Les Chemins de l’exil; Philippe Gaussot au 35e festival du Cinéma Espagnol de Nantes
2026, ce sont les 90 ans du coup d’état militaire et de la guerre sociale qui s’ensuivit et dura 32 mois. L’issue de cette guerre fut militairement fatale à la République, puisqu’elle manquait d’alliés (Le pacte de non-intervention signé et respecté par les démocraties) et cruellement d’armement face à un camp fasciste surarmé de matériel ultra moderne.
Mais la République et surtout ses composants et défenseurs restèrent debout envers et contre tout puisque, aujourd’hui encore, ils font couler de l’encre. Et leurs engagements sont toujours portés par leurs descendants.
Il fallait, suivant la volonté et la pensée de Pilar Martinez et de Régis Vasseur , les organisateurs de cette manifestation cinématographique, que ces idéaux de justice sociale, de solidarité soient présents cette année à la 35e édition du festival. Leur choix d’exposer les photographies de Philippe Gaussot a prouvé combien ils avaient perçu l’humanité des regards et la détermination des visages sur ces clichés ,pris par un homme engagé auprès des réfugiés pour les aider à reprendre pied dans une nouvelle vie.
Pilar et Régis nous ont invité à l’inauguration de l’exposition et du festival. Nous avons été chaleureusement, même fraternellement accueillis par eux mais aussi par toute l’équipe de bénévoles et autres qui font corps autour de cet immense événement.
Il est difficile de vous rendre, ne serait-ce qu’en aperçu, l’ambiance, la chaleur et l’amitié qui nous attendait à Nantes.
» Chauffeurs, partenaires, artistes, serveuse de la buvette, tout le monde s’est mis en quatre pour nous accueillir et nous servir si nécessaire. Avec les chauffeurs, Olivier et Damian, nous avons pu échanger tout de suite sur notre histoire commune ! Nous avons dormis et manger dans de sympathiques établissements (Hôtel de France et la Taverne Royale) avec, là également, un accueil chaleureux
Et les rencontres ! Valentine, Maya et leur directeur d’études, Manuel. Deux jeunes diplômées de l’école d’architecture de Nantes qui ont pris en charge l’installation de l’exposition. Elles ont fait preuve d’un vrai génie scénographique avec la suggestion à la base des murs d’exposition des sommets montagneux des Pyrénées, à franchir pour se retrouver sur le sable gris des plages du Roussillon. les photos du camp d’Argelès sur Mer, posées sur un socle de lumière douce, à regarder de notre hauteur, en opposition à l’accueil plus « humain » des enfants basques en 1937 qui les entourent sur les murs de la première pièce. Ce contraste laisse des interrogations irrésolues dans la tête des visiteurs. Des légendes au papier déchiré comme si elles avaient été notées en catimini et à la va vite sur des supports de fortune, pour ne pas oublier! Et ce drôle de mur constellé de minuscules fenêtres noires, chacune révélant une photo ou un document pourvu que le visiteur ait la curiosité de soulever le volet qui l’obstrue. La carte de France des premiers camps ouverts, carte de notre amie Marie Rafaneau-Boz, transformée en un dessin à la craie sur tableau noir!
Emmanuel Larraz est l’historien qui mènera les visiteurs à travers l’exposition durant le festival. Pour nous, il est Manolo de Dijon avec qui nous avons beaucoup échangé et trouvé tant d’affinités. Nous sommes certains que nos voix seront à l’unisson dans les échanges autours du contexte historique et des thématiques de Philippe Gaussot.
La rencontre avec Rodrigo Sorogoyen, réalisateur à l’honneur de cette édition, plus à distance, mais dont nous nous sommes sentis tout de suite très proches, en raison de son humour et de sa simplicité.
Bien sûr, nous ne voulons pas oublier l’impulsion donnée par le gouvernement espagnol au travers de son ambassadeur en France Victorio Redondo et de son attaché culturel Ignacio Diaz ainsi que toute l’équipe du Cervantes de Paris: José Maria, directeur à Paris, Maya, Maider… ainsi que le directeur général des Cervantes Luis García Montero. Sans eux rien n’aurait été possible et leur présence amicale et bienveillante nous a enchantés.
Nous vous offrons ici la chronique de Luis García Montero, de mardi 24 mars à propos justement de cet événement du 35e Festival de cinéma espagnol de Nantes;
Si vous avez l’occasion de participer à cet évènement cette année ou plus tard, n’hésitez pas!
Bravo à Pilar, à Régis et à tous ceux qui les entourent et s’affairent pour le succès de ce festival!
Encore Merci
