Faire connaître et cultiver la mémoire historique de la Libération de Paris en 1944, commencée le 19 juillet 1936 en Espagne, continuée sur différents fronts en Europe et en Afrique ou dans les maquis en France et qui se prolongea dans le combat contre le franquisme.


 
 
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Couverture dessin original du peintre Joan Jordá
Le N° 13 de la revue du CTDEE est parue.
Exceptionnelle, elle accompagnera votre été pour mieux connaitre cet écrivain, résistant à toutes les dictatures, disparu trop tôt !

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Albert Camus a toujours accompagné les libertaires espagnols dans leur lutte pour la liberté et contre Franco.

Albert Camus (1913-1960)
Né le 7 novembre 1913, fils d’un père ouvrier agricole, et d’une mère femme de ménage analphabète, il vit dans la pauvreté entre sa grand-mère et sa mère à Alger, dans le quartier pauvre de Belcourt. Grâce à son instituteur il poursuit ses études qui sont arrêtées nettes par la tuberculose.
Il rentre comme journaliste au quotidien Alger républicain. Puis il arrive en France métropole le 16 mars 1940.

Journaliste résistant, philosophe, auteur de pièces de théâtre, romancier, toujours au plus près des exploités et des révoltés de son époque, pacifiste libertaire il est proche des exilés anarchistes espagnols. En 1936, il se range du côté de la République espagnole fustigeant la position timorée des démocraties. Il pense qu’il faut éviter la Seconde Guerre mondiale mais rejoint le comité fondateur du journal clandestin Combat pour résister au nazisme, à la libération il en devient le rédacteur en chef. Il quittera ce journal en 1947.
Il écrit et publie entre autre : La Révolte des Asturies (1936), l’Envers et l’endroit (1937), Caligula (1938), Noces (1939), l’Etranger et Le Mythe de Sisyphe (1942), le Malentendu (1944), La Peste (1947), Lettre à un ami allemand et l’État de siège (1948), les Justes (1949), l’Homme révolté (1951), La Chute ( 1956)… et des centaines d’articles de journaux, de correspondances .
Il n’adhère à aucun courant de pensée en vogue, il suit ses propres convictions. Prix Nobel de littérature en 1957, il prononce un discours d’investiture qui ne laisse aucune ambiguïté sur ses convictions libertaires et le choix de son engagement auprès des plus opprimés :
« (…)La vérité est mystérieuse, fuyante, toujours à conquérir. La liberté est dangereuse, dure à vivre autant qu’exaltante. Nous devons marcher vers ces deux buts.
(…) Ramené ainsi à ce que je suis réellement, à mes limites, à mes dettes, comme à ma foi difficile, je me sens plus libre de vous montrer pour finir, l’étendue et la générosité de la distinction que vous venez de m’accorder, plus libre de vous dire aussi que je voudrais la recevoir comme un hommage rendu à tous ceux qui, partageant le même combat, n’en ont reçu aucun privilège, mais ont connu au contraire malheur et persécution. » Discours de Albert Camus au Nobel le 10 décembre 1957 Stockholm.

Il rejette tous les régimes dictatoriaux, les terrorismes, qu’ils soient de droite ou de gauche. Il combat l’emprisonnement, la torture, la peine de mort, la violence d’où qu’elle vienne. (Réflexions sur la peine capitale, en collaboration avec Arthur Koestler, 1957)
Alors que toute la classe intellectuelle de gauche se proclamait du marxisme léninisme et soutenait l’URSS, Camus se démarque et juge très sévèrement le totalitarisme soviétique.

«  Qui osera me dire que je suis libre quand les plus fiers de mes amis sont encore dans les prisons d’Espagne ?

 »
Sa pièce de théâtre, Révolte dans les Asturies, pièce en 4 actes qui raconte la révolution d’octobre 1934 à Oviedo écrite en 1936, est interdite à Alger par peur d’un mouvement révolutionnaire.
Bien avant la fin de la Seconde Guerre mondiale il déclare : « Nul combat ne sera juste s’il se fait en réalité contre le peuple espagnol. Nulle Europe, nulle culture ne sera libre si elle se bâtit sur la servitude du peuple espagnol. » Pour lui, le 19 juillet 1936 est la date de le début de la Seconde Guerre mondiale mais aussi celle d’une révolution sociale, populaire jamais égalée. Il écrit le 7 septembre 1944, dans Combat : « … Notre lutte ne sera jamais victorieuse chez nous tant qu’elle sera écrasée dans la douloureuse Espagne. »

La Guerre froide enterre tous les espoirs de déloger Franco. Camus n’aura de cesse toute son existence d’appuyer le combat des libertaires espagnols contre Franco, de dénoncer les lâches complicités de toutes les démocraties et de participer tant qu’il peut aux campagnes organisées par les libertaires espagnols et la FEDIP (fédération espagnole des déportés et internés politiques) contre le régime franquiste et ses horreurs (exécutions, emprisonnements, persécutions…). Il intervient dans les meetings et contacte les intellectuels proches de lui mais aussi jusqu’à « ses adversaires littéraires » pour défendre la liberté en Espagne et tenter de faire libérer mes condamnés du franquisme.
De même il soutient de toute l’autorité que lui confère sa position d’écrivain engagé, les campagnes de la FEDIP pour la libération des Républicains espagnols détenus dans le goulag de Karaganda en URSS, depuis la fin de la guerre.
En 1952, il s’éloigne de l’UNESCO pour protester de la complaisance de cette institution envers l’Espagne franquiste.
Camus fut un soutien à toutes les actions qui pouvaient de près ou de loin déstabiliser ou pour le moins dénoncer le régime franquiste…

«  Le monde occidental doit savoir que sa conscience se trouve dans l’Espagne et ses libertés à retrouver. »

Retrouvez Albert Camus et l’espagne dans un dossier détaillé du Numéro 13 des cahiers du CTDEE.

Et pour mieux connaitre ce que l’idéal libertaire a construit en Espagne et dans le monde, profitez pour découvrir cette publication du N°1 au N°12 avec ses articles de fond et ses dossiers très documentés :
N°1 : Les prisonniers fantômes de Karaganda ;
N°2 : Asturie 1934, l’autre révolution d’octobre ;
N°3 : Ateneo español de Toulouse ;
N°4 : La colonia d’aymara ;
N°5 : 19 de Julio/19 juillet 1936, Révolution espagnole ;
N°6 : Cléricalisme et anticléricalisme espagne et exil ;
N°7 : Mai 37, Barcelone ;
N°8 : "Prisonniers de guerre", les antifascistes espagnols au Lancashire, 1944-1946 :
N°9 : La Catalogne, une crise qui vient de loin ;
N°10 : Spécial 80 ans de l’exil ; L’exode d’un peuple ;
N°11 : Les derniers jours de la République espagnole, mars 1939 ;
N°12 : S’intégrer sans se dissoudre, les réfugiés politiques espagnols.

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