s’évadèrent. À la suite de cette évasion, Schivo le nouveau directeur installe des méthodes de terreur. (Eysse contre Vichy, amicale des anciens d’Eysse, éditions Tirésias)]] à Villeneuve sur Lot.

Voici ce que Wilebaldo m’a raconté :

À la prison, il y avait des communistes détenus par le gouvernement Daladier après l’approbation du pacte germano-soviétique par leur parti, des anarchistes, un trotskyste, le mathématicien Gérard Bloch pour avoir promu le défaitisme révolutionnaire, un catholique, sans doute qui avait manifesté son opposition à Vichy. Gérard Bloch ne tarissait pas de sarcasmes contre Staline auprès des détenus communistes. Ceux-ci, organisés en cellule, décidèrent de le liquider physiquement. Le catholique avait eu vent de cette décision et, indigné, il s’en été ouvert à Wilebaldo. Celui-ci se trouva dans un dilemme cornélien : avertir la direction de la prison et ainsi collaborer avec l’ennemi de classe, ou se taire et laisser exécuter Gérard Bloch. Il se résolut à avertir la direction, qui mit Gérard Bloch en isoloir. Gérard Bloch, peu affecté par la solitude, faisait des équations sur les murs de sa prison et gardait ses espérances révolutionnaires (il survécu à la déportation et après la libération se présenta aux élections législatives dans le 9ème arrondissement. Le parti communiste apposa une affiche sur les panneaux et les murs « à bas Bloch l’hitlérien ») Du coup Wilebaldo fut mis en quarantaine par ses codétenus communistes d’autant plus qu’il dénonçait les mensonges des communistes espagnols à l’égard du POUM. Il arriva que le responsable de la cellule communiste tomba malade et que ses camarades demandèrent à la direction de le transférer à un hôpital, et cela d’autant plus que l’infirmerie de la prison était assuré par Wilebaldo, qui comme je l’ai indiqué avait commencé des études de médecine. La direction refusa l’hôpital et après débat lui-même cornélien, la cellule décida de confier le malade à l’hitlero trotskyste. Par chance Wilebaldo guérit le malade, le parti communiste cessa sa quarantaine, et la guerre devenue mondiale, tous furent d’accord pour souhaiter la défaite du nazisme. La zone Sud fut occupée par l’Allemagne en novembre 1942 et au cours de l’année 43 un officier SS vint visiter la prison pour choisir les détenus à transférer dans les camps nazis d’Allemagne ou de Pologne. Communistes, trotskystes, Poumistes furent parmi les déportables. Or l’officier SS qui fut dans sa jeunesse un militant trotskyste reconnut Wilebaldo qu’il avait fréquenté lors d’une rencontre de jeunes révolutionnaires européens. Aussi il n’inscrivit pas Wilebaldo dans sa liste. Après le débarquement des alliés, la libération approche et des FFI libèrent les prisonniers de la centrale d’Eysses le 17 juillet 1944. Les communistes proposent à Wilebaldo de les suivre chez les FTP, mais il refuse et avec des codétenus anarchistes, il organise le bataillon Libertad [[Composé en grande partie d’anarchistes espagnols.]], indépendant des maquis sous contrôle communiste. Il va délivrer son camarade Juan Andrade de la prison de Bergerac, dans laquelle il avait été maintenu après la libération de la ville.

La France une fois libérée, La Batalla reparaît officiellement à partir de juillet 1945. L’objectif du POUM est de renverser le franquisme en Espagne, mais Solano et Andrade n’ont guère d’espoir, étant certains que les États-Unis et le Royaume-Uni ont intérêt au maintien de Franco au pouvoir.

En 1948, Wilebaldo Solano est secrétaire général du POUM en exil. Les militants en France sont évalués à 300 personnes par les services de renseignement français. Puis le POUM dépérit. Wilebaldo travaille pour l’AFP de 1953 à 1981. Mais il n’a cessé d’être obsédé par la nécessité de réhabiliter Andreu Nin à qui il consacre une biographie. L’occasion quasi miraculeuse se présente après l’effondrement de l’Union soviétique. Wilebaldo apprend que les archives du KGB [[Le KGB (КГБ), sigle du russe Komitet gossoudarstvennoï bezopasnosti soit le Comité pour la Sécurité de l’État, est le principal service de renseignement de l’URSS post-stalinienne. À l’intérieur de cet État, il avait également fonction de police politique. Du 13 mars 1954 au 6 novembre 1991, le KGB, dont le quartier-général est domicilié au 2, place Félix Dzerjinski à Moscou fut l’organisation chargée de la sécurité de l’URSS, de la police secrète, et des services de renseignements.]] (successeur du NKVD) [[NKVD : abréviation de Komissariat Vnoutrennikh Diel ou Commissariat du peuple aux Affaires intérieures, était la police politique de l’URSS — équivalente à un ministère — et « chargée de combattre le crime et de maintenir l’ordre public »]] peuvent être consultées. Il organise au début 1990 une expédition à Moscou de journalistes et d’opérateurs de la télévision catalane pour découvrir la vérité sur la mort de Nin. Effectivement, des officiers du KGB acceptent de « vendre » les documents concernant Nin. Il s’agit de deux lettres à Staline du général Orlov,[[Lev (Leïba) Lazarevitch Feldbine dit Alexandre Mikhaïlovitch Orlov (1895-1973) Agent résidant du NKVD Il est conseiller en chef de la sécurité intérieure et du contre-renseignement du gouvernement républicain de Madrid. Il surveille en même temps la conformité idéologique des officiers républicains au sein du Servicio de Información Militar, SIM. Il fonde une école de formation de groupes de diversions chargés de monter des opérations de diversion à l’arrière de l’ennemi. Il fut le principal acteur de la destruction du POUM en Catalogne, et de l’exécution de ses dirigeants. .(wikipedia.org)]] chef des services secrets soviétiques en Espagne durant la guerre civile. (Ces archives, ont été utilisées par José María Zavala dans son livre En busca de Andreu Nin À la recherche d’Andreu Nin et filmées dans un documentaire de la télévision catalane consacré à Nin), Dans la première lettre, Orlov propose un plan à l’approbation de Staline : il fera enlever Nin par des policiers espagnols de confiance, le fera transférer dans le sous-sol d’une villa qui appartient au commandant des forces aériennes républicaines, et lui fera avouer sa complicité avec Franco. Il pourra même organiser un procès public à l’image des procès de Moscou, où sera présentée une fausse lettre de Nin à Franco lui livrant les plans des fortifications de Madrid. Nin fut enlevé, enfermé, torturé, n’avoua rien et mourut assassiné le 20 juin 1937. Son cadavre fut enterré dans un champ et il fut annoncé que Nin avait fui en territoire franquiste. La seconde lettre du général Orlov relate ces événements et elle est contresignée par cinq responsables du Kominterm, dont les Soviétiques ont effacé les noms des deux Espagnols [[N d A : Quand les catalans ont acheté (payé) au KGB les 2 documents, ils ont trouvé rayés et illisibles les noms des deux témoins espagnols; est ce qu’ils ont fait ça pour vendre leur silence aux communistes espagnols.]]

Qui était et que devint le général Orlov ?

Après une carrière d’agent secret en diverses capitales, il fut assigné à Madrid durant la guerre d’Espagne. Il a commis l’exploit en Octobre 1936 d’organiser le transport de tout l’or de la République espagnole de Madrid à Moscou. Le gouvernement républicain avait secrètement accepté ce transfert en avances pour le paiement de fournitures d’armes à venir. Durant 4 nuits, des convois de camion, conduits par des Soviétiques, transportèrent 510 tonnes d’or de leur cache dans les montagnes jusqu’au port de Carthagène. Là, sous la menace des bombardements de la Luftwaffe La Luftwffe est la composante aérienne de la Wehrmacht pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle a également participé à la guerrea d’Espagne., l’or a été réparti entre 4 steamers soviétiques qui partirent pour Odessa. De là, l’argent fut convoyé jusqu’à Moscou dans un train spécial blindé. Une fois l’or en sureté, Staline fit bombance en assurant que jamais les Espagnols ne reverraient leur or. Orlov fut décoré de l’ordre de Lénine. Toutefois la principale activité d’Orlov en Espagne fut d’arrêter et exécuter trotskistes, anarchistes, catholiques pro franquistes ou supposés tels. Durant les procès de Moscou, où même les compagnons de Lénine étaient exécutés, Staline se méfia de tous ceux qu’il avait envoyés en Espagne, pensant qu’ils subiraient des influences délétères, notamment trotskystes. Aussi emprisonna-t-il voire exécuta-t-il, ceux qu’ils rapatriaient [[En fait, il y avait un traitement différent entre la liquidation de cadres âgés et expérimentés et la conservation de personnes « utiles » : le cinéaste Karmen ; et surtout de jeunes spécialistes : aviateurs, tankistes, marins, etc., comme Khadli Mamsourov, devenu général pendant la seconde guerre mondiale, puis chef du renseignement militaire (GROU).]] Orlov apprit que les Soviétiques qui rentraient d’Espagne à Moscou étaient arrêtés. Aussi quand il fut rappelé en 1938 avec l’ordre de prendre un navire soviétique à Anvers, il s’enfuit avec sa femme et sa fille au Canada puis aux USA. Mais il envoya, par le truchement de l’ambassadeur d’Union soviétique à Paris deux lettres, l’une à Staline, l’autre à Yeyov [[Nikolaï Ivanovitch Iejov(1895-1940), surnommé « le nain sanguinaire » est un policier et homme politique soviétique. Le chef d’orchestre des grandes purges staliniennes de 1936 à 1938. Il est mort fusillé sur ordre de Staline et de Lavrenti Beria le 4 février 1940 à Moscou et effacé des photos officielles.]] alors chef du NKVD, annonçant qu’il révélerait tous les secrets des opérations du NKVD s’il arrivait malheur à lui et aux siens. Orlov a aussi envoyé une lettre à Trotski le prévenant de la présence de l’agent du NKVD Zborowski auprès de son fils Lev Sedov (qui fut assassiné) mais Trotski considéra cette lettre comme une provocation et il fut aussi aveugle sur son informateur que Staline le fut quand son agent à Tokyo, Sorge, le prévint en juin 41de l’imminence d’une attaque allemande contre l’URSS. Orlov n’a jamais révélé les noms des agents du NKVD opérant à l’Ouest, y compris quand il fut interrogé par le FBI et une commission sénatoriale américaine. Mais trois ans après la mort de Staline, en 1956 il écrivit un article pour Life Magazine , The Sensational Secret Behind the Damnation of Stalin. Il y disait que des agents du NKVD avaient trouvé, dans les archives tsaristes, des documents prouvant que Staline avait été un agent de la police secrète tsariste, l’Okhrana L[[’Okhrana, officiellement « Otdeleniye po okhraneniou obchtchestvennoï bezopasnosti i poryadka » « Section de préservation de la sécurité et de l’ordre publics » généralement abrégé en Okhrannoye otdeleniye, était la police politique secrète dunTsar à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle. Le nom russe commun pour cet organisme est Okhranka.]]. Ces agents auraient alors préparé un coup d’Etat avec le chef de l’Armée Rouge, le maréchal Toukhatchevski, [[Le maréchal Toukhatchevski, (1893-1937). Officier du Tsar, il rallie la révolution et adhère au parti bolchévique en 1918. En 1921, sur ordre du parti communiste, il écrase la révolte des marins de Kronstadt, qui fait plusieurs milliers de morts. En été de 1921, Toukhatchevski n’hésite pas à bombarder les populations aux gaz toxiques pour mater la grande révolte des campagnes de Tambov sans l’accord de ses supérieurs. Nommé Commandant en chef de l’armée rouge en août 1921. Staline fait éliminer les chefs militaires de la révolution russe : Les 11 et 12 juin 1937, le maréchal Toukhatchevski, les généraux Iakir, Ouborevitch, Kork, Eideman, Feldman, Primakov, et Poutna sont fusillés (Gamarnik s’est déjà suicidé le 31 mai). Dans les dix jours suivants, plus de 1000 officiers supérieurs sont arrêtés dont 21 généraux de corps d’armée et 37 généraux de division. Beaucoup seront également passés par les armes.]] mais Staline avait découvert le complot, d’où l’exécution de Toukhatchevski et la sanglante purge dans l’Armée Rouge. Orlov demeura dissimulé aux Etats Unis sans que Staline chercha à le découvrir. Il publia ses mémoires après la mort de Staline en 1953; l’histoire secrète des crimes de Staline (Random house). Orlov est mort dans son lit en 1973. Wilebaldo est mort en 2010. Nous nous sommes revus à diverses reprises à Paris et à Barcelone. Mais nous nous sommes perdus de vue au début de ce siècle ; c’est tardivement que j’ai appris sa mort à 94 ans. Edgar Morin

Andreu Nin et Wilebaldo Solano 1936
Andreu Nin et Wilebaldo Solano 1936
Interview de Wilebaldo Solano journal ABC
Interview de Wilebaldo Solano journal ABC
Wilebaldo Solano, toujours debout
Wilebaldo Solano, toujours debout

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Rapport sur la participation de l’Association 24 août 1944 à Casas Viejas en janvier de 2016

Tentative armée d’instauration du communisme libertaire par des adhérents de la CNT (Confederación Nacional del Trabajo Confédération nationale du travail).

Le mouvement échoua à cause d’erreurs organisationnelles. Les ouvriers agricoles du village attaquèrent le poste de la garde civile en tuant deux des quatre membres. Des renforts arrivèrent rapidement, car la garde civile tout comme la garde d’Assaut voulaient donner une leçon aux travailleurs. La maison couverte de chaume où s’étaient réfugiés plusieurs membres et amis de la famille de Francisco Cruz Gutiérrez, appelé Seisdedos fut encerclée. Comme les forces de l’ordre n’arrivaient pas à la prendre d’assaut à cause de la précision des tirs des assiégés (un autre garde avait été tué), elles lancèrent des torches sur la toiture couverte de bois et de branches de bruyère pour l’incendier. Cinq personnes périrent dans la maison, deux furent abattues en tentant d’échapper aux flammes et seuls deux purent s’enfuir : une jeune fille – María Silva Cruz – et un enfant. Ensuite, les gardes s’en prirent arbitrairement à des syndicalistes de la CNT et ils les exécutèrent. La répression sauvage, vingt et une victimes prolétariennes pour “venger” trois gardes, entraina une tempête politique nationale en discréditant et en faisant tomber le gouvernement de centre gauche et socialiste de Manuel Azaña. Pour commémorer ces événements: La municipalité a fait “la traditionnelle offrande florale en souvenirs des personnes assassinées”, et une exposition photographique “Les lieux de Casas Viejas. Emplacement et évolution” et une évocation théâtrale (Diario de Cádiz, 10.01.16).

L’association Iniciativas-Benalup-Casas-Viejas a organisé 3 journées.

Le lundi 11 janvier fut consacré à l’évocation des événements qui se sont déroulés à Casas Viejas, en janvier 1933. Cette journée s’est déroulée à la Maison de la Culture Jerome Mintz [anthropologue nord-américain qui vécut plusieurs années dans ce village et qui a écrit en 1982 un livre magnifique, The Anarchists of Casas Viejas, bien plus fidèle à la réalité que les travaux antérieurs de la majorité des historiens]. Il y eut ensuite un parcours le long des principaux lieux où les faits tragiques s’étaient passés. Des reproductions photographiques y furent placées, et elles sont restées jusqu’au dimanche 17 janvier. Cette promenade nocturne s’est terminée par la visite de l’Espacio Conmemorativo Casas Viejas 1933 (http://sucesoscasasviejas1933.es/) qui avait exceptionnellement ouvert ses portes à 22 heures. On put y voir un excellent documentaire sur les événements de janvier 33. Ce musée se trouve devant ce qui était la maison où 7 personnes furent brûlées vives. Le mercredi 13 janvier, la relation de Casas Viejas avec Mauthausen a été évoquée, avec la projection du film saisissant et bien documenté du Train fantôme d’Angoulème. « Convoi 927 ». Le jeudi 14 janvier a marqué la fin de ce cycle de la Mémoire historique avec le documentaire « Les oubliés de la victoire », Comment les Espagnols de la Nueve ont libérés Paris, et avec la collaboration de Frank Mintz, Enrique Carabaza et Juan Chica Ventura.
 Tout aussi important, voire plus, c’est le sens de la participation à cette commémoration. Dans ce village de 7.800 habitants il existe un silence sur la signification des événements, c’est un sujet tabou. Il y a une séparation totale entre l’activité officielle de la mairie et ce que pense la population. Il ne semble pas y avoir non plus de conscience des répercussions des faits au niveau national et international. En tant que représentants de l’Association 24 août 1944 nous avons été frappés par la chaleureuse hospitalité et le dévouement des membres d’Iniciativas-Benalup-Casas-Viejas ainsi que celle des habitants, des jeunes et des moins jeunes de Casas Viejas. Un contraste évident avec le silence de la municipalité. Par exemple de nombreux jeunes du CES de Casas Viejas ignorent les noms des deux adolescentes assassinées : une abattue le 12 janvier 1933 lorsqu’elle voulait échapper aux tirs et aux flammes, Manuela Lago Estudillo de 18 ans; l’autre María Silva Cruz 16 ans en 1933, fusillée le 24 août 1936. Toutes deux appartenaient au Groupe libertaire féminin “Amor y Armonía”. Un professeur d’histoire du collège de Casas Viejas, Salustiano Gutiérrez Baena a écrit dans son livre Itinerarios por Casas Viejas (Cádiz, 2009, un DVD inclus, 253 pp.) “Ceux qui ont été tués morts ne l’ont pas été à cause du mauvais sort, par le Fruit du hasard […] mais parce qu’ils avaient une idéologie concrète, parce qu’ils appartenaient à une classe sociale déterminée […] Chaque fois que nous ferons cet itinéraire [sur les lieux des crimes], chaque fois que nous collaborerons à la compréhension et à la diffusion de ces événements nous laisserons la porte ouverte sur l’espoir que, même si beaucoup de batailles ont été perdues, tout de même et finalement, nous ne perdons pas la guerre. (pp. 249-250)”. Et Salustiano Gutiérrez Baena lui-même a fait ce commentaire le 10 janvier 2016 il est surprenant que “les causeries […] animées par des historiens aussi prestigieux que José Luis Gutiérrez Molina, Juan Chica Ventura, Frank Mintz et Enrique Carabaza n’apparaissent pas dans la programmation officielle de la mairie, et qu’aucun journal ne s’en fassent l’écho. Cela fait réfléchir… Plusieurs faits peuvent l’expliquer, mais je suis convaincu que cela n’est pas par hasard ou par mégarde.”

Manuela Lago Estudillo
Manuela Lago Estudillo
Maria Silva Cruz "La Libertaria"
Maria Silva Cruz « La Libertaria »

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