Faire connaître et cultiver la mémoire historique de la Libération de Paris en 1944, commencée le 19 juillet 1936 en Espagne, continuée sur différents fronts en Europe et en Afrique ou dans les maquis en France et qui se prolongea dans le combat contre le franquisme.


 
 
Accueil > Chronologie 1833-1975 > 1937 Guerre défensive et armée régulière

La révolution espagnole est étouffée, l’espoir d’une société nouvelle s’éteint dans le conflit. Le pouvoir grandissant et omniprésent du PCE et des conseillers soviétiques transforme le mouvement populaire en une guerre bourgeoise.

.

3 janvier 1937 : Madrid subit la première offensive nationaliste, par l’ouest, et du sud au nord. L’offensive est contenue, grâce aux Brigades internationales (les bataillons Edgar André, Commune de Paris et Thaelmann) et les brigades mixtes sous le commandement des officiers communistes, l’Espagnol Juan Modesto et l’Italien Nino Nanetti, ainsi que d’officiers anarchistes, tel le maçon Cipriano Mera, ou encore d’officiers de carrière, tous sous le commandement en chef du général Miaja. Les opérations militaires se déplacent vers l’est, ce qui permet de desserrer l’étau de la capitale.

4 janvier 1937 : Pays basque, Bilbao : bombardements de la légion Condor, de nombreuses victimes. Deux avions allemands sont abattus, un pilote est lynché par la foule en colère, l’autre est sauvé par un pilote russe, mais la foule court à la prison et tue 208 nationalistes prisonniers.
Santander : même scénario. 200 morts.

6 janvier 1937 : Washington : le sénat et la chambre des représentants votent une résolution fixant l’embargo sur la vente du matériel de guerre pour l’Espagne. Il s’agit de la 3ème loi de neutralité (1ère en 1935, 2ème en 1936) . Le même jour arrivée d’une centaine de volontaires des États-unis (bataillon “ Lincoln ”) à Villanueva de la Jara, près d’Albacete.

10 au 15 janvier 1937 : Madrid contre offensive républicaine avec les renforts des 12ème et 14ème brigades internationales, la brigade mixte du général Lister, la 1ère compagnie britannique et les chars russes du général Pavlov. 15 000 morts dans chaque camp.

13 janvier 1937 : Grâce à la ministre de la santé Federica Montseny soutenue par le docteur Félix Marti Ibañez le décret républicain instituant la légalisation de l’avortement est voté.

17 janvier 1937 : Andalousie : L’armée du Sud de Queipo de Llano, à laquelle s’ajoutent 10 000 « Chemises noires » italiennes commandées par le général Roatta-Mancini et des avions italiens, attaque la ville de Málaga en Andalousie, défendue par 12 000 républicains, ne possédant que 8 000 fusils, commandés par le colonel Villalba.

4 février 1937 : García Oliver, ministre de la Justice, accorde aux femmes la capacité juridique et le droit d’être juré. Il légalise les unions libres des miliciens au front, ce qui permet aux enfants issus de ces unions de percevoir l’aide du gouvernement aux orphelins.

6 février 1937 : Madrid au Sud-Est de la ville. Offensive nationaliste sur la rivière Jarama. Objectif : couper la route de Valence (où se trouve le gouvernement républicain). [1]

8 février 1937 : Málaga, entrée des troupes nationalistes dans la ville : 4 000 personnes sont assassinées sur la plage, sur les routes et dans les prisons.
Les communistes partent en campagne contre le premier ministre Largo Caballero. [2]

14 et 15 février 1937 : Congrès de la fédération des collectivités d’Aragon, à Caspe (Saragosse), 275 villages sont représentés.

17 février 1937 : Madrid, contre-offensive républicaine (bataille du Jarama). Beaucoup de pertes. Les forces républicaines du centre sont réorganisées sous le commandement du général Miaja et du lieutenant-colonel Rojo. Cette décision permet de réorganiser efficacement le front du Jarama.

Développement du Parti communiste espagnol, relais de l’Union soviétique .

21 février 1937 : Les milices anarchistes ont du mal à être approvisionnées en armes et en munitions. La FAI menace de retirer ses ministres si le gouvernement n’envoie pas d’armes au front d’Aragon tenu par les anarchistes. Finalement elle saisit une cargaison d’armes sur le port de Barcelone. Largo Caballero accepte le marché de García Oliver d’échanger des avions de combat pour le front aragonais contre les armes saisies. La tension monte entre les anarchistes et le POUM d’une part, et les communistes d’autre part, (les armes étaient destinées à ces derniers qui contrôlent les arrivages en provenance de Moscou).
La France propose, aux autres pays européens, un accord pour l’arrêt d’envois de volontaires en Espagne.

26 février 1937 : Un meeting CNT-POUM est interdit

28 Février 1937 : Bataille du Jarama : Nationalistes et républicains sont face à face. Les pertes ont été considérables mais la route Madrid-Valence n’est pas coupée.

5-8 Mars 1937 : Valence, au cours du congrès du PCE, auquel participent une délégation soviétique et Orlov de la Guépéou (police politique soviétique), des membres du Komintern (Togliatti, Stepanov, Codovila, Gerö), André Marty et Orlov (NKVD), il y a de violentes diatribes contre le POUM. Togliatti membre du Komintern demande l’éviction de Largo Caballero et propose Juan Négrin, jugé “ plus docile ”.

Dernière grande victoire républicaine.

8 mars 1937 : offensive nationaliste du Guadalajara : 35 000 chemises noires et troupes régulières, 15 000 marocains et carlistes, 212 canons, 70 chars, 85 avions, 2 000 camions ; objectif : encercler Madrid. L’armée républicaine affronte le corps expéditionnaire italien « Corpo Truppe Volontari », qui a l’appui d’autres unités nationalistes.

10 mars 1937 : Guadalajara, offensive des Italiens de Mussolini contre les brigadistes italiens.

12 mars 1937 : Guadalajara, Contre offensive républicaine, bataille entre chars soviétiques et italiens.

18 mars 1937 : Guadalajara, victoire républicaine. Les artisans de la victoire sont les brigades internationales avec la 14ème division commandée par Cipriano Mera qui contourne l’ennemi par les hauteurs et réussit ainsi à le déloger. [3]

21 mars 1937 : Le gouvernement central décide “ la militarisation des milices ouvrières et paysannes ”. Avec amertume la colonne “ Durruti ”, sur le front d’Aragon, vote ce jour la militarisation par peur de se voir dissoute. Elle devient la 26ème division. Dissolution de la Colonne de fer et intégration dans l’armée républicaine sous le nom de 83ème brigade mixte.

23 mars 1937 : Sur le front de Guadalajara, les forces républicaines reprennent Gajanejos et Villaviciosa de Tajuña, mais leur offensive s’arrête car Franco a envoyé des renforts. La bataille de Guadalajara est la dernière des grandes victoires républicaines.

26 mars 1937 : Barcelone, Josep Tarradellas interdit aux policiers toute affiliation politique et le port d’armes par les civils : démission des anarchistes des patrouilles de sécurité.

31 mars 1937 : Le général Mola lance une grande offensive dans le Nord, contre la Biscaye (Bilbao). Blocus des côtes basques. Il déclare : « J’ai décidé de terminer la guerre dans le nord […] si la soumission n’est pas immédiate, je raserai toute la Biscaye. ».
 [4]

15 avril 1937 : Afin de ravitailler la République en armes et en munitions, création de la société anonyme France-Navigation, présidée par Joseph Fritsch, communiste de Paris. Le matériel transporté était estampillé « matériel agricole » et navigue sous pavillon étranger. Les deux responsables les plus importants de France-Navigation sont Giulio Ceretti et Georges Gosnat.

16-25 avril 1937 : Salamanque : Crise dans le camp nationaliste, au sein de la phalange, le manipulateur en est Franco, dont le but est d’unir les mouvements monarchistes-carlistes et phalangistes. Ainsi il devient le chef suprême.

18 avril 1937 : Le conseil national de la Phalange décide d’élire, provisoirement, Manuel Hedilla comme chef national en remplacement de José Antonio Primo de Rivera.

19 avril 1937 : Franco crée le parti unique unificateur, le Mouvement National qui fusionne, la Falange Española Tradicionalista et la Juntas de Ofensiva Nacional Sindicalista (FET-JONS), et dans lequel sont regroupées toutes les forces nationalistes. Il devient le chef suprême de ce groupement.

20 avril 1937 : Mise en place du contrôle de non-intervention.

25 avril 1937  : La CNT accuse Cazorla, conseiller à l’ordre public de la junte de défense de Madrid de couvrir des arrestations et des tortures de militants dissidents et anarchistes. Après enquête Largo Caballero dissout la junte de défense.

Guernica

26 avril 1937 : Guernica (Pays basque) : 7 000 habitants, sans défense aérienne. Ce jour-là, un lundi, est jour de marché très réputé dans la région. En plus des habitants, il y a une foule de gens des villages alentours. C’est le jour choisit. La ville est bombarder par la légion Condor. À 16h40, un Heinkel 111 lâche 1 500 Kg de bombes, puis disparaît et revient avec 3 autres Heinkel 111, puis à nouveau 23 junker 52 et enfin 16 chasseurs Messerschmitt BF-109, 4 Heinkel-51 mitraillent la population dans les rues. Cinquante tonnes de bombes sont larguées en 3 heures par vagues successives, dernières heures de Guernica, [5]. La ville, qui n’a aucun enjeu militaire mais est le symbole des libertés basques, est détruite à 90%. [6] fait annoncer que l’information qui dit que les nationalistes auraient bombardé Guernica est totalement fausse et qu’il s’agit en fait des Basques eux-mêmes qui ont dynamité la ville. Les dernières heures de Guernica, Gordon Thomas et Max Morgan-Witts, éditions nouveau monde poche, p 309/310.
En 1974 encore, aucun des gouvernements allemand, espagnol, anglais, français ou état-uniens n’a intérêt à ce que la vérité sur l’attaque de Guernica en 1937 soit extirpée des oubliettes de l’Histoire.]]

Mai 1937, les événements de mai marquent un tournant contre-révolutionnaire.

Le PCE récolte les fruits de sa politique tournée vers la séduction des classes moyennes et petits propriétaires, grâce à son rapport avec l’URSS qui livre les armes. Ils livrent une chasse sans relâche aux militants anarchistes et à ceux du POUM. Dans le même temps se sont leurs troupes qui possèdent les meilleures conditions de vie (vêtements, nourriture) et d’armement au front.
 [7]

3 mai 1937 : Barcelone, Rodriguez Salas, chef communiste de la police catalane investit le premier étage du central téléphonique (attribué aux anarchistes par le gouvernement autonome). Motif : Les anarchistes sont soupçonnés d’espionnage...
Réaction immédiate ; la lutte s’engage entre la police aux mains des communistes et les anarchistes. La foule rassemblée devant le bâtiment proteste, des barricades s’élèvent dans les rues. Bientôt, Les anarchistes et le POUM contrôlent l’ouest, les communistes, l’est ; la ville est en état de siège. Les responsables anarchistes tentent de parlementer avec le gouvernement de Companys ; devant le blocage, les combats redoublent.

4 mai 1937 : Alors que la 26ème division anarchiste (ex-colonne Durruti) marche sur Barcelone, intervient le premier appel au cesser le feu des ministres anarchistes du gouvernement central.

5 au 6 mai 1937 : La police du Parti communiste catalan (PSUC) arrête deux intellectuels anarchistes italiens : Camillo Berneri et Francisco Barbieri, ils sont assassinés dans la nuit du 5 au 6 mai 1937. Assassinat également du secrétaire général de l’UGT, le communiste catalan Anton Sesé, et de l’anarchiste Domingo Ascaso.

6 mai 1937 : À Barcelone, dans la soirée, deux destroyers et un cuirassé républicains arrivent de Valence, 4 000 gardes d’assaut avancent par la route, commandés par un colonel sympathisant anarchiste, Emilio Torres, pour tenter de mettre fin à la tuerie.

7 mai 1937 : La CNT lance un nouveau cessez le feu.

8 mai 1937 : Les combats cessent : 1 000 tués, des milliers de blessés.

Première approche et échec de tentatives de pourparlers du gouvernement républicain envers Franco.

12 mai 1937 : Azaña propose au gouvernement anglais qu’il œuvre pour le retrait de tous les volontaires étrangers des deux côtés, puis pour une armistice à la suite de laquelle des élections seraient organisées. Franco répond à cette proposition que l’armistice suivie d’élections amènerait un gouvernement de gauche. Il préférait mourir avec tous les nationalistes d’Espagne plutôt que de mettre l’Espagne dans les mains d’un gouvernement rouge ou démocratique... Tout espoir de paix est enterré.

13 mai 1937 : La gauche catalane et le PCE mènent une campagne pour municipaliser les transports urbains collectivisés. Désarmement des partis et groupes autres que les corps officiels et militaires. Le PCE participe au ramassage des armes.
À Valence, les ministres communistes exigent des sanctions exemplaires contre les fauteurs de troubles de Barcelone : la CNT, la FAI et le POUM. Largo Caballero refuse, les communistes et les socialistes quittent le conseil.

15 mai 1937 : Largo Caballero, refusant de déclarer le POUM hors la loi et de donner le ministère de la guerre aux communistes, démissionne après avoir tenté de former un nouveau cabinet.

17 mai 1937 : Juan Negrín, socialiste proche du PCE le remplace. Nouveau cabinet ministériel sans anarchistes.

25 mai 1937  : la FAI est évincée des tribunaux militaires.

28 mai 1937 : L’étau se resserre autour du POUM : les conseillers soviétiques et le PCE utilisent la soi disant découverte de documents portant le cachet du ministre Andrès NIN quand il était au gouvernement de Catalogne, censés démontrer la collusion du POUM avec l’ennemi. Interdiction de son organe de presse “ La Batalla ”.
L’armée républicaine lance deux offensives pour détourner les forces nationalistes groupées autour de Bilbao. Une d’entre elles se situe sur le front d’Aragon, près de Huesca, sous le commandement du général Pozas ; c’est un échec cuisant qui fait près de 1 000 tués, anarchistes pour la plupart (envoyés en avant et mal armés). George Orwell, écrivain anglais, est blessé à Huesca.

30 mai 1937 : Bombardement du Deutschland, bâtiment de la flotte allemande, basé à Ibiza, par l’aviation républicaine ; la réponse sera le bombardement intensif du port d’Almería, le lendemain. Ces incidents auraient dû provoquer un conflit général en Europe, mais le souci des autres puissances était la détente.

31 mai 1937 : Une seconde attaque est menée sur le front de Ségovie, une réussite d’abord puis un recul des forces républicaines.

Juin, la révolution sociale est sacrifiée, abandon des réalisations populaires.

La chasse aux révolutionnaires par les communistes espagnols et les policiers de la Guépéou bat son plein. Ils pratiquent la torture et tuent. Negrín, président du Conseil, qui nie ces faits en 1939, les reconnaît en 1949.
Malgré tout, les anarchistes continuent à coopérer avec le gouvernement central mais ne participent plus aux décisions.
Indalecio Prieto, socialiste modéré du PSOE et nouveau ministre de la défense propose de bombarder intensivement la flotte allemande pour provoquer ainsi soit un conflit international, soit le retrait des forces allemandes auprès de Franco. Le PCE, sur les injonctions de Staline qui ne veut pas de heurts avec l’Allemagne ni l’Italie, le persuade d’abandonner son projet.

3 juin 1937 : Burgos : l’avion du général Mola s’écrase sur la colline d’Alcocerro. Franco est débarrassé ainsi d’un puissant rival.

12 juin 1937 : Les nationalistes sont à 10km de Bilbao.

14 juin 1937 : Orlov, chef de la police politique soviétique en Espagne, annonce à Antonio Ortega l’arrestation de tous les leaders du POUM pour le 16. Il ne faut pas prévenir le gouvernement précise-t-il.

16 juin 1937 : Arrestation de 40 membres du comité central du POUM, pour “ trahison ”. Dissolutions des bataillons du POUM. Andrès NIN est emmené vers une destination inconnue (on saura plus tard qu’il s’agissait d’une prison clandestine des services soviétiques en Espagne)...

17 juin 1937 : Bilbao, 20 000 obus nationalistes sont déversés sur la ville.

18 juin 1937 : Évacuation nocturne de la ville.

19 juin 1937 : Les premiers chars nationalistes pénètrent dans la ville. La langue basque est officiellement interdite par le gouvernement de Burgos. Déportation du clergé basque. Une campagne de deux mois et demi, inégale quant aux forces et armements en présence, qui vont du simple au triple. Beaucoup de perte du côté républicain.
Franco rentre par cette victoire en possession d’une grande capacité industrielle lourde qui ne peut par ailleurs que satisfaire l’Allemagne nazie, particulièrement intéressée pour s’assurer le contrôle des minerais espagnols dont elle a un besoin urgent pour développer son industrie d’armement.
Protestations dans tout le pays à propos de l’arrestation d’Andrès Nin qui disparaît pour toujours. Il est emprisonné à Alcalà de Henares (25 km de Madrid).

20 juin 1937 : Assassinat, maquillé en évasion, d’Andrès Nin, secrétaire général du POUM, par le NKVD.

Juin à octobre 1937 : 120 000 personnes (enfants basques surtout) fuient l’Espagne.

Juillet 1937 : Le nombre d’illettrés recule, les écoles ouvrent auprès des miliciens sur les fronts.

1 juillet 1937 : Dans une « lettre collective », la hiérarchie catholique prend officiellement fait et cause pour les nationalistes.

6 juillet 1937 : À Brunete, 30km ouest de Madrid, offensive républicaine pour desserrer l’étau de Santander. Beaucoup de forces républicaines sont concentrées sur le village : 43 000 hommes, 200 pièces d’artillerie, 142 chars, 200 avions, elles percent les lignes nationalistes. Le lendemain, la légion Condor est appelée en renfort avec 31 bataillons nationalistes supplémentaires, une terrible et sanglante bataille s’engage.

25 juillet 1937 : Brunete, les nationalistes, grâce à l’appui de leur aviation, ont repris la majeure partie du terrain, mais Santander est provisoirement hors de portée (5 semaines).
 [8]

4 août 1937 : Indalecio Prieto Tuero, ministre de la défense, donne l’autorisation d’une offensive contre le conseil d’Aragon (libertaire) pour confisquer vivres et camions.

6 août 1937 : En méditerranée, les sous-marins italiens (83 unités) coulent les navires marchands ou militaires soviétiques, français, anglais, danois...

9 août 1937 : Création du SIM, Service d’Information Militaire, à l’initiative du ministre de la Défense, le socialiste Indalecio Prieto. Peu à peu, ce service absorbe et centralise tous les autres organismes d’espionnage comme le Département spécial d’information de l’État (DEDIDE) pour la surveillance de l’arrière et le Service d’information spécial périphérique (SIEP), chargé du renseignement en territoire ennemi et à l’étranger.

12 août 1937 : En Aragon, la Fédération des collectivités (anarchiste), fondée en janvier l937, et dont le siège est à Caspe, coordonne les échanges entre toutes les communes de la région et développe la solidarité entre elles. Dissolution du Conseil d’Aragon, avec l’aide militaire de la 11ème division de Líster. Le siège est pris d’assaut et, le 14 août 1937, il ne reste plus rien des collectivités d’Aragon.

26 août 1937  : Santander, entrée des nationalistes. La chute de Santander signifie pour la république la perte de la Cantabrie. Les nationalistes poursuivent leur avance sur les Asturies (Gijón)

En Aragon, offensive républicaine. C’est le début de la bataille de Belchite, qui va durer jusqu’à la fin du conflit.

27 août 1937 : Belchite, petit bourg aragonais situé à 40 km au sud de Saragosse, est une base de repos des forces nationalistes, il est e théâtre de sanglants et terribles combats. L’offensive est lancée par les républicains pour faire diversion et donner du répit aux défenseurs des Asturies.

28 août 1937 : Asturies, Gijon : proclamation de l’indépendance de la province par le Conseil de la province.
Le Vatican reconnaît l’Espagne nationaliste et le gouvernement du général Franco comme le seul officiel.

6 septembre 1937 : Victoire républicaine difficile à Belchite. Plus de 6 000 personnes ont péri dans les affrontements.
Les troupes républicaines du front d’Aragon sont démoralisées par la répression interne menée par les communistes.

10 au 14 septembre 1937 : Les accords complémentaires (arrangements) de Nyon, en Suisse, ont pour mission de contrôler le débordement international du conflit espagnol à cause des torpillages italiens de navires marchands neutres. Ces accords réglementent le fonctionnement de la marine internationale en Méditerranée et autorisent l’attaque de tout sous-marin suspect.

1er Octobre 1937 : Exclusion de l’UGT de Largo Caballero et de ses amis.

15 octobre 1937 : Asturies, la légion Condor pratique la tactique “ tapis de bombes ” : escadrille serrée d’avions volant à basse altitude, qui lâchent leurs bombes en même temps.

21 octobre 1937 : Asturies, Gijon (dernier port atlantique), entrée des troupes nationalistes.
Par cette dernière victoire, la campagne de la zone Nord est terminée.

28 octobre 1937 : le gouvernement républicain se replie de Valence à Barcelone.

4 novembre 1937 : Le comité de non-intervention approuve le projet franco-britannique de retrait des volontaires étrangers.

5 novembre 1937 : Hitler annonce clairement, devant des politiques et des officiers allemands, son intention de mener une « guerre d’extermination contre la France et l’Angleterre ».

Décembre 1937 : Parution du roman d’André Malraux L’Espoir.

1er Décembre 1937 : le gouvernement espagnol accepte le principe du retrait des volontaires étrangers. Il pense à une solution possible diplomatique par les pays comme la France et l’Angleterre, et au retrait de l’aide étrangère de Franco.

15 décembre 1937 : Aragon, Teruel, début de l’offensive républicaine, par la colonne de fer (anarchiste).

24 décembre 1937 : les républicains entrent dans la ville.

29 décembre 1937 : Contre-offensive nationaliste dans un froid intense.

Notes

[1Français et Italiens se battent avec énergie, appuyant les brigades mixtes commandées par les généraux communistes Lister et Modesto, l’armée du centre commandée par le général Pozas et la 70ème brigade mixte, anarchiste commandée par Cipriano Mera. Trois futurs maréchaux soviétiques participent à la bataille du Jarama : Malinovski, Rodimstev et Kulik-Kupper ainsi que le général Pavlov.

[2Pas assez docile à leurs yeux, il refuse de fusionner le parti socialiste avec le parti communiste espagnol. Il refuse de destituer le général Asensio, rendu responsable de la perte de Malaga. Celui-ci se démet lui-même parce que l’ambassadeur Rosenberg menace de retirer l’aide de l’URSS. Le parti communiste cherche à infiltrer le ministère de la guerre, tenu par Largo Caballero lui-même.

[3À l’aube, Mera traverse avec la 14ème division le pont flottant sur la rivière Tajuña. Les nationalistes se retirent dans la panique. Les derniers soldats italiens sont vaincus par la XIe brigade internationale. Une contre-attaque sur les positions républicaines échoue.

[4Le jour même, il met son projet à exécution en faisant intervenir l’aviation sur la petite ville de Durango, nœud de communication entre Bilbao et le front basque, qui va bombarder et mitrailler des heures durant la population civile, en prélude à ce qui va se passer quelques jours plus tard (26 avril) à Guernica.

[5p241, Gordon Thomas et Max Morgan-Witts, éditions nouveau monde poche

[6Le nombre exact de victimes est difficile à chiffrer (vraisemblablement gonflé durant des années. Rien ne modifie l’objectif, qui sera reconnu plus tard, par les responsables de la Luftwaffe sur l’effet psychologique recherché d’un bombardement intensif sur la population civile pour la terroriser (politique des généraux Mola, Queipo de Llano…), et qui sera repris durant la 2ème guerre mondiale. Utilisation pour la première fois des bombes incendiaires qui vont faire un ravage parmi la population et les bâtiments. Von Richthofen, chef d’état-major de la légion Condor, heureux de ne pas avoir de commandement espagnol à gérer cette fois-ci, décide de frapper un grand coup. L’objectif est de détruire le pont de Renteria, 25 mètres de long sur 10 de large (objectif premier) afin de couper toute retraite aux troupes républicaines et d’empêcher que Guernica devienne un bastion imprenable adossé, à la montagne, éviter un Alcazar de Tolède républicain. La ville est sans défense aérienne, les avions bombardiers rasent le paysage le plus bas possible pour larguer leur chargement de mort. Rien ne peut les arrêter.
Les premiers bombardiers junkers-52 transportent des bombes de 250 kilos chacune pour détruire les routes et infrastructures, les suivants utilisent des bombes explosives de 50 kilos pour déchiqueter les humains, à trente mètres. Chaque appareil largue son lot de munitions : bombes à explosifs très brisants, bombes antipersonnelles et plus de cent bombes incendiaires par avion. Les trois escadrilles de Junker 52 en ont plus de 2500 à eux seuls. Les dernières heures de Guernica, Gordon Thomas et Max Morgan-Witts, éditions nouveau monde poche, p 240/241. Et pourtant, malgré ou à cause de cette profusion de bombes le pont n’est pas détruit et les troupes nationalistes l’empruntent le jeudi 29 avril 1937 pour pénétrer dans la ville.
Longtemps pour se disculper d’un tel carnage, la consigne est de prétendre que le vent violent qui soufflait ce jour là, lundi 26 avril 1937, avait détourné les bombes sur la ville. « Il aurait fallu un ouragan pour entrainer des HE-51 au-dessus de Guernica. Or les habitants survivants eux se souviennent de l’absence de vent qui permit que l’incendie des maisons ne s’étende pas. Les dernières heures de Guernica, Gordon Thomas et Max Morgan-Witts, éditions nouveau monde poche, p 281. Le lendemain mardi les habitants ne peuvent que contempler les ruines fumantes de leur ville, ils s’en vont par train jusqu’à Bilbao tandis que les pilotes de la légion Condor fêtent leur victoire. Mais la réjouissance est de courte durée, bientôt arrive de Berlin l’ordre de se taire et de répondre à la question :
« Qui a bombardé Guernica ?
— Pas les Allemands !
Des démentis sont publiés dès le 27 avril, et Queipo de Llano général factieux à la tête de la région andalouse et dirigeant de main de fer [[Radio Séville

[7Effectifs des partis et syndicats :
Parti communiste (PCE) : 300 000,
Parti ouvrier d’unification marxiste (POUM) : 50 000,
Parti socialiste (PSOE) : 160 000,
Fédération anarchiste ibérique (FAI) : 160 000,
Jeunesses libertaires (JL) : 100 000,
Confédération nationale du travail (CNT) : 2 180 000,
Union générale des travailleurs (UGT) : 1 600 000

[8Beaucoup de pertes chez les nationalistes : 16 000 hommes ainsi que 23 avions. Du côté républicain, 28 000 hommes (notamment parmi les brigadistes), 50 chars et 104 avions perdus. À partir de cette bataille, l’aviation franquiste est maîtresse de l’espace aérien espagnol. Et Franco regarde désormais vers la Cantabrie et les Asturies.

Portfolio
Affiche CNT-AIT Guernica, l'escalier Losé Labauria Maire de Guernica Guernica détruite Civilizacion muerta Vestigio de un pueblo de Aragon Belchite