Faire connaître et cultiver la mémoire historique de la Libération de Paris en 1944, commencée le 19 juillet 1936 en Espagne, continuée sur différents fronts en Europe et en Afrique ou dans les maquis en France et qui se prolongea dans le combat contre le franquisme.


 
 
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Photo © association 24 août 1944/ Juan Chica Ventura

Malgré les conditions particulières à l’hôtel de Ville, la soirée a une nouvelle fois été riche de nouvelles rencontres en particulier au 33.
Très beau moment de partage entre tous.

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De Richard Prost

Nous étions une cinquantaine au jardin de la Nueve, à l’Hôtel de Ville rue de Lobau, ce lundi 24 août, pour ce 76e anniversaire de la libération de Paris, tous masqués mais bien présents.
Nous excuserons ici Colette Flandrin Dronne qui, de tout coeur avec nous, n’a pas pu venir cette année et nous vous transmettons à toutes et tous les cordiales amitiés d’Edgar Morin, président d’honneur de notre association.

Pour la seconde fois, le gouvernement espagnol était représenté, par Carmen Calvo, première Vice Présidente et Ministre de la Présidence des Relations avec le Parlement et de la Mémoire Démocratique en Espagne.
Nous avons noté avec plaisir la volonté de ce gouvernement de compter avec son histoire hors frontières, et de se soucier de l’exil des Républicains espagnols. L’histoire de ceux qui ont été chassé de leur terre, parce qu’ils croyaient à l’égalité entre tous et au partage des richesses, intéresse ces élus et nous trouvons que c’est une démarche très positive, un pas vers la prise en considération des victimes du franquisme, mais surtout vers la diffusion des raisons qui les ont portés à défendre la Liberté.
À pas petits, nous avons espoir de rendre caduc l’impunité faite aux bourreaux et de parvenir à l’annulation des verdicts des tribunaux franquistes et à la révision de ceux de la transition (la justice étant restée dans les mêmes mains).

Sur la question de l’éducation, nous avions parmi nous Antonio Verdu et Antonio Cruz, porteurs du projet éducatif envers les jeunes scolarisés en Espagne, pour la modification et la mise à jour des manuels scolaires et tout ouvrage historique, à tous les niveaux. Cela permettrait d’éclairer l’avenir par un passé enfin réhabilité. Les hommes de la Nueve étaient de ces engagés si particuliers porteurs d’un avenir solidaire. À leur demande, notre association est partenaire de ce projet ambitieux.

Face aux officiels espagnols (Vice-présidente, ambassadeur, ambassadeur d’Espagne à l’UNESCO) et à la maire de Paris, nous avons, cette année encore, affiché notre volonté de voir aboutir la reconnaissance du combat mené par ce peuple au nom de
leur idéal pour une société de partage.
Ils avaient choisi comme constitution une République, la 2ème de l’histoire d’Espagne, et pour une grandes majorité d’entre eux, ils voulaient une république sociale, et ils avaient commencé de la construire, à travers les collectivités. Pour la défendre, ils ont fait face au soulèvement militaire, quasiment à mains nues face aux armées suréquipées de Franco et de ses complices fascistes. Ce sont ces mêmes convictions de justice sociale qui leur ont permis de maintenir vivaces les raisons de leur engagement, durant toute leur existence.

Ces femmes et ces hommes, enthousiastes à défendre la république en 1936 contre les troupes du général Franco, sont les mêmes qui se sont retrouvés avec autant de détermination, dans les maquis ou avec les troupes alliées. Combattre le fascisme a été leur credo en Espagne, il l’a été aussi depuis leurs terres d’exil en France et en Afrique du Nord.

Ainsi, la Nueve, constituée en Afrique du Nord, est l’exemple symbolique de la lutte que menèrent les républicains espagnols hors de leur pays.

Jamais, ils ne renoncèrent à leurs idéaux, libertaires pour beaucoup, républicains pour les autres, et pour tous, antifascistes. Les exilés reconstituèrent leurs institutions en exil. Tous ensemble, ils sont ce qu’on appelle le camp de la République : les républicains espagnols.
Tandis qu’en Espagne à la mort du dictateur, le peuple espagnol n’eut pas la parole et se vit imposé une monarchie constitutionnelle. Aujourd’hui, nous avons dit qu’il serait grand temps que le peuple espagnol puisse choisir son avenir.

Nous avons eu le grand plaisir d’avoir aussi avec nous, pour le partage de ces moments, Cristina Latorre, qui en 2019 s’occupa pour le gouvernement espagnol des manifestations et expositions du 80e anniversaire de l’exil, accompagnée par notre ami Pierre Gonnord, photographe de l’humanité oubliée ! Avec eux deux, nous avons évoqué la superbe exposition de photos La sangre no es agua ,(dans laquelle figurent nos portraits de descendants d’exilés), exposée à Madrid de décembre 2019 à février 2020, avec les photos inédites de Philippe Gaussot sur l’exil des enfants espagnols, la Retirada et les camps en France , photos sous la responsabilité de notre association. Nous avons pu parler avec eux du nombre incroyable de jeunes et moins jeunes madrilènes qui ont pu s’informer, s’émouvoir et Savoir enfin ce que fut l’exil et pourquoi il a eu lieu. Ces deux expositions sont complémentaires et doivent, à notre sens, circuler en Espagne, en France et en Europe en général, ensemble.

Puis, nous nous sommes retrouvés, à plus d’une cinquantaine également, au 33 rue des Vignoles Paris 20e, qui nous a été rendu quelques jours plus tôt, totalement désamianté. Des copains nous y attendaient patiemment, ainsi que des gens nouveaux, attirés par la connaissance de cette histoire si particulière.
Nous avons pu également parlé avec Juan Andrés Perello, ambassadeur d’Espagne à L’UNESCO, de nos projets futurs, car ce dernier est venu très volontiers du jardin de la Nueve au 33, futur centre mémoriel de l’exil libertaire espagnol.

Nous avons projeté une courte rétrospective des 24 août passés, en remontant à l’arrestation des copains le 25 août 2012, pour ensuite évoquer chacun des 24 août que nous avons organisé pour parler des combattants de la Nueve et de leurs motivations. Chaque 24 août est visible dans son intégralité sur notre chaine Youtube :
https://www.youtube.com/channel/UCv...

Ainsi les conversations allèrent bon train, jusque tard dans la nuit, après avoir partagé également les "nourritures terrestres".

Nous voulons ici remercier toutes les personnes venues fêter à nos côtés ce moment d’histoire, nos plus fidèles soutiens & ami(es), celles et ceux qui sont toujours présents et prêts à nous aider, et celles et ceux pour qui c’était la première fois qu’ils foulaient le sol du 33 rue des Vignoles, ce lieu historique de la CNT en exil.
Nous vous donnons rendez-vous en septembre pour d’autres activités et débats.