Faire connaître et cultiver la mémoire historique de la Libération de Paris en 1944, commencée le 19 juillet 1936 en Espagne, continuée sur différents fronts en Europe et en Afrique ou dans les maquis en France et qui se prolongea dans le combat contre le franquisme.


 
 
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Réfugié espagnol, il passera la frontière avec les Républicains, et sera enfermé dans un camp en bordure de mer en Roussillon. Puis, il s’engagera dans l’armée. Il n’a pas encore 18 ans, sous le nom de guerre « RICO Juan ».
Pendant la période de captivité, le premier mot français qu’il prononce est cornichon. Ne sachant pas que la signification est péjorative lorsqu’il traite une personne de « cornichon », il appelle le résident par ce mot, ce qui lui vaut des histoires. C’est aussi le surnom que les Chalabrois (habitants de Chalabre, dans le département de l’Aude) lui attribueront par la suite.
Le 4 août 1944, comme tirailleur lourd, avec ses compagnons, il pose le pied sur le sol de France à Saint Martin de Varreville (Utah Beach). Le 12, il est à Alençon. Avec Manuel Lozano, ils mettent hors de combat un blindé chenille allemand armé de mitrailleuses qui remontait la colonne, ce qui leur vaudra la croix de guerre avec citation. Le 21 août, alors qu’il se trouve devant Argentan, le général Leclerc est informé que la Résistance, qui s’est soulevée à Paris le 18 août, livre de violents combats dans toute la ville.
Mais en date du jeudi 24 août, les troupes des colonels Billotte, Dio et Langlade sont toujours bloquées aux portes de Paris. Leclerc qui applique les principes de l’attaque à tout prix depuis que les Français sont entrés en Normandie, lance un ordre au capitaine Dronne : « Dronne, filez sur Paris, entrez dans Paris, passez où vous voudrez, dites aux Parisiens de ne pas perdre courage, que demain matin la division toute entière sera dans Paris ».

Le soir même à 20h 41, trois chars et trois sections sur half-track de « La Nueve » entrent dans Paris par la Porte d’Italie. C’est une folle kermesse, une foule immense entoure les voitures et embrasse les équipages. A 22h 20, il fait encore jour lorsque les sections Michel Elias et Miguel Campos de la 9e Cie arrivent sur la place de l’hôtel de ville, accueillies par les FFI du colonel Henri Rol-Tanguy, ancien des Brigades Internationales, blessé sur le front de l’Ebre. Une formidable Marseillaise retentit et les cloches de Paris sonnent à toute volée, accompagnées par le bourdon de Notre-Dame.
Juan Rico et l’avant-garde du Régiment de Marche du Tchad sont reçus en héros dans Paris libérée. Plus tard dans la soirée, Raymond Dronne installé dans un lit de camp à même le trottoir entendra monter un chant hérité de l’Espagne des guerres napoléoniennes, le fameux « Paso del Ebro ».