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Étiquette : Nécrologie

« Ni vieux, ni traitre » Victor Simal, dernier sourire

« Ni vieux, ni traitre »
Victor Simal

Né le 6 octobre 1944, de père et mère catalans.
Ses parents passent la frontière début février 39 avec leur fille de 36 mois. Ils sont immédiatement enfermés au camp de concentration d’Argelès sur mer où sa soeur décéde de faim, de froid et de maladie.
À la sortie du camp, ils rejoignent Paris et son père entre dans la résistance, comme beaucoup d’autres réfugiés espagnols.
À la fin de la Seconde Guerre mondiale, ils s’installent en Normandie comme photographes. Et Victor apprend le métier avec eux. Il exerce la photo à Paris.
En 1974, départ dans les Pyrénées Orientales où il entre rapidement en contact avec les libertaires de la région : Luttes contre le nucléaire, soutien aux insoumis, contacts et aides aux camarades libertaires encore sous la férule du dictateur Franco. En 78, en passant la frontière, il tombe dans une embuscade tendue par la Guardia-Civile espagnole : 3 jours de torture, 9 mois de prison à la Modelo de Barcelone, plusieurs mutineries et 3 grèves de la faim avant d’être libéré sous caution.
En 1983, il retourne à Paris et travaille 18 ans dans la chaine M6 en qualité de journaliste caméraman. Il lui vient alors la mauvaise idée d’accepter un reportage en Espagne, la police l’intercepte et c’est reparti pour 3 mois de prison au bout desquels il est acquitté.

Depuis longtemps sa devise préférée est « Ni dieu ni maitre », à laquelle il accola :
« Ni vieux, ni traitre »

Victor,
Aujourd’hui tu raccroches les gants, mais seulement après avoir réalisé ton œuvre ultime qui te tenais tant à cœur. Dénoncer encore une fois le franquisme et ses terribles survivances.
Nous sommes fiers d’avoir participer à cette aventure qui t’a permis de rappeler une page d’histoire enfouie dans l’oubli collectif et surtout qui t’a rendu si heureux. Nous savourons encore aujourd’hui le souvenir rieur de ta présence pour la présentation de ton film en décembre 2021. :
Et comme oraison funèbre nous voulons rappeler aux parsonnes qui liront de quoi traite ton ultime travail :

La Modelo, prison de Barcelone
Amis dessous la cendre, Victor Simal, 2021

Après la mort de Franco, le régime espagnol va maintenir un appareil policier et militaire semblable à celui du régime franquiste. Au cours de la « transition démocratique », le gouvernement espagnol va ouvrir des discussions avec les partis politiques et les syndicats qui vont aboutir aux pactes de La Moncloa signés en 1977. Seule la Confédération National du Travail (CNT, syndicat anarcho-syndicaliste) va refuser d’ajouter sa signature, ce qui va entraîner une violente répression à l’encontre du mouvement libertaire. En février 1978, 12 libertaires sont arrêtés lors d’une rafle sur le territoire espagnol. C’est au cours d’activités militantes que, notamment, Bernard Pensiot et Victor Simal, libertaires français, seront appréhendés. Le premier à Barcelone le 3 février 1978 ; le second à la frontière espagnole avec 3 autres compagnons le 4 février 1978. Avant d’être incarcérés à La Modelo, ils seront durement torturés pendant 72 heures lors des «interrogatoires» de la Guardia civil.

Victor Simal, écrivain, poète et réalisateur a vécu de l’intérieur et dans sa chair ces années d’emprisonnement. Il fallait au pouvoir espagnol de quoi alimenter la peur afin de contrer la popularité dont semblait à nouveau bénéficier la CNT et le mouvement anarchiste, sortis de la clandestinité.

Merci Victor d’avoir vécu et d’avoir tant partagé avec les autres !
Nous ne t’oublierons pas.

Marie-José Cortes, un beau sourire s’efface subitement.

Marie José Cortes (08-02-1946 — 29 10 2021)

C’est à nouveau pour notre association une perte incommensurable. Marie-José était toujours souriante, elle nous apportait un soutien indéfectible et toujours amical. Sa bonne humeur était contagieuse et à ses côtés tout le monde se sentait bien. Elle savait nous insuffler courage et persévérance dans nos actions.

Toujours présente, cette grande timide avait su également vaincre son effacement pour prendre la parole en public et nous parler avec amour et tendresse de son papa, José Cortes mais également ce 24 août dernier de sa grande amie Colette Dronne, qu’elle a longtemps côtoyée.

En ce pénible moment nous pensons fortement à elle qui va cruellement nous manquer et à ses plus proches ami(e)s pour lesquels son absence n’est tout simplement pas encore imaginable !

Tous les membres de l’association s’associent à leur grande douleur.

Hommage à Lucio Urtubia

Ce 17 juillet , les cendres de Lucio seront inhumées dans la cimetière du village, à côté de ses parents.
Un hommage lui sera rendu un peu avant dans un parc du village de Cascante.

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Décès d’Enric Melich, 7 juillet 2021

Enric Melich, Libertaire et résistant nous a quitté mercredi 7 juillet après une existence consacrée à la défense de la Liberté, autour de ses idées libertaires pour une société juste et équitable…

Nous vous invitons à regarder ce petit documentaire réalisé par Victor Simal qui nous en apprend beaucoup sur son parcours et sur sa considération de la vie.

C’est, pour ceux qui l’ont connu, une grande tristesse mais chacun garde en mémoire son acharnement à défendre sa philosophie anarchiste et sa vie dédiée aux autres. Il nous laisse, bien ancrées, ses idées et son exemple chaleureux, pour continuer son chemin!

Merci Enric d’avoir été de ceux qui n’ont jamais renoncé à leur idéal et d’avoir transmis ta force aux autres.
Tu nous laisse un livre mémoire, édifiant sur l’histoire des maquis en France:
« À chacun son exil, itinéraire d’un militant libertaire espagnol »
Henri Melich
(mis en forme par Romain Melich)
Editions Acratie, 2014.

Un hommage d’Hélios Serrate, de l’association Les amis du 24 août 1944, des Pyrénées Orientales:

Henri Melich
a rendu les armes à 95 ans après une vie bien remplie.

Arrivé en France avec la Retirada, il s’est engagé dans la résistance française.

Par ailleurs, il a participé à l’opération du Val d’Aran, au travers d’une diversion à la hauteur de Valcebollère, puis il s’est engagé dans l’armée française pour échapper à la répression de la UNE. Il a poursuivi son combat contre le fascisme jusqu’en Allemagne.

A la libération, Henri s’installe durant quelques années à Cerbère, dans les Pyrénées-Orientales. Il aide des fugitifs au passage de la frontière espagnole, et, en sens inverse de la propagande antifasciste.

Plus tard, il s’installe sur Toulouse et milite à la FIJL (Fédération Ibérique des Jeunesses Libertaires) où il occupera des responsabilités.

Il revient en Roussillon par la suite et continue inlassablement son activité militante.

Henri a été un amoureux inconditionnel des livres, sensible à la nature, ouvert à tout, contre tous les sectarismes, faisant preuve de courage, d’un engagement sans faille, doté d’un sens aigu de la fraternité et toujours très digne.

Il a été un homme de conviction et profondément humain.

Sourire aux lèvres, œil pétillant et malicieux, attentionné avec une parole agréable pour chacun et chacune, un charme naturel cultivé, Henri a souvent brillé au milieu d’auditoires différents.

Sa vie militante a sans doute pu être aussi intense grâce à sa compagne, Herminia, d’un courage, d’une abnégation et d’une discrétion exemplaires.

Salut compagnon !
Hélios

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José Torres nous quitte à 95 ans

Pourtant ils seront là toujours présents, troupeau amical de la nature, toujours en mouvement prêts à bondir de leur cachette au moindre besoin. Ils resteront là aux aguets comme tu es là leur créateur, leur ami, toujours à nos côtés. Tu es dessin, tu es métal, tu es mouvement et tu continues à insuffler en nous la force d’avancer sur le chemin de l’existence.

Ta sensibilité d’artiste mêlée à ton engagement politique aux côtés de ceux qui défendent la Liberté et la justice n’ont jamais fait défaut tout au long de ton existence et de ton exil. Tu créais pour l’avenir, et tu nous laisses la force tranquille et résolue de tes animaux pour transmettre tes convictions mais aussi ta force de vie, ta joie et ton humour.
Pour nous enfants d’exilés libertaires espagnols c’est une grande perte.

Né dans la province de Lléida, (Catalogne) le 20 novembre 1925, d’un père instituteur déclaré laïc, José a connu déjà la répression sous la seconde république, en Espagne. 1932/1933, les autorités ont envoyé la Garde d’Assaut fermé l’école libertaire que son père avait ouverte. Ce qui n’empêcha pas que José sache lire dès l’âge de 6 ans.
Il se souvient parfaitement de la proclamation de la seconde république le 14 avril 1931, il revoit très nettement les tramways bondés de monde et les gens brandissant le drapeau républicain. L’allégresse de ce jour lui a laissé au cœur le goût des autres. Et l’école libertaire fondée par son père a été pour lui la formation de son idéal politique.
En juillet 1936, lié par sa famille, au mouvement révolutionnaire, il connait les collectivités à MasRoig, province de Tarragone, puis à Valls jusqu’à la Retirada.

À la frontière, séparé de son père, il est acheminé vers Rennes en Bretagne, avec sa maman et ses sœurs. Là il a pu mesurer l’hospitalité légendaire des autorités françaises, puisqu’elles ont tenté de faire signer les femmes pour accepter de rentrer en Espagne et devant le refus, les gardes mobiles sont intervenus pour les expulser du camp manu militari. Puis il a connu les plaisirs de la plage, en plein hiver, dans une baraque, séparé de sa mère et de ses sœurs. Il essaie toutes les plages du Roussillon. Il lui a fallu grandir et apprendre très vite : Son père tué à Hartheim, (kommando de Mauthausen) et sa mère affaiblie par la maladie… Alors en juin 1941, c’est le retour en Espagne !
Barcelone les « délivre » des camps et c’est là qu’il va embrasser les sculptures de métal, par le voisin artiste qui va développer son art et faire de José un orfèvre créatif. Le gout du beau, de la pièce unique et ciselée comme peut l’être chaque individu sur terre, c’est José !
Après une fâcherie politique avec ce patron démocrate bourgeois, retour clandestin en France en juin 1947. José renoue avec le milieu libertaire pour y vivre ses propres convictions.
En France, il milite contre le franquisme, et effectue des allers et retours en Espagne pour y passer du matériel révolutionnaire jusqu’à la mort du dictateur, ce sera son lot : de la propagande, des armes, de l’argent pour les avocats pour aider les détenus… Cet argent, ils sont allés le chercher là où il était, puisqu’aucun d’entre eux n’en avait et qu’il était dans les banques, c’est là qu’ils l’ont pris !

il y eut des épreuves très difficiles et beaucoup de copains sont tombés. Mais ils savaient aussi se protéger, un compagnon espagnol leur avait trouvé un lieu où se réfugier et dormir pour récupérer en toute tranquillité. Ils étaient sûrs d’y être en sécurité la police n’y viendrait pas : C’était une maison de passe de la « compagnie de Jésus ».

Les contacts avec la population par contre étaient difficiles à cause de la peur ambiante due à la répression sanguinaire du régime.

La clandestinité le confronta à un grand danger : ceux qui racontent, qui se pensent malins et parlent trop ! Un vrai danger parce qu’incontrôlable et imprévisible.
José diras : La clandestinité est plus dangereuse par ses biais, et relations que par l’adversaire car lui tu le connais, tu sais comment il peut frapper.

La confiance est primordiale dans cette situation, cette confiance qu’il partagea souvent avec les frères Sabaté et bien d’autres encore.

De son métier, il en fit un art, apprécié de beaucoup. Du coup, idéal social et dextérité manuelle ne firent qu’un qui s’accomplit tout au long de son parcours entre création artistique et actions militantes souvent dangereuses contre le franquisme. Mais toujours avec humilité, simplicité et discrétion!

Le 5 novembre 2019 José fut l’invité d’honneur de notre exposition « Quand l’art devient Histoire » à l’Institut Cervantes de Paris. Exposition qui a réuni une trentaine d’artistes de toutes les générations autour de « la fabuleuse histoire des Républicains espagnols »

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Comme le revolver fut le compagnon du clandestin, le marteau sur la planche de métal fut la forme principale du travail du sculpteur.

Merci José d’avoir vécu ton engagement pour notre liberté et d’avoir transcrit le monde en mouvement par ton art.
Nous n’oublierons pas ton rire et ton amour de l’autre, nous les transmettrons aux générations futures.

Documents joints

Les républicains Espagnols perdent une grande amie !

Dès qu’il s’agissait d’intervenir auprès d’un lycée, avec des classes d’élèves faire le parcours de l’entrée de la Nueve dans Paris, elle était là. Présente, toujours de belle humeur et disposée à conter par le menu les anecdotes qui ont égayé sa propre jeunesse et lui ont révélé le sens du bonheur. Elle était intarissable, drôle et tellement passionnante. Les jeunes lycéen(e)s l’auraient écouté des heures durant sans se lasser, et nous aussi.

Tout comme ces élèves et leurs professeurs venus de Châteaudun par une fraiche matinée de février 2019. Emportés par la chaleur de sa voix et la ferveur de son récit, sous la douce caresse du soleil d’hiver nous avons tous pique-niquer dans le square de la tour Saint-Jacques, accrochés à ses lèvres pour imaginer les combats dans un Paris en lutte contre l’armée d’occupation allemande aux prises avec les hommes de la Nueve.

Nous nous souvenons de sa visite au 33 rue des vignobles (siège de la CNT espagnole en exil) les 23 et 24 août 2018 où elle a accueilli avec une joie non feinte la famille Campos: Teresa Campo, fille de Miguel Campo (officier de la Nueve disparu durant la campagne d’Alsace) et ses enfants.

Ou encore il fallait l’entendre rire quand elle racontait comment elle s’est mise à danser avec l’huissier (qui était un réfugié républicain espagnol) de son étage à la préfecture de Versailles le 20 novembre 1975 en apprenant la mort du dictateur, sous le regard médusé du préfet.

Dans la vie, il est rare de rencontrer des personnes d’exception qui vous font regarder la vie sous un angle positif et rieur. Eh bien Colette était de ceux-là.
Bavarder une fois avec elle et vous aviez l’impression qu’elle était l’amie de toujours, et essentielle à la poursuite de votre chemin de mémoire.

Tous les membres de l’association 24 août 1944 s’associent à la grande tristesse de sa famille et de ses proches, pour avoir perdu cet être d’exception.
Merci Colette d’avoir été tant de fois à nos côtés et d’avoir porté la mémoire de la Nueve comme celle de ta propre famille.

Lina Arconada nous a quitté

Lina, attendait dans son petit appartement du 14e arrondissement de Paris, l’occasion de voir cette magnifique exposition de portraits à laquelle elle avait prêté son doux visage.

Exposition de Pierre Gonnord, un artiste photographe de renommée internationale, qui voulait démontrer combien ces femmes espagnoles et leurs compagnons avaient été un baume pour l’espoir dans un monde meilleur. Non seulement leurs visages mais leur détermination et leur esprit de résistance à l’oppression ne furent jamais effacés ni jamais vaincus!
Lina occupait toute sa place au mitant de ces indomptables!

Hélas, elle n’aura pas eu le temps d’une ballade dans Paris, parmi les siens…… et nous en sommes très tristes. Elle n’aura pas vu cette magnifique exposition dont le catalogue l’avait tant émue.

En hommage à son engagement, à sa vie et à sa douce quiétude, nous vous offrons le texte de ses confidences à Pierre et son portrait jeune côtoyant celui de 2019.

Elle restera à jamais dans nos mémoires comme pour nous dire que l’Utopie est possible, il suffit d’y croire avec conviction!

Adieu Lina, nous vous laissons en compagnie de ses mots.

Documents joints

Joan Jorda nous a quitté

Joan Jordà (1929-2020)

Joan vient de nous quitter, ce vendredi 27 novembre 2020, atteint de graves affections pulmonaires, il a succombé au Covid 19.

Sa sensibilité d’artiste mêlée de son engagement politique aux côtés de ceux qui défendent la Liberté et la justice n’ont jamais fait défaut tout au long de son existence et de son exil. Il peignait et créait pour témoigner de ce qu’il avait vécu, à la fois d’intense espoir et d’atrocités désespérées.

Pour nous enfants d’exilés libertaires espagnols c’est une grande perte.
Nous nous réjouissons d’autant plus d’avoir pu en novembre 2019, exposé à l’institut Cervantes de Paris son triptyque sur Casa Viejas, [[10 au 12 janvier 1933 : Insurrection libertaire à Casa Viejas (Cadix) réprimée dans le sang par les autorités républicaines]], à l’occasion de notre exposition :
« L’utopie en exil : Quand l’art devient histoire » au cours de laquelle 32 artistes ont témoigné par leur création sur cette période historique très dense.

Né à Sant Feliu de Guixols, Joan Jordà est parmi les 500 000 réfugiés espagnols qui fuient la mort, en janvier 1939. Il connaitra l’exil dans un grand dénuement. Il se retrouve en camps d’internement, Où sa famille est séparée…
Dès 1945, il se fixe définitivement à Toulouse avec sa famille. Il se met à la peinture en 1947. Autodidacte, il complète sa formation auprès de peintres comme Espinasse et le graveur Louvrier, à l’Ecole des Beaux-Arts de Toulouse.
Sa première exposition personnelle en 1976, marque le début d’un long engagement dans la dénonciation de la violence et des pouvoirs totalitaires : Bombardements, Ménines, Masques et visages, Personnages cloués, Corridas, Egorgeurs…
« …. J’ai entassé des toiles pour essayer de parler de tout ce vécu. Quelle forme de récit peut le traduire… En somme, je cherche à faire une peinture tragique mais qui ne soit pas triste. Je voudrais que celui qui la regarde, s’y retrouve, même si le mécanisme de ma pensée débouche toujours sur un sentiment d’absurdité ... » (Notes personnelles de Joan Jordà).

Joan acaba de dejarnos, este viernes 27 de noviembre de 2020, sufriendo graves dolencias pulmonares, sucumbió al Covid 19.

Su sensibilidad como artista mezclada con su compromiso político junto a los defensores de la libertad y la justicia nunca ha faltado en su vida y en su exilio. Pintó y creó para dar testimonio de lo que había experimentado, tanto una esperanza intensa como atrocidades desesperadas.
Para nosotros, los hijos de los exiliados libertarios españoles, es una gran pérdida.

Estamos aún más encantados de haber podido exponer su tríptico sobre Casa Viejas,[[10 al 12 de enero de 1933: Levantamiento libertario en Casa Viejas (Cádiz) reprimido sangrientamente por las autoridades republicanas]] en el Instituto Cervantes de París en noviembre de 2019, con motivo de nuestra exposición:
«  Utopía en el exilio: cuando el arte se convierte en historia  » durante el cual 32 artistas dieron testimonio de su creación en este período histórico tan denso.

Nacido en 1929 en Sant Feliu de Guixols, Joan Jordà fue uno de los 500.000 refugia- dos españoles que huyeron de la muerte en enero de 1939. Experimentará el exilio en una gran pobreza. Vivió los campos de internamiento, en los que su familia quedó separada…
En 1945, se instaló definitiva- mente en Toulouse con su fa- milia. Comenzó a pintar en 1947. Autodidacta, completó su formación con pintores como Raymond Espinasse y el grabador Louis Louvrier en la Escuela de Bellas Artes de Toulouse.
Su primera exposición indivi- dual, en 1976, marcó el inicio de un largo compromiso con la denuncia de la violencia y de los poderes totalitarios: Bombardeos, Meninas, Másca- ras y rostros, Personajes clava- dos, Corridas, Matarifes…
“… He ido acumulando lienzos para tratar de hablar de todas estas vivencias. ¿Qué forma de narración puede traducirlas? En resumen, estoy tratando de hacer una pintura trágica que no sea triste. Me gustaría que quienes la miren encuen- tren la forma de entenderla, aunque el mecanismo de mi pensamiento siempre me lleve a un sentimiento de ab- surdo ...” (Notas personales de Joan Jordà).

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Stuart Christie, 10 juillet 1946 – 15 août 2020

Sur le site de la KATE SHARPLEY LIBRARY

Stuart Christie 1946-2020. Militant anarchiste, écrivain et éditeur

Né à Glasgow et élevé à Blantyre, Christie attribue à sa grand-mère le mérite d’avoir façonné sa perspective politique, en lui donnant une carte morale et un code d’éthique clairs. Sa détermination à suivre sa conscience l’a conduit à l’anarchisme : « Sans liberté, il n’y aurait pas d’égalité, et sans égalité, il n’y aurait pas de liberté, et sans lutte, il n’y aurait rien de tout cela. » Cela l’a également conduit de la campagne contre les armes nucléaires à la lutte contre le dictateur fasciste espagnol Francisco Franco (1892-1975).

En 1962, il adhère à la Fédération anarchiste de Glasgow. Il s’installe à Londres et contacte l’organisation anarchiste clandestine espagnole Defensa Interior. Il a été arrêté à Madrid en 1964 alors qu’il transportait des explosifs destinés à être utilisés dans une tentative d’assassinat de Franco. Pour dissimuler le fait qu’il y avait un informateur au sein du groupe, la police a affirmé qu’elle avait des agents opérant en Grande-Bretagne et (à tort) que Christie avait attiré l’attention sur lui en portant un kilt.

La menace d’une exécution par garou vil et sa condamnation à vingt ans de prison ont attiré l’attention de la communauté internationale sur la résistance au franquisme. En prison, Christie a noué des amitiés durables avec les militants anarchistes de sa génération et d’avant. Il revient d’Espagne en 1967, plus mur et plus sage, mais tout aussi déterminé à poursuivre la lutte et à utiliser sa notoriété pour aider les camarades qu’il a laissés derrière lui.

À Londres, il rencontre Brenda Earl, qui deviendra sa compagne politique et de coeur. Il rencontre également Albert Meltzer, et tous deux vont refonder la Croix noire anarchiste pour promouvoir la solidarité avec les prisonniers anarchistes en Espagne et la résistance en général. Son livre, Les coulisses de l’anarchie, a promu un anarchisme révolutionnaire en contradiction avec les attitudes de certains qui étaient entrés dans l’anarchisme depuis le mouvement de paix des années 1960. Lors de la conférence anarchiste de Carrare en 1968, Christie a pris contact avec une nouvelle génération d’anarchistes militants qui ont partagé ses idées et son approche de l’action.

L’engagement politique de Christie et ses relations internationales ont fait de lui une cible de la British Special Branch [[Au sein des forces de police du Royaume Uni, la Special Brnach ou Branche spéciale a pour mission le contre-espionnage et l’antiterroriste]]. Il a été acquitté au procès « Stoke Newington Eight » , [[Le 21 août 1971, la Special Branch et le Département des enquêtes criminelles (CID) ont fait une descente dans un appartement situé au 359 Amhurst Road, à Hackney. Jim Greenfield, Anna Mendelson, John Barker et Hilary Creek, Stuart Christie et Chris Bott, Angela Weir et Kate McLean sont tous arrêtés, sur place ou après. Le groupe est alors connu sous le nom de « The Stoke Newington 8« . Le procès s’est ouvert le 30 mai 1972 à The Old Bailey. Ce procès est devenu l’un des plus longs de l’histoire juridique britannique. Le 6 décembre 1972, Barker, Greenfield, Creek et Mendelson sont condamnés à 15 ans de prison pour « conspiration en vue de provoquer des explosions susceptibles de mettre en danger la vie ou de causer des dommages matériels graves » ( peines réduites à 10 ans après des demandes de clémence du jury). Stuart Christie, Chris Bott, Angela Weir et Kate McLean ont été acquittés.]] de 1972, affirmant que le jury pouvait comprendre pourquoi quelqu’un voulait faire sauter Franco et pourquoi cela en ferait une cible pour les « flics à l’esprit conservateur ».

Libre mais apparemment au chômage, Christie a lancé la Cienfuegos Press qui allait produire une multitude de livres anarchistes et l’encyclopédie Cienfuegos Press Anarchist Review . En bref, Orkney est devenu un centre d’édition anarchiste avant que le manque de liquidités ne mette fin au projet. Christie continuera à publier et à rechercher de nouveaux moyens de le faire, notamment des livres électroniques et sur l’Internet. Son site christiebooks.com contient de nombreux films sur l’anarchisme et des biographies d’anarchistes. Il a utilisé Facebook pour créer une archive de l’histoire anarchiste qui n’était disponible nulle part ailleurs, tout en racontant des souvenirs et des événements de sa propre vie et de celle des autres.

Christie a écrit The Investigator’s Handbook (1983), partageant les informations qu’il a mises à profit dans une dénonciation du terroriste fasciste italien Stefano delle Chiaie (1984). En 1996, il a publié la première version de son étude historique: Nous les anarchistes : une étude de la Fédération Anarchiste Ibérique (FAI), 1927-1937.

De courts tirages lui ont permis de produire trois volumes illustrés de l’histoire de sa vie (Ma grand-mère a fait de moi un anarchiste, le général Franco a fait de moi un « terroriste » et Edward Heath a fait de moi un anarchiste 2002-2004) qui ont été condensés en un seul volume sous le titre « Ma grand-mère a fait de moi un anarchiste » : le général Franco, la brigade en colère et moi (2004). Ses derniers livres ont été les trois volumes de Pistoleros ! The Chronicles of Farquhar McHarg, ses récits d’un anarchiste de Glasgow qui a rejoint les groupes de défense anarchistes espagnols dans les années 1918-1924.

Attaché à l’anarchisme et à la publication, Christie est apparu dans de nombreux salons du livre et festivals de cinéma, sans prosélytisme.

La partenaire de Christie, Brenda, est décédée en juin 2019. Elle s’est éclipsée paisiblement en écoutant « Pennies From Heaven » (la chanson préférée de Brenda) en compagnie de sa fille Branwen.

John Patten
Source : « Ser histórico »
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De la web KATE SHARPLEY LIBRARY
Stuart Christie 1946-2020. Activista anarquista, escritor y editor
John Patten

Stuart Christie, fundador de la Cruz Negra Anarquista y Cienfuegos Press y coautor de Las compuertas de la anarquía ha muerto pacíficamente tras una batalla contra el cáncer de pulmón.

Nacido en Glasgow y criado en Blantyre, Christie le dio crédito a su abuela por moldear su perspectiva política, dándole un mapa moral claro y un código ético. Su determinación de seguir su conciencia lo llevó al anarquismo: « Sin libertad no habría igualdad y sin igualdad no habría libertad, y sin lucha no habría ninguna ». También lo llevó de la campaña contra las armas nucleares a unirse a la lucha contra el dictador fascista español Francisco Franco (1892-1975).

Se trasladó a Londres y se puso en contacto con la organización anarquista española clandestina Defensa Interior. Fue detenido en Madrid en 1964 portando explosivos para ser utilizados en un intento de asesinato de Franco. Para cubrir el hecho de que había un informante dentro del grupo, la policía proclamó que tenían agentes operando en Gran Bretaña y (falsamente) que Christie había llamado la atención sobre sí mismo al usar una falda escocesa.

La amenaza del garotte y su condena a veinte años llamaron la atención internacional sobre la resistencia al franquismo. En prisión, Christie formó amistades duraderas con militantes anarquistas de su generación y de generaciones anteriores. Regresó de España en 1967, mayor y más sabio, pero igualmente decidido a continuar la lucha y usar su notoriedad para ayudar a los compañeros que dejó atrás.

En Londres conoció a Brenda Earl, quien se convertiría en su compañera de vida política y emocional. También conoció a Albert Meltzer, y los dos volverían a fundar la Cruz Negra Anarquista para promover la solidaridad con los prisioneros anarquistas en España y la resistencia en general. Su libro, Las compuertas de la anarquía, promovió un anarquismo revolucionario en desacuerdo con las actitudes de algunos que habían entrado en el anarquismo desde el movimiento por la paz de los sesenta. En la conferencia anarquista de Carrara de 1968, Christie se puso en contacto con una nueva generación de militantes anarquistas que compartieron sus ideas y su enfoque de la acción.

El compromiso político y las conexiones internacionales de Christie lo convirtieron en un objetivo de la Brigada Especial británica. Fue absuelto de conspiración para provocar explosiones en el juicio « Stoke Newington Eight » de 1972, alegando que el jurado podía entender por qué alguien querría volar a Franco y por qué eso lo convertiría en blanco de « policías de mentalidad conservadora ».

Libre pero aparentemente sin empleo, Christie lanzó Cienfuegos Press que produciría una gran cantidad de libros anarquistas y la enciclopédica Cienfuegos Press Anarchist Review . Brevemente Orkney se convirtió en un centro de publicaciones anarquistas antes de que la falta de flujo de caja pusiera fin al proyecto. Christie continuaría publicando e investigando nuevas formas de hacerlo, incluidos los libros electrónicos e Internet. Su sitio christiebooks.com contiene numerosas películas sobre anarquismo y biografías de anarquistas. Usó Facebook para crear un archivo de la historia anarquista que no estaba disponible en ningún otro lugar, mientras relataba recuerdos y eventos de su propia vida y la de otras personas.

Christie escribió El manual del investigador investigador (1983), compartiendo las habilidades que puso en práctica en una denuncia del terrorista fascista italiano Stefano delle Chiaie (1984). En 1996 publicó la primera versión de su estudio histórico Nosotros los anarquistas: un estudio de la Federación Anarquista Ibérica (FAI), 1927-1937.

La impresión de tiradas cortas le permitió producir tres volúmenes ilustrados de la historia de su vida (Mi abuela me convirtió en anarquista, El general Franco me convirtió en ‘terrorista’ y Edward Heath me enfureció 2002-2004) que se condensaron en un solo volumen como Granny me hizo anarquista: el general Franco, la brigada enojada y yo (2004). Sus últimos libros fueron los tres volúmenes de ¡Pistoleros! Las Crónicas de Farquhar McHarg , sus relatos de un anarquista de Glasgow que se une a los grupos de defensa anarquistas españoles en los años 1918-1924.

Comprometido con el anarquismo y la publicación, Christie apareció en muchas ferias de libros y festivales de cine, pero desdeñó cualquier sugerencia de que había llegado para « llevar » a cualquiera a cualquier parte.

La compañera de Christie, Brenda, murió en junio de 2019. Se escabulló pacíficamente escuchando “Pennies From Heaven” (la canción favorita de Brenda) en compañía de su hija Branwen.

John Patten
Source : « Ser histórico ».

un fossoyeur respectueux

La mise au jour de la fosse commune du cimetière de Castellón, financée par la Generalitat de Valence, a permis jusqu’à présent d’exhumer treize corps de républicains fusillés par le régime franquiste.

(…)Les douze premiers corps, situés à peine à un demi-mètre de profondeur, ont été retrouvés dans des boîtes de réduction. Tous, à l’exception d’un paysan membre du PSOE, étaient des militants anarchistes de la CNT, fusillés en 1943 et 1944.(…)

(…) En 1989, selon l’archéologue Jorge García, codirecteur des fouilles, il y a eu des travaux dans le cimetière. « Le fossoyeur de l’époque, qui connaissait l’endroit où se trouvait chaque fusillé, a commandé des boîtes en bois, a mis les noms dessus, a sorti les républicains de là où ils se trouvaient et les a enterrés dans la zone n°1 du cimetière », explique-t-il lors d’une conversation téléphonique avec le site elDiario.es. Les spécialistes ont sorti les boîtes contenant les douze corps et ont commencé le processus d’identification. Au-dessous se trouve une douzaine de corps de militants de l’UGT, de la CNT et de la Gauche républicaine. (…)

Lisez l’article complet sur le blog de Floréal :
https://florealanar.wordpress.com/2020/07/19/castellon-les-restes-de-vingt-et-un-republicains-espagnols-sortis-dune-fosse-commune-et-identifies/

Gisèle Halimi, 27 juillet 1927- 28 juillet 2020

Gisèle Halimi, née Zeiza Gisèle Élise Taïeb, le 27 juillet 1927 à La Goulette en Tunisie et morte le 28 juillet 2020 à Paris, avocate, militante féministe et femme politique franco-tunisienne.

Une des avocates féministes les plus importantes du XXème siècle ; Infatigable combattante pour la cause des femmes et le droit à l’avortement, Gisèle Halimi témoigne d’un courant du féminisme français caractérisé notamment par la certitude que cette lutte émancipatrice ne peut se passer des hommes.

Le 5 avril 1971, elles étaient 343 à signer publiquement un manifeste dans Le Nouvel Observateur et à déclarer publiquement qu’elles avaient eu recours à l’avortement. On les appela alors : Les 343 Salopes ! mais elles sauvèrent l’honneur d’une société coincée dans des principes dignes d’un âge archaïque, où la femme restait soit un objet de plaisir soit une domestique vouée exclusivement à la maternité.

En cela, elle rejoignait les femmes pionnières du monde entier en lutte pour l’émancipation féminine et notamment ces femmes espagnoles qui de 1931 à 1939 surent conquérir des droits importants et imposer leur participation pleine et entière à la transformation de la société pour plus de justice, d’éducation, de respect et de solidarité !

Le 3 décembre 1970 s’ouvrait le procès de Burgos « conseil de guerre de Burgos », à l’encontre de seize membres de l’organisation armée nationaliste basque Euskadi ta Askatasuna (ETA), accusés d’avoir assassiner Meliton Manzanas, le chef de la police politique de la province de Guipozcoa en 1968. Sous les protestations et la pression populaire internationales, pour la première fois en Espagne franquiste, le procès fut public.

Six accusés furent condamnés à la peine capitale, neuf autres totalisèrent 724 ans de prison, seule la femme fut relâchée sans condamnation. Le procès s’acheva le 9 décembre mais les protestations et manifestations internationales continuèrent. Cela contraignit Franco à annoncer, le 30 décembre, que les peines capitales seraient commuées en 30 années de prisons pour chaque accusé.

Gisèle Halimi, avocate de Djamila Boupacha, de Mehdi Ben Barka, présidente de la commission d’enquête du Tribunal Russell sur les crimes de guerre américains au Vietnam, observatrice judiciaire aux procès de Rabat et d’Athènes, a été envoyée par la Fédération internationale des Droits de l’Homme au procès de Burgos comme observatrice.
Elle en publia un ouvrage en 1971 : « Espagne; le Procès de Burgos » « Le grand mérite de l’ouvrage présenté par Gisèle Halimi, déléguée à Burgos par la Fédération internationale des droits de l’homme, est d’offrir à l’opinion des documents et des textes inédits sur ce procès et sur son Instruction. Les mémoires des avocats écrits pour la défense des principaux accusés mettent parfaitement en lumière les Irrégularités que les avocats, réduits au silence, n’ont pu faire valoir. Plusieurs fois condamnés à mort puis graciés, les accusés de Burgos n’en continuent pas moins de croupir dans des geôles. Plus qu’un reportage ou le simple récit d’un témoin engagé, le livre de Gisèle Halimi est d’abord un dossier accablant (…) ». (extrait article du Monde du 25 juin 1971) contre la dictature franquiste, tolérée depuis 1939 par toutes les démocraties du monde.

Là encore, nous devons à cette femme et à son courage, d’avoir rappelé à la connaissance de tous, les tortures et les méthodes d’intimidations qui sévissaient en Espagne franquiste, comme mode de gouvernance politique.

Lucio, L’ombre de la liberté

Lucio Urtubia

Quand tu es arrivé en France, tu as commencé modestement, sans trop savoir, voici ce que toi-même tu en dis :
« En 1954 j’arrive en France, déserteur de l’armée espagnole, je commence à travailler, je n’allais pas prétendre avoir un emploi comme enseignant ou comme ministre car je ne savais ni lire ni écrire, mais comme manœuvre dans un chantier. Mes papiers, c’est le maire de Marne la coquette, un gaulliste qui me les a fait car il avait une petite entreprise de bâtiment, j’ai commencé à travailler là, déclaré. Parmi les ouvriers il y avait plusieurs catalans réfugiés, qui avaient fait la guerre d’Espagne et la guerre en France, ils étaient anarchistes et très méfiants envers moi. À l’heure du casse-croûte, ils m’ont demandé quel était mon idéal, j’ai répondu : je suis communiste ; à cette époque en Espagne le gouvernement franquiste mettrait sur le dos des communistes tout ce qui arrivait alors que la plupart des activités antifascistes c’était les anarchistes, mais je ne savais rien de tout cela, et les amis du chantier m’ont répondu, : Lucio tu n’es pas communiste, tu es anarchiste ! les jours suivants ils ont commencé à m’apporter des journaux, pour moi le monde s’ouvrait, je leur ai demandé de m’inscrire pour suivre des cours de français, suivre des conférences, et j’ai atterri au 24 rue Sainte Marthe… »

À partir de là, ta vie ne sera que Résistance au franquisme : braquages, faux papiers, fausse monnaie, enlèvements de dignitaires franquistes, actions de « Bandolero » au grand cœur…… Jusqu’à devenir une Légende !

Nous nous souviendrons longtemps du regard noir sur ta photo, prise par Pierre Gonnord en juillet 2019, avec lequel tu surveillais sévère, les paroles des officiels espagnols, à Madrid lors de la grande exposition de la Arqueria Nuevos Ministerios : La Sangre no es agua, en décembre de la même année.

Ta silhouette debout contre les dictatures qui emprisonnent, va nous manquer mais tes idées nous restent pour avancer demain, vers un autre futur.

Merci d’avoir été là. Merci de tes idéaux que tu as non seulement défendus mais transmis aux autres.
Nous rejoignons dans la peine Anne ta compagne et Juliette ta fille, toutes deux tes complices.

À voir:
https://www.rtve.es/alacarta/videos/el-documental/lucio/961865/

David Wingeate Pike nous a quitté

C’est avec une grande tristesse que nous avons appris la disparition de monsieur David Wingeate Pike, ce 20 juin 2020.

Nous l’avons côtoyé à plusieurs reprises, et à plusieurs reprises il nous avait fait l’honneur de prendre la parole pour honorer les Républicains espagnols antifascistes et libertaires.
Il avait un vrai souci de justice et il s’appliqua toute son existence à traquer les falsifications de l’Histoire et à remettre sur le devant de la scène, les oubliés……
Comme il l’avait fait en 2015 devant le monument de la FEDIP, aux Espagnols morts pour la liberté.

Nous voulons saluer l’exemplarité et la ténacité de ses recherches, l’honnêteté qui l’anima toujours dans ses travaux, prêt à reconnaître et à rectifier s’il se trompait. Il n’avait de cesse que d’affirmer que l’Histoire se dévoile à tâtons, sans être une science d’exactitude, qu’il fallait donc rester humble face à elle.

Sincères condoléances à sa famille et à ses amis.

il est mort le tortionnaire!

Parce qu’il n’est pas question de mettre sa photo, ni de lui consacrer un article particulier.

Parce qu’il n’est pas question de vous relater la vie d’un tortionnaire, alors que nous manquons de temps pour parler de toutes celles et de tous ceux qui ont succombé entre ses mains de bourreaux, de toutes celles et de tous ceux qu’il a abîmé à vie, de toutes celles et de tous ceux qui ont sacrifié leur jeunesse et leur vie pour défendre la Liberté, nous vous proposons de regarder cet entretien intéressant d’une de ses victimes, El Chato, décédé lui aussi, hélas du Covid 19.

Il échange avec Pablo Iglésias, vous y aurez un aperçu terrible des procédés du franquisme et de ce qu’a pu oser comme supplices cet immonde Antonio González Pacheco, alias Billy el Niño.

Nous voulons à travers son décès -que nous regrettons, juste parce qu’il ne sera jamais jugé- rendre hommage à toutes celles et ceux qui ont eu le courage d’attaquer ces bourreaux, à travers « La Querella argentina ».
En premier lieu à la juge Servini, qui se bat toujours pour l’aboutissement de ce procès, et aux disparus dans la course: Carlos Slepoy y Chato Galante,qui firent tant pour que les crimes de ce sinistre individu soient l’objet d’un jugement.

Adieu José-Maria Riba

Adieu José-Maria,

Nous venons d’apprendre la terrible nouvelle, de la disparition de José Maria.

Nous sommes bien conscients que pour tous il s’agit non seulement d’un grand professionnel et connaisseur du cinéma qui disparaît, mais surtout d’un ami de longue date. Le frère qui accompagne les pas de chacun sur le chemin de la vie.

C’est un peu comme une amputation du coeur à laquelle nous ne nous habituons jamais. Mêlée au chagrin qui nous saisit lorsque nous perdons un être cher, c’est dur à surmonter.

José Maria avait par ses connaissances, son charisme et sa sympathie su faire d’Espagnolas en Paris, une association incontournable pour qui voulait de plonger dans le cinéma d’avant garde espagnol et d’Amérique Latine.
Mais par son sourire, sa disponibilité, sa gentillesse et tout son savoir cinéphile, il était avant tout un homme attachant, passionnant, honnête et qui engageait chacun à faire un morceau de route à ses côtés.

Aussi, aujourd’hui nous sommes de tout cœur aux côtés de sa famille et de ses amis face à ce deuil cruel.
Les membres de l’association du 24 août 1944

Au revoir Hélène Châtelain

Nous avons eu l’occasion de côtoyer Hélène Châtelain, notamment en 2014, à La Parole Errante (Montreuil) lorsqu’Armand Gatti a décidé de mettre en espace le texte de La Nueve avec comme troupe les membres de l’association. Hélène était souvent présente et d’excellent conseil auprès d’Armand Gatti et de notre troupe d’amateurs.

Petite bio pour une grande dame:
Hélène Châtelain est née en 1935 à Bruxelles de parents russo-ukrainiens. Elle vient disparaitre ce dimanche 11 avril 2020.

Arrivée à Paris en 1956, elle devient une artiste aux mille facettes et au parcours exceptionnel, entre écriture poétique et cheminement libertaire.

Comédienne inoubliable dans La Jetée de Chris Marker (1962), Hélène Châtelain a également réalisé plus d’une trentaine de films, notamment Les Prisons aussi (1973), Nestor Makno, paysan d’Ukraine (1996), Chant public devant deux chaises électriques (2004).

Dans un va-et-vient du cinéma à la littérature, entre ses ouvrages de scénariste, d’écrivain et de traductrice, Hélène Châtelain a une filmographie très diverse : en partie activiste avec des groupes militants, en partie personnelle et documentaire, en partie dramatique et artistique, comme en témoignent les 2 collections documentaires réalisées avec Armand Gatti : Le Lion, sa cage et ses ailes sur et avec des ouvriers immigrés de l’usine Peugeot de Montbéliard, et La première lettre, travail de reflexion et de création autour de Roger Rouxel.
En matière de contribution historique documentaire on lui doit notamment Goulag, un film coréalisé avec Iossif Pasternak, en 2000, qui constitue encore à ce jour la seule analyse filmique dûment raisonnée et documentée sur le sujet, tournée sur les lieux, et d’autant plus rare qu’elle comprend les interviews de survivants de la révolution et de la répression rencontrés au moment du tournage, parmi lesquels des anarchistes, qui aujourd’hui ne sont plus de ce monde.

(Source : La Revue des Ressources)

Lisez le bel hommage rendu à Hélène par Juan Chica-Ventura sur Le Monde Libertaire
https://monde-libertaire.net/index.php?articlen=4976

Après El Chato, Rafael Gomez succombe au Corona Virus

En deux tristes jours , nous perdons un des plaignants de la Querella argentine, El Chato Galante, et le dernier survivant des hommes de la Nueve: Rafael Gomez:

31 mars 2020, Rafael Gomez vient de nous quitter, terrassé par le virus COVID19 qui sévit en ce moment sur le monde.

Dernier survivant des combattants de la Nueve, il est né 1921 à Alméria. D’une famille républicaine, il est mobilisé par la république en 1938, à l’âge de 17 ans. Il se retrouve à Barcelone et de là, suit les chemins de l’exil. Interné au camp de Saint Cyprien sur la plage dans les Pyrénées orientales, il réussit à rejoindre la ville d’Oran en Algérie, où vit un de ses oncles.
La vie est rude, après le débarquement des troupes américaines, en novembre 1942, il décide de s’engager dans les Corps francs d’Afrique. Il rejoint Djijelli, où il est incorporé dans la 2e DB du général Leclerc, dans les Forces Françaises Libres. Il devient conducteur de Half-Track Guernica.
Il fait toute la campagne de France dans La Nueve, et est de toutes les batailles : « On a eu nos premiers coups durs à Ecouché (Orne). On s’est retrouvé encerclés par les Allemands. La Nueve était une unité de choc. Nous étions tous des vétérans de la campagne d’Espagne, certains avaient combattu en Afrique. On connaissait la guerre. Leclerc le savait. Il nous envoyait en première ligne».

Ils arrivent les premiers à Paris le 24 août 1944. Participent à la libération de la capitale puis repartent quelque jours plus tard sur l’Alsace, avec la bataille de Strasbourg et enfin ils parviennent au Nid d’Aigle d’Hitler les premiers.

Démobilisé le 10 août 1945, Rafael Gomez regagne l’Algérie où il s’installe comme cordonnier. C’est en 1955 qu’il décide de migrer vers l’Alsace. Titulaire de la croix de guerre et de la presidential unit citation (décoration américaine), enfin Chevalier de la Légion d’Honneur en 2012 ( JO. du 08.04.2012).

Il assiste à l’hommage qui est rendu aux hommes de la Nueve en 2014, représentant encore solide de ses compagnons disparus. Et en 2018, il fait parvenir un texte pour saluer la commémoration du 24 août 2018 et l’ensemble des descendants des hommes de la Nueve, présents.
Cette année 2020, un hommage lui sera rendu, spécialement.
Quelques articles:
Muere de coronavirus Rafael Gómez, el último español de La Nueve
https://elpais.com/cultura/2020-03-31/muere-de-coronavirus-rafael-gomez-el-ultimo-espanol-de-la-nueve.html

https://roquetas.ideal.es/roquetas/fallece-coronavirus-rafael-20200331141808-nt.html?ref=https://www.google.com/

https://www.publico.es/politica/adios-rafael-gomez-zapatero-republicano-libero-paris.html

https://www.lavanguardia.com/cultura/20200331/48215141168/rafael-gomez-nieto-la-nueve-paris-nazis-hitler-republicanos.html?fbclid=IwAR0wVJjGmMcasOHWmMBe1j34W6xoNaXPKELp6UZB7IgujzzmZ5g3fTOfm0U

https://www.theguardian.com/world/2020/apr/01/ex-soldier-death-casts-light-spaniards-helped-liberate-paris-rafael-gomez-nieto

https://actu.fr/ile-de-france/paris_75056/rafael-gomez-nieto-dernier-survivant-espagnols-liberateurs-paris-est-mort-coronavirus_32703645.html?fbclid=IwAR1HMcqobGO7eJ_WIB6_XuMekvPqGbi3g-s9lFNuF778T5Qr-MOhhLKLTk4

https://www.publico.es/politica/gobierno-prepara-reconocimiento-oficial-rafael-gomez-nueve.html
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José Maria (Chato ) Galante, né à Madrid en 1948 est décédé samedi 28 mars, des suites du COVID 19 (coronavirus).

En 2018, ce militant antifranquiste a porté plainte pour crime contre l’humanité, rejoignant ainsi en Argentine, la querella argentina, contre Billy el Niño, son tortionnaire.
Alors qu’il était étudiant et manifestait contre le régime dictatorial de Franco, il fut arrêté, torturé et condamné à la prison (il y resta quatre ans).

Son témoignage se retrouve dans les documentaires : El silencio de los otros d’Almudena Carrecedo et Robert Bahar
Et La causa contra Franco, de Lucia Palacio et Dietmar Post.

Nous avons une pensée pour lui qui disparait sans savoir eu la satisfaction de voir son bourreau condamné, et nous remercions Manuela Carmena, ex maire de Madrid, pour avoir au moins accéder à un de ses désirs: débaptiser sa rue qui portait le nom d’un franquiste notoire Calle del general Yagüe.

MERCI à vous toutes et tous pour Marie

Nous étions nombreux à l’accompagner par des mots d’amour et d’amitié. À chaque témoignage, un chant s’est élevé qui nous rapprochait encore d’elle, des heures heureuses où nous riions ensemble ou protestions contre l’injustice.

En éclaireuse, nous l’avons chargée, là où elle se trouve de porter haut les idéaux libertaires qui l’ont toujours accompagnée, de continuer sa Révolution!

Elle reste dans nos mémoires, par son immense générosité et la force qu’elle a su nous transmettre pour marcher, envers et contre tout, même dans les plus grands chagrins.
Nous la gardons aussi précieusement à travers son ouvrage indispensable et pionnier de la mémoire espagnole en exil:

Odyssée pour la Liberté


Pensez à le lire et relire

UN GRAND MERCI À TOUTES ET TOUS QUI SONT VENUS L’ACCOMPAGNER ET À CELLES ET CEUX QUI D’UNE PENSÉE SONT RESTÉS À SES CÔTÉS CE MERCREDI TRAGIQUE.

À toi, Marie

L’association 24 août 1944 a l’immense douleur de vous annoncer le décès d’un de ses membres fondateurs, Marie-Claude Rafaneau Boj.

Elle nous a quittés ce vendredi 30 août dans sa 68eme année après une joute acharnée contre la maladie. Grande amoureuse de la vie, elle nous laisse un message de lutte et d’espoir pour l’avenir. Elle restera parmi nous en nos coeurs et dans notre bibliothèque de l’histoire autrement avec son ouvrage l’Odyssée de la Liberté : http://www.24-aout-1944.org/Odyssee-pour-la-Liberte la cérémonie de ses obsèques aura lieu le mercredi 4 septembre à 16h au crématorium du cimetière du Père-Lachaise, salle Mauméjean.(Métro Gambetta) Nous nous réunirons ensuite au 33 rue des Vignoles, pour trinquer à sa santé comme elle le désirait si ardemment.

Documents joints

 

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