Miguel Campos Delgado
Aujourd’hui afin de compléter le parcours particulier de Miguel Campos, nous publions avec sa permission, un article de Carmen Góngora, paru dans le Catalogo 1945, Libération, Tras Las Huellas de la Nueve (exposition de Madrid 2026) et traduit pas les soin de l’auteure Carmen Góngora,

Miguel Campos est originaire d’une petite ville de l’île de Tenerife appelée Güimar, une région située au sud de l’île. En 1935, il y exerçait le métier de boulanger, en alternance avec celui de chauffeur, utilisant sa propre voiture. Après s’être marié et avoir fait le service militaire – non sans incident –, il est arrêté sur dénonciation sans fondement, car il était militant d’un syndicat de travailleurs républicains ; il est incarcéré à la prison de Fyffes, à Santa Cruz de Tenerife. Il y a passé la majeure partie de la guerre civile espagnole, prisonnier des forces franquistes qui gouvernaient l’île, ce qui signifiait qu’il pouvait être condamné à tout moment, sans procès, et passé par les armes, bien que le commandement franquiste ne put jamais prouver quoi que ce soit contre lui.
Sa femme fut également emprisonnée à la prison des femmes de La Orotava avec sa fille Teresa, encore toute petite. Transférées à la prison d’Ondarreta, dans la ville basque de San Sebastián, afin d’être utilisées dans des échanges de prisonniers.
Miguel avait été transféré de la prison de Fyffes sur un cargo appelé Aragón. Après un très mauvais voyage, il intégra finalement le camp de travail de Rota puis fut transféré dans le protectorat espagnol du Maroc, au bataillon de travail 180.
Il réussit à fuir le franquisme, puis, après avoir séjourné en Afrique du Nord – plus précisément à Oran – et s’enrôle dans les Corps Francs d’Afrique. Il joue un grand rôle en Afrique du Nord dans l’afflux d’anti-fascistes espagnols vers la 2e DB. Il est nommé chef de la 3e section dès la création de la Nueve. Il se distingue également pour ses capacités au combat en Normandie et en Alsace. Le capitaine Dronne le définit comme « un homme hors du commun ». Le 14 août 1944, par un audacieux coup de main, sa section s’infiltre en territoire ennemi, près d’Écouché, et fait 129 prisonniers allemands, dont un colonel. Blessé dans les Ardennes, il disparaît à l’occasion d’une mission solitaire, le 14 décembre. Personne ne sait ce qu’il est devenu.
Cité à l’ordre de la Division, Croix de Guerre avec étoile d’argent, à l’ordre du corps d’Armée, Croix de Guerre avec palme, titulaire de la Médaille Militaire, avec Croix de Guerre avec palme.
