Faire connaître et cultiver la mémoire historique de la Libération de Paris en 1944, commencée le 19 juillet 1936 en Espagne, continuée sur différents fronts en Europe et en Afrique ou dans les maquis en France et qui se prolongea dans le combat contre le franquisme.


 
 
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Article paru dans Solidaridad Obrera du 24 septembre 1944, relatant la Libération de Paris

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Le 25 aout passé, une communication téléphonique nous annonça que les premiers véhicules blindés américains avaient rejoint « l’Hôtel de Ville » et que d’autres se dirigeaient vers le boulevard Sébastopol. Nos informateurs ajoutaient que beaucoup de ces blindés portaient le drapeau républicain espagnol et donc peut être leurs équipages composés de compagnons espagnols.
Anxieux de vérifier la nouvelle et pour ne pas être victimes d’un canular, nous nous dirigeons immédiatement vers les lieux indiqués. Nous n’étions pas encore arrivés à notre objectif que nous rencontrions les premiers véhicules, rue du Temple et rue des Fontaines (du roy), attaquant la place de la République. Il était exactement 11 heures du matin, nous approchons des véhicules les plus avancés, l’équipage des trois premiers étaient composés d’espagnols. Un cri sous forme de question fut nos premières paroles : Une tête connue ? L’ex commissaire médical de la Brigade « Tierra y Libertad » répondit : Présent ! Ponctué par un émouvant et fort « abrazo ». Peu après il conta l’histoire de son « Odyssée ».

Sur les quelques mille espagnols intégrés à la Division Leclerc, tous étaient des réfugiés politiques qui combattirent pour la Liberté et la Justice sociale durant la « guerre sociale » espagnole. Ils se trouvaient dans les camps d’Algérie au moment de la Libération de la colonie française par les armées anglo-américaines [1]. Immédiatement, ils se portèrent volontaires (pour intégrer la 2ème DB) afin de venger le déshonneur de l’intervention brutale criminelle allemande et italienne contre la révolution espagnole.

Ils ont participé à la campagne en Tunisie. Plus tard débarqués en Normandie et toujours actifs en première ligne, c’est comme cela que nous les avons rencontrés au cœur de Paris.
Braves copains des 26ème et 28ème Division [2] et de tant d’autres aussi héroïques, recevez l’hommage reconnaissant de tous les milliers d’espagnols qui ont souffert de la tyrannie nazi et de la politique collaborationniste française.

Un peu plus tard, nous vîmes défilés ces fiers blindés sur lesquels nous pouvions lire, en grand caractère, le glorieux nom de Durruti parmi d’autres aussi magnifiques : Teruel, Saragosse et Belchite [3]. Pas simplement un souvenir, mais un symbole de luttes rappelées par ces noms si glorieux. A la fois un hommage au passé reconnu et aux promesses des belles perspectives libératrices pour le futur de notre Espagne chérie [4].

Affirmation résumée par un des braves garçons de la Division Leclerc, pendant qu’il alimentait le canon de sa mitrailleuse : « Ha s’ils nous permettaient de diriger nos armes jusqu’en Espagne pour la libérer du joug phalangiste ». C’est notre véritable désir.

Toberli


Con los espanoles de la Division Leclerc.

Solidaridad Obrera. Paris 24 septiembre 1944

Una comunicaciôn telefonica nos anuciaba el dia 25 del pasado, que los primeros carros blindados americanos habian llegado « l’Hôtel de ville », y que otros desfilaban ya por el bulevard de Sébastopol. Anadian nuestros informadores que muchos de los carros ostentaban la bandera republicana espanola, por ser compuestos esquipagjes de companeros espanoles. Ansiosos de verificar la noticia, para no ser victimas de un bulo, nos dirijimos imediatemente hacia los lugares indicatos ; no habiamos llegado todavia a nustro objetivo cuando ya nos encontramos con los primeros carros que desde la rue del temple y rue les fontaines atacaba ya la plaza de la République. Eran exactamente la s 11de la manana. Nos acercamos a los carros mas avanzados. El equipaje de los tres primero sera compuesto des espanoles. Una exclamacion seguida de una pregunta fue nuestra primera intervencion : una carra connocida ! Ex comisario de sanidad de la Brigada Tierra y Libertad. Presente ! Fue la respuesta, rematada con un fuerte y emocionado abrazo ; despues siguio el comentario de su odisea.

Unos cuantos miles de espanoles se hallan encuadrados en la Division Leclerc. Todos ellos son exilados politicos que combatieron por la Libertad y la Justicia social durante la Guerra social espanola. Y que se hablaban en los campos de Argelia en el momento de la liberacion de la colonia francesa por los ejercitos anglo-americanos. Inmediatamente se ofrecieron como voluntarios para vengar todas la afrentas de la intervencion asesina y brutal del ejercito aleman e italiano contra la Revolucion espanola.

Han hecho la campana de Tunez. Mas tarde desembarcaron en Normendia y actuendo siempre en primera linea es como los hemos encondrado en el corazon mismo de Paris.

Bravos muchachos de la 26 y 28 divisiones y de tantas otras de recuerdos tambien heroicos, recibid el homage reconocido de todos los millares de espanoles exilados que han sufrido el aprobio de la tirana nazi y de la politica colaboracionista francesa.

Hemos visto mas tarde el defile arrogante de los carros, sobre los que hemos podido distinguir en grandes caractes el nombre glorioso de Durruti y entre otros el del manifico Teruel, Zaragoza y Belchite. Ello sinifica, no solamente un recuerdo, sino tanto tambien un simbolo de lucha, condensado en la significacion de nombres tan gloriosos : Ruerdo de recosinido homenage al pasado y promesa de bellas perspectivas liberatrices para el futuro de nuestra querida Espana. Afirmacion que va condesada en la exclamacion de un bravo muchacho de la Division Leclrec, mientras acariciaba orgulloso el canon de su ametralladora : Ha ! Si se nos permitiese dirijir nuestras armas hacia Espana para libertala del yugo falangista… Ese es nuestro verdadero deseo

Toberli

Notes

[1Des camps de concentration furent ouverts (par le gouvernement Dalladier) en 1939, à la fin de la guerre d’Espagne, lors de l’exode des républicains espagnols vers l’Algérie.

[2Deux divisions (ex colonnes Durruti et Ascaso), composées uniquement de libertaires, qui combattirent sur les Fronts d’Aragon et de Madrid.

[3Contrairement à ce qu’écrit le camarade (certainement emporté par l’émotion), il n’a y jamais eu de blindé portant le nom de B. Durruti ou de Pasonaria. Tous portaient effectivement des noms de batailles.

[4lire à ce sujet, l’article d’Albert Camus : A nos frères d’Espagne, paru dans Combat à la Libération de Paris.